DE QUELQUES RÉACTIONS SPEGTROSGOPIQUES
chlorures donnent en général d'excellentes réactions, les azotates en donnent de médiocres et les sulfates de mauvaises. Les fluorures doivent être préférés à tous autres sels chaque fois que la chose est possible. J'ai dit plus haut l'influence du fluor sur la réaction de l'aluminium. On la retrouve pareille en nature, sinon en degré, dans tous les cas où le chlorure à examiner est décomposable par l'eau, soit à froid, soit à chaud. Tels sont les cas des chlorures de fer (Fe^ Cl®), de titane, de niobium, de tantale, d'aluminium, etc. Ainsi, en dissolvant une partie de perchlorure de fer dans 500 parties d'eau, non seulement on n'observera pour ainsi dire pas de spectre, mais l'étincelle même ne jaillira que très difficilement. Si, au lieu d'eau, on emploie pour solvant 500 parties d'acide chlorhydrique, on aura au contraire un bon spectre. On serait arrivé à un résultat encore meilleur en ajoutant à la solution aqueuse quelques gouttes d'acide fluorhydrique.
Il résulte de là qu'une condition de sensibilité des réactions spectrales est la stabilité même à chaud de la solution qu'on examine. Si elle peut éprouver à chaud ou à froid une décomposition avec départ d'oxyde ou d'oxychlorure, on peut être certain que la réaction spectrale sera mauvaise.
Une circonstance qui semblerait à priori devoir exercer une grande action sur la sensibilité de la réaction d'un corps donné est la présence dans la même dissolution d'autres corps à spectres brillants. J'ai constaté cependant qu'il n'en était pas ainsi. A moins que l'un des corps ne soit en proportion tout à fait petite vis-à-vis des autres, même lorsque ceux-ci donnent leur spectre très facilement et quand bien même le premier ne le fournirait pas très briUant, il paraît à peu près inaltéré. C'est ainsi que dans une solution très acide de fer à qui ne donne qu'un spectre pauvre du fer, on peut introduire même une forte quantité de lithium (soit 1 ou 2 p. 100), sans modifier notablement la
réaction du fer. Si pourtant on augmente le lithium jusqu'à 10 p. 100, le spectre du fer pâlit graduellement et finit par disparaître Il est bon de noter qu'une solution de lithium à fournit un spectre brillant.
De même, si on avait ajouté une forte quantité de fluorure de potassium, on aurait vu le spectre du fer disparaître, bien que le spectre du potassium ne fût pas très éclatant surtout avec la solution très concentrée.
Si, au lieu de lithium et de potassium, substances dont les spectres renferment peu de raies, on en avait introduit d'autres dont les spectres en renferment beaucoup, comme le titane, le résultat n'aurait pas changé. A la vérité, il devient difficile de démêler les raies du fer pâles et peu nombreuses de toutes les raies étrangères brillantes qui les entourent, mais ces raies avec la même étincelle gardent à peu près la même puissance si le titane n'est pas en par trop grand excès.
La concentration d'une solution influe sur le spectre qu'elle fournit d'une façon très variable suivant la nature de la substance et la manière dont l'étincelle jaillit sur la solution. Avec les procédés de M. Lecoq, il convient par exemple de prendre des solutions concentrées. Avec la bobine à gros fil et une mèche, les solutions très concentrées viennent s'évaporer à l'extrémité de la mèche, y déposent un champignon de matière souvent décomposée, en sorte que, le liquide n'humectant plus la mèche, le spectre disparaît. Une solution plus étendue donnera d'ailleurs souvent un plus beau spectre qu'une solution plus concentrée, même lorsque cette dernière ne présente pas l'inconvénient mentionné plus haut. Celui qu'elle donne est en effet fréquemment empâté de fonds lumineux, et les raies, au heu d'être fines, deviennent d'ordinaire largÊS et diffuses. D'autre part, une dissolution trop faible favorise la production du spectre des électrodes et des solvants et affaiblit