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pas des Bulles dogmatiques, et ce qu’ils contiennent n’est pas article i'e foi. »
Sans aucun doute; mais ce qui est «ar:
ticle de foi, » de foi révélée et définie, 1 c’est que «toute créature humaine est de droit divin soumise au Pontife iiomain, sous peine de damnation éternelle.»
Or, du moment que le Pape parle comme
ape et enseigne officiellement, il importe peu que ce soit par un Bref . par une Encyclique ou par une Bulle: ce qui importe uniquement, c’est de savoir s’il entend enseigner. Dans les cinq Brefs en question, la pensée pontificale ne saurait être douteuse, non plus que la portée magistrale que le Pape entend donner à sa parole. En effet, ainsi que le fait remarquer le docte et lumireux Évèque de Poitiers, «le Pontife Romain n’invoque rien moins ici que l’infaillibilité de son po'ivoir doctrinal.»2? T' -éclame explicitement une « pleine et hun soumission au Saint-Siége et à son infaillible magistère ;»3 et cela au moment même où il va enseigner, dans un simple Bref, que les opinions libérales sont des erreurs, des erreurs maintes fois réprouvées, dont il faut se défier plus que de l’impiété elle-même.
1 Par le Pape Boniface VIII, dans sa célèbre Bulle dogmatique Unam sanctam, dont les gallicans avaient oscy nier l’autorité, mais que le Concile œcuménique du Vatican vient de faire sienne, en promulguant et en ratifiant La ee is toutes les Constitutions Apostoliques précéaentes. y
2 hi de Mgr, Pie, Evêque de Poitiers, tome VIT,
page 070.
3 Bref de Quimper.
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AUX JEUNES CATHOLIQUES-LIBÉRAUX. 5l
Encore une fois, cinq Brefs, cinq Brefs dogmatiques, se succédant à de si courts intervalles, s'adressant à l’ Allemagne, à l’Italie, à la Belgique, à la France, exposant des principes et donnant des directions qui regardent tous les enfants de l’Eglise: franchement, que faut-il de plus pour manifester jusqu’à l’évidence, chez le souverain Docteur et Pasteur de l’Eglise, l'intention formelle d'enseigner, et d'enseigner officiellement ?
«Ces Brefs, ajoute l’'Evêque de Poitiers, sortent du cadre des simples Lettres privées, tant par leur destination que bar leur contenu. Les destinataires ne sont pas de simples individus, mais des Associations catholiques, auxquelles il est manifeste que le Chef de l'Eglise entend donner une direction doctrinale. Le contenu est le dévelopnement et l'application de documents antérieurs, adressés à l’Episcopat. Ces brefs sont la condamnation explicite et motivée du libéralisme religieux, et il faut un singulier entètement pour vouloir concilier désormais ce système avec l’orthodoxie catholique.»
Sans doute, il n’est pas encore question là d’ «articles de foi»; et personne ne dit que cette « direction doctrinale », toute souve.
raine et infaillible qu’elle est, constitue le libéralisme catholique à l’état d’hérésie formelle: ‘Nous-même, tout à l’heure, nous avons soigneusement distingué et dit te con-
1 Œuvres, tome VII, p. 568,
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traire. Ge que nous avons dit et ce que nous répétons ici, c’est que tout chrétien, ecclésiastique ou laïque, est tenu de soumettre son jugement à l’enseignement apostolique contenu dans ces Brefs, qu’il y est tenu sub
gravi; et qu'un confesseur ne pourrait ad-
meltre aux sacrements ceux qui déclareraient ne point accorder ici à l’enseignement et aux -directions du Souverain-Pontife la « pleine et humble soumission », intérieure et extérieure, qui est due «au Saint-Siége et à son magistère infaillible ».
Que les libéraux et les demi-libéraux continuent, s’ils le veulent, à nous taxer d’exagération : c’est ane accusation très-commode et fort en usage; les jansénistes connaissaient et pratiquaient cette tactique, qui évite de répondre sérieusement et de discuter le fond des questions. Mais, qu’ils le sachent bien, ce que nous disons ici, c’est la vérité ; et quiconque se heurte contre la vérité, s’y brise. Il y a là une question de conscience et de salut.
«Mais qu'est-ce donc, dites-moi, que le libéralisme catholique ? En quoi consiste-t-1l ? »
Au fond, il consiste dans une fausse idée de la libertél, idée protestante acceptée par
1 Me pas confondre la liberté avec le libre arbitre. Days la thèse du litiralisme, il n’est jamais question que de la liberté extérieure, de la faculté de faire sans entraves extérieures ce que l’on veut.
des catholiques. —Il y a ici à distinguer trois choses, souvent unies, mais parfaitement distinctes, à savoir : un sentiment, un parti, et une doctrine.
Chez les uns, le libéralisme catholique est uue affaire de sentiment; chez les autres, c’est une affaire de parti; chez d’autres enfin, et c’est Le très-petit nombre, c’est une affaire de doctrine.
Le sentiment libéral.
Pour les femmes et pour la plupart des jeunes gens, le libéralisme catholique n’est qu’un sentiment, une espèce d’instinct irréfHéchi ; pas autre chose.
C’est l'amour instinctif et, en un sens, légitime de la liberté ; mot magique, entrainant, qui répond à ce qu’il y a de meilleur en nous et tout ensembie à ce qu’il y a de plus mauvais, par cela même qu’il joint à sa puissance quelque chose de vague, d’indéterminé, dont le mal profite au moins autant que le bien.
La liberté, en effet, ayant pour mission de rompre des liens, nous apprécions diversement la liberté, suivant que nous apprécions plus on moins sainement ce qu’on appelle des liens. Pour le catholique, pour le serviteur de Du, un lien c’est tout ce qui gêne l’accomplissement du devoir, l’accomplissement de la volonté de Dieu: pour le mon:
dain, pour l’homme qui vit en dehors des idées de la foi, un lien c’est tout ce qui gêne
ses passions et ses caprices. —Cette distinction
est fondamentale ici. Elle explique comment le nom seul de liberté fait vibrer tous les core et pourquoi le sentiment de la liberté t si général. si irrésistible. :
“Dans le sentiment libéral, qu’il ne faut 4 donc pas confondre avec le sentiment de la À liberté, il y a du hon et du mauvais, le {!
bon, c’est l'horreur de tout ce que lon croit être de la tyrannie; c’est l’indignation trèes-légitime contre ce que l’on regarde comme des abus d’autc .6,et comme l’oppression de la conscience. Au fond, chez nos jeunes catholiques-libéraux, il n’y a guère que cela dans lenr répulsion pour les hommes h et les institutions qui soutiennent énergi- EL. quement le principe d'autorité.
pi | Le mal, c’est l'esprit d'indépendance et Me de révolte qui fermente dans ces jeunestêtes, } PE et qui les rend sympathiques, sans qu'ils ‘# (l sachent trop pourquoi, à ce qu'on appelle | ‘4 « les libertés modernes, » à la séparation de L l’ Eglise et de l'Etat, à la liberté de la presse, ‘À aux libertés pailementaires, à la liberté de ne l’hérésie et de l'erreur, et à tous ces prinfi cipes de tolérantisme que le Saint-Siége a ccadamnés en 1790, dès leur proclamation, et qu'ilastigmatisés de nouveau,en1832.comme une dangereuse «folie, deliramentum » 1 Voilà ce qu’une analyse quelque peu attentive fait découvrir dans le sentiment An 4 libéral, qui tourne aujourd’hui la tête de tant de jeunes gens.
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et an > #6 A Etc
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