SB»S EXTÉRIEUR DU TBXTI
Tel est lô langage de la Bible, et encore chacune des époques qui y sont représentées, chacun des auteurs qui en font partie, a son style particulier. [Il faut même aller plus loin et comparer non-seulement les mots d'un auteur avec ceux d'un autre, mais encore ceux d'un même auteur entre eux.] Le mot /W n'a pas toujours la même signification chez le même auteur. Tantôt il a un sens abstrait (Hébreux, XI, 1), tantôt un sens concret ; ici il a un sens intellectuel, ailleurs un sens moral (1). Je ne parle pas des cas où le mot foi né signifie rien de tout cela, mais tout simplement persuasion.
. [Pour ne pas errer sur le sens extérieur des textes dont il fait usage, il faut, avons-nous dit, que le prédicateur considère avec les mœurs et le caractère de la langue qui les lui fournit, la philosophie du peuple qui l'a parlée, les habitudes de sa pensée, la classification de ses notions diverses. Poiur tout cela l'étymologie des mots pourra lui être d'un grand secours. Une langue est le produit d'une foule de choses : les pensées intimes d'un peuple, ses croyances, sa religion, son his-» toire, sa vie sociale et politique, les conditions exté-
ftttme8 4«B8<»Écriture : ^nS*) ^DH (Genèse. I, 2.) ^th^^ Tl^ïS (2 Saniuel,VIH
W.) — En grec : Romains» I, 29 ; Hébreui, V, 8. ,— Cfj Herder Hébraitche Poésie, iome II, pages 280-28,7; Gesenils^ Hebrauches LehrgebiBude, S 237; cl ^mnjGrammatih des nevtestamentlicften SprachidiovM, % 62.
(1) Cod^. 1 Corinthiens, XIII, 2 : « la fol jusqu!à traiisporler les monlagnes » rt Jacques, n, 20 : « la foi sans les œuvres est morte ; » — Philippicns, II, 17 : « Fof ^deie TOtre fbi, » et Colossiens, n, S : « la fermeté de votre foi ; » — Jacques, ^7:« Vèpreuve de votre foi, » et 1 Thcssaloniciens, lU, 10 : « ce qui peut manquer à votre foi ; » — Hébreux, XIU, 7 : « Imitez leur foi, » et Jacques, I, 6 i « Qtf il la demande avec foi. » /
fM SIRS BXTBRIBUR DU TBXTI*
rieurés dans lesquelles il se trouve placé s^y reflètent comme dans un miroir. Toute la vie extérieure et intérieure d'un peuple est dans sa langue. Que les habitudes de la pensée soient profondément modifiées, la langue en ressentira immédiatement le contre-coup. Le christianisme a, dans un sens, corrompu le latin ; iV Ta fait sortir de sa sphère ; il Ta obligé à exprimer une vie qui lui était originairement étrangère. A mesure que les hommes se sont convertis, ils ont converti leur langage. Un Romain ne retrouverait certes pas «a langue dans le latin de l'Église, et il ne pourrait même le comprendre qu'à la condition de devenir chrétien* Une religion peut créer une philosophie du langage : nos langues modernes sont chrétiennes»]
A moins d'avoir fait ce travail et fixé les principes de cette réduction du langage biblique, on -ne peut être assuré d'avoir pris un texte dans son vrai sens.
Le vrai but, dans cette affaire, n'est pas tant d'ôb* tenir plus de précision, que de se garder d'en avoir trop. — Remarquez que c'est cette précision ou ce littéralîsme qui a donné lieu au dogme de la présence réelle : « Si vous ne mangez la chair du Fils de «l'Homme, et si vous ne buvez: son sang... » (Jean, VI, 53.) — Cette rigueur mal placée de l'interpréta^» tion a donné lieu à bien des hérésies, qui ne dérivent que du Kttéralisme. Il faut prendre gardÇj en nous récriant contre cette rigueur^ de n'y pas tomber.
Une langue moins vague, des expressions moins flottantes donneraient lieu, dit-on, à moinjs de douter et de disputes. Mais où est cette langue paifaitement