‹ Hommage aux jeunes catholiques-libéraux [microforme]Chapitre 12 sur 22 · NES · texte numérisé non relu

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publics les plus antichrétiens. Il mine l’autorité de l’ Eglise, et a trouvé moyen d’attirer dans ses rangs non-seulement quantité de catholiques très sincères, mais un certain nombre d’ecclésiastiques, dont quelques-uns haut placés.

Qu'ils soient plus ou moins de bonne foi,les meneurs du parti catholique-libéral engagent terriblement leur conscience, ét le mal qu'ils font durera longtemps.

La doctrine libérale.

On l’a dit souvent avec grande raison : ce sont les doctrines qui font les hommes. Les doctrines, où pour mieux dire, les opinions libérales sont l'âme du parti libéral, et elles

sont le soutien caché du sentiment libéral.

" En quoi consistent-elles ? il est difficile de |

le savoir bien nettement ; car les catholiques-libéraux ne se hasardent pas volontiers à formuler leurs principes. Le parti a des meéneurs : iln’a point de docteurs.

Deux fois, en France, il a essayé de for-

muler sa doctrine ; et, les deux fois, il a été

immédiatement condamné par le Saint- Siége. Ce fut d'abord un travail court, mais sérieux, d’un professeur de thédlogie, trèssincère dans son erreur puisqu'il l’a immédiatement rétractée. Ce fut ensuite un travail collectif et anonyme de quatre fortes têtes du parti catholique-libéral (dont on a

connu les noms) et qui résumait, en la dé- #

fendant de son mieux, la dectrine catholi-

que-Libérale.

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En allant au fond des choses, et en saisissant le moins imparfaitement possible cet insaisissable Protée, voici ce que l’on en peut dire :

D'abord, la doctrine catholique-libérale est’un système général de fausse liberie et de fausse charité qui, en religion comme en politique, tend à amoindrir les vérités et les. principes, et à les remplacer par des nuances et par du sentiment, non certes par impiété, mais afin de soi-disant concilier à l'Eglise, à la foi, à la vérité, au droit les sympathies des adversaires. Elle tient peu de compte des principes les plus certains, dès que ces principes sont en opposition avec l’opinion publique, c’est-à-dire avec les préjugés et les erreurs publiques. Elle tend toujours à mettre le fait au-dessus du droit. Des questions de principes elle fait immédiatement des questions de personnes, sacrifiant ainsi systématiquement la vérite et le droit à une affaire de sentiment, d’ha-

Lan

l'ennemi,

Puis, la doctrine catholique-libérale, qui u'es!, au fond, que la doctrine révolutionnaire de 89, pose en principe, comme chose sinon absolument bonne, du moins meilleure, la séparation de l’Eglise et de l'Etat, laquelle n’est autre chose que lindépendance absolue de la société civile vis-à-vis de la loi divine, de la religion révélée et de la sainte Eglise. Notre-Seigneur a envoyé le Pape et les Evêques en leur disant : « En- «seignez tous les peuples, et apprenez-leur à «ubserver mes lois. Je suis moi-même avec «vous jusqu'à la fin des siècles.» Les catholiques-libéraux restreignent cette mission aux intérêts privés de chaque chrétien en particulier ; ils dénient au Souverain-Pontife et à l’Episcopat le droit d'enseigner les souvernants atissi bien que les gouvernés, et de veiller à ce que JÉsus-CHrisT puisse réguer sans entraves dans les institutions publiques, dans les lois, dans la direction des sociétés.

Enfin, la doctrine catholique-libérale méconnaît et altère profondément les rapports de L'autorité et de la liberté, telles que Dreu les a établies et telles que son Eglise est chargée de les enseigner et de les maintenir. Eile est une altération profemde de la doctrine catholique su” #mtorité, au profit de la liberté ; et c’est pour cela qu'elle s’appelle libérale.

Suivant l’ Eglise, l'autorité est la puissance active établie de Dreu puur faire respecter et exécuter la loi: suivant le catholicisme li-

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béral, l'autorité est la puissance passive qui doit couvrir d’une égale protection et la foi et l’hérésie, et la vérité et l'erreur, et le bien et le mal; pourvu que l’ordre matériel ne soit point troublé, elle ne doit point prendre parti pour le bon Dreu contre le démon.

Suivant l’ Eglise, la liberté est la puissance donnée à tous et à chacun de faire sans entraves la volonté de Dreu et d'accomplir le devoir”: suivant le catholicisme libéral, la liberté est la faculté, accordée à tous et à chacun, de faire le mal comme le bien, pourvu que l’ordre matériel ne soit point troublé.

Pour le bon Dreu et son Eglise, l’autorité est la puissance qui protége le bien et le fait régner ; pour le démon et la Révolution, l'autorité est la nuissance qui protége le mal et le fait régner ; pour les catholiques-libé. raux, l’autorité est la puissar£e indifférente an bien et au mal et qui les protége également. Et de même, pour l’Eglise,la liberté est la puissance de faire le bien sans en:

traves ; pour la Révolution, c’est la puissance de faire le mal sans entraves; pour le catho. licisme libéral, c’est là puissance de faire indifféremment le bien ou le mal.

