‹ Homère: poëmeChapitre 10 sur 29 · LA DAME · texte numérisé non relu

LA DAME

Ami, prends ces cheveux, et que ma main les noue Au plus près de ton coeur ; tu rêveras de moi :

Souvent, quand on te nomme, ils ont voilé ma joue, Et souvent essuyé des pleurs versés pour toi ; Ordonne qu'on les laisse à ton heure suprême Reposer avec toi sous le même linceul, Pour qu'au moins sous la terre où tu dormiras seul Quelque chose de moi s'unisse à ce que j'aime !

Or le page, frappant aux i)ortes de la tour, Disait à demi-voix : Roger, voici le jour !

Ah ! si le son d'un cor en sursaut te réveille, Si Tacicr d'un écu retentit dans la cour, Si le pas d*un coursier résonne à ton oreille, Si la harpe d'un barde expire sous Li tour, Eu mémoire de moi regarde à la fenêtre Aussi loin que tes yeux me suivront aujourd'hui, Et murmure en toi-même : Yseult ! si c'était lui ? Ce mot, si loin de toi, je l'entendrai peut-être !

Or le page, frappant aux portes de la tour, Disait à demi-voix : Roger, voici le jour !

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