‹ Hommage aux jeunes catholiques-libéraux [microforme]Chapitre 13 sur 22 · RE D SET ET · texte numérisé non relu

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cisme plus ou moins frelaté de libéralisme et entaché d’idées protestantes et révolution: paires. Le libéralisme catholique, c’est l’hérésie et la Révolution plus où moins modé:rées dans leurs formes, qui, à la faveyr du beau nom de catholiques, s’insinuent jusque dans le sein de lEglisel; c’est le loup circulant librement dans la bergerie, sous la peau de l'agneau. Est-il étonnant que le pasteur frappe dessus à coups redoublés ?

« Mais moi, je ne suis libéral qu’en politique.»

Et en quoi donc voudriez-vous être libéral ?

Serait-ce en religion ? Les libéraux en religion, ce sont les protestants. |

Vous êtes cathotique en religion et libéral en politique? Eh! c’est précisément là ce qu'on appelle être catholhique-libéral. Un catholique-libéral, c’est un catholique qui

1 Un ministre protestant de Genève, le professeur Bouvier, vient de le proclamer. Expliquant à son auditoire pourquoi le catholicisme libéral doit être et est si sympathique au protestantisme, il dit en toutes lettres : ‘“ Dans notre lutte contre le catholicisme, le catholicisme libéral intervient, armé À la fois du prestige de l’antiquité des doctrines et de la nouveauté de l’esprit... Le catholicisme libéral pout seul faire l’œuvre de réforme, d’édification vivante qu’il a entreprise dans le milieu où {lest né. Le pur Evangile, lorsqu'il est apporté aux masses catholiques par des mains protestantes, est par cela même compromis ; on le suspecte. Le catholicisme libéral, lui, a chance de trouver un metlleur accès et de pénétrer un jour, plus vite et plus droit, au cœur même de la place.” (L'Eglise libre, journal protestant de Nice, janvier 1874).

Ayrès cela, soyez catholique-libéral, si vous en avez le courage,

n’est pas catholique en tout, et qui, dans les questions politiques ou sociales, se soustrait aux enseignements ou aux directions snpérieures de l'Eglise, pour suivre ses idées propres, c’est-à-dire ses idées fausses; car il n’y a pas de vérité contre Dreu et son Eglise.

L'Eglise, ayant recu de Dieu, comme L nous l’avons dit, la mission et l’ordre d’apprendre à tous les hommes sans exception à accomplir en toutes choses les volontes divines, les Souverains, les hommes d'Etat, les députés, les gouvernants, les magistrats et, en général, tous ceux qui conduisent les autres, ont pour devoir, et pour premier devoir, de conformer leurs pensées et leurs volontés aux enseignements de l'Eglise dans l’exer- L cice de leur autorité. Sans cela. ils cessent # d’être catholiques, au moins par un côté.

La politique n'étant autre chose que le gouvernement des sociétés et la direction pratique des affaires publiques, il est bien évident qu’elle doit être avant tout catholique, c’est-à-dire conforme aux lois de Dieu et à l’enseignement de son Eglise. Et il est

1 En politique, les eatholiques-libéraux n’ont plus de foi, Is sont plus ou moins sceptiques, et ils ne s’en cachent pas. L'un d’entre eux, personnage très-important de ce qu’on appelle le centre droit à l'Assemblée nationale, répondait ingénument à une personne qui venait de lui dire : ‘ Où donc conduisez-vous la pauvre France ? Si le bon DIEu ne s’en mêle pas, nous sommes perdus.—Tranquillisez-vous : le bon DIEU ne s'occupe pas de la politique ; c’est nous, et nous seuls, qui sauverons la France. La Providence ne se mêle pas de ces sortes d’affaires. Pourquoi mêler ainsi la religion à la politique ?”’ Autant d’inepties et de blasphèmes ; et sur dix de ces hommes: ee se poser nt de nous sauver, il y en a neuf, pour pe pas dire dix, qui pensent cela et qui le disent, Œ

également évident que le premier devoir d’un catholique, qui, à un titre quelconque, s'occupe de politique, est d’être catholique en cela comme en toutes choses. Vis-à-vis de la souveraine volonté de Dieu, serait-il par hasard permis de demeurer indifférent ?

