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faites à l'erreur et à l’esprit du monde.
D'autre part, les catholiques-libéraux, qui croient sauver l’Eglise en transigeant avec ses ennemis, accusent leurs adversaires de la perdre.par leurs «exagérations » ; ils crient à l'intolérance, à l’entêtement, à l’aveuglement. [ls osent mème faire remonter leur blâme jusqu à nos Evêques, jusqu’au Souverain-Pontife (le Syllabus et le Concile l’a prouvé), les accusant à demi-voix de perdre l'Eglise.
Que si, comme il arrive dans toute bataille, quelques-uns des défenseurs de lorthodoxie et du SaintFiége ne mesurent pas toujours inathématiquement la pcrtée de leurs coups, s'ils font un faux mouvement, surtout, s'ils ont le malheur de frapper un peu trop fort, on poursuivra cette exagération de zèle chez des frères avec bien plus de rigueur que l'hostilité ouverte des ennemis.
Et l’on verra alors cet étrange et désolant spectacle : des catholiques fervents qui, à l’église, sont réunis avec leurs frères au pied du même autel, où ils participent au même Pain céleste, et qui. hors de l’église, se montrent à leur égard, plus passionnés, plus aigres, plus injustes, plus impitovables qu’ils ne le sont envers les hérétiques et les athées. Combien ces scandaleuses divisions font de mal à la cause de Dieu !
Et à qui la responsabilité ? au zèle des catholiques purs ? au courage des défenseurs de la vérité 4 tvidemment non. Est-ce à quelque auv®ise Lei 1 Gus cuthuliques libé-
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raux ? Pas davantage, La plupart se trompent de bonne foi. Où donc est le coupable ?
Ecoutez le Pape qui nousle dit hautement :
le coupable, c’est le libéralisme catholique. Oui, voilà la peste qui, après avoir altéreé la vérité dans les esprits, se répand au dehcïs pour briser l’unité des cœurs et des, efforts.
Le libéralisme est «une peste tres-pernicieuse » parce que là où il règne, 1l rend impossible le salut de la sociète. Il atteint la vie de la société à sa racine même ; comme le phylloxera, qui tue la vigne pur la racine. «Le grand péril et le grand mal de nos sociétés, C’est que, dans l’ordre des choses publiques et sociales, Les fidèles, et trop souvent les prêtres de notre génération, ont cru que, même en plein christianisme, on pouvait observer la neutralité et l’abstention visà-vis de la foi chrétienne, connne si JÉsus- CHRIST n’était pas venu où avail disparu du monde. Or, quiconque professe ei pratique une pareille théorie, se condamne à ne rien pouvoir absolument pour la guérison et le salut de là société. Si nous n'avons pas réussi à chasser le mal intérfeur qui nous mine, qui nous desseche, qui nos tue, c’est que, tout en ayant la foi privée, nous avous accepté notre part de l’infidélité nationale ; c'est que, quand JÉSUS CHRIST, par l'organe infaillible de son Vicaire et de son Eglise, à condamné une doctrine sociale comme erronée et pernicieuse, nous l'avons préconisée comme nécessaire ; quand 1l a enseigné une chose, nous avons à peu près invariablement
SES oU- Cru OL- V1S- USdu QUE le pas US "est O11S TE aile , à
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fait le contraire. Eàùest la cause de notre impuissance |. »
Ce mal, quin'est autre e que le catholicisme libéral, paralyse jusqu'aux bonnes œuvres, jusqu'aux prières el aux pénitences qui s’éièvent de toutes parts vers le trône de la miséricorde divine, pour implorer le pardon et le salut. Comment Notre Seigneur sauverait-il une société résolue à se passer de lui, à contredire ses enseignements, à méconnaitre et à violer ses droits ? Le secours temporel de Dieu peut-il être légitimement invoqué contre sou propre Fils, “contre son autorité el contre son empire ?
