‹ Homilétique ou théorie de la prédicationChapitre 80 sur 110 · SG PROPRIÉTÉ · texte numérisé non relu

SG PROPRIÉTÉ

« et non à l'art futile de déguiser par un vain coloris « des idées communes (1). »

Il n'est pas besoin, pour que le défaut de propriété porte coup, que vous soyez surpris par le lecteur en flagrant délit d'impropriété; l'effet négatif suffit : c'està-dire, il suffit que l'exact rapport du terme à l'idée ne soit pas senti. Et comment est-il senti? C'est qu'un exercice plus ou moins répété a fini par donner à la plupart des lecteurs ou des auditeurs un sentiment juste de la valeur du mot ; il est impossible que, conformément au but de sa création, il n'ait pas été employé assez souvent dans son vrai sens pour se graver dans l'esprit des gens les moins capables d'ailleurs de le définir : en sorte que, s'ils ne reconnaissent pas distinctement que le terme dont nous faisons usage est impropre, du moins ils ne reçoivent pas de ce mot l'impression, le coup, pour ainsi dire, qu'ils auraient àû en recevoir ; le marteau a frappé à côté du clou, ou de côté sur le clou .

11 peut d'ailleurs y avoir une affectation de propriété, comme il y a une affectation de pureté. Il ne faut pas qu'on sente le travail pénible des distinctions et de t'analyse.

Les soins donnés à la propriété de l'expression contribueraient non-seulement à la clarté et à la force du discours, mais à là richesse et à la variété du langage. — A quoi tient la pauvreté de notre vocabulaire? Estce que nous ne connaissons pas notre langue? Non,

(i) D'Alembert, Mélanges^ tome II, page 345, Réflexions sur Vélocvtion <>rif toire.

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