DE L AUTORITE
pas lui? Oui, très gênante, aussi longtemps qu'il voudra marchander avec cette autorité, la courber, elle l'inflexible I la corrompre, elle l'incorruptible I Très gênante, tant qu'il se travaille à ne lui faire dire que ce que tout le monde voudrait bien entendre, à naturaliser le surnaturel, à traduire l'intraduisible. Mais da moment qu'il s'est rendu, qu'il a pris le parti de croire à la faillibilité de la raison humaine et à l'infail-* libilité de la raison divine, alors, ne marchant plus un pied dans le sable et un pied sur le roc, se plaçant des deux pieds sur la vraie base, ce qui lui paraissait un désavantage devient un avantage et une force. Alors, imitateur de Jésus-Christ, il enseigne d'autorité, et non plus comme les scribes; (Matthieu, VII, 29.) il n'en appelle plus à lui-même, mais à Dieu ; il n'oppose plus l'homme à l'homme, mais la majesté de la sagesse divine aux vacillations infinies de la sagesse humaine; dépouillé de toute autorité personnelle, il revêt une autorité plus haute, et plus il s'a- Wsse comme homme, plus il s'élève comme ministre. Mais ce qui est important à observer, il parle avec foi. Qu'on veuille bien y faire attention : l'avocat, le panégyriste, le tribun peuvent parler avec foi; une <9ertitude ferme, une conviction vive n'est pas naturellement hors de leur portée; mais, pour qui parle de morale et de religion, la foi n'est guère possible dans les circonstances ordinaires et naturelles ; il n'y dty dans cet ordre d'idées, que peu de dH)ses qu'on [mi(B0e soutenir avec une certaine fermeté et enseigner nec une autorité suffisante; l'esprit d'analyse du siè-
280 Di l'autoriti.
cle a pulvérisé tant d'opinions, a laissé debout si pevi de croyances! Il y a si peu de parti à tirer du pixx raisonnement pour réédifier le monde moral et la reli* gion naturelle! Heureux donc qui a reçu des mains de Dieu la solution que la terre est impuissante à donner ! solution arbitraire, mais qui doit être arbitraire, puisqu'il est prouvé par le fait que la raison n'en peut pas trouver une naturelle. Heureux qui l'a trouvée! il a quelque chose à donner aux âmes; et, danssoa humble dépendance de la vérité révélée, il est en réalité bien plus indépendant, il a plus d'ascendant que
le prédicateur qui ne veut croire qu'à soi-même, et qui se surprend, à tous les moments, à ne pas croire a soi-même. »
On ne peut se dispenser d'ajouter que le privilège exclusivement assuré au prédicateur d'occuper seul l'auditoire, de n'avoir à combattre que des adversaires muets, serait un privilège exorbitant et absurde, si te prédicateur n'était pas censé parler au nom de Dieu, et répéter, en les développant et les appliquant, les oracles de la sagesse inspirée.
T [Le prédicateur peut prêcher avec beaucoup d'autorité,] s'il joint à l'autorité qui résulte du témoignage de Dieu celle qui naît de l'expérience, puisque, dans le plan du christianisme, la vérité extérieure^ est destinée à devenir une vérité intérieure, la révélation une expérience, et que, dans un certain sens, tout honmie qui annonce l'Évangile doit pouvoir dire comme les apôtres : « Ce que nous avons entendu^ ce que nous « avons vu de nos yeux, ce que nous avons contem-
Di l'autorité. 281
c plé, et ce que nos mains ont touché, concernant la c parole de vie^... c'est ce que nous vous annonçons. i 1 Jean, I, 1, 3.)
