PIE IX RÉSUME EN LUI TOUTES LES GLOIRES DU XIX® SIÈCLE
Qu'est-ce que la Gloire? mot brillant qui éblouit tous les regards mortels ! Je parcours les masses, j’interroge.— Pouvoirs humains, qu'est-ce la Gloire ?—L’éclat du succès, répondez-vous. —Quoi ! l'éclat du succès ! Et si Le succès est injuste ? L’injustice, est-ce la gloire ?--Fausse réponse ; j'interroge ailleurs.
Science, qu'est-ce que la Gloire ?—La gloire, ce sont les belles découvertes.—Les belles découvertes ! j'y applaudis avec transport ; et,sincère admirateur de mon siècle, je le félicite de toutes celles qu'il a enfantées. Ce sont des étincelles de lumière, des fruits &e la pensée, des créations du génie ; ce sont des splendeurs nouvelles, parures magnifiques, voiles diamantés dont chaque jour, il s’orne avec un légitime orgueil. Il y'a donc de la gloire dans ces découvertes. Oui. Mais cette gloire est-elle nécessairement pure et parfaite ? Et si l’impiété en est le principe, le mobile et la fin? Est-ce une vraie gloire ? N'est-ce pas ue gloire souillée et flétrie? et par suite, fausse et menson- ‘gère ? Science, si vous êtes impie, ennemie de Dieu, vous n'êtes pas la vraie science ; votre gloire n’est pas la vraie gloire ; j'interrüge ailleurs.
Industrie, qu'est-ce que la Gloire ?—Ce sont, dites-vous, les améliorations des conditions matérielles de la vie.—Quoi les
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conditions matérielles de la vie ! Est-ce là tout votre domaine, toute la portée de votre essor ? Ne voyez-vous rien de plus élevé que la sphère des intérêts de la terre, et cette science qui apprend à l’homme à augmenter ses jouissances ? J'accorde volontiers quelque gloire à ce qui a pour fin d'améliorer les conditions de la vie ; mais de bonne foi, pouvons nous voir dans cet ordre de choses ce qui réalise pleinement et complètement l'idée de gloire ? J'en appelle à la conscience publique ; le mot de gloire n’implique-t-il pas quelque chose de plus noble et de plus digne d’un être intelligent ? Il faut donc encore interroger ailleurs.
Où irai-je ?
Au livre sacré, au livre divin qu'on appelle les Stes. Ecritures et que je reçois des mains de l'Eglise ma mère. J’ouvre, je compulse, je cherche, j'interroge et je lis: State et videte Magnalia Dei. Exod. XIV.13. Arrétez, et voyez les Merveilles de Dieu. Il s'agit des merveilles que Dieu même opère. Assurément, là doit ètre le type de la vraie grandeur et de la vraie gloire. Et quelles sont ces Merveilles? Les prodiges dont le Dieu d'Israël étonne la nature, pour conduire son peuple à la perfection et au bonheur, et l'y conduire par la plus haute miséricorde, et par le déploiement des œuvres les plus magnifiques. Merveilles donc où trois choses se révèlent avec évidence : perfection, comme fin, dans la pensée; miséricorde sans limite, comme mobile, dans le cœur ; éclat dans les opérations de la puissance ; c’est-à-dire, de grandes pensées, une grande bonté, de grandes opérations; trois choses qui constituent les caractères mêmes des œuvres de Dieu, et par suite, de toute gloire parfaite, de toute vraie gloire.
En conséquence, pour que l’homme acquière quelque gloire véritable, gloire non pas égale à celle de Dieu, mais qui ait du moins quelque chose de semblable, il lui faut aussi, à l'imitation de ce suprème original, trois choses essentielles :
lo grandeur dans les pensées, 20 grandeur dans le dévouement,
30 grandeur dans les œuvres.
Grandeur dans les pensées ; c’est-à-dire, des pensées qui tendent à élever notre nature et à nous rendre heureux en la pet-
fectionnant ; grandeur dans le dévouement ; ce qui implique ces actes de bienfaisance qu’inspirent les plus nobles sentiments du cœur, ces actes où la bonté désintéressée, l'esprit de sacrifice, s'ajoutent à la magnanimité du courage; grandeur enfin dans les œuvres; entendant par là des succès si considérables et si éclatants, qu’ils puissent constituer de véritables triomphes.
Done, s’il est quelque gloire dans mon siècle, ces trois sortes. de grandeurs s’y doivent rencontrer ; et si c'est en Pie IX que se réunissent ces grandeurs, c’est en Pie IX aussi que se résume”it, par là même, toutes les gloires de mon siècle. Appelons maintenant les faits en témoignage.
1o Grandeur dans les pensées. Quel est l’homme qui, de nos jours, concentre en lui tous les principes et toutes les convictions du siècle? Quel est le gardien incorruptible des mœurs et des consciences ? Quel est le dépositaire fidèle qui garantit et protège nos droits, nos dignités et nos destinées? Cet homme n'’estce point Pie IX ? N'’est-il pas le pilote vigilant, debout sur la proue du navire, qui montre du doigt le point noir s’élevant à l'horizon, et les redoutables orages prêts à fondre sur nous? N'est-il pas le travailleur infatigable, sans cesse penché sur le torrent des passions, pour en démèêler, pour en sauver les idées, les sublimes, les indestructibles idées, nécessaires à l'ordre social, indispensables à la sécurité des peuples et des princes ? N'est-il pas le Docteur infaillible qui, à travers toutes les tra. ditions, péuètre du regard jusque dans la pure lumière des cieux, pour y découvrir ces dogmes fermes et consolants, que depuis tant de siècles, cachait la doctrine de nos Pères? N’estce pas là Pie IX dans toutes ses allocutions, dans toutes ses condamnations, dans sa prodigieuse Encyclique, dans son admirable Définition de l’Immaculée-Conception ? O Pontife! Ôô oracle infaillible de la Vérité! O homme à grandes vues, à grands desseins, inébranlable et invincible dans votre foi! O Pie IX, vous renfermez vraiment en vous, tout ce qu’il y a de grandeur
dans les pensées de mon siècle.
20 Grandeur dans le dévouement. Faut-il vous faire ici, mes Frères, le triste tableau des grandes détresses qui désolent
nos temps malheureux ? Où êtes-vous, Ô princes déchus, Ô rois détrônés? Où sont vos couronnes et vos sceptres ? Ces.
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