PIE IX, L'HOMME DU XIX: SIECLE
EGo gu80ITA VI EUM.
C'est moi qui l’ai susoité.
Isaie, xLv, 13,
MEs FRÈRES,
L'histoire de l'humanité n’est que le développement du plan éternel, formé sur nous dans les desseins de Dieu. Quand ce Monarque suprème veut éprouver son peuple, il évoque un de ces hommes que l’Ecriture appelle les Verges de sa colère, Virga furoris mei, et dont le souvenir ne se grave dans la mémoire des âges que par la terreur qu'ils ont inspirée : ainsi apparaissent ces noms odieux et terribles des Sennachérib, des Nabuchodonosor, des Antiochus, des Julien l'Apostat. Quand il veut, au contraire, faire éclater ses miséricordes, il évoque d'autres hommes auxquels ne se rattache que la pensée des bienfaits et des gloires des siècles qui les ont vu naître; l'Ecriture les appelle les hommes de la Droite de Dieu; virum Dexteræ tu, les hommes de sa Providence, les hommes de son choix et de sa prédilection; ainsi s'offrent à nous, comme d’impérissables monuments de bénédictions et de grandeur, les Moyse, les David, les Ezéchias, les Judas Macchabée, les Papes St. Léon, St. Grégoire-le Grand, et, de nos jours, Notre Auguste Poutife,
lincomparable Pie IX. Ego suscitavi eum; c'est moi qui l'ai suscilé,
Il y a aujourd’hui cinquante ans, l'Eglise inquiète, placée entre une Révolution à peine éteinte, dont les cendres fumaient encore, et un avenir qui alläit sans cesse se grossissant de nou-
veaux orages, agénouillée près des tabernacles, levait les mains.
et les regards vers le ciel pour implorer la clémence d'en Haut; elle priait sur un jeune lévite de 27 ans qui, le front et la poi-
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trine étendus sur le pavé du sanctuaire, s’abimait dans son néant à la vue du fardeau redoutable dont ses épauies allaient être chargées.
L’Eglise,dans l'acte le plus solennel de sa vie et de sa fécondité, l'acte par lequel elle enfante ses ministres sacrés, demandait à former un prètre selon le cœur de Dieu; tandis que le jeune
. Diacre, confus dans son indignité, offrant sa vie et son âme,
s'immolait tout entier comme le dernier des serviteurs, que le plus grand des maîtres recevait dans sa maison.
Je ne sais ce qui se passa alors dansle ciel; mais sur la terre, les prières, les désirs et les vœux de l'Eglise, tout fut exaucé. Lève-toi, O lévite généreux, lève-toi, ton offrande est agréée ; tu seras l'homme du Calvaire, l'homme de la Croix ; prends ce redoutable Sacerdoce, prends-le généreusement ; avec tout son fardeau ; ne fléchis pas, ne tremble pas, car c'est toi que Dieu a choisi pour être l’homme de sa droite, l'homme de ses desseins, l’homme de son amour et de sa toute puissance : Ego suscilavi eum. C'est toi qu'il réserve aux plus grandes choses et aux plus formidables combats. Tu seras l’homme de ton siècle, tu seras un jour Pie IX. Ego suscilavi eum.
O pensées, Ô souvenirs! à amour pour le plus vénéré des Pontifes, Ô dévouement à la plus sainte des causes! c’est vous qui enveloppez de splendeurs ces autels, et qui les couronnez de lumières étincelantes ! c’est vous qui inspirez ces chants magnifiqueset cette puissante et sublime harmonie ! c’est vous qui,sous ces voûtes immenses, au pied de ces tabernacles augustes, assemblez dans le silence et la piété, ces milliers de fidèles recueillis; dont les cœurs émus battent des plus sacrés transports! C’est pour vous, Ô Pie IX, pour vous, à notre Roi, à notre Pontife, à notre infaillible Docteu, pour vous, le gardien de notre foi, le proiecteur de nos consciences ; pour vous, en quise sont retirées toutes les espérances et les convictions de la terre ; c’est pour vous, que se développe avec éclat cette incomparable pompe. Que dis-je ? Ce n’est pas dans une seule basilique, ni dans une seule contrée que cette fête du cœur et du dévouement se déploie, mais dans le monde entier: cette Fête de Pié IX est une fête de tous les
peuples.
Pour répondre, autant qu’il est en nous, mes Frères, à vos
convictions et à votre attente, nous essaierons de vous présenter
Pie IX, comme l’homme de la droite de Dieu, choisi de Dieu, l’homme de son temps, l'effigie glorieuse, la magnifique statue vivante et animée de son siècle, de vous le montrer en un mot, comme l’homme du XIXe Siècle. C'est pourquoi nous diviserons ce discours en deux parties : d'abord nous considérerons Pie IX comme résumant en lui toute les gloires du XIXe Siècle, puis nous l’envisagerons comme en dominant seul tous les grands évènements.
Je dis donc que Pie IX, est l'homme du XIXe Siècle :