. 3" [Troisième condition pour prêcher avec autorité] : i la vie extérieure du prédicateur est assez conforme à SI prédication pour que ses paroles n'aient pas à rou- ;ir de ses actions, et que personne n'ait le droit de 'opposer à lui-même. [Alors] son caractère jure pour lui. 4° [Quatrième condition] : si, à mesure qu'il sent la hauteur de sa mission, il sent davantage sa propre bassesse ; si on le voit le premier plier sous le fardeau qu'il impose à d'autres ; s'il s'efface derrière sa misâon, s'il ne se met en scène que lorsque cela devient indispensable, et s'il ne se montre que pour se réunir distinctement à l'humiliation de ses auditeurs ; s'il ne se sépare point d'eux, ni de pensées ni de paroles, et si la persuasion d'être le premier des pécheurs retentit à travers ses discours ; en un mot, si l'autorité qu'il déploie est dépouillée de tout caractère personiiel, si elle est toute relative à l'objet de sa mission, toute pénétrée et toute empreinte du sentiment qui faisait dire à saint Paul : « Malheur à moi si je n'é- «vangélise! » (1 Corinthiens, IX, 16.)
8* [Cinquième condition] : si, dans la chaire. Dieu 'ui fait la grâce de s'oublier soi-même et l'affranchit des uiisérables inquiétudes de la vanité. Car si, de servitour du Très-Haut, il devenait, par la vanité, le servitour des hommes; si. le besoin de leurs suffrages le préoccupait au moment même qu'il leur annonce le ^ûseil. de Dieu; s'il avait cherché la solidité, le pa^
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thétique, Tonction, rautorité môme, dans le seoret désir de faire dire qu'il prêche d'une manière solide, pathétique, onctueuse, et avec autorité, alors, descendais du tribunal à la sellette, et tout à fait étranger à cet%: noble indépendance qui faisait dire à saint Paul : « "1 <c m'importe fort peu d'être jugé par vous,» (1 Corin. thiens, FV, 3 .) il affecterait en vain le ton de Fauto. rite, il ne le trouverait pas. L'homme à qui les homme» imposent n'est pas fait pour leur imposer; celui qm tremble devant eux ne les fera jamais trembler; etsi Pierre, en prononçant son premier sermon, son sermon d'épreuve si l'on veut, avait été préoccupé de son rôle et du jugement de son auditare, il n'eût pas entendu la multitude, touchée de componction, lui dire à la fin de son discours : « Hommes frères, que ferons^ «r nous? » (Actes, H, 37.)
6° Enfin, [pour prêcher avec autorité, le prédicateur doit] faire sentir qu'il aime ceux à qui sa parole commande*
Bépréhmsion. — Saint Paul ve^t que Timothée nonseulement exhorte, mais aussi reprenne avec une pleine autorité. Nous ne parlons point ici de la répréhension individuelle, ou faite en particulier, mais de celle qui s'exerce dans la prédication publique* Plus facile, à certains ^ards, que la première, à d'autres égards elle l'est moins. Si la répréhenaon de la chaire ert plus facile, parce que, s'adressant à tous ensemble, et laissant à chacun le soin de se faire sa part, elle n'irrite trop vivement aucune susceptibilité individuelle, d'un
DB LA R^PRBHENSION. 283
aiutre côté, la publicité, la solennité, le peu d'espace dk>nt on dispose, rendent cette partie de la tâche du prédicateur délicate et périlleuse. Il n'a pas, comme [ians un entretien particulier, la ressource des inter- Locutiôns, qui lui font connaître et mesiu'er les impressions qu'il produit, et le mettent à même de modifier, d'expliquer, de nuancer sa pensée à mesure que le besoin s'en fait sentir, en un mot d'ajuster son discours, non-seulement au caractère individuel de la personne à qui il s'adresse, mais à tous les mouvements successifs de son âme. La répréhension collective, s'appliquant toujours à une certaine moyenne qui n'est vraie qu'à condition de ne représenter l'état personnel d'aucun des membres de l'assemblée, risque toujours d'être ou faible ou exagérée, et n'échappe qu'assez difficilemeait au vague et à l'arbitraire. Et cependant, on ne saurait en dispenser le prédicateur, et il ne saurait lui être permis de se soustraire à l'épineux de cette tâche en reprenant les mêmes vices ou les mêmes défauts qui se trouvent dans toutes les autres paroisses, et qui sont à la charge de toute l'humanité. Un vrai pasteur cœinaît son troupeau, et ne peut garder le silence sur les maux particuliers à ce troupeau. On ne voit pas pourquoi l'homme autorisé à monter dans la chaire d'une certaine localité, qui s'appelle encore paroisse, l'homme préposé à la garde morale d'un peuple, ne pourrait pas faire ce que ferait de l^ein droit un particulier, ce que font tous les joiurs des écrivains et des orateurs à qui leur zèle tient lieu de mandat. Je crois seulement qu'indépendamment de
