‹ Holberg considéré comme imitateur de MolièreChapitre 67 sur 78 · V Oisif affairé» Acte I, scène vn · texte numérisé non relu

V Oisif affairé» Acte I, scène vn

Beaucoupdebruit. Et d'ici à quatre ans ce sera le premier teneur de livres de la ville.

Leonora. Quoi, Léandre, teneur de livres?

Beaucoupdebruit. Il ne se nomme point Léandre, il se nomme Peder, et c'est le fils d'Éric Madsen, le teneur de livres.

Leonora. Ahl ciell qu'entends-je! Je pensais que c'était Léandre, le fils du seigneur Jeronimus.

Beaucoupdebruit. Haï haï nullement, mon enfant, ce n'est point là le mari qu'il te faut. Le fat vient de venir ici, mais je l'ai refusé net.

Leonora. Ahl malheureuse que je suisi Voulez-vous donc me donner à un pareil pédant?

Beaucoupdebruit. Écoute, mes occupations ne me permettent pas de bavarder plus longtemps avec toi. Rentre sur-lechamp, et prépare-toi à épouser dès C9 soir le jeune teneur de livres.

Voici maintenant Tun des chefs-d'œuvre de l'art du dialogue comique, dont il faut regretter que Secchiait eu l'idée avant Molière. Il s'agit de deux vieillards qui avaient projeté de marier ensemble leurs enfants et déjà échangé leur parole. Des circoostances fortuites^ ipais impérieuses., les forcent l'un et l'autre à renoncer à leiir projet, lis se cherchent et se rencontrent, chacua sous> riofluence de l'idée pénible qu'il lui faut manquer k %an eogagement et qu'il va provoquer la colère de l'autre. Le spectateur seul, au courant de tout ce qui s'est passé de part et d'autre, camprend le double embarras et jouit de la double méprise des vieillards.'Gette scène, presque oubliée dans Molière, est la quairième du troisième acte du Dépit amoureux. Je la retrouve dans le Bal masqué de Holberg, un peu allongée encore.

Léonard*. J'ai toujours su montrer du calme dans les con-

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