Si, au fond de nos prières et de nos pèlerinages, de nos jeünes et Ce nos lounnes œuvres, On retrouve toujours nos mêmes obstinations ; si, tout en priant et en faisant l’aumûône, nous soutenons opiniâtremnent les mêmes systèmes condamnés par l’enseignementet par les définitions de l'Eglise ; si nous caressons toujours les mêmes préjugés, si nous adorons toujours les mêmes idoles, les fausses libertés, les mortels principes
de 89, ravivés en 1830, glorifiés en 185? et
depuis, nos prières demeureront nécessairement stériles ; et la sagesse, la sainteté et la justice de Dre licront les mains à sa miséricorde.
L’Imitalion dit à ce sujet une parole profonde qui s'applique aux sociétés plus encore, S'il se peut, qu'aux individus : «ÏI
Fu l'Evêque de Poitiers ; homélie du 25 novembre
el D. RSR
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vaut mieux choisir d’avoir contre soi le monde entier que d’avoir devant soi Jésus offensé. » Or, dans l’état où le libéralisme a réduit notre pauvre * société moderne, c’est «JÉSUS offensé, » qu’elle à devant elle, Jésus mis hors la loi. De là ces impossibilités que personne ne sait vaincre, et contre lesquelles les hommes, quels qu'ils soient, viennent s’user et se briser les uns après les autres.
Tant que l’on ne reviendra pas sociale-
ment, politiquement au Roi Jésus et aux salutaires directions de son Eglise, on aura beau prier, on aura beau faire des bonnes œuvres, le salut sera radicalement impossible. La main libérale détruira au fur et à mesure ce qu’aura édifié la main catholique.
Comme le mulet, animal métis, le libéralisme catholique, doctrine métis, fruit de l'esprit faux et de la fausse charité, est infécond, frappé de stérilité, et, qui pis est, stérilise tout ce qu'il touche.
Le libéralisme catholique est «une peste très-pernicieuse,» parce qu’il place à la base de nos institutions publiques, des principes dont les conséquences extrêmes, rigoureusement logiques, aboutissent à des horreurs.
Le principe fondamental du libéralisme peut se résumer ainsi: vis-à-vis de la loi, l'erreur a les mémes droits que la vérité.
De là sort «la liberté de penser, » qui peut:
se formuler ainsi: J’ai le droit de penser tout ce que je veux, de croire tout ce que je veux, de mer tout ce que je veux. J’ai le droit de croire qu’il n’y a pas de Dieu, que
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peste \ base 1CIpes ‘euse- '‘eurs.
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je n’ai pas d'âme, que le vol est permis, qu’il n'ya pas plus de mal à tuer un homme qu’un poulet.
De là sort «la liberté de conscience :»
Toutes les religions ont un droit égal au respect et à la protection de la loi. Même respect, même protection pour l'Evangile et pour l’alcoran. Même respect pour le chrétien qui adore JÉsus-CHrisT et pour le juif qui le blasphème. Mëme respert pour le catholique qui vénère la sainte Eucharistie, et pour le huguenot qui la foule aux pieds.
Même respect pour le martyr et pour son bourreau.
De là sort «la liberté de la parole : » J’ai le droit de dire tout ce que je pense, et personne n’a le droit de retenir ma parole sur les lèvres. J’ai le droit au blasphème. M'empèécher de louer Dreu et m'empêcher de l’insulter sont, l’un comme l’autre, un attentat à ma liberté, et par conséquent un crime.
De là sort « la liberté de la presse : »
Tout ce que j'ai le droit de dire, j'ai le droit de imprimer et de le publier. Le premier apostat venu a le droit d'écrire que JÉsus- CHrisr n’est pas Dreu, et nul homme, nul pouvoir n’a le droit d'arrêter son livre ou son journal.
De là sort «la liberté d’action » : J’ai le droit de faire tout ce que je veux, et de mettre en pratique tout ce que je pense, à la seule condition (encore parfaitement arbitraire) d’être en règle avec la police.
Assurément tous les catholiques-libéraux,
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et non-seulement eux, mais tous les honnôtes gens, repoussent avec indignation ces absurdes et horribles folies ; mais ils admettent bel et bien les principes d’où elles découlent, et, dans les bas-fonds de la société, il ne manquera jamais de terribles logiciens qui les tirent.
