‹ Hommages à Louis VeuillotChapitre 19 sur 51 · L. cardinal Jacobini · texte numérisé non relu

L. cardinal Jacobini

RoaM, le a mai 1883.

Lettre de S. £m. le cardinal Caverot, archevêque de Lyon, à MHe ÉUse Veuillot :

Archevêché de Lyon, le 8 avril 1883.

Mademoiselle. — Je veux être des premiers à vous exprimer toute la part que je prends à votre profonde et juste douleur. Le coup qui vient de vous frapper n'atteint pas seulement la famille du cher défunt, mais tous les vrais catholiques et tous les amis de rÉglise. Ce qui doit nous consoler, c*est non seulement la vie si chrétienne de votre bien-aimé frère, mais c'est le souvenir des luttes qu'il a soutenues pendant tant d'années contre les ennemis de Dieu, de l'Eglise, et des principes auxquels il avait voué sa vie. Heureux celui qui peut comparaître au tribunal de Dieu après avoir combattu si longtemps et si courageusement pour sa cause !

J'ai appris ce douloureux événement au moment où j'allais célébrer la sainte messe, et j'ai recommandé le cher défunt au Bon Pasteur avec toute l'affection et la ferveur de mon âme.

Recevez, Mademoiselle, et partagez en famille l'expression de ces sentiments et celle de mon entier dévouement en Notre- Seigneur. f L.-Ch. card. Gaverot.

arch. de Lyon.

Lettre de Mï' Freppel, évoque d'Angers, à M^l» Veuillot :

évdché d'Angers, 8 avril.

Mademoiselle. — Bien que n'étant pas inattendue, la nouvelle de la mort de votre illustre frère ne m'en a pas moins vivement peiné : car, tout réduit qu'il était à l'inaction, nous le sentions là, nous suivant du regard au milieu de nos luttes, lui le glorieux vétéran des campagnes de l'Église contre l'impiété moderne. Ce grand nom était déjà entré dans l'histoire, mais il semblait que Dieu se complût à le conserver au Livre des vivants. Enfin, le jour de la récompense est venu, et quelle

récompense après un demi-siècle de combats pour Dieu et pour l'Église î

Combien je regrette de n'être pas à Paris pour assister aux obsèques de cet incomparable athlète de la foi ! Mais vous savez sans doute que, sans avoir été atteint des maladies dont les journaux m'ont gratifié si bénévolement, j'ai néanmoins payé par un rhume opiniâtre des fatigues trop accumulées : de telle sorte que mon médecin m'interdit pour huit jours tout voyage tant soit peu considérable. C'est un véritable chagrin pour moi, car j'aurais aimé pouvoir rendre ce tribut d'admiration et de reconnaissance au premier écrivain catholique de notre temps ;

Ce qui me console par-dessus tout, c'est de voir VUnwers assuré de son avenir, grâce à la direction de M. Eugène Veuillot, dont j'apprécie, plus que je ne saurais le dire, la sagesse, la clairvoyance et la fermeté de caractère.

Pour vous, Mademoiselle, vous aurez achevé auprès de votre excellent frère votre mission de charité et de dévouement. C'est aussi un grand exemple de piété fraternelle que vous aurez donné, et le bon Dieu vous en tiendra compte dans son infinie miséricorde.

Agréez, Mademoiselle, avec l'-expression de ma vive et sincère condoléance, l'hommage de mon profond respect.

-J- Ch. -Emile,

évôquo d'Angers.

Dépêche de M'^ l'cvéque de Montpellier à la rédaction de

V Univers :

Montpellier, 8 avril, 1 h. 50 du soir.

Je m'associe du fond du cœur à la grande perte que viennent de faire l'Eglise, le pays et la presse catholique.

Veuillez offrir à la famille de M. Louis Veuillot mes plus respectueux hommages. -}* Anatole,

évôquo do Montpellier.

M^*" Bouange , évèque de Langres , fait exprimer par M. l'abbé Denis, secrétaire général de l'évêché, à la famille Veuillot et kV Univers ses « plus sympathiques condoléances », et ajoute qu'il offrira a le saint sacrifice pour le cher défunt » .

82 HOMMA&ES A LOUIS TEUILLOT

Lettre de M»' Lâchât, évoque de Bâle, à M»« Veuillot :

Lucerne, lo 8 avril 1883.

Mademoiselle. — Je viens d'apprendre par V Univers que M. Veuillot, votre illustre frère, a rendu son âme à son Créateur. Je prends une très grande part à votre douleur, et je vous prie d*agréer mes plus vives condoléances. Ce grand chrétien, qui a tant aimé TÉglise, pour laquelle il a si vaillamment combattu, aura sans doute reçu la récompense promise au fidèle serviteur ; néanmoins je ne manquerai pas de prier et d'offrir Tauguste sacrifice pour cette âme généreuse.

