‹ Hommage à Monsieur ChevreulChapitre 2 sur 18 · M. EUGÈNE DEMARÇAY · texte numérisé non relu

M. EUGÈNE DEMARÇAY

La sensibilité des réactions spectrales a été très vantée, on peut même dire qu'en général elle a été très exagérée et que si cette sensibilité est dans certains cas particuliers vraiment extraordinaire, dans l'immense majorité des cas il n'en est pas ainsi. J'ai cherché à m'en rendre compte pour différents corps qui se rencontrent fréquemment et dont il devient important à un point de vue pratique d'estimer à vue la proportion contenue dans le liquide à examiner. Je n'ai effectivement en vue ici que le procédé d'examen des solutions par l'étincelle électrique et plus particulièrement le procédé que j'ai décrit il y a deux ans et qui consiste à faire jaillir une étincelle fournie par une bobine d'induction à fil gros et court sur une petite mèche de platine, émergeant de la solution. Le procédé étant universel permet de comparer entre eux les corps

les plus différents. Il est beaucoup plus sensible en général que celui de M. Lecoq de Boisbaudran, c'est-à-dire qu'une solution donnant un spectre faible par ce dernier procédé en donnera encore un faible également avec la bobine à gros fil, si on dilue quelques centaines de fois la solution.

Néanmoins il est quelques exceptions ; ainsi le chlorure d'aluminium, qui donne par le procédé de M. de Boisbaudran un spectre de bandes assez visible, ne donne à peu près rien avec la bobine à gros fil. Il faut, pour obtenir un spectre, ajouter à la solution de l'acide fluorhydrique. Cette même circonstance se présentera du reste toutes les fois qu'une substance donnant un brillant spectre de bandes avec le procédé Lecoq sera examiné avec la bobine à gros fil qui donne surtout des spectres de lignes. Avec elle les raies violettes de l'aluminium sont en effet plus développées que les bandes et constituent de beaucoup sa meilleure réaction. Il est digne de remarquer que les raies rouge et jaune signalées par M. de Boisbaudran ne paraissent pas, ou à peine, avec la bobine à gros fil. Le glucinium se range de même à côté de l'aluminium et pour la même raison.

La sensibilité varie d'une façon énorme avec la puissance de l'étincelle. On peut dire qu'il serait bien difficile de décider de la pureté d'un corps si on l'examinait avec une étincelle suffisamment forte.

Ici il ne sera question que d'étincelles obtenues avec 6 éléments à bichromate de 16 cent, sur 40 cent, rangés par 3 en tension et 2 en quantité. Les bobines employées fournissaient des étincelles de 4 à 10 millimètres dans l'air entre pointes de cuivre et la sensibilité des réactions qu'elles fournissaient était peu différente.

Une autre condition qui influe dans une proportion considérable sur la sensibilité est la nature de la solution. Tandis que les

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