Sans intelligence, sans foi, sans affectiori natik
a relh, implacables, sans compassion. >s — i Timo-
thée, liï, 3 : « Sans affection haturetle, sains fîdéB-
« té, calomniateurs, incontineWs, cruels, ennemis dès
« gens de bien (1). »
Lai règle de Claude nie paraît vague où inapplicable. ié crois qu'on trouve uni sens complet, et consêquemment un texte, dans toute série de mots d'oii ressort pour tout esprit attentif une proposition, et qui se suffit à elle-même, c'est-à-dire, qui n'a pas besoin, pour présenter un sens vrai, des mots qui précèdent ou qui suivent.
C'est sans doute un devoir d'examiner avec soin si les idées plus particulières, les additions que ('auteur a rattachées à son idée principale , ne la complètent pas, ne la présentent pas dans tout son jour, n'écar-
(i) Je ne compte pas dans ce nombre les mots : « Dans un peu de temps» » (Jean» XYl, 16-23.) sur lesquels Hanns a fait un sennon [dont il expose ainsi le pUn) : « Le mot : Dans peu de temps, (ûber ein Kleines) considéré dans st divine énor* gie. 1» Il égayé les afiOigés. 2*> U maintient la joie dans les cœurs joyeux. 3*" Il excite la lenteur. 4° II trouble l'insouciance, y* U soutient ceux qui combattent, û^ Utt' fermit ceux qui trépassent. »
DÉLIinTATlON DU TEXTE. 159
lent pas les équivoques ou les préventions (1), etc. — Nous ne combattons que la règle qui ferait dépendre la circonscription c('un texte de quelque circonstance purement accidentelle.
S'il ne faut pas confondre les textes avec les phrases et lés |)ério(j(es, et l'unité logique avec l'unité grammaticale, il ne faut pas croire non plus que le texte s'arrête où s'arrête le sens grammatical, ni même où se clôt rùriité logique. Plusieurs unités logiques peuvent former ensemble une unité plus grande, et il est impossible de dire d'avance et d'une manière absolue quelles sont les limites d'un vrai texte. Un même texte en petit fournît dix; dix textes en peuvent former un. L'art de découper un texte, l'art de grouper plusieurs textes èfi un seul, mériterait d'être approfondi.
(Teët ainsi que dans le passage Matthieu, ^y 3-1 tf, dbâque hédtitvde forme un texte particulier ; mais orï pourrait aussi les réunir en un seul texte. Celui de lean, tV, 31-38 présente trois traits du caractère de lésus^hri^ : Une sublime préoccupation (il oublie ae' ittanger), une sublime iuipatience (tfô campagnes sont prêtés), une siïblime abnégation (l'un sème et l'autre moissonne), fie tout cela on pourrait faire trois sujets distincts.
Le docteu]^ fiusch a traité dans un sermon le passage de Liïc, X, 2â-37 (2). Là, la première parole de
(t)V«9ez les exemples dxét ptus haut: i Gorinthieiis, II, 9; Xin, 13 ; Pfaai|i^ pieu, n, 12-13; IV, 6-7.
(2) Voyez le recueil de sermons de divers auteurs, publié par Fliedner et Lei- H>LDT en fayeur de l'Église éYanj^élique de Karlshuld^ dans le Donaumoos, sous le titre : ÈHiËerr, eih ^tàii^, oshaen, 1837, page 352.
400 DELIMITATION BU TEXTF.
Jésus-Christ : « Bienheureux sont les yeux qui voient « ce que vous voyez, » est représentée comme ayant provoqué la question du pharisien. L'erreur de cet homme est accompagnée d'une intention pure. Jésus- Christ répond à sa question par une question nouvelle. A la réponse du pharisien : « Tu aimeras le Seigneur « ton Dieu, etc., » Jésus-Christ réplique : «Tu as bien « répondu. » L'orateur montre qu'en effet le pharisien a bien répondu. Mais en présence et sous l'influence de Jésu&-Christ, cette réponse, en apparence si tranquillisante, ne le tranquillise pas. Il se doute que s'il a bien répondu sur la loi, il n'a pourtant pas bien accompli la loi. Désirant sérieusement être justifié devant Dieu, il veut rempUr le précepte de l'amour du prochain de la manière et dans le sens que Dieu veut (1). Làdessus vient rhistoire du Samaritain. L'auteur cherche quelle impression cette histoire, si belle en tout temps et pour tout le monde, a dû produire sur cet homme dans ces circonstances. Puis il passe à la réponse du pharisien, dont il fait valoir les expressions, qui montrent, selon lui, que son cœur était touché. Son cœur est ouvert à l'amour du prochain ; mais cet amour suppose l'amour de Dieu, tel que le prescrit le premier conunandement. Comme le pharisien n'a pas encore fait l'expérience d'un tel amour du prochain, notre Seigneur le lui montre dans un fait et finit par lui recommander de le reproduire. Puis une application à nous, qui avons besoin que Jésus-Christ nous enseigne
(0 Quant au premier commandement il ne fait point de question. Pourquoi ?
