‹ Homilétique ou théorie de la prédicationChapitre 82 sur 110 · PRÉCISION · texte numérisé non relu

PRÉCISION

est difficile et rare; mais elle ne leur est point natorellement étrangère. Car, quoiqu'il n'y ait guère d'état ou de fait moral parfaitement simple, in canentùy nous arrivons à distinguer nettement les éléments qui se combinent dans chacun de ces états ou de ces faits : je n'en veux d'autre preuve que les noms que nom leur avons trouvés.

Précision. — Ces deux qualités, la propriété et la précision, ne sont assurément point sans rapport ; le besoin de l'une suppose le besoin de l'autre, et Yoa ne verra guère un écrivain cultiver l'une et négliger l'autre . Toutefois elles sont distinctes et doivent élre étudiées séparément.

Le mot précision semble désigner un langage qui ne fait entendre ni plus ni moins que ce qu'on veut dire, et c'est bien dans ce sens qu'on le prend soœwent; mais les rhétoriques et l'Académie définissent la précision : « Exactitude dans le discours, par laquelle on « 30 renferme tellement dans le sujet dont on parle, « qu'on ne dit rien de superflu. » L'Académie ajoute « qu'il se dit aussi pour jtislessc, régularité. »

Nous dirons, nous, que tandis que la proprî^é ne s'enquiert que de la justesse des signes, la précision s'enquiert de leur nombre, qu'elle s'efforce de réduire au nécessaire. Mais si elle ne veut rien dire de trop, elle veut aussi tout dire. « La précision, dit M. Lé- « montey, consiste à bannir du discx)urs tout le superce flu, et à n'y rien omettre du nécessaire. 11 faut la « distinguer d'une de ses branches, qu'on appelle la « concision, et qui s'attache à l'épargne des mots et au

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« resserrement de la phrase plutôt qu'à la mesure ri- « goureuse de Texpression avec la pensée. La concision « prête indifféremment son secours à la fausseté comme « à la vérité, tandis que la précision ne se conçoit pas « sans justesse et sans clarté ; la concision peut n'être « aussi qu'une affectation de l'esprit, au lieu que la « précision se forme surtout de la vigueur combinée du « jugement et du caractère. Elle est dans l'homme « l'attribut de la force et de la raison ; dans l'ordre so- « cial, le langage de la loi qui prescrit et du pouvoir -a qui commande ; dans les sciences, le but et la per- •« fection des méthodes et des nomenclatures. »

La précision, néanmoins, tend vers la concision, puisque, ainsi que son nom l'indique, elle retranche, elle coupe k l'entour. La concision ne s'en distingue qwe par une économie de mots plus grande que le but de la précision ne l'exige ; car la précision ne supprime que ce qui est décidément de trop, et tend à épargner À d'esprit une fatigue, celle qui naît de la nécessité où Tauteurnous met de résumer la pensée ou de la ramener à un petit nombre d'éléments. La concision, se réduisant quelque peu en deçà du nécessaire, veut Jhien donner à l'esprit, non de la fatigue sans doute, mais du travail, et elle rentre ainsi dans le genre de ces procédés ou de ces figures dont nous avons parlé plus haut. C'est une ellipse, non de mots, mais de pensées. A la prendre comme figure, ou du moins comme force particulière du style, elle ne peut guère constituer la forme de tout un écrit, et surtout pas d'un sermon. Elle engendre trop aisément l'obscu-

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