SENS EXTERIEUR DU TEXTE
« à le déterminer? En un mot, pour qu'il restât pas- « sif là où il importe le plus que son activité, sa lift berté se déploient, et que sa responsabilité soit en- « gagée? Dieu soit loué de ce qu'il n'en est pas ainsi, « et de ce que tout homme est à la fois capable et « obligé de trouver, à travers toutes ces phases, à tra- « vers tous ces faits, à travers toutes ces personnalités « dont se compose la Bible, cette vérité générale et « éternelle qui ne se présente à lui dans la Bible qu'ace vec un caractère en quelque sorte occasionnel, sous « la forme d'une application et toujours mêlée à quelce que événement ou à quelque vie ! Dieu soit loué de « ce que son livre n'a pas la clarté d'un symbole, de Xi ce qu'on n'est pas forcé de le bien comprendre, et c( de ce qu'on peut donner plusieurs sens à sa parole! c( Dieu soit loué d'avoir laissé une part à notre activité « dans Tacquisition de la foi, et de ce que, voulant « qiae notre croyance fût une action, il n'a pas ajouté à « la Bible, suffisante pour les cœurs simples, le dan- « gereux appendice d'un symbole (1)! »
Voilà ce que nous avions à dire sur la détermina* tion du sens verbal. Celui qui aura pris toutes ces précautions, ne sera sans doute pas disposé, après avoir fermé une source d'erreurs, à en rouvrir une autre, c'est-à-dire à fixer arbitrairement le sens intérieur du texte, [c'est-à-dire l'intention de l'auteur.] Cependant, il faut que nous en parlions aussi .
Si vous prenez la Bible dans son ensemble, vous ne
(i) M. Vinet se cilc ici lui-mOmc : voir jRevuc suisse, année 1839, pages 2fi et suiv. [Éditeurs.)
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lui trouverez qu'une intention, qu'un but, qu'un sens, qui est spirituel. C'est le triomphe de Tesprit sur la chair, l'adoration de Dieu en esprit et en vérité.
Mais aussitôt que vous descendez de cette hauteur, de cette vue d'ensemble, dès le premier pas que vous faites dans le détail, vous rencontrez deux ordres d'idées, Bt deux ordres de textes qui y correspondent.
Et d'abord, des choses purement temporelles ou m^té^rielles, et des textes relatifs à V ordre temporel.
Leur sens n'est ni incertain, ni double. Si rien n'indique clairement ou ne révèle expressément une intention allégorique (symbolique, type, préfiguration), il faut rester dans le sens propre.
Nous ne condamnons pas, au contraire nous louons l'intention des hommes pieux qui ont détourné vers un sens plus élevé des passages de l'ordre temporel ; cela tenait au besoin de spiritualiser tout. Ainsi Quesnel, lorsqu'à propos de ces paroles : « Les mages s'en retournè- « rent en leur pays par un autre chemin,» (Matthieu , II, 12.) il observe que « nous ne retournerons jamais au « ciel que par un autre chemin que celui qui nous en a « éloignés. » Que tout serve à éveiller des idées spirituelles chez les hommes spirituels, rien de mieux sans doute ; mais il s'agit ici d'interprétation et d'enseignement, et nous ne pouvons rien voir de sérieux dans une interprétation arbitraire et relâchée. Il semble qu'on ait badiné avec la Bible à mesure qu'elle était plus respectable, et que tout comme Dieu a livré le monde aux vaines disputes des hommes, il ait livré
sa Parole à la frivolité de leur imagination. Aucun