DÉUMITATION DU TEXTE. i6l
de même ; et enfin la réponse à cette objection : Si de véritables bonnes œuvres nous sont impossibles, si donc nous ne pouvons être sauvés par nos œuvres, comment cela se concilie-t-il avec les réponses de Jésus- Christ au pharisien : « Tu as bien répondu ; » — « Va « et fais de même? »
Le docteur Julius MûUer peut également être cité ici pour son sermon sur Matthieu, XVII, 1 à 18. « Le « récit de notre texte, dit-il, commence par la relation « d'un des événements les plus sublimes et les plus « merveilleux de la vie de Jésus-Christ, sa transfigura- « tion sm* une ïnontagne de la Galilée, et l'apparition « de Moïse et d'Élie dans la lumière de gloire qui l'en- « vironne. Ce récit nous conduit ensuite vers les trois « disciples qui furent témoins de l'événement, nous (( retrace leur ravissement et leur effroi, et nous donne ' « quelque idée de la sainte émotion de leur cœiir en « redescendant de la montagne. Enfin, nous sommes « transportés au milieu de la foule qui couvre la plaine, « et nous assistons à l'un de ces spectacles douloureux « que donnent le péché et la misère humaine. Ainsi « notre histoire descend, pour ainsi dire, par degrés, ce des lumineuses hauteurs de la gloire de Jésus-Christ, « jusque dang l'obscure vallée de la bassesse humaine. « Nous allons renverser cet ordre dans notre médita- (( tion de ce jour. Au lieu de descendre, nous monte- « rons, et nous envisagerons trois degrés de la vie « chrétienne : le premier, celui du trouble, de l'hési- « tation et de la perplexité ; le second, celui de la con- « naissance béatifique de Jésus-Christ et de l'abandon
162 DÉUHITATION DU TEXTE.
« intime à sa volonté ; le troisième, celui de la commu- « nion parfaite avec Jésus-Christ (1). »
Il ne faut pas, à première vue, accuser de duplicité des textes qui, mieux considérés, révéleront l'unité qui ne peut pas manquer d'avoir été dans l'intention de l'écrivain sacré, lequel n'a pas réuni deux choses sans savoir pourquoi. Il faut chercher cette unité. — J'ai déjà cité 1 Thessaloniciens , V, 15 et Éphésiens, IV, 28. Dans 1 Timothée, H, 8 : « Je veux que les « hommes prient en tout lieu, levant au ciel des mains « pures, sans colère et sans contestations, » [la pensée commune est le conseil donné aux persécutés d'opposer la prière aux maux qu'ils endurent. Cette pensée n'est pas exprimée directement; mais l'apôtre, s'il ne Ta pas eue présente à l'esprit, a du moins écrit sous son influence.] Tholuck [a recherché l'unité d'intention de l'apôtre dans] Hébreux, XII, 14 : « Recherchez la paix « avec tous, et la sanctification sans laquelle personne c< ne verra le Seigneur. » — « Il y a, dit-il, trois choses « dans notre texte : deux exhortations et une menace, « laquelle peut aussi s'entendre comme une promesse, « (menace pour les uns, promesse pour les autres) . . . « Certainement l'apôtre n'aurait pas réuni ces deux « exhortations, l'une à la paix, l'autre à la sanctifica- « tion, s'il n'avait pas regardé la sanctification comme « la racine de cette paix qu'il recommande d'entretenir « avec tous les hommes (2). » — On pourrait trouver
(0 Ein Herr, ein Glaube, recueil de sermons de divers auteurs, publié par Flibd- NBa et Leipoldt, page 108.
(2) Tholuck, Akadenmche Predigten, 3« Sammlung.