CHAPITRE m
DU TEXJE.
§ I. — Du texte en général.
En traitant d'abord du sujet, abstraction faite du texte, j'ai fait assez voir que je ne regardais pas l'emploi d'un texte comme essentiel au discours de la chaire (1). Et en effet, il ne l'est pas. Ce qui fait qu'un sermon est chrétien, ce n'est pas l'emploi d'un texte, mais l'esprit du prédicateur. Un sermon peut être chrétien, édifiant, instructif, sans s'enfermer dans les limites d'un passage de l'Écriture sainte. Il peut aussi bien être biblique sans avoir de texte, qu'il peut, avec un texte, n'être nullement biblique. Un passage scripturaire a mille fois servi de passeport à des idées qui ne l'étaient pas ; et l'on a vu des prédicateurs se faire comme un jeu de mettre à la tête de leurs compositions des textes bibliques très forts pour se donner le plaisir de les énerver. On assistait à une immolation
(i) Origine des textes : voir Luc, IV, 16-21.