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plus profondes de celles-là. Les différences de réaction signalées entre les substances sécrétées par le fond et par les bords des excavations nous paraissent justement de même ordre que celles ^ indiquées plus haut (§ 7) à propos des substances cuticulaires proprement dites.
§ 9. — Aux produits épithéliaux que nous avons passés en revue jusqu'ici, la dénomination de sécrétions ne pouvait s'appliquer que d'une manière assez impropre ; il n'en est plus de même des substances qu'il nous reste à examiner. Rejetées des cellules sous l'état liquide, beaucoup se solidifient à l'extérieur en un corps dont la forme s'harmonise plus ou moins avec celle de l'être et lui demeure adhérent. Mais ce corps ne participe plus en aucune façon au mouvement moléculaire, sa substance sortie de l'organisme lui demeure étrangère. C'est un produit incessamment éliminé dont la présence, le voisinage peuvent être utiles à l'être et devenir pour lui un moyen de protection sans lequel son existence serait immédiatement compromise, mais qui ne fait point partie intégrante de lui, qui s'accroît, s'altère et s'use mais ne se nourrit point, qui n'est pas vivant en un mot, quoique portant la marque évidente de sa provenance organique. On pourrait désigner ces corps sous le nom de produits extrinsèques par opposition aux. produits intrinsèques ou cuticulaires. Les uns et les autres ont d'ailleurs même composition chimique. Les principes albuminoïdes s'y présentent encore, mais exceptionnellement : ils font place à des principes immédiats ternaires, à des espèces chimiques plus ou moins voisines des celluloses, à des graisses, à des sels minéraux. Par suite ces produits peuvent atteindre une dureté considérable (perles).
§ 10. — Les sécrétions destinées à demeurer liquides sont généralement versées par des organes nettement différenciés comme glandes (lait, sueur, larmes, salive, venins, suc pancréatique.
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liquide prostatique et des glandes de Cowper, liquide intestinal, etc.) ou se rapprochant de celles-ci par leur texture, comme les reins et le foie.
Les matières sébacées et odorantes sont souvent rejetées avec les cellules glandulaires qui les ont élaborées, par une sorte dé combinaison de la sécrétion ordinaire et du système de mue propre aux Vertébrés.
La soie, le fil des Araignées sont des produits glandulaires également. Peut-être conviendrait-il d'en rapprocher le contenu des canaux muqueux des Plagiostomes.
Mais toute surface épithéliale peut en définitive sécréter à la façon d'une glande, comme le montre le mucus abondant versé par la peau de certains Poissons, des Mollusques, celui du Balanoglossus, etc. Cette sécrétion peut même se faire par une surface revêtue d'une cuticule : c'est le cas pour la cire et peut-être, pour la substance des tubes de beaucoup d'Annélides. Le meilleur exemple de ces sortes de sécrétions est l'œuf des oiseaux avec son albumen, sa membrane coquillière et sa coquille. On doit en rapprocher les enveloppes de l'œuf des Plagiostomes, — la subtance agglutinante ou enveloppante des œufs d'un grand nombre d'animaux, — l'enveloppe des spermatophores des Céphalopodes, — le dard génital des Gastéropodes, etc.. La production de la membrane coquillière et de l'enveloppe calcaire à structure définie et diversement colorée de l'œuf des oiseaux, aux dépens des liquides sécrétés par la surface épithéliale de l'oviducte est, au point de vue anatomique, un fait exactement de même ordre que la sécrétion du tube des Annélides et de la coquille des Brachiopodes ou des Mollusques. Cette dernière, par ses élégantes délicatesses de forme et de coloris, est le type le plus accompli de ces sécrétions figurées, devenues dans leur perfection même une sorte d'image ou d'empreinte de l'être qui les a fournies, au point qu'on
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a demandé à ces parties absolument inorganiques la caractéristique des espèces qui les sécrètent.
C'est Réaumur^ qui a nettement vu, indiqué le premier et prouvé par des expériences que la coquille n'était qu'une sécrétion. Son contemporain et opposant Méry^ a trouvé jusqu'en ces derniers temps des émules comme Nathusius-Kônigsborn ^ et F. Millier* qui, tout en reconnaissant la nature non cellulaire de la coquille, ont voulu y voir un tissu vivant. Mais si la question ne peut faire doute et se pose dans les termes mêmes où l'avait déjà résolue Réaumur, il ne semble pas qu'aucun zoologiste ait envisagé comme il convenait les étroits rapports qui unissent la coquille des Mollusques au tube des Annélides ^ Certains Mollusques comme un grand nombre de Vers ne sécrètent point de test. Certains Mollusques restent indépendants de leur coquille comme les Vers de leurs tubes. Reaucoup de Vers pour former leurs tubes agglutinent des matériaux étrangers, de même certains Mollusques [Trochus agglutinans). Certains Lamellibranches fixent leur coquille à des corps solides comme font la plupart des Vers. Les Mollusques, comme les Tubicoles, retravaillent ou réparent leur test. Enfin, pour dernier rapprochement, on peut signaler les Mollusques qui sécrètent à la fois une coquille
1. Réaumur, De la formation et de l'accroissement des coquilles des animaux tant terrestres qu'aquatiques, soit de mer, soit de rivière (Hist. de l'Acad., 1709.) — Éclaircissement de quelques difficultés sur la formation et V accroissement des coquilles (Ibid., 1716; 1718, p. 303.)