Enfin, le libéralisme catholique est une peste, «une peste très- -pernicieuse », parce que les catholiques qui en sont atteints deviennent eux-mêmes, bon gré mal gré, les auteurs de toutes les ruines publiques. Partout et toujours, l’histoire moderne le démontre, ce sont les illusions et les défaillances des gens de bien qui ont préparé les voies aux excès révolutionnaires. Tout 89 porte dañs ses flancs un 93, comme la fleur porte en elle-même le fruit en germe. Le libéralisme, c’est la Révolution en fleurs; la démagogie et l'anarchie sont le Révolution dans son fruit.
La Révolution s’est discréditée elle-même par les désastres qu’elle accumule depuis un siècle ; elle est convaincue de nous avoir fait dutant de mensonges que de promesses ; ses adeptes les plus fardents sont les premiers ? la déclarer en banqueroute. Le moment serait donc venu de secouer son Joug, pour revenir à l’ordre chrétien. Le bon Digu a beau aplanir les voies, préparer toutes choses : qui donc nous empèche de ressusciter à la vraie vie catholique, à la vraie vie sociale et politique ? Qui ? Ce ne sont pas lés, forcenés de la Commune; ce
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ne sont pas les ennemis déclarés de la Religion et de la société: ce sont les chrétiens à idées fausses, les prétendus hommes d’ordre, qui conservent et proclament les principes de cette même Révolution dont ils combattent les violences; ce sont les révolutionnaires mndérés, ce sont les catholiques-libéraux. La Révolution doctrinale, le libéralisme retient l’enfant prodigue qui veut reprendre le chemin de la maison paternelle ; qui veut jeter loin de lui les haïllons de la licence, pour reprendre le blanc vêtement de la liberté; qui veut échapper au joug déshonorant du despotisme ou de Panarchie, pour se remettre, paisible et confiant, sous la main paternelle de l'autorité. Et comment le libéralisme le retient-il ainsi ? C’est qu’il n’est pas autre chose que la doctrine de la Révolution ; comme la Révolution est la pratique extrme, mais logique, du libéralisme. Si la Révolution n’avait pour elle que ses violences, ses triomphes ne pourraient être que passagers : C’est par ses doctrines que se perpétue son empire ; et ce sont les fauteurs de ces doctrines, surtout quard ils sont honnûtes et religieux, en d’autres termes, ce sont les libéraux-catholiques qui, en dépit de leurs bornes inten- Lions, opposent à la résurrection chrétienne de la société une barrière infranchissable.
Partout, en France comme dans toute l'Europe chrétienne, La force principale de la Révolution réside dans l'appui que les hommes d'ordre prètent à ses principes,
beaucoup plus que dans la rage avec laquelle
les hommes de désordre en déduisent les conséquences. Le libéralisine est le poison qui tue: l’anarchie est la décomposition qui suit la mort.
Et combien d'hommes d’ordre sont dans ce cas ! Plus de quatre-vingt-dix sur cent.
Pas un d’eux ne voudrait mourir sans sacrements ; tous ils ont la foi, bien qu’ils ne la pratiquent pas tous et toujours. Ils sontdonc catholiques ; oui, mais ils sont plus libéraux encore ; et c’est pour cela qu’ils font, sans le vouloir et quelquefois même sans le savoir, l’horrible, l’incalculable mal que nous venons d'exposer.
Je le demande donc à tout homme de foi et de bonne fôi, le docte et très-catholique Evêque de Poitiers avait-il raison de s’écrier dans une de ses incomparables homélies qui prennent parfois l'importance d’un évêuement : «© vous, qui n’avez rien de commun avec l’unpiété des libéraux révolutionnaires, mais qui professez les doctrines du catholicisme libéral irrévocablement inscrit au catalogue des erreurs condamnées par l Eglise, prenez-y garde : ce n’est pas à côté du fondement chrétien, c’est sur ce fondement même que doit s'élever l’ordre. Hors de là, c’est l’ebranlement, ia caducité, la chute ; c’est le désordre, l'anarchie, et par suite, c’est le retour inévitable au régime du despotisme que vous êtes condamnés à ramener tout en le maudissant 1. »
1 Noël 1873.
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Tels sont, mes amis, les fruits empoisonnés du libéralisme catholique. D’après les fruits, jugez de l'arbre.
