FRAGMENTS
(^ependaat, le cœur plein de deuil et de tristesse,
Béranger, maudissant le poids de sa vieillesse,
Privé du seul objet qui consolait ses jours,
De son château désert a traversé les cours.
Ses cheveux blancs souillés de sang et de poussière,
Tombent à gros flocons sur sa morne paupière ;
ao LES CHEVALIERS.
Il mord sa lèvre pâle, il presse dans sa main
La garde du poignard qu'il fit briller en vain,
Et, sur ses traits ridés se frayant une route,
Deux longsruisseauxdepleurs, tombant à grosse goutte,
Viennent mouiller ce fer, dans ses mains impuissant.
Ab ! malheureux ! dit-il, des pleurs au lieu de sang !
11 baisse un firont courbé sous le malheur et Tâge,
Et de ses serviteurs détourne son visage.
Tel un cbéne vieilli, dont les rameaux sèches
Par la foudre ou la hache ont été retranchés, •
Sur un coteau brûlant, que son aspect afflige,
Ne voit plus de son sein sortir de jeune tige.
Et de lombre et des fleurs oubliant la saison.
Penche un tronc dépouillé sur le morne gazon.
Ses vassaux consternés se rangent en silence ; Mais soudain à ses pieds un mendiant s'élance ; Son front, déjà chargé des traces de ses jours, t)e sa vie orageuse annonçait le long cours ; Un bâton soutenait sa démarche tremblante ; La misère courbait sa tête chancelante ; De vêtements usés quelques lambeaux épars, Sous Toutrage des ans tombant de toutes parts.
Noués par une corde autour de sa ceinture, Laissaient à découvert ses jambes sans chaussure, Et ses pieds, par le sol meurtris et déchirés, Foulaient péniblement le marbre des degrés ; Du chevalier terrible il suit de loin la trace ; 11 se jette en pleurant à ses pieds qu'il embrasse : « Seigneur ! écoutez-moi, dit-il en sanglotant, a Peut-être il vous souvient de ce berceau flottant « Où cette noble épouse, à vos regrets si chère, a Recueillit un enfant et lui servit de mère ; a On dit que du trépas par le ciel préservé, a Et par vos soins, seigneur, dans ces murs élevé, tt Digne qu'en autre rang le hasard Tait fait naitre, a Sa gloire et ses vertus ont honoré son maitre... « — Et que t'importe, à toi, vil rebut des humains, « Le sort de cet enfant qu'ont élevé mes mains ? « Qu'eut jamais de cemmun son sang et ta misère? « — Hélas ! pardonnez-lui, seigneur! je suis son père ! « — Toi, son père ? Insensé ! ce noble enfant ton fils ? « Qui donc es-tu ? — Seigneur, vous voyez mes habits, « Je suis ce qu'à vos yeux indique leur misère, « Un de ces malheureux, vermine de la terre^ a  qui le ciel jaloux, de ses avares mains,
« A donné pour tout don la pitié des humains,
« Qui glanent ici -bas ce que le riche oublie,
« Et qui, pour soutenir leur misérable vie,
« Vont aux [)ortes du temple, au seuil de vos palais,
« Recevoir tour à tour Tinsulte ou les bienfaits !
« Trop heureux si le ciel, dans l'opprobre où nous somni» s
«En nous déshéritant des biens communs aux hommes,
« Avait en même temps retranché de nos cœurs
« Ces sentiments qui font leur joie et nos douleurs !
« Mais, hélas ! ces haillons n'étouffent pas nos âmes :
« Nous aimons, comme vou s, nos enfants et nos femmes ,
« Mais le remords nous suit jusqu'au sein de Tamour,
« Et nous nous repentons de leur donner le jour !