84 SK LA RiraEemsiON.
^ que le christianisme conseille et suggère de pru
dence et de ménagement, la solennité des temples, ^ l'autorité même dont le pasteur est revêtu, sa position-j officielle, son privilège enfin de parler sans être con — tredit ni interrompu, lui commandent la surveillanc( la plus sévère de ses paroles. Qu'est-ce que la prédication publique, si ce n'est le pis-aller de la prédicatioi] individuelle, la seule tout à fait directe et pénétrante* A quoi servirait la prédication publique, si elle ne pouvait pas s'individualiser jusqu'à un certain point pouM: chacun de ceux qui l'entendent? Et comment ne pas se prévaloir de tous les moyens qu'on peut avoir de la rendre directe, en s' attaquant à des faits moins généraux que ceux que présente l'observation de l'humanité générale ?
Tout en admettant qu'un bon discours chrétien doit pouvoir être utile et applicable hors de la paroisse pour laquelle il a été fait, puisque le principal de toute prédication se rapporte aux traits fondamentaux de la nature humaine, je crois qu'on pourrait exiger que la prédication de chaque pasteur portât l'empreinte irré cusable du lieu et des circonstances dans lesquelles exerce son ministère. Il est vrai que ce caractère lo( et cette espèce d'individualité de la prédication ne sident pas uniquement dans la partie de nos discc consacrée à la répréhension, et que la paroisse se fléchit dans toutes les parties de la prédicatioa . ministre attentif et observateur ; mais s'il a comp accepté toute sa position, si sa paroisse est à ses une famille dont il est le père spirituel, s'il c
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ze qu'on peut appeler le droit divin du ministère, il reprochera avec une généreuse liberté à cette paroisse- Là le mal particulier qu'elle entretient, qu'elle favorise :>Ti qu'elle tolère. La question n'est pas de savoir si cette liberté sera vue de bon œil, si elle étonnera, si 3lle semblera exorbitante. L' est-elle? voilà la question. Lie ministère n est peut-être pas compris dans ce sens par le public; mais c'est peut-être notre faute, et, comptons-y bien, ce qui est juste, ce qui est dans la nature des choses, finit toujours par être accepté. On ne nous refuse guère que ce que nous nous refusons à nous-mêmes ; on donne à celui qui a ; et le plus souvent nous avons tort de nous plaindre de n'être pas libres, puisque, pour être libres, il ne faut que vouloir l'être . Les barrières que nous voyons autour de nous sont bien souvent l'effet d'une illusion d'optique. Avançons comme s'il n'y en avait pas, et nous verrons qu'il n'y en a pas. Tout dépend du point de vue d'où nous envisageons le ministère. La forme n'en est pas donnée ; l'esprit seul en est immuable, 6t c'est cet esprit dont il faut se faire une juste et œmplète idée.
Il y a un fait singulier qu'il faut relever : le peuple trouve bon, parce que c'est l'usage, qu'une fois l'an du moins, on lui fasse le compte détaillé de ses voies et qu'on lui dise le nom propre de son péché (1). Ce jourlà, les ministres ont leur franc-parler, et ils en profitant ; mais franchement, ce qui est bon à dire n'est-il.
(0 Allusion au caractère que reyêt la prédicalionlle jour du jeûne annuel qui se ^^re dans les églises de la Suisse. [Éditeurs.)
