‹ HomilétiqueChapitre 13 sur 98 · SUJETS HISTORIQUES · texte numérisé non relu

SUJETS HISTORIQUES

pères en la foi. Nous serions chrétiens, et nous connaîtrions vaguement Paul, Jacques, Pierre ; nous ignorerions, pour ainsi dire, un Luther, un Viret ! L'histoire de l'œuvre de l'Esprit dans l'Église, et les biographies des hommes saints sont souvent bien plus édifiantes que toutes les démonstrations. Ne craignons pas même les anecdotes.] Pourquoi priver de tout cela notre auditoire, qui ne le trouverait point ailleurs, ou point ainsi assaisonné?] N'oublions pas cependant, en usant de ces matériaux avec liberté, que tout n'est permis qu'à celui qui est esclave de Dieu, et dans la mesure m il est son esclave.]

Les sujets que nous venons de mentionner se prêtent à une unité oratoire très suffisante et à toutes les convenances de la chaire.

§ rV. — Sujets tirés de la contemplation de la nature»

[On a aussi abusé des sujets de ce genre, ce qui les a fait tomber dans un discrédit analogue à celui dont les sujets de morale ont été l'objet. On a été rassasié de sermons romantiques, et la faute des prédicateurs est retombée sur les matières dont ils s'occupaient de préférence. Ce dégoût est sans doute excusable, mais il est injuste cependant, et il convient que les sujets dont nous parlons reprennent la place qui leur appartient.]

On avait mis en opposition le Dieu de la nature et celui de l'Évangile. On l'a fait, avant le réveil, dans un sens ; après le réveil, dans un autre. Ce que nous avons dit des vérités de la religion naturelle trouve

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ici son application ; car ceci n'est pas autre chose. Lsr grâce n'a pas mis au rebut la nature ; et parce que les cieuî ne racontent pas toute la gloire de Dieu, i7 ne s'ensuit pas que, sur ce sujet important, les cieux soient devenus muets. Dira-t-on que ce qu'ils disent n'a plus de prix depuis que l'Évangile a parlé? On ne saurait le croire; non, ils parlent : il faut recueillir " leur voix. — Il est vrai que la nature parle aussi de i la chute et du péché, et nous force à désirer une nott- J velle terre et de nouveaux cieux ; mais, encore sous ce ^ rapport, il est utile de parler de ce monde-ci, et de j montrer comment tout est calculé pour l'éducation re- ! ligieuse de l'homme.

D'ailleurs, la correspondance du monde physique et du monde moral est frappante : la nature est une immense parabole.

Remarquons seulement que ce qui, dans ce genre, est permis à la chaire, ce n'est ni de la science, ni de la poésie, quoique la science, dans ses résultats généraux, et la poésie, par une conséquence nécessaire, y prennent une place. Cette contemplation de la nature doit être essentiellement religieuse. Elle s'aide de la science, elle abonde naturellement en poésie ; mais la science n'en est que le moyen et la poésie que l'accident. Il est à désirer que le prédicateur n'en parle pas d'une manière vague et au hasard, mais avec la précision que donne la science. Les merveilles cachées ne sont pas les moindres (1).

(i) Nous dterons, comme exemples de ce genre de siûets, certains sermons de GiLLÉRiiR et œlid de Mamubl nir VHiver. {Sermons, tome H, sermon XVm.)

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