‹ Holberg considéré comme imitateur de MolièreChapitre 53 sur 78 · Age ostende etiam tertiam. Aululariaj v · texte numérisé non relu

Age ostende etiam tertiam. Aululariaj v

KiRSTEN. Sans doute, c'est vrai. Mais il serait à désirer que madame en eût davantage, car on ne saurait avoir une trop grande abondance de tout ce qui est be^a.

Terentia. Écoutez-moi, madame. J'ai remarqué que plusieurs jeunes cavaliers ont jeté les yeux sur moi. Dans le cas où j'en viendrais à Tidée de faire le bonheur de l'un d'entre eux, est-ce qu'on pourrait dire quelque chose de mal làdessus?

KiRSTEN. En aucune façon, et même, bien loin de vous détourner de ce projet, je vous engage beaucoup plutôt à y songer.

Terentia. Je vais alors vous découvrir mes intentions. J'ai réellement résolu de me chercher un mari.

KiRSTEN. Et vous ferez fort bien, madame. Pourquoi resteriez-vous plus longtemps dans les ennuis du veuvage?

Terentia. Et je veux que ce soit un jeune et gentil cavalier.

Ejrsten. Le plus jeune sera le meilleur. Mieux vaut toujours ce qui est jeune que ce qui est vieux.

Terentia. Personne ne peut mieux me seconder dans mon dessein que vous, madame, car vous connaissez la plupart des jeunes gens de la ville.

KiRSTEN. Que madame prenne seulement la peine de me dire comment doit être faite la personne, afin que je puisse voir si je n'ai pas sur ma liste quelqu'un dont elle puisse être satisfaite.

Terentia. Il faut que ce soit un militaire, entre vingt et trente ans, et surtout joli et fort aimable. Si la personne n'a pas d'argent, ou si elle a une certaine disposition à la jalousie, cela ne fait rien. Je n'y verrai que la preuve de la séduction exercée par mes charmes.

KiRSTEN (consultant sa liste). Ah, parbleu, voici justement la personne qu'il vous faut. Voyez un peu. N° 5, capitaine Frands de Parfaitamour, jeune cavalier de vingt-quatre ans, visage d'une jeune fille, parfaitement fait de sa personne, caractère doux et aimable, aime jusqu'à la jalousie celle qu'il aime.

Të^^ntiâ. La peste! VoiGi déjti que mon saag bout dans mes veines. Mais où trouver ce charmant cavalier?

EiRSTSN. Il loge dans ma propre maison, et c'est ce qui fait que je le connais dans la perfection.

Terentu. Vous croyez alors qu'il ne me refusera pas?

KiRSTEN. L'apparence qu'il refuse une femme chez laquelle il trouve du même coup beauté et fortune I D* ailleurs, en toutes choses, il suit mon conseil. Laissez-moi seulement arranger tout ceci.

Terentu. Rentrons donc un peu, pour réfléchir plusL longuement à cette affaire.

La précision de la ressemblance et Tévidence de Timitation sont peut-être plus frappantes encore dans la visite du médecin par laquelle je terminerai cette première série des scènes refaites d'après Molière par Holberg. J'ai déjà, plus haut, fait voir un médecin grotesque, et ce médecin était justementen visite chez une malade. Il est, en effpt, assez malaisé de montrer les médecins, en tant qu^ médecins, autrement que dans l'exercice de leur profession. Celui que je vais introduire maintenant aura du moins cette nouveauté de n'élre nullement médecin. C'est Henrich, tout simplement, que nous allons voir affublé de la robe et du chapeau de notre Sganarelle. En outre, de même que Léandre a donné de l'argent à Sganarelle, afin de pouvoir l'accompagner à titre de collaborateur modeste, mais indispensable, de même nous allons ici rencontrer sous le même prétexte et le même costume le Léandre danois à côté de son dévoué Henrich.

Jeronimus*. Je vous demande pardon, monsieur, d'avoir pris la liberté de vous envoyer chercher.

Henrich. D n'y a point de mal à cela. Êtes-vous vousmême la personne folle, monsieur?

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