‹ HomilétiqueChapitre 83 sur 98 · DU STTLE EN GENERAL · texte numérisé non relu

DU STTLE EN GENERAL

religieuse et morale, doivent se trouver dans la forme dont on la revêt. Or, la force, dans les œuvres de l'art, c'est tout ce qui exalte en nous le sentiment de la vie ; laheautéy c'est ce qui, dans ce déploiement de la vie, nous donne le sentiment de l'harmonie et de la proportion. Il en est de la force et de la beauté comme de tant d'autres couples de choses, qui s'entr'aident en se résistant, et se complètent en paraissant se restreindre. Il en est comme de la justice et de la paix, qui, distinctes et souvent même opposées en apparence, « se rencontrent et s'entre-baisent. » (Psaume LXXXV, 11.)

La force n'est pas affectée exclusivement à certains genres de composition et la beauté à d'autres. Mais il est' des genres où l'on aspire surtout à la force , d'autres où le soin de la beauté l'emporte. Il est des temps aussi qui, fort sensibles à l'un de ces mérites, font bon marché de l'autre ; la pente plus décidée vers la force ou vers la beauté distingue aussi les unes des autres certaines nations et certaines époques. Ces différences de goût tiennent à d'autres différences plus profondés. Le deirnier fond de l'existence morale se découvre dans la diversité de ces tendances.

En appelant force et beauté ce qui, dans l'éloquence, est par delà la simple vérité du style, nous n'avoïis pas indiqué le plan de ce qui nous reste à dire, nous avons seulement résumé sous deux idées principales ce qui, dans l'éloquence, est le complément de la vérité du style.

• On serait tenté de distinguer entre elles la poésie et

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