VARIER LES TEXTES
l'unité du texte dans une autre idée : « La paix sauf (( la sanctification. » — Lui : « La paix par la sanctifi- « cation. » — Voyez encore Jacques, I, 17. (Cf. 1 Corinthiens, IV, 20.)
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[Ajoutons quelques règles encore à celles que nous avons déjà données :
[Il convient de varier les textes. On est frappé de retrouver toujours certains textes, comme si la plupart des prédicateurs s'étaient envisagés comme tenus de les traiter. Quelques-uns, sans doute, doivent attirer Tattention de tous par leur importance ; mais il y a cependant plus d'importance, et une importance plus sérieuse qu'on ne pourrait le penser au premier abord, à ne pas laisser une sorte de monotonie traditionnelle s'introduire dans le choix des textes. L'emploi d'un texte nouveau renouvelle le sujet lui-même. Il y a ordinairement, sur un même sujet, des textes de trois sortes, parmi lesquels on peut choisir,] des textes didactiques ou sentencieux, des textes historiques et des textes que l'on peut appeler éjaculatifs. Citons quelques exemples de ces derniers :
Psaume XUI, 3 : « Quand entrerai-je et me présente, terai-je devant la face de Dieu? »
Psaume LXXXTV, 4 : « Tes autels, ô Éternel des « armées, mon roi et mon Dieu I »
Psaume XXIV, 7 : « Portes éternelles, haussez-vous, « et le Roi de gloire entrera. »
Psaume VI, 4 : « Et toi, Éternel ! jusques à quand? »
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Psaume LXXIII^ 19 : « Comment en un moment « ont-ilg été détruits ? x>
Michée, yi| 6 : « Avec quoi me prosternerai-je de- « vant le Dieu souverain? »
Romains, VII, 24 : a Misérable que je suis ! qui me « délivrera de ce corps de mort ? »
1 Corinthiens, XY, 55 : « 0 mort 1 où est ton aic< guillon? »
Une autre règle, aussi importante que négligée, c'est que les textes soient individuels. Toutes choses égales d'ailleurs, de deux textes, celui qui sera le plus en rapport avec notre individualité, sera de beaucoup le meilleur.
Peutron, dans le sermon, intervertir l'ordre des parties du texte ? — [On le peut sans doute, et dans certains cas il le faut, l^s prédicateurs l'ont fait assez souvent.) Toutefois, n'intervertissez, dans votre discours, l'ordre des parties du texte qu'autant que cela est évidemment nécessaire. « Le principe de notre « culte, dit Bossuet, c'est que nous ayons de Dieu des « sentiments véritables, et que nous le croyions ce qu'il « est. La suite de cette croyance, c'est que nous épu- « rions devant lui nos intentions, et que nous nous <( disposions comme il le demande.,. Ainsi toute l'es- « sence de la religion est enfermée en ces deux paroles a (en e$prU ^t m vérité) y et je prie mon Sauveur de me « pardonner si, pour aider votre intelligence, j'en com- « mence l'explication par celle qu'il lui a plu de pro- « noncer la dernière (1), »
(i) BossiTRT, Sermon wr le cttlte dà à Dieu. (Œuvres, édition Leffevre, t836, tome IV, page I6'2.)