Je prie aussi pour vous, ma chère demoiselle, afin que Dieu vous console et qu'il vous soutienne dans cette rude épreuve.

Veuillez être mon interprète auprès de M. Eugène Veuillot et de toute cette famille de V Univers tant éprouvée par une si grande perte.

Encore une fois, consolez-vous et fixez vos regards vers la céleste patrie, où il n'y a plus ni douleurs ni séparation.

C'est dans les sentiments les plus affectueux que je me dis, Mademoiselle, votre respectueux et très dévoué serviteur,

•{- Eugène,

évêquo do BAle.

Lettre de M»'" Mermillod à M^c Veuillot :

Home, 8 avril 1883.

113, via délie Quatro-Foataines, Procure do Saint-Salpiee.

Chère Mademoiselle. — Hier soir, au Vatican, j'ai appris que vous aviez fait demander la bénédiction du Saint-Père pour votre vaillant et illustre frère. Les dépêches m'annoncent ce matin qu'il est allé au ciel recevoir la récompense des grands ouvriers de Dieu qui ont défendu Jésus-Christ et servi la cause de la sainte Église.

Je n'ai que le temps de vous dire mes respectueuses et vives sympathies, vous priant de les faire agréer à votre frère, à vos nièces, à toute la rédaction de V Univers. Je prie surtout avec vous et pour vous, demandant à Dieu de vous consoler dans votre vive douleur.

Recevez, chère Mademoiselle, l'assurance de mes sentiments affectueux et dévoués en Notre-Seigneur.

•f Gaspard,

évdqtto de L. et Gr.

Dépêche de M^ Talîani, ancien auditeur de la nonciature apostolique à Paris, à M^lc Veuillot :

Rome, 8 avril, la h. du soir.

Je prends une part très vive à votre douleur, et je prie pour la grande âme du cher défunt. G. Taliani.

Lettre de M^^^ Sauvé, prélat domestique de Sa Sainteté, membre de l'Académie pontificale de Saint-Thomas d'Aquin, à M^^^^ Veuillot :

Laval, 8 avril 1883.

Mademoiselle. — h* Univers de ce matin m'apprend le coup qui vous frappe, vous et les vôtres, tant d'autres aussi. Je ne veux pas être un des derniers à unir mes larmes aux vôtres. Vous pleurez un frère; je pleure un ami de du Lac, et aussi, j*ose le dire, un ami mien, qui m'a donné plus d'une preuve de son affection.

Si je n'étais souffrant, je me serais empressé de me rendre à Paris pour la sépulture du grand catholique qui a tant aimé et tant fait aimer la sainte Église. Si plus tard il y avait un service funèbre, je me ferais un devoir d'y assister et de vous porter les consolations du très bon Consolateur, Consolator optime, dont j'ai l'honneur et la grâce d'être le ministre.

A Dieu ! c'est en ses divines mains que je vous remets, vous et les vôtres, et en particulier le cher M. Eugène Veuillot, à qui j'offre, ainsi qu'à vous, l'expression de mon attachement respectueux. Henri Sauvé,

prélat domestique de Sa Sainteté .

Lettre de M. le chanoine Pelletier à M^^^ Veuillot :

Orléans, le 8 avril 1883.

Mademoiselle. — La triste nouvelle qui me parvient par la voie du journal ne me permet pas de différer un seul instant l'expression de ma plus vive, doléance. Dans la plupart des grandes luttes que votre illustre frère a soutenues pour la défense et l'honneur de l'Eglise, j'ai pu, humble servant, me tenir à ses côtés; et mieux que personne j'ai senti toute la grandeur de son âme, et, j'ose le dire, la sagesse et la mesure de ses polémiques. Je vais recueillir les lettres que j'ai entre les mains, et je les remettrai volontiers à celui qui se chargera d'honorer une si grande mémoire. La paralysie qui me tra-

vaille depuis un an ne me permet pas de participer autrement à cette œuvre. D^aiileurs, je porte incessamment dans mes prières le nom de ce cher et incomparable Louis. Votre respectueux et humble serviteur,

Victor Pelletier,

chan. do l'Égliso d'Orléans.

Lettre du révércndissime abbé de Solesmcs, dom Couturier, à M»'' Veuillot :

PAX

Solosmes, 8 arril 1883.

Mademoiselle. — Le journal nous apprend la mort de votre illustre frère. C'est un deuil que tous les catholiques partageront avec vous; mais, j'ose le dire, personne plus que les moines de Solesmes.

