ULYSSE ET NAUSICAA
CHANT m
Sur un lit opulent, couvert de fins tissus.
Donnait Nausicaa, fille d'Âlcinoûs, Jeune vierge aux bras blancs, si bien faite et si belle. Que celui qui la voit croit voir une Immortelle ; Et de cbaque côte du seuil silencieux Couchait une servante aux contours gracieux.
Gomme un souffle léger, Minerve entre et se pose Vers le sommet du lit où la vierge repose, Se penche sur sa télc, et, lui parlant tout bas. Sous les traits de Gharis, la fille de Dymas ,
Qui, née en même temps que la jeune princesse, Etait sa favorite et la suivait sans cesse :
Nausicaai c'est mal d*avoir si peu de soin ; Vos babils négligés sont gisants dans un coin. Pourtant le jour approche où pour le mariage Il faudra revêtir les parures d'usage ; Outre le bel habit que vous aurez sur vous, 11 en faudra donner un autre à voire époux; C'est ainsi qu'on acquiert la bonne renommée, El que l'on réjouit sa famille charmée.
iVJloiis, au point du jour, tout laver dans le Ilot ; Moi, je vous aiderai pour en finir plus tôt ; Car on n'a pas longtemps à rester jeune fille Quand on est, comme vous, d'une illustre famille. C'est pourquoi, dès l'aurore, entrée dans le palais^ Et demande^ au roi son char et ses mulets ; Vous mettrez dans le char vos robes et Vos laines^ Et Vous y monlerczj tenant en main les rcnes^ Comme la ville est loin du lavoir^ il vous sied D'aller eti chariot mieulL que d'aller à pied.
Ayant ainsi parlé, la déesse retourne Dans l'Olympe, où la troupe immortelle séjourne j Les vents n'ébranlent point ces radieux climats Inconnus à la pluie, et vierges des frima».