‹ Homilétique ou théorie de la prédicationChapitre 25 sur 110 · DES THESES ET DES TEXTES · texte numérisé non relu

DES THESES ET DES TEXTES

thèse, thèse en naissant, elle va à son but sans sinuosités et en suivant la ligne la plus directe. — II, y a sans doute un bon nombre de textes bibliques dont on peut en dire autant ; mais un plus grand nombre dont la contexture, la forme, le fond même supposent une occasion, une émotion personnelle, le contact fortuit avec d'autres idées, en un mot une complication étrangère à la thèse proprement dite, et qui, vue dans l'isolement, doit sembler arbitraire. Or, c'est souvent dans tel passage de cette nature, comme dans une espèce de gangue, qu'est déposée telle vérité qu'on a le. besoin et le désir de traiter ; et la thèse s'élève alors à côté du texte, y jette ses racines obliquement, comme dans la fente d'un rocher ; elle y puise une vie nouvelle, quelque intérêt nouveau, bien plutôt qu'elle ne s' eh extrait substantiellement. Et si elle veut absorber tout le texte, elle se surcharge, elle se surplombe ellemême : elle n'est plus thèse.

Eh bien ! dira-t-on, renonçons aux thèses, et l'embarras disparaîtra. Mais je^ demande si le prédicateur, dans le cours de sa carrière, ne verra naître pour lui des sujets de prédication que des passages de la Bibleî L'expérience est aussi un livre, l'expérience fournit aussi des textes. Telle proposition qui n'a son expression exacte dans aucun passage de la Bible, sort une et entière de l'esprit du prédicateur, fécondé par les circonstances ou par la méditation. Il cherchera maintenant, puisqu'un usage qui a force de loi l'exige, un texte pour ce sujet préconçu ; et je ne doute pas qu'il ne trouve un texte qui a un rapport sensible avec son

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