Il a été, pendant de longues années, le champion de la sainte Eglise, avec un talent et un succès que le génie seul ne suffit pas à expliquer. Dieu, en lui donnant sa mission, Tavait créé à la hauteur du but qu'il devait poursuivre ; qui dira avec quelle noblesse et quel courage il a rempli sa tâche ? Jamais nous n'avons mieux compris ce qu'il était que depuis qu'il nous manque ; et pourtant on sent, malgré tout, que son nom seul est encore une puissance qui effraye l'impiété et donne aux bons du courage.

D'autres diront en détail les services qu'il a rendus à la sainte cause ; permettez-moi. Mademoiselle, de vous dire que les amis de Veuillot n'auront jamais assez de reconnaissance ))our les soins délicats dont vous avez entouré ses dernières années.

Nous commençons, pour le repos de son âme, des prières ])ubliqucs comme pour nos meilleurs amis et bienfaiteurs.

Agréez, Mademoiselle, l'hommage de la profonde douleur avec laquelle mes pères avec moi ont reçu la nouvelle de la mort de votre frère.

Votre serviteur tout dévoué en Notre-Seigneur,

•{- Fr. Charles Couturier ,

abbé do Solosmes.

HOMMAGES A LOUIS VBUILLOT 35

Dépêche du supérieur et fondateur de la congrégation des Petites-Sœurs des Pauvres, à M^^e Veuillot :

Saint-Porn (Ille-et- Vilaine), 8 avril, 9 heures soir.

Demain, je célébrerai le saint sacrifice ; le noviciat et nous tous ici prierons pour celui qui nous aimait tant et que nous aimons.

Nous partageons votre douleur, celle d'Eugène et de toute la famille. Le Pailleur.

Dépêche de M. le secrétaire général de l'évéché de Langres :

Langros, 8 avril, 9 h. 5.

Je prends la part la plus grande à votre très vive douleur- Nous prierons pour le repos de Tâme de Tillustre et grand chrétien.

Lettre du R. P. dom Gardereau, bénédictin de Solesmes^ à M"« Élise Veuillot :

Mademoiselle. — Permettez-moi de m'associer avec tant d'autres à votre si légitime douleur : laissez-moi croire que j'y ai des titres particuliers, à cause de l'amitié dont votre cher et incomparable défunt m'avait toujours honoré.

Il est allé recevoir la récompense de ses mérites, et notamment de sa double mission, si généreusement, si heureusement remplie. La Providence lui avait donné ce caractère et ce talent hors ligne : d'une part, afin de stimuler l'inertie des défenseurs de la sainte cause, de leui; apprendre à ne pas se renfermer dans le rôle timide et niais d'apologistes, et de parler aux adversaires, non avec la circonspection de l'accusé, mais avec la sévérité du juge et la fierté de l'athlète ; d'autre part, il était suscité pour porter le coup mortel au voltairianisme, encore si triomphant, si superbe et si insolent, quand Louis Veuillot a paru sur la scène. A dater de sa polémique, le point d'honneur s'est trouvé retourné : auparavant, on n'osait guère s'avouer tout à fait catholique; depuis, on éprouve quelque honte à se dire ennemi de l'Évangile et de la Croix. Les faquins et les sots se sont vus flagellés à leur tour par le ridicule. Encore une fois, jamais mission ne fut remplie d'une façon plus piquante que celle que Louis Veuillot lui-même caractérisait en ces termes si modestes mais si plaisants, quand on l'accusait d'usurper la fonction de l'évêque ou du

prêtre : la sienne se bornait, disait-il, à faire la police du sanctuaire, pour en chasser les profanes et les chiens.

Dieu a voulu qu'il survécût trois ou quatre ans au plein accomplissement de cette double mission : après la tâche du soldat chrétien si bien remplie, Dieu voulait que le saint à son tour consommât la sienne. Ces dernières années n'ont été que sacrifice et amertume. Pour que le dessein de la Providence fût conduit à son dernier terme, il fallait que celui qui, dans sa vie active, l'avait servi avec une si parfaite pureté d'intention et un si grand esprit de résignation et de foi, au milieu des épreuves les plus désolantes, les plus inattendues, se fît à luimême, dans une vie toute de retraite et de mort anticipée, l'application la plus rigoureuse de ses principes d'abnégation et de renoncement chrétien.

Vous, Mademoiselle, vous serez de moitié dans tous ses mérites devant Dieu. Il n'aurait rien pu faire sans un appui ; il l'a trouvé en vous : vous avez pleinement sacrifié votre vie à la sienne.

