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temps et des circonstances où il écrivit, n'a pas pu lui être présente, mais qui ressort ^pontanémenj du principe qu'il a exprimé. — Si Ton nous objecte qu'on pourra ainsi descendre ou remonter à perte de vue, puisque tout se tient, nous répondrons qu'il y a une refile simple, c'est de se demander si l'auteur, dans le développement que nous donnons à sa pensée, reconnaîtrait sa pensée et nous avouerait. — C'est un trait de la méthode de Jésus-Christ de nous faire conclure de l'espèce au genre, afin d'exercer en nous la conséauence morale, la logique de la conscience, la spontanéité. Ainsi Matthieu, ^X, 16-23.
La véritable utilité de l'usage des textes, ce n'est pas tant de présenter eh face la vérité qu'on veut développer ou prouver, que de 1 offrir par un côté pjus saillant, plus aigu, plus accidentel, que celui sous lequel elle se présente absjiraitement.
Ainsi il est avantageux de descendre, dans le choix du texte, de l'idée de genre à celle d'espèce, et même d'indivicju. C'est ici qu'on peut appliquer je jtnot de ^ontenelle (qui n'esjt {)as absolument vrai), qu'il ne faut pas « faire entrer la vérité par le gros bout. » C'est une observation psychologique facile à vérifier, qu'une grande douleur, une grande joie pénètrent moins par leur face la plus large, que par quelque circonstance accessoire, par quelque détail mattendu. Au moral les ravons obliques semblent les plus chauds.
« pour Rachel, qui ne lui semblèrent que coaune pçù
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« de jours, parce qu'il l'aimait. » Ici nous avons l'expression de l'idée générale que, quand on aime, les sacri^ces paraissent légers et le temps court ; cepjBndant cette idée générale fait moins d'impression que ridée particulière du texte. — Actes, XIII, 46 : « Alors Paul et Barnabas leur dirent hardiment : C'é-
(( tait bien à vous les premiers qu'il fallait annoncer « la parole de Dieu; mais puisque vous la rejetez, et « que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie « éternelle, voici, nous nous tournons vers les Gen- « tils. » — Si l'on voulait développer l'idée, qui d'ailleurs ne pourrait se traiter partout, qu'il y a, à côté de l'Évangile, quelque Évangile apocryphe, quelque faux Messie , on pourrait prendre pour texte le passage : « Es-tu celui qui devait venir? » (Luc, VII, 20.) Ou bien celui-ci du livre des Actes, où le malin esprit dit aux fils de Scéva : « Je connais Jésus, et je sais qui « est Paul ; mais vous, qui êtes-vous î » (Actes, XIX, 15.) Tous les faiseurs d'évangiles nouveaux, tous les soi-disant réformateurs de la nature humaine, sont terrassés par ces paroles particulières.]
En résumé, traiter un texte, ce n'est pas seulement en tirer une vérité substantiellement ou formellement renfermée dans les expressions dont le texte se compose : c'est aussi en déduire telle vérité que le texte
suppose, dont il offre }e point (Je départ, ou la réali-
sation dans un exemple, ou une conséquence, ou telle autre appartenance naturelle (1).
(OGepeufUnt la doctrine de Bfaury est reUchée, lorsqu'il permet qu'on se oon-
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Procéder avec cette largeur, c'est la seule manière de pouvoir traiter tous les sujets qui le méritent; car, en suivant une méthode plus étroite, on se verrait réduit à l'alternative, ou d'en sacrifier plusieurs, ou, si l'on veut absolument les traiter, de faire aux textes une violence cruelle. On peut excuser Tillotson d'avoir trouvé dans 1 Corinthiens, XI, 26 à 28, le sujet de la fréquente communion ; mais comment excuserait-on le prédicateur qui trouva un sermon sur les devoirs réciproques des propriétaires et des locataires dans Actes, XXVni, 30 : « Paul demeura deux ans entiers dans « une maison qu'il avait louée (1). »
II. Le contexte^ — On ne peut obtenir le vrai sens d'un texte, si l'on n'a pas égard au nexe ou contexte, c'est-à-dire à ce qui précède ou suit le texte quand il fait partie d'un discours suivi, au lieu du passage.
Il y a un contexte des actions comme des paroles ; la vie est un livre dont chaque jour est une page et chaque heure une ligne. [Nous ne pouvons pas juger chacune de ces pages ou de ces lignes isolément. Cette règle de morale, à laquelle nous sommes tenus de nous conformer dans notre appréciation de la conduite des autres hommes, devient ici une règle d'interprétation.]
Il y a un contexte général, un lieu de tous les textes,
tente d'une analogie entre le t«xte et le sujet. (Essai sur Véloquence de la chaire. Vil.)
(1) Ce sont CCS impertinences qui ont donné lieu il y a longtemps au mot [du cardinal Hyppolite d'Esté] cité par Balzac : Buonper la predica ! Biservate quesUP per la predica!
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qui est la Bible prise dans son ensemble. [Qu'on ne néglige pas de comparer son texte avec la doctrine générale de l'Écriture sainte, dont il n'est permis en aucun cas de faire abstraction. Il importe beaucoup de se tenir en garde contre les suggestions de l'esprit de parti, qui peut aisément égarer, en pareille matière, un jugement d'ailleurs très sûr. Quand Jésus a dit, par exemple : «Mon règne n'est pas de ce monde, » (Jean, XVIII, 36.) ne nous a-tril pas avertis que ce serait méconnaître l'esprit de ses enseignements que de voir dans Matthieu, XX, 25-26, une preuve que la démocratie est préférable aux ^^utres formes de gouvernement?]