« Un enfant m'était né ; la faim et ta souffrance
i'. Avaient ravi sa mère à sa première enfance,
« Et près d'elle couché, sa bouche avec effort
« Pressait encore ce sein qu'avait tari la mort I
« On vantait la pitié de notre noble dame :
« L'espérance, à son nom, pénétra dans mon ànio I
a Je m'emparai soudain, par un adroit larcin,
« De deux cygnes chéris que nourrissait sa main,
« Et confiant mon fils à sa frêle nacelle,
« Je chargeai leur instinct de la guider près d'elle ;
« La vague protégea ce dépôt précieux, « Jusqu'à ces bords lointains je le suivis des yeux. i< Tranquille sur le sort d'une tête si chère, « Je sentis s'alléger le poids de ma misère, « Et loin de ce rivage allant porter mes pas, « J'usai mes tristes jours de climats en climats. « Mais enfin, quand des ans T inévitable outrage »' Eut usé de ce corps la force et le courage, •« Rappelé vers ces bords par un cher souvenir, •( Un instinct paternel me force à revenir M Près de ce fds chéri terminer ma carrière, «< Pour avoir une main qui ferme ma paupière ! « Ab ! laissez-moi, seigneur, le voir et Tembrasser ;
Sur ce cœur expirant laissez-moi le presser ;
Et que puisse de Dieu la main juste et prospère
Bénir dans vos enfants la pitié de leur père !
— Mes enfants! qu'a-t-il dit? hélas! je n'en ai plus !
Garde pour toi, vieillard, tous tes vœux superflus ; « J'ai perdu, comme toi, Tespoir de ma famille ; « Va ! cours chercher ton fils ! il est avec ma fille ! »
Ainsi dit Béranger, et, d'une rude main, Repoussant le vieillard, il reprend son chemin.
Tel qu un aigle irrité, dont Timmonde reptile, Pendant qu'il plane en paix, dans un azur tranquille, Â dévasté son aire, et sur ses bords flétris De ses œufe près d'éclore a semé les débris ; Lorsque redescendu de sa céleste spbère, Son instinct paternel le rappelle à son aire, Et, que du haut du ciel, y plongeant ses regards, 11 voit ses tendres fi^uits sur les rochers épars, Sur ce nid, son espoir, il plonge, il veut s*nbattre ; H cherche un ennemi qu'il puisse au moins combattre ; De rochers en rochers il vole en tournoyant, Promène dans les airs son regard foudroyant.
Et) rongeant les rochers à défaut de victime. Il jette un cri vengeur qui fait trembler T abîme ; Tel au fond d*Un palais maintenant dépeuplé, Ce vieux père, cherchant d'un regard désolé Cette eilfant dont ses yeux ont la douce habitude, De ses gémissements rempHl la solitude ; Marche, s'arrête, écoute, éclate en vains sanglots. Et consume la nuit à regarder les flots.
Mais à l'heure où les chants du pieux sohtaire Montent seuls vers le ciel, quand tout dort sur la terre, Ben regard» en fixant recueil inhabité,
LKS CHEVALIERS. 65
Du [anal de Tristan découvrit la clarté.
A cet aspect nouveau son cœur glacé palpite ; U appelle, il espère, il s'élauce, il hésite ; Mais vers les bords lointains où cet espoir a lui, Un instinct plus puissant Tentraine malgré lui. Réveillés à ses cris, ses matelots fidèles Rattachent Taviron aux flancs de ses nacelles, Dressent les mâts couchés sur les esquifs flottants, Lèvent Tancre pesante, ouvrent la voile aux vents, Et lui-même, voyant où le fanal le guide.
Courbé sur Taviron fend la plaine liquide.
