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que le libertinage des sens. Alors il faut le prendre très au sérieux; c’est un sentiment anti catholique, c'est un véritable manque de foi, c’est de l’orgueil et de l’insoumission ; c’est, sous le nom séduisant de liberté, l'amour de la licence; et cela peut exposer l’âme à des périls très- -graves. J'ai connu d'excellents jeunes gens que le sentiment libéral a fini par complétement détourner de la droite voie, et qui, malheureusement logiques, non moins qu’ardents et peu solidement instruits, ont donné dans tous les écarts de la libre-pensée et des folies révolutionnaires.
Chez le plus grand nombre cependant, l'élément catholique domine de beaucoup l'élément libéral; et c’est ce qui fait que, malgré leur petiie toquade, iis restent de bons et braves jeunes gens. Si l’un ou l’autre vient à mourir dans cet état, il en sera quitte pour faire une station épurative plus ou moiñs longue dans les terribles flammes du Purgatoire. Pour entrer au ciel, il faut, en effet, que tout soit pur, l'esprit non moins que le cœur. Si les libéraux sont connus en Purgatoire, ils sont radicalement inconnus au Paradis.
Ze parti libéral.
Le sentiment libéral a engendré le parti libéral, parti politique plus encore peut-être ue reli jeux, dont la marotte est la liberté. r, par iberté, il n’entend pas ce qu’entend
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J Eglise de Dieu, mais une liberté à la façon moderne, une liberté rationaliste qui anéantit l'autorité, proclame l'indifférence entre le vrai et le faux, et mène fatalement à l’anarchie et, par l’anarchie, au despotismie.
Poussé par cette fantaisie et enivré de ce sentiment, le parti libéral altère tout ce qu’il touche, et introduit la division dans le camp catholique. Il a ses principes à lui, etils sont le contrepied de ceux du Saint-Siége. Il a ses manie es de faire, sa politique, sa sagesse ; et cette sagesse, cette politique contredit en plein Les directions fermes et sûres que, de la part de Dieu, le Souverain-Pontife ne cesse de donner aux gouvernements et aux peuples.
Ces homimes sont, au fond et malgré des vertus réelles, de véritables sectaires ; et ils reproduisent trait pour trait ce que l’histoire nous apprend des anciens sectaires jansénistes et gallicans.
Comme eux, «ils affichent leur dépit contre tout ce qui marque une obéissance prompte, eutière, absolue aux décrets et aux avertissemnents du Saint-Siège. Ils ne parlent que dedaigneuseinent du “iése-Apostolique, en l'appeiant cour romaine. [ls accusent tous ses actes d’être imprudents où iuopportuns.
Ils afft-ctent d'appliquer le nom d’ultramonlaivs rt de jésuites aux fils de l'Eglise les p'us zélés et Les pins obéissants. Enfin, pétris d’orgueil, ils s’estiment plus sages que lEglise, à qui a été faite la promesse d’une assistance divine spéciale et éternelle.»
1 Bref aux Müilanais,
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Ce n’est pas moi qui parle ainsi, e’est le souverain Pasteur et Docteur de l’Eglise, à qui tous, sans exception, uous devons l’obéissance et de l’esprit et du cœur. Le portrait qu'il trace ici des sectaires du part libéral, est une véritable photographie ; et en lisant chaque phrase, on ne peut s'empêcher de s’écrier : Comme c’est cela !
Et notez-le bien, mes amis: ces sectaires ne sont pas le moins du monde des impies ni des ennemis déclarés de l Eglise, non, ce sont des chrétiens, souvent des chrétiens fort pratiquants, et dont la vie privée est nonseulement honorable maïs édifiante ; en tous cas, ce sont des hommes qui ont parfaitement la toi, ce sont des catholiques. C’est là précisément qu’est le danger et pour eux-mêmes et pour les autres, comme le Saint-Père le constate expressément. «Ceux, dit-il, qui sont inbus de ces principes font profession, il est vrai, d'amour et de respect pour l’Eglise et se:ublent consacrer à sa défense leurs talents et leurs travaux ; mais ils n’en travaillent pas moins à pervertir son esprit et sa doctrine ; et chacun d’eux, suivant la tournure particulière de son esprit, incline à se mettre au service ou de César, ou de ceux qui inventent des droits en faveur de la fausse liberté. |
« Cette insidieuse erreur est plus dange-
reusè qu’une inimitié ouverte, parce qu’elle se couvre du voile spécieux du zèle et de la
charité 1,» | S 4 Bref au Beiétsl
Aussi, en séduit-elle un grand nombre, principalement chez les jeunes gens qui, étant fort sincères, croient que tout est bon là où ils voient du bien. Hélas! on peut avoir mal à la tête sans avoir mal au cœur.
C’est le cas de nos sectaires libéraux, qui joignent souvent des idées anticatholiques à une pureté de mœurs et à des œuvres de charité tout à fait catholiques.
