T. I, p. 184. « Formen var fransk
de Copenhague sous Christian VI*, il remarque que la conception générale du Tartuffe est à peu près la même que celle de la plupart des pièces de Holberg. Goitsched me paraît lui-même »avoir compris qu'il y avait beaucoup plus que des rapports fortuits et intermittents entre le poëte danois et Molière '. Même aujourd'hui, la critique en Allemagne ne partage pas, au moins tout entière, la doctrine de M. Prutz, et, récemment encore, un jeune érudit, M. Danzel, a eu le bon goût d'exprimer nettement le sentiment confus, mais déjà séculaire, de l'Allemagne à propos de Holberg, en reconnaissant le côté tout français de son génie et de ses œuvres*. Si enfin vous lisez l'article que M. Benicken a écrit sur Holberg dans l'encyclopédie allemande de MM. Ersch etGrueber, vous l'y verrez appelé, avec la même loyauté, « le joyeux élève de Molière *. »
Il est assez singulier que la France, l'une des parties dans ce procès, et la plus intéressée après tout, s'en soit pourtant jusqu'à présent fort peu occupée. C'est qu'au dernier siècle toute notre activité morale se concentrait sur nous-mêmes. Loin d'avoir alors uci regard pour les efforts des autres, c'était à peine si nous avions une oreille pour leurs hommages. Holberg nous fournit un exemple parmi tant d'autres de cette insouciance internationale de la France du passé. Pendant le dix-huitième siècle, on ne paraît avoir rien su à Paris de ce lointain propagateur du génie de Molière. Et pourtant un Français pouvait apprendre à connaître Holberg sans être tenu d'apprendre sa langue. Plusieurs de ses œuvres avaient été de son vivant traduites en français, mais à vrai dire hors de France. Un certain Parthenay avait de 1752 à 1754 publié en deux volumes une