‹ Hommage à M. le Professeur A. ChauveauChapitre 7 sur 9 · PRÉSIDENT DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES · texte numérisé non relu

PRÉSIDENT DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES

Paris, le 25 janvier 1903.

Cher Confrère,

Nous espérions, à l'occasion de la remise de votre médaille, vous fêter dans le Jardin des Plantes. Comme Président de l’Académie des sciences, j'aurais été heureux de vous porter les félicitations des membres de notre compagnie, où vous êtes si honoré, si aimé. Il m’aurait plu de rendre hommage à votre noble carrière, dans laquelle la passion de faire du bien apparaît sans cesse au milieu des plus hautes vues scientifiques. Vous avez étendu votre action bienfaisante à ces créatures bonnes et souvent charmantes, qui sont pour l’humanité d’un tel secours que nous avons de la peine à concevoir comment, sans elles, il lui serait possible de se maintenir et de progresser. Merci, pour toutes les choses grandes et utiles que vous avez faites ! \

Vous désirez que votre médaille vous soit remise, sans cérémonie d’apparat, par quelques intimes

seulement à votre foyer devenu bien triste. Votre vieux confrère unit de tout cœur ses compliments et ses vœux à ceux de vos admirateurs.

Le Président de l'Académie des sciences,

Albert Gaudry.

Lettre de M. le Professeur BURDON-SANDERSON, d’Oxford

Oxford, le 25 janvier 1903.

Mon Cher Ami,

Je regrette beaucoup qu’il me soit impossible de me rendre à Paris pour assister à la présentation de la médaille qui vous est offerte par vos collègues , vos amis et vos élèves.

Trente-trois ans se sont écoulés depuis le jour où je vous ai visité pour la première fois à l’École vétérinaire de Lyon. Le souvenir de notre première rencontre en reste toujours présent à ma mémoire. Vos premiers travaux sur les virus étaient récents, et c’est toujours avec le même intérêt que je me rappelle les expériences auxquelles j’ai assisté pendant le mois d’octobre 1869 que nous avons passé à Lyon.

Malheureusement, je n’ai eu aucune occasion de visiter Paris depuis le Congrès de 1900, mais j’espère toujours que cela viendra.

Je vous prie, de celle de ma

cher ami, de recevoir de ma part et femme l’assurance de notre amitié.

Votre ami dévoué, J. Burdon-Sanderson.,

Lettre de M. le Professeur MAREY

Dl) COLLÈGE DE FRANCE

Paris, le 25 janvier 1903.

Cher Ami,

Cette médaille que vous offrent vos élèves, vos confrères etvos amis devait vous être solennellement remise et je me réjouissais d'assister à la fête qui se préparait en votre honneur. C’était pour moi l’occasion depuis longtemps attendue d’exprimer publiquement la profonde amitié que j’ai pour vous et la haute estime que m’inspire votre œuvre scientifique.

Des sentiments, que nous devons respecter, vous ont fait refuser toute cérémonie officielle et vous n’avez permis qu’à votre famille et à vos plus vieux amis de remettre en vos mains le touchant souvenir que vous offrent vos nombreux admirateurs. Je devais avoir une place à cette réunion intime. Pourquoi faut-il que la maladie me tienne éloigné de vous et me réduise à vous envoyer de loin l’expression de mon amitié et les vœux que je forme pour l’accomplissement de vos désirs?

Mieux que personne, je connais l’objet de votre

noble ambition : c’est de mener à bonne fin les travaux que vous avez commencés depuis plusieurs années. Dans ces recherches, vous abordez les problèmes les plus élevés de la physiologie générale et vous en poursuivez la solution avec cet esprit pénétrant et cette ardeur infatigable que je trouvais en vous au temps de notre jeunesse.

C’est un de mes plus chers souvenirs que celui de nos jeunes années où, pleins d’entrain et de gaîté, nous collaborions à la détermination des mouvements du cœur au moyen de la méthode graphique. Notre travail a fixé la physiologie sur un des points les plus controversés ; il est entré dans les traités classiques où, depuis près d’un demi-siècle, nos deux noms sont accolés l’un à l’autre, ce dont je suis fier.

Vous avez poursuivi votre carrière scientifique en abordant les questions les plus diverses, tandis que je m’attachais plus particulièrement à perfectionner et à unifier les méthodes employées en physiologie. Je pensais rendre service à notre science en faisant converger vers un même but les efforts autrefois dispersés des physiologistes de tous les pays.

Et voici qu’après tant d’années où chacun de nous a suivi Savoie, il semble que nous allons collaborer de nouveau. Vous avez accepté d’entrer dans une Association internationale dont le but est l’unification des instruments et des méthodes; vous nous apporterez votre précieux concours. Et si j’avais le:

droit de former un souhait, ce serait celui de me retrouver encore avec vous, unis par une tâche commune, ainsi que nous le sommes par notre vieille et inaltérable amitié.

E.-J. Marey.

Télégramme de M. BOUCHARD

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