Acte !•% scène iv
traite du prétexte de ses conseils. Il y a dans toutes les vicissitudes par où passe son faux courage une gradation savante dont l'exactitude psychologique fait le plus grand honneur à l'expérience de Térence. Oui, c'est bien ainsi que les choses se passent dans la vie. Mais est-ce aussi bien de la sorte qu'elles font rire au théâtre? Je ne le crois pas, et Holberg est du même avis dans la scène suivante. Je suis obligé de réclamer quelque indulgence pour l'exagération tout à fait grotesque de la scène. Mais cette exagération même ne sera pas inutile à ma démonstration.
Tyboe*. (// tient une pique à la main, range ses soldons en bataille et leur fait faire F exercice. Puis il conduit sa troupe en bon ordre, tambours en tête, jusqu'à la maison où se cache V ennemi, et harangue ainsi ses gens.) Messieurs et nobles guerriers I le moment est enfin arrivé où par votre bravoure vous allez pouvoir assurer à votre nom l'immortalité. Cette forteresse que vous voyez , et que vous avez à emporter d'assaut, peut vous paraître difficile à réduire. Mais plus la victoire est difficile, et plus grand sera Thonneur. Je veux moi-même rester toujours à votre tête pour exciter votre valeur. Allons, suivezmoi, je serai votre guide. {Il se jette sur la porte avec sa piqus).
Une femme (criant de V intérieur par la fenêtre.) Qu'est-ce que cela veut dire?
Tyboe. Il n'y a point pour vous d'autre ressource que de vous rendre k discrétion. {La femme pousse de grands cris à rintérieur.)
Léonard. Holà ! entourez-moi et saisissez-moi tous ces voleurs de grand chemin. Surtout veillez bien à ce que pas un n'échappe. (Il tire un coup de pistolet en l'air, qui fait tomber à terre tous les soldats comme s'ils étaient morts, Jesper retient Tyboe tout en faisant semblant de vouloir le cacher,)
Tyboe. Quelle épouvantable détonation ! Voilà toute mon armée détruite d'un seul coup.