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pas bon à répéter ? et sMl importe à diaque individu^ pour être vraiment amené à résipiscence, de connaîtra ses péchés particuliers ou la forme individuelle de sa mC sère, esiril inutile à un peuple qu'on lui dise aussi <c^ péché, afin qu'il sache où est son mal, oii sont ses dac^ gers, et de quel côté surtout il doit tourner ses efforts J
Malgré les difficultés de la répréhension directe, nau^ n'avons pu prendre sur nous die l'interdire au prédn cateur. Nous croyons qu'elle fait partie de son office. Mais nous ne pouvons la permettre ou la recommander que sous les conditions suivantes :
Que le prédicateur, avant de l'exercer, connaisse biaisa paroisse et qu'il en soit bien connu ;
Qu'il se sente en possession de l'estime, de raffiM>tion et de la confiance de cette paroisse ;
Que le mal soit constaté, général, grave, et réclamant une prompte répression.
J'ajouterai en général, mais non dans un sîens absolu^ que cet office sera plus convenablement exercé par un prédicateur qui joindra à l'autorité que lui donnea' ses lumières, sa conviction, sa vie exemplaire et sa mi» sion même, l'autorité de l'âge.
Voici, je pense, quelques r^les que le prédicat© devra soigneusement observer dans ses censures. I première : d'éviter toute espèce et toute apparer de personnalité ; je ne dis pas d'éviter toute intentior ce genre, cela va trop sans dire ; je ne dis pas m( d'éviter que ses auditeurs ne fassent de ses par quelque application personnelle et maligne : ce s peine perdue ; je dis de faire en sorte qu'on ne p
Di lA liniiHiNsioN. 287
avoo une apparence de raison, Taccuser d'ayoïr ^WL quelqu'un en vue soit dans son auditoire, soit au de- Bjors. Il faudra, en conséquence, qu'il tâche d'être incisif et pénétrant sans recourir à la forme commode et :>iquante du portrait. Ce moyen négatif est praticable ; Suais la règle à laquelle il se rapporte n'est pas si facile Il suivre qu'on pense, eût-on même la plus grande innocence d'intention. Il est difficile, impossible peut- Êrtre, de ne pas chercher autour de soi quelque type vivant du vice qu'on veut peindre ou c^ensurer. Les caréations les plus idéales de la peinture ont eu pour point de départ ou pour point d'appui quelque modèle individuel. C'est même, chose singuhère, en peignant d'après l'individu, qu'on est sûr de bien rendre l'espèce ou le genre. Il n'est peut-être aucun prédicateur qui, occupé de quelqu'une des misères morales de l'humanité, n'ait vu poser devant lui , pendant toute la durée de son travail, quelque figure à lui bien connue. Quelqu'un est toujours, à l'insu de soi-même, le sujet «UT lequel se fait l'autopsie de l'espèce ; quelqu'un qu'on ne nomme pas, à qui peut-être on ne croit pas avoir pensé plus qu'à un autre, a été le bouc émissaire delà répréhension. S'il en a été ainsi, effaçons soigneusement 'des signes trop reconnaissables ; cachons le vicieux, le pécheur, et que le vice seul, le péché seul demeure. C'est peut-être une espèce de personnalité que la ^îensure de certaines classes ou de certains ordres de b société. Notre ministère, qui doit toujours tendre à <îoncilier et à réunir, doit se garder de signaler une ^^^886 à la haine ou au mépris des autres classes. Il peut
