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QUALITÉS SUPÉRIEURES OU VERTUS DU STYLE

§ L — Delà force et de la beauté du style en général.

Quoique plusieurs des qYialités que nous avons recommandées puissent, en s'élevant à un certain degré, de simples qualités devenir des vertus, il est pourtant vrai que nous avons donné des règles négatives plutôt qœ des préceptes positifs ou des moyens; nous avons élevé des barrières, circonscrit le champ de l'éloquence. Toutes ces qualités se résument, je l'avoue, dans l'idée de vériié; c'est toujours, sous différents points de vue, la vérité que nous avons recommandée. Qu'y a-t-il par delà la vérité, à supposer que la vérité ne soit pas tout? Il y a, si l'on veut, Y extraordinaire^ m. le superflu, « chose très nécessaire ; » la réunion, la conciliation du vrai et de l'extraordinaire est le problème à résou* dre. Dans l'ordre de compositions qui nous occupe, le nom propre de l'extraordinaire, c'est l'éloquence, un style éloquent ; mais ce mot ne nous apprend rien : nous le savk)Q8 d'avance. En quoi consiste cet extraor*

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dinaire ? de quels éléments se compose cette éloquence du style ?

On dira avec raison que c'est de force et de beauté; et ce sera, pour le coup, avoir dit quelque chose. Il y a là quelque instruction. La vérité sans doute n'est pas une chose purement négative ; la force et la beauté ne sont peut-être que la vérité à son plus haut période ; toutefois, le mot de vérité peut se prendre et se prend souvent dans un sens restreint ; et dans ce sens, la vérité se distingue de la beauté et de la force, et reste en deçà. En un mot, le style ne saurait être éloquent s'il n'est vrai, mais il peut être vrai sans être éloquent.

Ainsi nous pouvons dire qu'en rassemblant, dans le chapitre précédent, les éléments dont se compose la vérité du style, nous avons élevé des barrières, dans l'intérieur desquelles nous laissons l'éloquence se mouvoir. Laissons est le mot, parce qu'il n'y a pas de règles ou de méthode pour être éloquent ; on ne peut donner à celui qui n'a pas. Mais, en revanche, on peut donner à celui qui a ; une exposition des ressources, des moyens et des procédés de l'éloquence peut profiter à celui qui a le talent de l'éloquence. Il ne peut lui être inutile de réfléchir sur les causes des effets que produit le génie oratoire ; cette étude conduit à l'exercice des facultés ignorées ; et de même qu'on prêche la morale à l'homme régénéré, on peut prêcher l'art à l'honune de talent, afin qu'il emploie toute sa force, et aussi afin qu'il apprenne à la régler.

La force et la beauté, attributs essentiels dp la vérité

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