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«Mais les catholiques-libéraux sont dé- [voués à l’ Eglise tout comme les autres. Ils aiment, ils recherchent la vérité. N’est-on pas injuste à leur égard ? »
Non ; on n’est pas injuste à leur égard, on | est juste et très-juste. On fait la part de leurs 1 bonnes intentions ; mais aussi on doit faire A et l’on fait la part de leurs illusions, qui : 4 sont déplorables. ‘à
18 sont dévoués à l'Eglise : oui; mais à :# leur manière ; et l’Eglise déclare hautement # j |
que cette manière est absolument fausse, et
on ne peut plus dangereuse. IL faut servir 4
Du comme Dreu veut être servi, et comme ‘ mi
l'Eglise nous l'enseigne. Or, pour servir vé- | ritablement Dieu et son Eglise, il faut com- 1
mencer par lui obéir, en recevant docile- 4 ment ses directions et en les suivant fidèle- ‘11 ment. Les catholiques-libéraux font juste Là
le contraire : loin de prendre le mot d’ordre ke l'Eglise, ils veulent le lui donner, et se
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conduisent en conséquence. Ils la voient en danger ; ils veulent la défendre (ce qui est fort bien) ; et pour cela ils Iui présentent des remèdes de leur invention. 1, Eglise.examine ces remèdes, leur déclare qu’il y a du poison dans le breuvage ; et eux, inexplicables dans leur entêtement, s’obstinent à le lui présenter, et veulent à toute force le lui faire boire. Ils l’'empoisonnent, croyant la sanver. Est-ce là du vrai dévouement ?
«Ils aiment, ils recherchent la vérité. »
Oui; mais quelle vérité? La leur, celle qu'ils se sort faite, et non point la vraie, celle de l'Eglise, celle de Dreu.
Qu'est-ce, en effet, que la vérité ? Où estelle ? où taut-il la- chercher ? N’estil pas de foi qu’elle est dans l’Église, sur les lèvres du Chef de l'Eglise ? N’estal pas de foi que l’ Eglise, que le Saint-Siége en.est l’incorruptible dépositaire et l’interprète infaillible ? Là est la pierre angulaire de l'esprit humain ; là, et non point ailleurs, est le soleil de l’intelligence, de la raison privée ‘et publique. Ce qui ennoblit, ce qui agrandit, cequiélève véritablement les intelligences, c’est de rechercher toujours avec une humble soumission la vérité dont l'Eglise est dépositaire, dont le Vicaire de Jésus Canisr est le souverain Docteur. Quoi de plus beau, quoi de
. plus logique, quoi de plus vraiment grand
que de voir un noble esprit, et surtout un grand.chrétien, interroger l’Eglise,s instruire de sa pensée intime sur tout. ce qui touche à l'ordre spirituel, moral et social, pressen-
roient :e qui ntent e exaa du expliit à le
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iélève de re- Dumissitaire, SOUVE- 1oi de grand DU un Struire ouche ressen-
tir au besoin cette pensée avec une sollici-
tude mêlée d'amour, s’en pénétrer, se dé.
fier des préjugés et de l'esprit propre, sai-
sir avec avidite les moindres indices de sa
doctrine, et appeler des manifestations tou-
jours plus lumineuses et plus étendues de + cette vérité si bienfaisante ?
Au lieu de cela, que voyons-nous, ditesmoi, dans l’école catholique-libérale ? Des hommes souvent distingués par les dons de l'intelligence, se passionnant pour des opinions purement humaines, essayant par tous les moyens de l’imposer non-seulement à leurs coréligionnaires, mais même à l’Eglise, fermant les deux oreilles à tout ce qui vient de Rome, interprétant à leur façon les Actes officiels qui les condamnent, en particulier l’Encyclique et le Sylabus, et se dérobant par de misérables échappatoires aux arguments qui les confondent. Est-ce Ià aimer la lumière ? Est-ce là chercher la vérité ? Est-ce là être vraiment catholique, vraiment dévoué à l'Eglise ?
On ne peut se défendre d’un profond sentiment de tristesse en voyant des hommes d’un talent incontestable, et d’un cœur généreux, employer les plus nobles dons du ciel au service d’idées personnelles, que l’ Eglise
| repousse et réprouve hautement.
Généralement peu instruits des principes de la théologie et du droit ecclésiastique, qui seuls donnent avec autorité la solution de ces grands problèmes, les catholiques-libéraux confondent le naturel et le surnatu-
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rel. L'école catholique-libérale vogue en plein naturalisme. Elle oublie le grand fait qui domine le monde, à savoir, que Dieu, ayant, dans son amour, institué l’ordre surnaturel, c’est-à-dire l’ordre chrétien et catholique, ni les individus ni les sociétés ne peuvent, sans manquer à leur premier devoir, se refuser à y entrer, ni se contenter de demeurer dans l’ordre purement naturel.