La lumière catholique éclaire tout, pénètre tout, comme la lumière du soleil ; et de nême que, seule, la lumière du soleil fait le jour, de même aussi la lumière de la foi (ou en d’autres termes, l’enseignement du Saint- Siége) est seule capable de tirer le monde des ténèbres, non-seulement en ce qui concerne directement la Religion, mais encore en ce qui concerne le gouvernement des peuples, la direction des sociétés, les droits et les devoirs de chacun et de tous, l’éducation des enfants ; en un mot, toutes les questions qui intéressent directement ou indirectement l’ordre moral et le règne de Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST sur nous.

Voilà pourquoi, en conscience, on ne peut être libéral en politique ; voilà pourquoi la distinction, en apparence ingénieuse, de catholique en religion et libéral en politique, n'est au fond qu’une chimère et un leurre. Et enfin, voilà pourquoi, malgré le catholicisme de ce libéralisme, Le libéralisme de ce catholicisme est, comme l’a dit etredit le Pape, une peste tres-pernicieuse 1

1 Perniciosissiman pestem. (Bref Arostolique du 15 j'nvier 1872, à Mer, Gaume,) Lideralismi pestis pernicio- S\Ssinma (Bre da 28 février dk même ge: aux Rédacteurs de la Correspondance de Genève).

« Et cependant n’est-il pas souverainement imprudent de mêler ainsi à tout propos la Religion à la politique ? Les prêtres vraiment sages ne s'occupent pas de politique. »

Les prêtres vraiment sages, comme les ratholiques vraiment catholiques, « mêlent » la Religion à tout, non afin de tout brouiller, mais afin de faire régner Dieu partout et toujours. La prudence consiste à faire ce qu'il faut et à ne pas faire ce qu'il ne faut pas ; etia prudence liberale qui s’imagine qu’on compromet le bou Dieu en cherchant à le faire connaître, servir et aimer, est diamétralement contraire à la vraie prudence, à La prudence de l’Eglise, à la prudence de JÉSUS-CHRIST et de son Vicaire.

Relisez plutôt le Bref aux catholiques allemands. Certes, vis-à-vis de leur redoutable et rusé persécuteur, la prudence leur est nécessaire, non moins que le courage. Eh bien, voici comment le Souverain-Pontife entend les choses; voici les règles pratiques qu'il donne aux catholiques, en opposition avec les sages directions de la prudence libérale.

Le libéralisme moderne, «accepté par quelques catholiques» prétend que la Religion ne doit point sortir de la steristie ni franchir les limites de La piété privee.—Le Pape declare que les catholiques ne peuvent défeudre efficacement leurs droits et leurs li

bertés qu’en se mêlant activement à toutes les affaires publiques, afin de faire prédominer partout les principes et l'influence salutaires de l'Eglise; dans le domaine de la vie publique, comme dans celui de la vie privée, le citoyen et le chrétien ne doivent faire qu’un.

Le libéralisme tend toujours à subordonner les droits de l’ Eglise aux droits de l’Etat, par mesure de prudence et de haute sagesse.

—Le Pape proclame une fois de plus que le droit de l'Eglise est un droit absolument souverain, un droit divin, qui n’est subordonné à rien ni à personne ici-bas. Et il déplore l’aberration de certains catholiques (lés catholiques-libéraux) qui croient pouvoir faire à cet égard des concessions à la puissance séculière. En tout ce qui touche. directement ou indirectement, Le règne de Dreu ici-bas, toute créature humaine est soumise à l’Eglise : empereurs, rois, princes, gouvernements, assemblées, ministres, députés, magistrats, préfets, maires, etc. ; et cela, non pas seulement comme personnes privées, mais encore et surtout comme fonctionnaires, comme personnes publiques.