La brise de la nuit sur le lac écumant N'ers recueil escarpé les pousse en un moment ; Us franchissent le flot grondant sur le rivage. Bérauger, le premier, s'élance sur la plage ; 11 appelle, il s'écrie, il court, il voit enfin, 11 voit aux premiers feux des astres du matin, Sur un gazon trempé des larmes de Taurore, Sur le sein de Tristan la fille qu'il adore Mollement assoupie; il doute, il craint d'abord Cette immobilité qui ressemble à la mort ; Mais bientôt s'approchant du couple qui sommeille. Le bruit de leurs soupirs rassure stm oreille;
66 LES CHEVALlEnS.
Il voit le sein d'Hermine encor gros de soupii-s,
Onduler, coinme Fonde, au soufQe des zéphii-s ;
Elle vit ! ma fille ! ô ma seconde vie !
 Toutrage, à la mort quelle main t'a ravie?
Réveille-toi î réponds î Quel que -soit ton sauveur,
Je jure par le ciel, par toi, par mon bonheur.
De lui donner, pour prix de ce bienfait suprême.
Tout ce que peut donner ma main... fût-ce toi-même !
Ces cris de son Hermine ont ranimé les sens ;
Elle rouvre les yeux, elle entend ces accents,
Voit pencher sur son front la tête paternelle.
Et lui montrant des yeux Tristan : « C'est lui, » dit-elle ;
Et Tristan, à ces mots, rougissant de bonheur,
De ses pleurs arrosait les mains de son seigneur.
Hais Béranger, ouvrant les bras à son Hermine,
Allait presser aussi Tristan sur sa poitrine,
Quand une sombre image, un soudain repentir,
Resserre tout à coup son cœur prêt à s'ouvrir.
Hermine tombe seule entre les bras d'un père ;
Le beau page, à ses pieds, reste un genou sur terre.
Et le vieillard lui jette un regard incertain,
Où la reconnaissance est mêlée au dédain :
« Partons, dit-il, fuyons ce funèbre rivage,
M Qui de mon désespoir me rappelle Timage, « Et i)endant que les flots nous porteront au port, « Tu nous raconteras ce prodige du sort ! »
La rame bat les flots, la barque glisse et vole ; Hermine, retrouvant à peine la parole, Raconte en rougissant ce qu'a fait son sauveur ; Comment il a risqué ses jours pour $on honneur ; Gomment son bras, plus fort que la vague et Forage, Au milieu de la nuit Fa portée au rivage ; Comment, près d'un foyer par ses mains allumé, Dans son sein engourdi son cœur s'est ranimé, Et comment, par ses soins la rendant à la vie, 11 Ta tout à la fois respectée et servie.
Béranger, en silence, écoutait ces récits ; En cercle autour de lui ses chevaliers assis, De surprise et d'orgueil ne pouvant se défendre, Sur répaule du preux se penchaient pour entendre ; Et les rameurs, eux-mêmes enchaînés par la voix. Du page rougissant écoutaient les exploits, Et contemplant Hermine à leur amour rendue. Oubliaient d'abaisser la rame suspendue.
Quant elle eut achevé , Béranger, Tceil baissé,
Sous tant d* émotions resta comme oppressé ;
Puis d'un ton à la fois indulgent et sévère :
« Tristan, dit-il, en moi ton enfance eut un père,
« Tu m'as rendu ma fille, et ce premier haut £ait
« Acquitte en un seul jour le bien que je f ai fait ;
« Mais mon cœur veut sur toi conserver l'avantage ;
« Il u*était qu'un seul prix digne de ton courage,
« Tu l'avais mérité ! je te l'aurais offert ;
« Mais entre Hermine et toi l'abîme s'est ouvert,
« Rien ne peut le combler, et pas même ta vie ;
« Le jour qui me la rend à toi te l'a ravie ;
« Ton père s'est nommé ; ton père, un mendiant,
« Est venu près de moi réclamer son enfant ;
« Je dois te rendre à lui, non tel que sa misère
« Te confia jadis à ta seconde mère,
« Faible, nu, sans espoir que sa tendre pitié,
« Mais enrichi des dons de ma noble amitié,
« Mais, honorant du moins par les dons de ton maitre
« L'obscurité fatale où le sort te fit naitre,
« Je te fais châtelain de la tour d'Ildefroi ;
« Ces domaines, ces champs, ces vassaux sont à toi !