Il y a un contexte particulier, qui est, pour chaque fossage (ce mot même porte enseignement), le lieu où il se trouve, les paroles qui le précèdent et qui le suivent.
Faute d'égard au contexte, on peut donner au texte un sens contraire à l'intention de l'auteur, ou au sens général* de la Révélation. Le plus beau sens doit être rejeté quand le contexte le repousse. [Le procédé que nous combattons mènerait loin, appliqué à des passages comme Jérémie, IX, A : « Gardez-vous chacun « de son intime ami, et ne vous fiez à aucun de vos «frères; » et comme Psaume CXVI, 11 : « Tout « homme est menteur, » et tant d'autres.]
Il est des textes qui, isolés, présentent l'énoncé de quelque vérité intéressante, qu'il faut pourtant renoncer à en tirer, parce que le contexte ne l'autorise pas. Ainsi :
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1 Jean, III, 20 : « Dieu est plus grand qùè holrecœur. »
Jean, VIII, 32 : « La vérité vous afifrancHirà. »
2 Corinthiens, ÎII, 17 : « Où est l'esprit du Seî- « gneur, là est la liberté; »
• L'étude du nexe n'a pas seulement une importance négative. Il ne s'agit point simplement d'éviter un faiix sens, mais de saisir tout le vrai '. Les circonstances qui entourent un texte, ùri ënoricé, l'entourent d'uiiè lu-
qii'on rie saurait négliger. Et (Juand cela n'ajouterait aucune nuance^ cela individualiserait toujours là vérité.
Quelle est, aii reste j l'idëesans iiexe quelconque et sans ombre d'individualité? Quel homme ne mêle riën dé SOI à son idée î
Nous ne vbiiloiis ^âs dire par là qu'un énoncé, §ëhéral dans sa forine, doive être resserré dans îé cercle des circonstances particulières de celui qui l'a èxpriïhé (1). Le nexenehoiis emt)êchéra jamais de gériëràlisér, d'étendre l'idée du texte, selon les principes que tious avons posés précédemment.
Il rie faut remonter qii'âssez haut |)our bien déterminer lé sen^ ou l'iriterition des fJàroles du texte. Saiifin a certainement dépassé la juste mesuré tîans sôii sermon sur la Véritable liberté (2) .
[Plaçons encore ici une observation qui n'est pas sans importance.] — Uri texte n'ai pas deiix seris. Pré- ^êntât-il, à teneur des mots dont il est composé,' deux âëns différents^ et ces deux sens fussërit-îls beaux, ribiià
(i) Exemple : «< Je puis tout en Christ qui me fortifie. » (Philippiens, IV, 13.) (2) Tome m, page 335, nouvelle édition.
ii'ëii devons qii'ùn S hofrë aùdîtbife^ éf surtout nbus ne lai devons ^s là discussion c{lii rétablit [1)1
Un texte, sans offrir deux sens, peut n'offrir pas un
se
m cjair. . . • , .
L'obscurité peut être dans Tidée, lorsque l'objet du texte est dans une réaion, à une hauteur, où notre analyse ne peut atteinçjre. [Ainsi du passage de 1 Corin- Ihiens, XV. 27,. 28 sur les assujettissements (2), de 1 Pierre, HJ, 1 8-20 pur la prédication aux esprits retenus en prison, et de Romains, yil, 1 7 : <c Ce n'est « plus moi qui le fais, mais c'est le pécjié qui habite en
« moi.)> L'obscurité de tels passages n'est pas toujours
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invincible : ils contiennent souvent de hauteis et im-
portantes vérités, dont U faut faire grand cas ; ils ouvrent un vaste champ à la jnéditation ; mais on peut dire pourtant, en général, qu'il ne convient pas de choisir de préférence de tels sujets et les textes qui les expriment.] Vainement appliquerait-on ici la parole : « Ces cho- « ses ont été écrites pour notre instruction ; » ( Ro-
(i) Voyez Épbésiens, I, 4 : « Irrépréhensibles dans ou par la charité. »
Jean I, 9 : « Tout homme venant au monde. »
Golossiens, HI, 14 : « Le lien de la perfection. »
Pliilippienfl, II, 8 : « N'a point regardé comme une usurpation »ou « tirévanité. »
Matthieu, V, 9 : « Heureux ceux qui procurent la paix. »
Luc vn, 47 : « Parce qu'elle a beaucoup aimé. » (Osterrald traduit : « Cest à cmse de cela qu'elle a beaucoup aimé. »)
(2) Quesnel explique ainsi ce passage : « Dans Fétat d'innocence. Dieu parlait et * le communiquait à l'homme immédiatement par lui-même ; le péché a tout « changé. Dans Pétat de la loi naturelle et dé la loi de Moïse, cela se faisait par les « uiges, par les hommes et par divers moyens extérieurs. Dans Fétat de la lo i <* grâce, il le fait par Jésus-Christ son Fils, envoyé aux hommes i)our les re me