DB L ÉMOTION
i^ment passif. Nil ciliùs arescU lacryma . — L'idée entretient, renouvelle l'émotion, qui, livrée à elle-même, se dissipe. Cette considération a surtout du poids dans
l'éloquence de la chaire , dont l'échéance est à long terme.
On se tromperait aussi si l'on croyait que l'affection 'épondra à l'appel à mesure qu'il sera plus vif et plus îclatant. Dieu n'est pas toujours dans la tempête. 1 Rois, XIX, 11-12.)
Si vis me flere, dolendum est PrimumipsitibiO).
[Le poëte ne dit pas : flendum est, mais : dolendum wl.] — La retenue a une grande force. Au figuré, et juelquefois au propre , ce mot est vrai : « Plus vous arierez, moins on vous entendra. » Il vaut mieux, dans 'intérêt de l'effet qu'on veut produire , avoir l'air de ;entir plus que l'on n'exprime que celui d'exprimer dIus que l'on ne sent ; [et l'auditeur partagera d'autant aiîeux notre émotion, qu'il s'apercevra que nous avons quelque chose à réprimer.]
La retenue a d'ailleurs quelque chose de mâle et de digne. L'éloquence des apôtres et des prophètes, pleine d'abandon , n'est pourtant pas une éloquence éperdue et convulsionnaire. Ajoutons que rien n'est plus près du ridicule que la tentative d'émouvoir , lorsqu'elle a été tout à la fois violente et sans succès. On peut dire:
SegDÎus irritant animos demissa per aurem... (2)
mais il ne s'agit pas d'îmfer les esprits.
(0 Horace, Art poétique, Ters 102. (2) Horace, Jrt poétique, ven IM.