Or, d’après la doctrine catholique, comme d'après le système libéral, cette double notion de l'autorité et de la Hberté doit régler tout : la Religion, l’ordre social et politique, la législation, la jurisprudence, l'éducation, la famille.

Aussi, et précisément parce qu’ eg s'é-

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tend à tout, la doctrine catholique-libérale est-elle une erreur extrêmement grave, dont les conséquences pratiques sont incalculables. Elle touche, pour la fausser, à la notion essentielle de !l’autorité et de la liberté, sur laquelle reposent, comme sur leur base, l’ordre religieux, l’ordre civil et l’ordre domestique tout entier. Il y a là les éléments d’une immense hérésie ; et tout porte à croire que le Saint-Siége, ou le concile œcumé:nique, ne tardera point à frapper d’un anathème définitif une erreur qui résiste à tous les avertissements, et qui ne tend à rien moins qu’à aider la Révolution proprement dite dans son œuvre de destruction universelle.

Ainsi, la doctrine catholique-libérale est une altération systématique de la vérité, de la foi et du droit ; elle est une altération systématique des rapports de l’Eglise avec les sociétés civiles, et une négation plus ou moins acçentuée du droit divinement conféré à l'Eglise de diriger spirituellement les gouvernements et les sociétés, d’inspirer les loiset les institutions publiques ; elle est enfin une altération systématique de la doctrine de l'Eglise sur l'autorité et la liberté.

Après cela, vous étonnerez-vous, mes bons et chers amis, d'entendre le Chef de l'Eglise gémir et s’indigner à la vue de ces catholiques frelatés qui, sciemment ou non, font tant de mal ?

« Hélas ! s’écrie-til, il y en a qui ont l’air de vouloir marcher. d'accord ‘avec nos enne-

rale dont ‘ulanoerté, )ase, > do- Lents roire iméanatous rien nent iver-

mis, et s'efforcent d'établir une alliance entre la lumière et les ténèbres, un accord entre la justice et l’iniquité, au moyen de ces doctrines qu’on appelle catholiqués-libérales, lesquelles, s'appuyant sur les principes les plus pernicieux, flattent le pouvoir laïque, quand il envahit les choses spirituelles, et poussent les esprits au respect, ou tout au moins à la tolérance des lois les plus iniques, absolument comme s’il n’était pas écrit que « personne ne peut servir deux maitres. »

«Or, ajoute le Souverain-Pontife, ceux-ci sont plus dangereux assurément et plus funestesque des ennemis déclarés, et parce qu'ils secondent leurs efforts sans être remarqués, peut-être même sans s’en douter, et parce que, se maintenant sur l’extrême limite des opinions formellement condamnées, ils se donnent une certaine apparence d'intégrité et de doctrine irréprochable, alléchant ainsi les imprudents amateurs de conciliation et trompant les gens honnêtes, lesquels se-révolteraient contre une erreur déclarée. De la sorte, ils divisent les esprits, déchirent l’unité et affaiblissent les forces qu’il faudrait réunir pour les tourner toutes ensemble contre l’ennemi.f

« Is inclinent à se mettre au service, on de César, où de ceux quiinventent des droits en faveur de la fausse liberté, s’imaginant qu’il faut absolument suivre cejte voie pour enlever la cause des dissensions, pour concilier avec l'Evangile le progrès de la société

1 Bref aux Milanais.

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actuelle, et pour rétablir l’ordre et la tran. quillité ; comme si la lumière pouvait coexister avec les ténèbres, et comme si la vérité ne cessait pas d’être la vérité dès qu’on lui fait violence en la détournant de sa véritable signification, et en la dépouillant ainsi de la fixité inhérente à sa naturel!»

Ces paroles du Vicaire de Dieu devraient être apprises par cœur dans tous nos colléges catholiques, dans tous nos Petits et Grands- Séminaires, dans tous nos Cercles d’étudiants. L’on ne conçoit pas comment un jeune chrétien qui les connaït et qui les comprend, peut, je ne dis pas être libéral, mais ne point concevoir pour le catholicismelibéral une honnête et invincible répulsion.

Telle est la réponse nécessairement complexe à cette question en apparence si simple : « Qu'est-ce que le libéralisme catholique ? Qu'est-ce que le catholicisme libéral ? » C’est un sentiment faux et dangereux ; c’est un parti nombreux, actif, remuant, qui conspire de fait contre l'Eglise et contre la société civile, servant sans le vouloir l’horrible cause de la Révolution ; c’est une doctrine fausse, très-pernicieuse, grosse d’hérésies et de révolutions. Un catholique-libéral, c'est un homme qui participe à un degré quelconque ou à ce sentiment, ou à ce parti ou à cette doctrine; d'autant plus malade qu’il est plus libéral, d'autant moins malade qu’il est plus catholique.

. Le catholicisme libéral, c’est le catholi-

1 Bref aux Belges,

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