2. Méry, Remarques faites sur la moule des estangs (Hist. de l'Acad., 1710.)
3. Nathdsius-Kônigsborn, Ueber nicht-cellulare Organismen. Berlin, 1877. Voy. pour tout l'historique de cette question : E. Ehrenbaum, TJntersuchungen ùber die Strucktur und Bildung des Schales der in der Kieler Bucht hàufig vorkommenden Muscheln (Zeitsch. f. wiss. Zool. 1885, p. 1.)
4. TJntersuchungen ùber die Bildung und Strucktur der Schalen bei den Lamellibranchiaten (Zool. Anz., 9 février 1885, n" 187).
5. Voy. entre autres, Clabs, Traité de Zoologie, qui compare tout à fait à tort les prismes calcaires du test des Mollusques aux prismes de l'émail.
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et un tube soit indépendants [Teredo), soit soudés [Aspergilliim).
Comme les tubes de beaucoup d'Annélides, la coquille des Brachiopodes et des Mollusques est formée, en proportion variable selon les cas, d'une substance organique, principalement de conchioline ou de chitine, et de sels minéraux'. Ces derniers, sécrétés à l'état de dissolution, prennent, en se déposant, des configurations cristallines (prismes, etc.) dépendant de leur composition même, de leur proportion et de celles de la substance organique coexistante dans le liquide qui leur sert de véhicule.
La seule différence essentielle entre la coque de l'œuf ou le tube des Annéhdes et des Hydraires d'une part, et le test des Mollusques, des Brachiopodes et des Bryozoaires de l'autre, réside en ceci que chez ces derniers les éléments sécrétants conservent ou savent reprendre relativement au produit sécrété une position sensiblement constante^, tandis que le rapport entre la surface sécrétante et le corps sécrété chez le Tubicole, l'Hydraire et dans l'oviducte de l'oiseau est incessamment variable, d'où l'image de sohdes de révolution affectée par les produits de ce dernier genre.
§ 11. — Nous placerons en dernier lieu une catégorie de produits qui tiennent à la fois des premiers que nous avons énumérés (§1), par leur permanence et par leur situation au milieu des parties dérivées du feuillet moyen, et des sécrétions figurées que nous venons dépasser en revue, par leur composition chimique où peu-
1. Krukenberg [Grundziige einer vergl. Phisiol. der tierischen Gerùstsûbstanzen, Heidelbei g, i 885,' et Veherdas Vorkomnen des Chitins, in Zool. Anzeiger, 1885, n" J99) signale l'existence de la chitine dans le bec et la coquille des Céphalopodes (seulement dans les cloisons de Spinila). Le test des Brachiopodes serait également riche en chitine, tandis qu'on ne trouverait point cette substance dans Mytilus edulis, mais seulement une matière albumineuse et de la conchioline; de la conchioline également dans les capsules ovigères d'un grand nombre de Mollusques.
2. La disposition aréolaire souvent visible sur le bord du periostracum est l'empreinte même des cellules qui ont sécrété la mince membrane par laquelle débute l'accroissement de la coquille.
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Yent dominer les matières minérales (calcaire, silice), au point de leur communiquer les formes presque cristallines que nous observions déjà dans la coquille des Mollusques.
Nous citerons la substance cornée des Gorgones (cornéine) et des Spongiaires (spongioline), le sable cérébral et les cristaux de l'otoconie; — les spicules calcaires ou siliceux, d'origine non cellulaire', les amphidisques, la charpente calcaire des Echinodermes, Coelentérés, Spongiaires.
§ 12. — On peut toujours reporter à une seule cellule vivante ou à un être unicellulaire l'ensemble des phénomènes vitaux observés chez les êtres pluricellulaires. Ceci n'est point vrai seulement des fonctions ", mais aussi des conditions anatomiques chez ces êtres si simples en apparence seulement. Nous y retrouvons en effet, à côté du corps cellulaire (protoplasme) et du noyau essentiellement vivants, toute une série de produits superficiels ou profonds, comparables à ceux que nous avons passés en revue. Il ne faudrait pas évidemment donner trop d'importance à un tel rapprochement, mais on ne saurait non plus y fermer complètement les yeux.
C'est ainsi que le liquide intracellulaire d'un grand nombre de cellules peut être comparé à un plasma mésodermique.