Le libéralisme prétend que les Associations catholiques sont dangereuses et que, loin de servir la Religion, elles la compremettent.— Le Pape, au contraire, bénit et encourage les Associations et Comités catholiques. A la coalition des enfants de ténèbres, il déclare qu'il faut opposer l'association des enfants de lumière.

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Le libéralisme prétend que le clergé seul est appelé à défendre la doctrine, Les” droits et les Libertés de l’Eglise.--Le Pape répétant les enseignements de son Encyclique de 1853 aux Evêques de France, déclare que le peuple catholique peut et doit se lever comme un seul homme pour revendiquer, par tous les moyens légitimes, les droits sacrés de l'Eglise et de ses ministres; seul, le peuple catholique étant assez fort pour résister à la 1 tempête universelle 11 Le libéralisme prétend parfois eucore que | les laïques n’ont point mission por défendre la Religion —Le Pape enseigne qu’en défendant la doctrine et les droits de L'Ezlise, les laïques, loin d’outrepasser leur mission, remplissent un devoir filial, du moruent qu'ils combattent sous la direction du clergé. Et par le clergé, ce n’est pas tel ou tel Evéque, tels ou tels prûtres qu’il faut entendre ; c’est le Pape et l’Episcopat; ce sont les Evéques qui obéissent au Pape, et les prêtres qui | obéissent au Pape et aux Evèques. | Voilà les règles de la vraie prudence; !

voilà les règles de la vraie et légitime habileté. En dehors de cela, il n’y à que les 1llusions de la politique humaine, qui perdent les peuples et les gouvernements.

«Est-ce qu'en politique on ne peut pas s’en tenir à la célèbre formule, passée en pro- «<Æ verbe : l’ Eglise libre dans l Etat libre ? »

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Pas du tout : C’est encore à une de ces brillantes duperies dont le libéralisme est à la fois si prodigue et si friand.— Examinons de près, et voyons ce que recouvre cette devise en apparence si inoffensive, et même si chevaleresque.

L'Eglise Libre dans l’ Etat libre ? —Voyons d’abord «l'Etat libre », afin de savoir un peu où doit fleurir « l'Eglise libre ».

Avant tout, qu’est.ce que « l'Etat» ?

est moi », répond César.

« « C'est moi», répond la hiérarchie gouvernementale, quelle qu’elle soit : impériale, royale, constitutionnelle, républicaine.

«C'est moi », hurle le reuple souverain.

«C'est moi», s’écrie chacun des individus-souverains dont l’agrégation constitue la fameuse souveraineté du peuple.

Voilà « l'Etat» qui veut être libre. Est-ce inoffensif ? Est-ce chevaleresque ?

« L'Etat libre » ? Quelle est cette liberté que le patriotisme libéral rêve pour l'Etat ?

L’ Etat serait libre, se sentirait vraiment hbre,s’il n'avait plus en rien l'obligation, et par conséquent le devoir de se subordonner à l'Eglise, de céder à l’autorité de l Eglise, d'obêir à l Eglise, d'écouter, de requérir, de pratiquer les directions de l'Eglise. En un mot, l’ Etat se sentirait et se déclarerait libre, si l'Eglise voulait bien consentir à ne plus se dire sa mère, et lui permettre de renoncer pour toujours à son titre et à ses devoirs de

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fils! .—Mais c'est tout simplement la société sans Dieu, l'autorité sans Dieu ! En d'autres termes, c’est l’omnipotence paienne de lPEtat ; c’est le despotisme sans frein. La belle perspective, en vérité !

