SUPPLÉANT AU COLLÈGE DE FRANCE
Paris, le 24 janvier 1903.
Bien cher Maître et Ami,
Je ne serai pas présent de fait à votre fête de famille, mais j’y serai de pensée et de cœur.
Je n’ai pas oublié ce que vous avez été pour moi depuis vingt-cinq ans : vous m’avez aidé de vos conseils, vous m’avez donné l’hospitalité la plus large dans votre Laboratoire de Lyon, vous m’avez consacré là-bas beaucoup de votre temps précieux, et, surtout, vous m’avez accueilli dans votre famille comme un ami de vieille date.
J'ai passé là de bonnes heures, dans votre intimité, alors que vous étiez entouré de tous les vôtres : excusez-moi de rappeler ce souvenir qui peut troubler votre joie, mais chez vous le savant n’est pas séparable du père de famille.
Depuis cette époque déjà lointaine, vous m’avez conservé votre affection et il n’a pas tenu à vous qu’elle fût plus efficace; de cette nouvelle marque
d’estime et d’amitié, j’ai également conservé la fidèle mémoire.
Je suis donc de tout cœur avec ceux qui vous remettront votre médaille dans la stricte intimité que vous avez désirée.
Croyez toujours, cher maître et ami, à ma respectueuse et profonde affection.
François-Franck.
Lettre de M. le Professeur LAULANIE