JÉSUS-CHRIST, qui est le seul vrai Dieu étant le Seigneur et le Maïître de toutes choses, les sociétés non moins que les indi-
vidus lui doivent, sous peine de forfaiture et
de réprobation, leur foi pleine et entière, leur soumission, leur amour ; et comme son Eglise est son Envoyée aurinilieu des nations, à travers les siècles, toute créature humaine, depuis le prince jusqu’au dernier de ses sujets, doit à l’Eglise ce qu’elle doit à JÉSUS-CHRIST lui-même. «Celui qui vous «écoute, m'écoute ; celui qui vous méprise, me « méprise ; celui qui vous recoit, me reçoit ! » Le devoir de toute société, comme de tout individu, est donc de se pénétrer de l'esprit catholique, de se conformer dans ses lois et dans ses institutions,aux principes de l’ Eglise. Toutes les révolutions du monde n’y font rien ; les devoirs des sociétés ne changent pas plus que les droits de Jésus-CarisT et de son Eglise. C’estfà ce que le Saint-Siége ne cesse de rappeler à nos sociétés égarées ; c'est là ce que le grand Pontife de notre siècle a solennellement proclamé dans cette
immortelle Encyclique, et dans ce Syllabis
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mille fois béni, qui constituent une magnifique revendication du droit catholique et un admirable code de civilisation chrétienne.
Et c’est là aussi, ajoutons-le avec douleur, ce que ne veulent pas encore reconnaître les catholiques-libéraux. Sciemment ou nou, ils dédaignent, ils repoussent le droit catholique qui est d'institution divine ; et, d'accord en cela avec les révolutionnaires, ils substituent au droit divin un prétendu droit humain, qui varie suivant les caprices des temps et des peuples.
Quand viendra donc le jour où tous fes catholiques, vraiment dévoués à l'Eglise, vraiment soumis à JÉSUS-CHRIST et à son Vicaire, iront chercher la vérité là où elle est, à Rome, au pied .de la Chaire de saint Pierre, et non point en France, ni en Belgique, ni en Allemagne, fi en Angleterre, ni même en Amérique ? Ce jour-là, dout nous saluons l'aurore, il n’y aura plus de libéraux, du moins de catholiques-libéraux.
Alors, tous les chrétiens, tous les enfants de l Eglise sans exception, ayant enfin renoncé aux divisions qui les affaiblissent aujourd’hui, accepteront dans son intégrite, l’enseignement du Vicaire de Dreu ; ils s’inspireront en particulier des salutaires vérités contenues dans l’Encycliqueet le Syllabus ; ils feront de ces vérités la règle non pius seulement de leur conduite privée, mais encore.,et surtout, de leur vie publique. Alors, uais alors seulemené triomphera la cause de la vérité,
Jusque-là, combattons les catholiques-libéraux avec autant d'énergie que les lhbéraux révolutionnaires. Rappelons-nous que c'est le Pape qui l’a dit: En un sens, les premiers sont plus dangereux pour nous que les seconds.
XVIITL.
« Mais enfin, malgré leur libéralisme, les catholiques-libéraux sont catholiques ; et traiter ainsi des catholiques, n’est-ce pas manquer de charité ? »
Un moment! Ce n’est pas des catholiqueslibéraux, qu'il est question ici, mais du catholicisme libéral ; ou, ce qui revient au même, ce n’est pas des catholiques en tant qu’ils sont catholiques, maïs eu tant qu’ils sont libéraux. *
En outre, mes chers amis, si, dans nos ‘
appréciations sur cette brûlante matière, nous nous prenons en flagrant délit de désaccord avec le Souverain-Pontife, rappelonsnous aussitôt que c'esi sa pensée qui doit juger et réformer la nôtre, et non la nôûtre qui doit se permettre de juger la sienne.
L'enseignement du Chef de lEglise est la règle vivante de la foi. : Ici, comime partout et toujours, à lui d’énseiguer, à nous'de soumettre notre jugement ; à lui de juger la doctrine, à nous de l’accepter avec foi, avec reconnaissance,
Vis-à-vis des catholiques-libéraux, le Chef de l’Eglise ne blesse pas plus la charité qu’il
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ne blesse la vérité. Ne perdons pas de vue la belle maxime du tres-doux et très-catholique saint François de Sales : « C’est charité que de crier au loup, quand il est entre ies brebis, n'importe où qu’il soit. 1» Il est vrai, le bon Saint parle ici des ennemis déclarés de l Eguse ; mais le Pape juge et déclare que pour être voilés et enveloppés de catholicisme, les Hbéraux n’en sont que plus danz2reux.
Et à cette occasion, à l’occasion de cette épithète de peste très-pernicieuse, qui indigne les demi-chrétiens, résumons brièvement la thèse catholique?. -
Résumé de la thèse :
le libéralisme catholique est ‘‘ une peste très-pernicieus2."”
Le libéralisme catholique «est une peste très-pernicieuse, » c’est-à-dire une maladie mortelle, parce qu'il est une erreur très grave contre une grande vérité révélée. Il est hérétique en son fond, puisqu’!l nie sous mille formes les droits de Dev, de son Christ et de son Eglise sur les sociétés humaines.