« L'Etat libre »? Il est vrai, ce pauvre Etat rencontre la loi de Dieu, rencontre l’Eglise à chaque pas; partout il coudoie l’Eglise. Comme Dreu même qu’elle représente dans le monde, l'Eglise environne, englobe de toutes parts l'Etat, c’est-à-dire l'autorité humaine. En pourchassant tous les vices, en enfantant toutes les on en apprenant aux peuples à respecter l'autorité, et à lui obéir en tout ce qui est juste, l'Eglise comble lEtat d’inappréciables bienfaits ; et, en échange de ces bienfaits, l’EHtat, tel que le rêvent les libéraux, les catholiqueslibéraux, doit pouvoir dire à l'Eglise : «Je suis libre, je suis affranchi de ton joug, de tes lois, de tes enseignements, de ton influence ; désormais je me gouverne par mes volontés, et non plus par les tiennes. Je me dirige d'après mes principes, et non plus d’après les tiens.» Donc, l'Etat des libéraux est libre dans l'Eglise, dès qu’il n’est plus dans l'Eglise—Le fond de la devise commence à s’éclaircir terriblement.

Passons maintenant à «lEglise Hbre. »

Qu'est-ce que l'Eglise ? IL Eglise, c'est le

1 Nous parlons ici des nations chrétiennes. Dans la question du catholicisme libéral, il ne s’agit jamais que de celles-Jà. Ce sont des questions de famille.—Ce point de Vue, trop souvent oublié, est fort important.

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Pape ; c’est l’'Evêque ; c’est le Prêtre ; c’est le fidèle, le peuple des fidèles.

« L'Eglise libre » ? Quelle liberté l'Etat libre de nos catholiques-libéraux promet-il à l'Eglise ?

Au Pape, la liherté de s'arranger comme il pourra pour protéger ses droits temporels et spirituels, à la condition toutefois de respecter tout ce qu’il plaira à « l'Etat libre » d'appeler ses droits, ses libertés, ses lois, voire même ses aspirations. Toujours à la même condition, le Pape sera libre de faire ou de ne pas faire des Bulles, de définir ou de ne pas définir des dogmes, de lancer même des excommunications ou de n’en pas lancer ; et « l'Etat libre » Jurera de ne pas plus s’occuper de ces Bulles, de ces définitions, de ces excommunications, que si elles n’existaient pas ; il se gardera bien d’inviter personne à en tenir compte. —Le Pape sera libre.

A l'Evêque, «l'Etat libre » promet la liberté de prècher l'Evangile, l'Evangile tel qu’il l'entend, lui, Etat libre ; la liberté d’écrire des Mandements pieux, la liberté de faire ses tournées pastorales, de donner la confirmation, de consacrer et d'entretenir ses prêtres, de bâtir ses églises, etc., le tout à ses frais, et à la condition très-expresse de ne point « troubler les consciences». L'Etat, l'Etat libre, se gardera, comme d’un outrage à la liberté de l’Evèque, de tout ce qui serait capable d'ajouter quelque chose à l’efficacité native de la parole évangélique et du

caractère épiscopal. En d’autres termes, pas un sou, pas un hommage public.—Les Evèques seront libres.

Au Prêtre, « l'Etat libre » promet la liberté de dire la messe et de réciter l'Office ; la liberté de baptiser, de confesser, de communier, de marier, de consoler à la mort, d’entorrer tout citoyen qui voudra user de la liberté de le demander. Le Prêtre vivra comme il pourra, n’offusquera en rien ni le maire, ni l’instituteur, qui sont les agents de l'Etat libre. L’Etat ne fera rien pour entraver ces libertés du Prêtre, tant que le Prêtre sera fidèle à ne point sortir de ses fonctions toutes spirituelles ; ce dont l'Etat libre reste seul juge, bien entendu.—Le Prètre sera libre dans l'Etat libre.

