‹ Homilétique ou théorie de la prédicationChapitre 89 sur 110 · SIMPLICITÉ · texte numérisé non relu

SIMPLICITÉ

« devenues familières. Or, cette vie chrétienne ne « forme pas dans sa vie un courant à part, mais s'unit « et se mêle avec toute sa vie intérieure, composée de « son imagination, de sa sensibilité, de son caractère, « de toutes les facultés de son esprit, des expériences « de sa vie, de sa culture scientifique et littéraire. C'est « de tous ces éléments combinés que résulte sa parole « intérieure, la langue dans laquelle il se parle à lui- « même et à Dieu des vérités du salut t et voilà le ton (( fondamental de la langue dont il fera usage dans la (( chaire. Que chacun donc laisse paraître son indi^i- « dualité, sans l'exagérer, sans montrer plus ni moins « que ce qui est en lui, et s' appliquant toujours, non à « mettre en dehors tout ce qu'il peut avoir d'aspérités « et d'arêtes, mais plutôt à les amortir par l'imitation « du plus parfait des modèles, ésus-Christ (1). »

Ces idées, bien méditées, conduisent à toute la vérité sur le style de la chaire. Voyons pourtant plus en détail quelles en sont les convenances.

La première est la simplicité y qu'il ne faut pas confondre avec le naturel. Le naturel, qui doit régner partout, ne peut pas servir à caractériser le style de la chaire. Mais la simplicité, qui n'est pas de rigueur en tout genre, est une des convenances de l'éloquence sacrée. De plus, la simplicité peut faire l'objet d'une règle ; elle peut être réglementée, le naturel non.

On confond quelquefois le naturel et la simplicité. H est vrai que ces deux choses ont du rapport. On ne peut guère être simple si l'on n'est pas naturel ; mais

,1) TuÉRnraîN, Die Beredsamkeit eine Tugend, pages XXVÎI-XXIX,

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