Il attribue aux gouvernements le droit de mettre leurs lois et leur politique en opposition avec les lois, avec les volontés de JÉsus
1 Zntroduction ; liv. LIT, tie XXIX.
2 J’extrais le fond de ce résumé d’un remar uable travail publié par le savantet infatigable Père dans Le Messager, jànvier 1874,
AMIÈRE,
Cuaristr. Nier cette souveraineté sociale du Fils de Dreu. n'est-ce pas équivalemment nier sa divinité? Nier ce droit et cette mission supérieure de l’Eglise, n’est-ce pas nier directement sa mission divine ?
Le libéralisme «est une peste très-perni cieuse,» parce qu’il s'étend à tout, et fait pénétrer partout le virus hérétique des doctrines protestantes et révolutionnaires. Il commence par altérer la Religion; il poursuit son œuvre délétère en philosophie, où il enfante l’ontologisme ; il s’épanouit dans la politique avec ses fatales illusions, avec son impuissance pour le bien; il se révèle en tout, dans l’éducation, dans l’enseigne- nl ment, dans la famille, dans l'individu. Et q ainsi il touche à une multitude d’âmes, qu’il r détériore, quand il ne les perd pas compléte- € ment. E I
«Les autres hérésies, dit un grand penseur a cité par un grand Evêquel, les autres hérésies ont pu se circonscrire ; mais le libéralisme, prenant tous les noms de la vérité (progrès, lumière, liberté, égalité, fraternité, loi, civilisation, etc.), apparaît chez les peuples sous un déguisement tel que, si DrEu ne vient pas renverser cette grande imposture, c’est elle qui achèvera la ruine de lu France et de la chrétienté.»
Le libéralisme est « une peste très-pernicieuse » par ses tendances, et c’est par là me. surtout qu’il exerce ses ravages dans les |
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1 M. Blanc Saint-Bonnet, dans son beau livre de a Légi- : limité, cité par Mgr. l’'Evêque de Poitiers, |
seur léré- Jéraérité nité, peu- DIEU | POSle la
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Légi-
rangs de la jeunesse catholique. Aucun catholique ne pense à nier en théorie le droit souverain de JÉsus-CHaisr et de son Eglisesur les sociétés ; mais en pratique, lorsqu'ils sont atteints de libéralisme, les catholiques se conduisent en vrais libéraux : au lieu de défendre, comme c’est leur devoir, le droit de Jésus-CHrisT et de son Eglise, ils sont teujours prêts à le sacrifier, au nom de la politique. au nom da la nécessité du temps, au nom de l’opinion publique, au nom des faits accomplis. On les voit revendiquer, au moins indirectement, pour les ennemis de la foi, la liberté d'attaquer l’ Eglise, et ils mettent une sorte de générosité chevaleresque à soutenir les prétendus droits de l’erreur et à réclamer pour les ennemis de Dieu des priviléges égaux à ceux de ses serviteurs. Ils feront, comme hommes publics, des actes qui impliquent la négation de ce qu’ils croient comme hommes privés. De pareilles tendances, conséquences logiques des principes catholiques-libéraux, peuvent-elles, je le demande, se concilier avec la foi d’un vrai chrétien ? - Un même homme peut-il avoir deux consciences? et ce qui est faux pour l'homme privé peut-il être vrai pour l’homme public ?
Le libéralisme catholique est «une peste très-pernicieuse » parce qu'il atfaiblit et paralyse les défenseurs de l’Eglise et du droit. Où réside la force de l’armée catholique ?
N'est-ce point dans sa foi, dans l’énergie indomptable de sa foi? Or, le libéralisme est
une des principales causes de l’affaiblissement de la foi parmi nous. Il ébranle la foi ‘ans les âmes, en les accoutumant à voir l'erreur marcher de pair avec la vérité. Du moment qu’on accorde à l’une ou à l’autre des droits égaux, on les rabaisse l’une et l'autre au rang de simples opinions. Le libéralisme réduit la foi d’un grand nombre de chrétiens à un peut-être, à une probabilité numaine, à une opinion plus ou moins respectable. Rien de plus commun aujourl'hui, grâce aux ravages du libéralisme, “ue d'entendre des chrétiens, voire même des Religieux et des prêtres, parler d’opinions religieuses. Elles font le pendant des opinions politiques. Il n’est plus guère question de la vérité. Le libéralisme la sacrifie systématiquement au droit (!) de la majorité, ou encore à ce qu’il appelle « la charité. » Il énerve le christianisme.
Le libéralisme est « une peste et très-pernicieuse » parce À met la division parmi les catholiques et les gens de bien. L'Eglise repose sur l’unité, non moins que sur la vérité. Le catholicisme libéral tend à briser l’unité, en même temps qu’il sape la vérité.
Il attire sous ses drapeaux multicolores une partie des catholiques, tandis que les autres restent fidèles au drapeau immaculé de la vérité ‘et de l’obéissance, au drapeau du Saint-Siége. De là, deux partis dans le sein de l’Eglise ; de là. des divisions, des troubles sans fin. Les catholiques fidèles protestent, comme ils le doivent, contre les concessions