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y avoir eu des temps et des circonstances où Ton a dû s^ , carter de cette règle. Ainsi saint Jacques a pu reprochtcj à certains chrétiens leur complaisance toute mondaîi]^ et leur obséquiosité pour les riches qui les opprimaieô/. Je conviens même que, certains vices naissant de certaines positions, il n'est pas possible de parler de ces vices sans parler des positions qui les engendrent; impossible de parler de l'injustice des uns sans parler des souffrances des autres. — Mais les ministres chrétiens ont su admirablement concilier la franchise et la prudence, aidés de l'exemple et des inspirations de leur adorable Maître, qui n'a pas hésité à s'adresser nomi^ nativement et publiquement aux classes, et les a toutes soulevées, non les unes contre les autres, mais toutes ensemble contre lui. L'esprit chrétien, dans son austère franchise, n'a jamais propagé les haines ni échauffé les ressentiments. La simplicité, bien souvent, lui tient lieu de prudence ; mais il n'a garde aussi de mépriser la prudence. Je pense que ce ne serait qu'à la dernière extrémité, et appuyé des plus puissants motifs, qu'un ministre chrétien se permettrait, ou plutôt se commanderait, de parler comme le Père Bridaine dans cet exorde célèbre et si souvent cité :
« A la vue d'un auditoire si nouveau pour moi, il a semble, mes frères, que je ne devrais ouvrir la bouche « que pour vous demander grâce en faveur d'un pauvre a missionnaire dépourvu de tous les talents que vous « exigez quand on vient vous parler de votre salut. • « J'éprouve cependant aujourd'hui un sentiment bien « différent ; et si je me sens humilié, gardez-vous de
m Lk Binuf BENSION • 289
croira goe je m'abaififie aux misérables inquiétudes de ia-^vaiitté, comme si j'étais accoutumé à me prêcher tooiroéà^e. A Dieu ne plaise qu'un ministre du ciel pense jamais avoir besoin d'excuse auprès de vous ! oar, qui qi!ie vous soyez, vous n'êtes tous comme moi, au jugement de Dieu, que des pécheurs. C'est donc uniquement devant votre Dieu et le^mien que je me sens; pressé dans ce moment de frapper ma poitrine, lusqu'à présent j'ai publié les justices du Très-Haut dans des temples couverts de chaume. J'ai prêché les rigueurs de 1a pénitence à des infortunés dont la ^l^part' manquaient de pain! J'ai annoncé aux bons habitants des campagnes les vérités les plus effrayantes :'de ma religion ! Qu'ai-je fait? malheureux ! J'ai centriste les pauvres , les meilleurs amis de mon Dieu ! « l'ai porté l'épouvante et la douleur dans ces âmes « simples et fidèles que j'aurais dû plaindre et con- «solerl C'est ici, où mes regards ne tombent que sur «dea grands, sur des riches, sur des oppresseurs de ^ rhumanité. souffrante ou sur des pécheurs audacieux et endurcis ; ah ! c'est ici seulement, au milieu de tant de scandales, qu'il fallait faire retentir la parole Bainte.dans toute la force de son. tonnerre, et placer avec moi dans cette chaire, d'un côté la mort qui vous xnenace,' et de l'autre mon grand Dieu qui doit tous "VOUS juger. Je tiens. déjà dans ce moment votre sen- •tence à lai»ain. Tremblez donc devant moi, hommes «iperbes et dédaigneux qui m'écoutez ! L'abus ingrat • <le toutes les espèces de grâces, la nécessité du salut,
^ la (Certitude de la mort, l'incertitude de cette heure
S90 ME fia nÉmbocMMàii^