« En pratique, que faut-il donc faire ?
C’est fort simple : il faut être catholiques de la tête aux pieds, catholiques dans nos idées et dans nos jugements, catholiques dans nos sympathies, catholiques dans nos paroles, catholiques en tout et partout, dans nos actes publics comme dans notre conduite privée.
Et,comme la première condition requise pour être catholique, c’est d’être véritablement et pleinement soumis au Vicaire de Dreu, Chef suprème de l’Église et règle vivante de la vraie foi, notre” premier soin doit être d'éviter, comme le feu, tout ce qui pourrait diminuer où altérer le moins du monde le religieux respect et l’obéissance absolue à l’égard du Saint-Siége. Ce pointest d’une importance majeure. Dans nos études, dans nos discussions, dans nas lectures, dans nos conférences, dans nos liaisons même, nous n’y faisons pas assez attention ; et de là vient que nous nous laissons parfois entamer.
« Pour vous, chers fils, nous dit le Saint-
Père, souvenez-vous que, sur la terre, le ‘
Pontife Romain tient la place de Dieu et que dès lors, en tout ce qui concerne la "foi, la morale et le gouvernement de l'Eglise, il
peut dire avec le Christ: « Quiconque ne recueille pas avec moi, disperse. » Faites donc consister toute votre sagesse dans une obéissance absolue et dans une libre et constante adhésion à la Chaire de Pierre!. »
A cette pierre de touche infaillible, nous pourrons aisément reconnaitre l’or pur, et le discerner du cuivre doré. Toute doctrine qui s’écarte en quoi que ce soit de l’enseignement de Rome doit être par cela même suspectée ; etnon-seulement suspectée, mais repoussée ; et non-seulement repoussée, mais combattue. C’est là «le bon combat de la foi », dont parle l’Apôtre saint Paul, et auquel nous sommes tous appelés à prendre part, les uns comme chefs : ce sont les prê tres ; les autres comme simples soldats de JÉsus-CHRisT : ce sont les laïques.
«Mais que faire tout spécialement pour nous garantir de ce que le Saint-Père appelle le virus des opinions catholiques-libérales. »
D'abord ne lisez pas, ou ne lisez qu'avec une extrême précaution les journaux, revues et brochures du parti. Le journal, en particulier, est une goutte d’eau quotidienne qui peu à peu creuse la pierre et corrompt l’esprit. L’expérienc: le démontre chaque jour.
Si vous voulez échapper au libéralisme ca-
1 Bref aux Milanais.
tholique, évitez les journaux libéraux-catholiques. Et notez que les plus dangereux sont ceux dont les formes sont plus modérées, plus douceûtres.
Par contre, lisez fidèlement, puisque, hélas ! il faut lire quelque journal, lisez l’une des rares feuilles publiques qui prennent pour première règle de se conformer en tous points à la lettre et à l'esprit des enseignements du Saint-Siége. Ne vous laissez point arrêter par les amères et injustes critiques dont elles sont l’objet. Si on les déteste tant, c'est qu’elles n’entendent point pactiser avec les erreurs à la mode ; c’est qu’elles les dépitent et leur font la chasse dès que passe le bout de l'oreille ; c’est qu’elles déjouent avec une inopportunité trèes-désagréable les complots, les habiletés de l'ennemi; c’est qu’elles ne savent point flaitter l’opinion publique, comme le font chaque jour les feuilles libérales, et qu’elles sont prêtes à tout plutôt que de reculer d’une semelle, lorsqu'il s’agit de défendre la vérité, le droit, les principes, la cause du Pape et del Eglise.
Puis, instruisez-vous sérieusement et solidement sur les principales questions qui sont à l’ordre du jour, allant chercher la lumière là où elle est, c’est-à-dire dans des livres ouvertemeni Catholiques-romains, où le faux ne soit point mêlé au vrai, où l’eau de la vérité soit pure et limpide. L’ignorance de la vraie doctrine catholique est presque toujours le flambeau des thèses libérales.
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