À chaque fidèle en particulier, au peuple fidèle en général, l'Etat libre promet toutes les libertés qui correspondent aux libertés du Pape, de lEvêque et du Prêtre. Il sera libre de croire ou de ne pas croire aux enseignements du Pape, et d’avoir ou non peur de ses excommunications. Il sera libre de se faire confirmer, libre d’obéir à l’Evèque, en tout ce qui ne contrariera point le préfet ; libre de contribuer de sa bourse aux fondations des églises et peut-être même des écoles ; il sera libre d’avoir la foi, de prier, de se confesser, d'aller à la Messe, de communier, de faire bénir son enterrement par un prêtre ; libre, bien entendu, en. tout ce qui ne froissera point les très-délicates; susceptibibilités de l'Etat sans Drev, de -« l'Etat

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libre » (au fond, c’est la même chose). Et par contre, chaque. citoyen de «l'Etat libre »

sera parfaitement libre de nier l’existence de Dieu, en public comme en particulier, dans les livres, dans les journaux, dans les clubs, dans les écoles, partout où il voudra; il sera libre. de blasphémer Jésus-CHrisr, et son Eglise, et son Vicaire, et sa sainte Mère, et ses sacrements, et ses Jois et ses institutions. Au milieu de tout cela, le fidèle sera libre, l'Eglise sera libre dans l'Etat libre. —Pour le coup, c’est clair. Mais, dites-moi, mes amis, est-ce tentant ? est-ce bon ? est-ce chevaleresque ? Je ne vous ferai pas l’injure d'ajouter : est-ce chrétien ? est-ce catholique ?—Et cependant voilà ce que nous pro-

se, comme un idéal, l’étourderie,ou l’aveuglement du catholicisme libéral.

Ce n’est pas tout. « L'Eglise libre dans l'Etat libre » , qu’est-ce à dire ?

Est-ce que par hasard l'Eglise est dans l'Etat? L'Eglise est universelle; elle embrasse l’univers entier, tous les peuples, tous les Etats, aussi bien que les siècles. L'Etat, au contraire, est nécessairement limité ; il s’appelle la France, il s'appelle l’ Angleterre, il s'appelle la Prusse, l’ Allemagne, l’Autriche, la Russie, etc. Il n’y a qu'une Eglise pour tous, comme il n’y a qu'un Du; et les Etats ne se comptent pas ; de plus, ils commencent, ils changent, ils disparaissent, L'Eglise ne peut pas plus être dans l'Etat, que le tout dans la partie. Dès lors, que signifie la célèbre, la libérale formule ?

Levant le masque, «l'Etat libre » va nous révéler le fond de sa pensée. « Assez longtemps, dit-il, l'Etat a été dans l Bglise ; depuis 1789, l'Etat s’est émancipé ; il n’est plus dans l'Eglise : c'est désormais l Eglise qui, de gré ou de’ force, sera dans l'Etat. Elle s’arrangera comme elle. pourra ; mais l'Etat bornera, entourera, enfermera l'Eglise : l’Etat sera le tuteur et le surveillant de l'Eglise. Les lois de l'Etat, les principes de l’Etat, les institutions de l'Etat, les. caprices de l'Etat, formeront l’infranchissable enceinte dans faquelle l'Eglise aura la liberté de se mouvoir. Que si elle s’y heurte, il est entendu qu’elle s’y brisera. »

D'après tout cela, jugez vous-mêmes, mes chers amis, jugez avec votre bon sens, ave votre foi indignée, de ce que sont, au fond, les aspirations libérales, pour peu qu’on les soumette à une analyse sérieuse. Il n’est question que de libertés : libertés pour l’Eglise, libertés pour l'Etat ; et au bout du compte qu'y a-t-il ? ou plutôt qu’ y aurait-il, si cette belle rêverie venait à se réaliser ? Il y aurait pour l’Eglise un affreux esclavage, et par conséquent une affreuse persécution, parce qu'elle ne pourrait jamais sacrifier les droits qu’elle tient de Du même ; et pour l'Etat, 11 y aurait le plus impie des despotismes. L'Etat libre, l'Etat du libéralisme,

serait l'ennemi mortel de l'Eglise.

Et voilà pourtant le dessous des cartes de cette formule célèbre qui a séduit, fasciné un si grond nombre d’esprits distingués, de

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