C'est ce que, dans sa sollicitude paternelle, le Saint-Père signale encore anx jeunés chrétiens, lorsqu'il ajoute qu’ «ils pourräient trouver une voie glissante vers l’ex reur dans ces opinions soi-disant libérales qui sont accueillies par beaucoup de catholiques, honnèêtes d’ailleurs et pieux dont, par conséquent, la religion et l'autorité peuvent très-facilement attirer à eux les esprits, et les incliner vers des opinions très-pernicieuses.
«Dans les nombreuses occasions où Nous avons repris les sectateurs des opinions libérales, continue le Très-Saint Père, Nous n’avons pas eu en vue ceux qui haïssent l'E.
glise,et qu’il eût été inutile de désigner ; mais bien ceux que Nous venons de signaler, lesquels, conservant et entretenant le virus caché des principes libéraux qu’ils ont sucé avec le lait, sous prétexte qu’il n’est pas infecté d’une malice manifeste et n’est pas, suivant eux, nuisible à la Religion, l’inoculen':aisément aux esprits et propagent ainsi les semences de ces révolutions dont le monde est depuis longtemps ébranlé1.»
1 Bref de Quimper.
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Voilà la vérité sur le parti catholique-libéral. Pour les honnêtes gens, c’est-à-dire pour la quasi-unanimité des chrétiens, il est beaucoup plus dangereux que le parti libéral-
révolutionnaire. Celui-ci fait horreur, et non :
point l’autre : on voit du premier coup les
abimes où conduit tout droit le libéralisme
révolutionnaire, tandis que le libéralisme catholique, enveloppé qu’il est de religion, fait aisément illusion à ceux qui n’y regardent pas de très-près. De part et d'autre, le fond est le même; il n’y a guère de différence que dans les personnes, dans les intentions, et il faut bien le dire aussi, dans le choix des moyens. Pour le libéralisme catholique comme pour le libéralisme révolutionnaire. l’Arche sainte, ce sont ces fausses libertés, ces lois et ces institutions bâtardes,.. mélangées de vrai et de faux, de bien et de mal, qui, depuis 1789, régissent, ou plutôt étouffent et la France et l’ Europe.!
1 Dès l’année 1846, le P. Lacordaire portait sur le libéralisme ce curieux jugement :
“Voyez l'Etat où est la France après cinquante ans d'essais et d’efforts pour vivre du seul sens humain. Quel DUR état que celui du libéralisme, et comme il trouve
a mort dans sa victoire ! Point de principes, point de cœur, point de gloire, voilà depuis quinze ans toute sa vie. Non qu’il n’ait eu des pensées généreuses et qu’il n’ait accompli des réformes utiles ; mais il n’a jamais voulu de l’ Eglise pour compagne de ses desseins, et il expire, après cinquante ans, dans le vide et la platitude.
‘ Si l’ Eglise n’était pas là, nous toucherions au bas-empire, et, malgré elle, on sent partout une odeur d’eunuque.
e ne crois Pe qu’une doctrine et un parti aient jamais
reçu de châtiment plus sanglant de la Providence.” (Let-
tres EC i du P. Lacordaire, page 176.—Chez Poussiel- : gue ,
Et penser que des chrétiens sincères, de véritables catholiques se sont laissé affubler du manteau de ce libéralisme, et que l’excellent P. Lacordaire lui-même l’a pris mAln 18 pour un ornement !
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Qu'on ne se fasse point illusion: le parti libéral est puissant. Il règne et gouverne, tantôt sous une forme césarienne et militaire, tantôt sous une forme bourgeoise, tantôt sous une forme républicaine, plus ou moins démocratique, c’est-à-dire anarchique.
Partout il veut faire de l’ordre avec du désordre, pour régner.
On dira tout ce qu'on voudra, ses caractères saillants sont la personnalité, sous l’apparence du dévouement ; l’absolutisme sous le voile de la modération et de l’amour de la liberté; la médiocrité, sous le voile du talent ; l’intrigue, sous le voile de l’honneur ; c’est je ne sais quelle horreur instinctive de l'autorité véritable, de l'autorité légitime, soit en religion, soit en politique.
Les meneurs du parti, tout catholiques
qu’ils sont, savent intriguer mieux que personne, et leur conduite publique offre un singulier mélange d'honneur et de duplicité.
Ils aiment étrangement les faveurs, les décorations et les bonnes places. Pour y arriver, ils se font la courte échelle, ils se surfont sans vergogne les uns les autres dans leurs journaux, dans leurs revues, et on les a appelés très-justement «une société d’admiration mutuelle.» On ne comprend guère ce qu’ils font de leur conscience au milieu de tout cela ; car, malgré tout, ils entendent rester catholiques, et bons catholiques.
Le parti libéral est le pont qui, depuis bientôt un siècle, conduit les peuples chrétiens aux révolutious, c’est-à-dire aux crimes
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MT DE ne gent a Een ed . ep 2 A mener