« Tu peux à ton vieux père y donner un asile :
« Mais toi, loin d*y languir dans un loisir stérile, « Lèires-y des soldats, va porter ta valeur « Parmi les conquérants du tombeau du Sauveur «I Va disputer un prix digne de ta vaillance, « Va mériter un nom qui couvre ta naissance ; « Après ce que tu fis et ce qu*ont vu tes yeux, « Il ne te convient plus de paraître en ces lieux, « Jusqu'à ce qu'un héros, entrant dans ma famille. « Ait pris sous son honneur la garde de ma fille ! » Tristan ne répondit que par un seul soupir, Et tout bas dans son cœur se dit : J'irai mêurir ! Mais Hermine pâlit ; comme une fraîche aurore, Qu'un nuage subit tout à coup décolore, Son beau front s'inclina pour cacher ses douleurs, Et ses cils abaissés voilèrent mal ses pleurs. Tout se tut : jusqu'au bord on n'entendit qu'à peine Du sein des deux amants s*exhaler leur haleine ; Les vassaux, sur la plage, avec des cris d'amour, De leur dame chérie attendaient le retour ; Et, prenant dans leurs bras la belle châtelaine, La portèrent en foule aux bras de sa marraine.
:0 LBS CHEVALIERS.
Tout est joie et tumulte aux murs de Béranger ; Les vassaux, qui d'Hermine ont appris le dan«rer. Les jeunes chevaliers qui briguaient sa conquête, Venus pour le combat sont restés pour la fête ; Les cours et les préaux sont couveiis d^étrangers ; Les dames, les barons entourent les foyers ; Le jour ne suffît pas a leur foule enivrée ; Nais des feux du sapin la nuit même éclairée Ouvre une lice ardente à des plaisirs nouveaux. C'est rheure oii Béranger, conviant ses vassaux. Prodigue des trésors que son orgueil étale, Fait dresser à la fois vingt tables dans la salle, £t jusqu'aux premiers chants de l'oiseau du matin, Entouré de ses preux, prolonge le festin.
Ces salles, où dos preux les tables sont dressées. De soie et de v«^lours ne sont pas tapissées ; Elles n'offrent aux yeux qu'une voûte d'acier : Lances, piques, écus, brassards et bouclier ; Et des lambris de fer et des festons d'épées Avec un ai<t sauvage autour des murs groupées, Réflédiissant les feux des nocturnes flambeaux, Jettent un jour sanglint sous les vastes arceaux. Nul nvi dans ces 4'stins n'^ijoute à la nature.
Et leur profusion est leur seule parure ; Les hôtes des forêts, des cerfs, des sangliers, Sur des plateaux de bois s'y servent tout entiers ; Et dans la salle même, entre chaque embrasure, Des outres, des tonneaux qui coulent sans mesure, Versent aux échansons des vins nés sur ces bords, Dont la coupe se vide et s'emplit à pleins bords.
Sur un siège élevé d où son regard domine Béranger est assis : plus bas la belle Hermine ; Puis enfin les barons, les écuyers, les grands. Placés par les hérauts chacun selon leurs rangs. Descendent par degrés jusques aux servants d'armes Où Tristan va cacher son triomphe et ses larmes. Là, tandis que son nom retentit en tous lieux, Sur ses égaux d*hier n'osant lever les yeux, n rougit d'être assis parmi ceux qu'il honore, Et plus bas, s*il se peut, voudrait descendre encore. En vain les écuyers, pour plaire à leur seigneur, Lui présentent les vins et la coupe d'honneur ; Du doux jus des coteaux en vain sa coupe est pleine» En feignant d'y puiser sa lèvre y trempe à peine, Bt son cœur, d*amertume et déboute abreuvé»
Lui fait trouver amer tout ce qu'il a goûté.
