En français dans le texte
fend de laiisser rien remarquer de ces sortes de choses. Mais je dois pourtant reconnaître franchement que.... Ah l je ne saurais en dire davantage, et le cœur me bat d'une façon....
Henrich. Je veux être une canaille, si j'ai pu fermer l'œil depuis trois nuits, à cause de vous.
Pernille. Ah! monsieur, je ne suis pas d'un zeste moins malade que vous, car les flèches de vos yeux ont pénétré jusque dans le boudoir de mon cœur.
Henrich. Ah, que cela est bien dit ! Il faut que je vous embrasse pour Tamour de cette figure.
On se rappelle la scène de FAvarey où Prosine fait visite à Harpagon pour s'entendre avec lui sur les moyens de mener à bien l'affaire de son mariage. Chez Larivey on retrouve souvent ce type de Prosine, qui au fond ne représente pas autre chose que le proxénétisme atténué de la comédie antique. Mais il est si peu probable que Holberg, tout érudit qu'il fût, ait étudié le théâtre de Larivey, que c'est à Molière seul qu'il me parait équitable de rapporter la plupart des traits comiques de la scène suivante, où nous allons voir la directrice d'une agence matrimoniale plus ou moins équivoque promettre les bons offices de son intervention à une veuve en quête d'un jeune et élégant mari. Il est à noter, en effet, que, chez Molière comme chez Holberg, ce genre de courtage ne s'exerce jamais du moins qu'en vue du mariage.
KiRSTEN*. Salut, chère madame; vous voici enfin de retour. Gomment vous êtes-vous portée pendant votre voyage?
Terentia. Je ne fis jamais un plus agréable voyage.
KitfeTEN, Je remarque aussi (fue madame n'a pas l'esprit moins dispos que le corps, car tout semble souriant et heureux en elle.
1. Le Fiancé métamorphosé (Dea forvandlede Brudgom), scène v. V. VÀvare, acte II, scène vi.
Terentia. Je ne fus jamais de ma vie de meilleure humeur.
KiRSTEN. Vous avez toute la mine d'une fiancée que son époux va conduire à l'autel *.
Terentia. Je me sens la plus grande joie à entendre un pareil discours.
EiRSTEN. Je ne puis, sur ma parole, me lasser de contempler madame. Tout chez elle n'est que grâce, de la tête aux pieds.
Terentia. Mais parlez-moi là, franchement, chère madame. Sans flatterie, que vous semble de mes traits?
Kirsten. Je puis assurer madame qu'elle a les traits de la plus parfaite beauté.
Terentia. Voilà qui me réjouit fort le cœur, car je sais que vous vous connaissez en beauté. Mais ce sont là des choses dont il ne convient pas que je sois trop fière^ puisque c'est du ciel qu'elles me viennent.
Kirsten. Morbleu, sur ma parole, quel feu dans ces yeuxlà, quel nez d'une pureté admirable, quelles joues pleines de grâce!
Terentia. Mais n'êtes-vous pas d'avis que la ride que j'ai là au front peut me faire un peu de tort?
Kirsten. Bien au contraire, et j'y vois, quant à moi, beaucoup plutôt une beauté. C'est cela qui donne à votre visage un si grand air de puissance et de majesté.
Terentia. Pour ma taille, je la crois encore très-passable.
Kirsten. Que madame veuille bien un peu se retourner. {Elle se tourne du côté droit.) Ciel, la belle taille que voilà! Tournez-vous de grâce, madame, de l'autre côté. {Elle se tourne du coté gauche.) Voilà ce que j'appeUe une taille parfaite. On croirait que madame porte un corset. Voudriez-vous maintenant vous tourner du troisième côté*?
Terentia. Je n'ai pas, parbleu ! plus de deux côtés.