«'sie^broyableponryons, rimpâskcotoefittile^^tejiage^ « ment dernier, le fetit nombre destâud, VmAer,te^ « par-dessus tout, rétemilél Fétemitél voilà les li^g^S^ ce dont je viens vous entretenir, et que }*9Xtnm dùMtr^ a doute réserver pour vous seuls. ^^I qu*ai-§e besoft:^ « de vos suffrages^ qui me damneraient peut-être É^fàs « vous sauver ? I>ieu^va vous émouvoir, 'tandis «qpDie itao « indigne ministre vo«is parlera; ear j'ai «oquis ihiie « longue expérience de ses misériccKrdes. (TeM 'ha- « même, c'est lui seul qui, dans quelqœs instaixts, ta « remuer le fond de vos consciences* Fraspf^ MMdMât te d'ef&oi, pénétrés d'horreur pour l^os imquitéa fl»* ««sées, vous viendrez vous jeter lentm IM hrei» '^ #a « charité, -en versant des iattnes de coâipondlieift «l-da « repentance; età'forœde remoràs, vous metitouv^ito a assez éloquent. »
Je voudrais^ en secottd lieu, *que'la réprëhtsni^, soit en chaire soit dans le particulier, Mt firamcfae-fi ffirecte,. jamais sous la^foorme d'one altuai(xi détokmèe. Unealtusion est dbnuprfse' ou ne V&et ^. Oui» lé = k^ cond eas, le but<est «iânqué-; ^tiis le pMsEï^, 'im^ couvre à ta f<Hs l'intentioti du qpt^édicaleàr «t m ^ààiSk] on se demande potirquoi 'il a eu fpei^ d'ètt^ iHèkM l'on treuve^u'îl he valait ^pas^la pdiifed'dvoit |iMffite Ton respedlemoitid ; si ia censure ainsi voilée- tM*ÏMbe i^ature. grave, elle pavait' plus ^rave ebG^«/«t-l%B s'enei^ète yint^ation,'6n^M^^ qateur a <»«u'd^vmf mettire à' en '^iwosfmsr la {A>blkl9^ lui liait également tnauvrâ^gré«de^œiqtiUl4 d}t«t'd0^ qu'il n'c^^sosé diit; on eftt^pk»^ vivameffilt '4lt«tftt,^je
DE LA RKPBÉHBNSION. 401
e^ 'vex&y .mais on arrache et Ton jette IcHn^de «oixe bord laiBcé par la :peur. Voud comprenez d'ailleurs que eue :d£sa{iprou¥e nullement ici ni ks attentions de la iieaBéance, vu les précautions et les ruses de la charité. Eues plus gros^érs dans un auditoire sauront bien distingua la déUcatesse dé la timidité.
'Enfin, je souhaiterais que le prédîofleteur, lorsquMl se troit^appelé à censurer les mœurs de son troupeau, 06 rappelât bien que « la colère de l'homme n'accomplit «ipouat la Justice de Dieu, » (Jacques, I, 20.) et que «le tA-finiit de la justîoe se sème dans la paix, d (Jacquo^, JD, 18.]^GeGi mérite toute l'attention du f jeune ptéidicateàr« Sans aucun doute, le lot légitime du ^pécfcë; «ttCKm héritage même terrestre, est la haine et laTisée; «t il est impoflsSde d'aimer le bien sans : haïr ie mal; mÈàB il est très possible et trop commun de haïr le^màl flans aimer ^le. bien. Cette haine séparée de l'amour n^a |ia&^sans doute les ^caractères de cette « haine parfaite w ga'avaît vouée le roi-prophèie aux enaemis de son. Dieu ; il «Y oàèle des éléments impurs ; mais néamifinzis on aa^orait dire que ce ne. soit pas la haine^du Tnal;.iaar le mal est tellement haïssable, et dans tant de abns^'^et teUemi^[èt Mntraire à notre nature^ que le médhant nAmeJe liaît. Mais il faut que cette haine ait élé «coc^ tifiée, et pour ainsi dire trempée dans l'amour, ^onr être digne du christianisme, pour ètr^ digne deia chaire . On peut faciteâient pcendre pour du zèle l'impatience
elle dépit que Von éprouve à la vue dupéché ; on peut prendre pour une douleur sainte la joie mauvaûte que Pon trouve à Uâmer et à oondamner^ et liius d'un nré-
ftt M L*lltON».