11 accuse en secret la lenteur des convives.
Il compte chaque instant des heures trop tardives ; Puis, d'un regard furtif contemplant ces doux traits Qu'il grave dans son âme et va perdre à jamais, il se dit, en comptant le temps qui s*évapore : « Dm*e à jamais le jour où je la vois encore 1 » Les lices aux tournois, les danses aux festins, De Taurore à la nuit, de ta nuit au matin, Durant trois joui-s complets, durant trois nuits entièius, Chassèrent le sommeil de toutes leurs paupières. Mais, au dernier repas de la troisième nuit, Quand, déjà chancelants de fatigue et de bruit. Les convives lassés succombaient à Tivresse, Le baron de Neuf- Tours à Béranger s'adresse : « Seigneur ! n'avez-vous donc pour orner votre cour « Trouvère ou ménestrel, barde ni troubadour ? « Quitterons-nous ces lieux sans que de sou échaipe « L'enfant perdu du lac ait dénoué sa harpe... « — Excusez-moi, seigneur, dit Tristan tout confus, « J'imite les héros, je ne les chante plus. » Le baron, à ces mots, lui lance un faux sourire ; Mais Béranger, honteux qu'on ait osé dédire
En sa présence même un noble chevalier :
« Vous chanterez, Tristan ; tant d'orgueil doit plier ! « Ecuyer, apportez la harpe du trouvère ; « Hermine, que ta voix charme aussi ton vieux pèio, « Et chantez tous les deux l'histoire d*Âmadis, « Où vos deux voix d'enfants s'entremêlaient jadis. » Il dit. Hermine tremble et murmure en son sime ; Le page avec respect s'approche de sa dame, Lui présente son luth, au clou d'or suspendu, Ce luth dont le doux son, à sa voix confondu, Résonnait autrefois de loin à son oreille Plus gai qu'un premier chant de l'oiseau qui s'éveille ; Et lui-même, prenant des mains d'un écuyer Une harpe nouée auprès d'un bouclier, L'accorde lentement et d'une main distniile.
Et de saisissement la foule était muette.
Enfin, d'une voix faible et sans lever les yeux, Hermine commença le doux lai des adieux.
Or. c'était un récit, triste comme leur âme Et que-, sans y penser, avait choisi la dame, D'un chevalier quittant pour ne plus la revoir Celle dont la pensée était son seul espoir ; Un vieux barde, exilé des bords de la Durancc,
7k LES CHEVALIERS.
L'avait porté jadis de Tltalie en France.
Deux voix, pour imiter cette scène d'amour, S'en devaient partager les couplets tour à tour ; Et la harpe et le luth, de leui-s notes plaintives, En suspendre un ùistant les stances fugitives.
romancf:
Quand ce vint au matin, Yst^ult lui dit : Écoute ! J'entends le coq chanter et ton coursier hennir ; Encore, encore un mot, et tu seras en route.
Et plus jamais ces lieux ne te verront venir ! Ami, prends mon anneau que de mes pleurs j'arrose; Hier, pensant à toi, ma main Ta fait bénir.
Pour qn à jamais de moi te fasse souTenir Tant qu il te, souviendra du doigt où je le pose !
Or son page, frappant aux portes de la tour, Disait à demi-voix : Roger, voici le jour !
LE CIIEVAUER.
Je pars ; mais mon cœur reste, ô ma seule pensée ' Plus ne compte les joure après ce triste instant ; En ce suprême adieu mon âme t'est laissée.
Tout ce qui m'animait me quitte en te quittant. Garde de nos amours longue et triste mémoire, Et si jamais le soir trouvère ou pèlerin D'un cœur brise d*amour te vient chanter la fin, Yseult, dis en toi-même : hélas ! c'est sou histoire !
Or le page, frappant aux portes de la tour, ' Disait à demi-voix : Roger, voici le jour !