SERMONS DE CIRCONSTANCE
« jointures et des moelles, et elle juge des pensées et « des intentions du cœur. » (Hébreux, IV, 12.) — Quant au genre opposé, la prédication laudativéy on en trouve des exemples dans ,les épîtres de saint Paul; mais il est difficile de croire qu'elle trouve son application dans l'Église actuelle, dans nos églises.
Sermons de circonstance. — Rattacher des vérités générales à des faits prochains et connus, c'est sans doute un moyen de ranimer la vérité générale ; et, d'un autre côté, [c'est] attacher aux faits particuliers, qui sont trop souvent mal jugés, ou qui passent inaperçus, une valeur d'instruction (1). Si le prédicateur dit que Dieu nous instruit par les événements ( Dieu a aussi des sermons de circonstance), il y aurait de sa part de l'inconséquence à ne jamais parler des événements. Sans doute la substance même de la prédication n'est point ce qui passe, c'est ce qui ne passe point ; mais ce n'est pas lui ôter ce caractère que de s'en servir pour rattacher les événements qui passent à des vérités qui ne passent point. L'auditeur apporte dans le temple toute la petite monnaie de ses impressions particulières, pour qu'on la lui change contre de l'or. L'histoire tout entière, entre les mains d'un chrétien, devient une prédication ; la prédication peut devenir de l'histoire. A celui qui prêche dans ce sens, c'est-à-dire dans l'esprit de généraliser le particulier, d'éterniser le temporaire, il est permis de parler de la circonstance ; à celui qui n'y voit qu'un moyen d'ai-
( i) Voir le sermon de Saurin sur les Malheurs de l'Europe, tome Vlll, nouvelle édition.