dioateur eût été poëte satirique, s'il n'eût pas été p diçateur. Xe plaisir de œnsurer est grande i6t là ;fession qui semble nous faire un devoir de ce plàisdr-kâ a de quoi tenter les esprits durs et atrabilaires. Que' Jé ininistre se défie de cette tentation ; qu'il craigne Te»^ gération et T emphase déclamiatôire dans laquelle ce? sortes de sujeits ont coutume de jeter les orateurs ; qu'en censurant avec une pleine autorité, il le fasse moins d'après ses impressions que d'après les conseils et là» inspirations de la Parole de Dieu . — Par-desisus tout, qu'il prenne garde à l'ironie; l'ironie, dans la <îhaife àimme dans les entretiens privés, mortifie le plofe sdth fent sans fruit, et rien n'est plus opposé à l'onôtion. Ce n'jBst pas que je veuille absolument l'interdire ;=elte est (]fuelquefôis ' inévitable ; elle châtie "vigoureusentôiA, fet îl faut bien , entre autres offices , que la j^rédicatiôn cbfttie. Quand nôtre Seigneur disait aux Juifs préts^ aie lapider: < J'ai fait plusieurs bonnes œuvres aa milieu « dé vous; pour laquelle melapideï-voufeî» {Jêian,*X^ 32 ) c'était une ironie; mais combien convenable tWiâbien noble et digne de lui ! La fameuse ironie tte'fibîleau, dans son imitation de la dixième Provinciale-, H*6st que la forme naturelle d'une réduction à l'ahèurde, i^ui, dans un tel sujet et contre de telles errevrrs, éfirft presfqae la seule argumentation possible :
Aq sujet d'un écilt qn'ôn nous venait de lire, s Un d*entré eux m'insulta sur ce que J'osai dire Qu'il faut, pour être absous d'un crime confessé^ Avoir pour Dieu du moins un amour commencé, "tic dogme, me dit-Il, est nrt pur 'calvinisme. — . 0 cid ! me VoiUi donc dans l'erreur, dans le stoblfsme,
DB L'iaONIE.
Et partant réprouvé ! —Mais, poursuivis-Je alors,
Quand Dieu viendra juger les vivants et les morts,
Et des humbles agneaux, objets de sa tendresse,
Séparera des boucs la troupe pécheresse,
A tous il nous dira, sévère ou gracieux,
Ce qui nous fit impurs ou justes à ses yeux.
Selon vous donc, à moi réprouvé, bouc infâme :
Ya brûler, dira>t-il, en rétemclle flamme,
Millieureux qui soutins que l'homme dutm'aiiiier ;
Et qui, sur ce sujet trop prompt à déclamer.
Prétendis qu il fallait, pour fléchir ma justice.
Que le pêcheur, touché de l'horreur de son vice,
De quelque ardeur pour moi sentit les mouvements,
Et gardât le premier de mes commandements!
Dieu, si Je vous en crois, me tiendra ce langage ;
liais à vous, tendre agneau, son plus cher héritage,
Orthodoxe ennemi d*un dogme si blâmé :
Venez, vous dira-t-il, venez, mon bicn-aimé;
Vous qui, dans les détours de vos raisons subtiles,
Embarrassant les mots d*un des plus saints conciles,
Avez délivré l'homme, ô l'utile docteur!
De rimportun fiardeau d'aimer son Créateur;
Bntrtt au ciel, venez, comblé de mes louanges,
Da besoin d'aûpieç Dieu d^jabqser les anges.
 de tels mots, si. Dieu pouvait le^ prononcer,
Pour înoi je' r!^'pondrals, je crois., sans Voffenser :
Oh! que pour tous' mon cœur, moins dur et moins forouche,
Seigoeur, n'a-t-il, hôlas I parlé comme ma bouche (1)1
Jd morceau, qui ne méçsiérait point à la chaire, au <ïù*elle eût à traiter la question de la dixième Miiciale, ce morceau, dis-je, et d'autres citation» Qitfttre, que la chaire elle-même fournirait, ne noua q^hent pas de penser que Tironie en général sort du
'il"' •■-••>.
raclère de l'éloquence évangélique ; il faut la laissefj^
1) Imemi. Éplire Xn, mr . te.