Il est allé vous préparer la place dans le sein de Dieu ; à vous, à son digne frère, à tous ceux qui lui appartenaient par une étroite communion d'âme et de cœur. C'est dans la paix de ce séjour céleste que tous les liens du sang et de l'amitié trouveront une consommation parfaite ; dans le sein de Dieu tout en tous, qui, vivant dans tous ses élus, les animera tous de sa propre vie : tellement qu'ils n'aient en lui qu'une seule âme et qu'un même cœur, et se sentent heureux de la félicité les uns des autres comme de leur propre bonheur. Amen ! Amen !

Agréez, etc. Fr. Eue. Gardereau,

Solesmes, 8 avril 1883.

M. et M"® Dubos (d'Amiens) a s'associent au deuil qui frappe si douloureusement le monde catholique ».

Lettre du curé de Boynes à M^l© Élise Veuillot^ :

Boynos, lo 8 avril.

Mademoiselle. — J'apprends, comme un coup de foudre, la triste nouvelle : permettez-moi de vous envoyer à cette heure douloureuse l'expression de ma vive et respectueuse sympa-

1 . Boynes est lo village da Gâtinais (département du Loiret) où est né liouis VouiUot.

thie. C'est au pied de la croix du bon Maître qu'il faut donc accepter cette rude épreuve de la séparation pour un temps ! et pourtant Notre-Seigneur ne défend pas de trouver dur et pénible ce fiât à sa sainte volonté.

Quelle douleur nouvelle pour tous les cœurs catholiques, qui sentent à l'heure présente la perte qu'ils font ! D'autre part, quelle consolation immense, en présence de ce malheur, pour nous, dans la pensée que ce juste a tant vécu de la foi et de la charité ! C'est bien un martyr de la souffrance pour l'Eglise persécutée par notre malheureuse patrie. Que Dieu accepte doue avec miséricorde la grande âme qui a si vaillamment combattu son combat. C'est bien de lui qu'il est écrit dans nos saints livres, que ses œuvres le suivent au tribunal de Dieu. Ma paroisse peut en servir des preuves.

Malgré ces consolations, Mademoiselle, je me propose d'offrir le saint sacrifice jeudi prochain pour cette âme tant regrettée, et dès dimanche son nom figurera pendant un an sur la liste de ceux pour lesquels on prie en commun à la messe.

Veuillez agréer, Mademoiselle, etc. Ë. Jacquemin,

curé de Boyncs.

Lettre de M. le curé de Pauillac (Gironde), à M^^^ Veuillot :

Pauillac, 8 avril 1883.

J'apprends la mort de votre bien-aimé frère et de mon saint ami, décidé entre les bras du P. Tailhan.

Aî-je besoin de vous dire combien cette nouvelle, quoique prévue depuis longtemps, m'affecte douloureusement et pour vous, et pour votre cher frère Eugène, et pour la sainte Église de Dieu, et pour moi ? Le seul qui ne soit point à plaindre dans cette douloureuse circonstance, c'est le cher défunt, qui reçoit aujourd'hui la récompense de toute une vie de bons combats pour la gloire de Dieu et le salut de ses frères.

Je voulais toujours espérer qu'il verrait ici-bas le triomphe de la sainte Église. Il le verra du haut du ciel,' il le voit déjà dans la lumière infinie de Dieu, qu'il a tant aimé, qu'il a tant voulu faire aimer. C'est un adoucissement à la douleur profonde de sa famille et de ses innombrables amis.

Avec vous donc, Mademoiselle, avec vous je pleure, avec vous je prie, avec vous j'espère. Mardi, à sept heures, je dirai la messe pour le repos de son âme.

Veuillez agréer, etc. Corbini,

curé de Pauillac.

Lettre de M. l'abbé Vasseur à M*l« Veuillot :

Institution Saint-Jean-Baptisto do Bapaume (Pas-do-Galais).

Mademoiselle. — J'ose à peine venir joindre mon humble voix à ce concert unanime de regrets qui ne peut manquer d'accueillir la douloureuse nouvelle que V Univers nous apporte ce inatin. Mais je suis prêtre, et je sais les incomparables services rendus par le grand catholique que nous pleurons à la sainte Église ; je sais le bien immense qu'il a fait à tant de prêtres frcinçais, à moi particulièrement, en nous serrant invinciblement autour de la Chaire de Pierre; je sais comme il aimait les prêtres et jusqu'aux plus modestes, comme il en parlait et comme il en écrivait; enGn, je lui ai une dette personnelle de reconnaissance, et je ne puis oublier la munificence avec laquelle vous avez accueilli, Mademoiselle, en son nom et au votre, la requête d'un pauvre. curé, perdu au fond de l'Artois, qui travaillait à reconstruire son église.

Le bon Dieu a permis que le journal en deuil m'arrivât, ce matin, au moment où j'allais dire la sainte messe: j'ai offert le saint sacrifice pour le repos de l'âme du grand athlète, de l'indomptable défenseur de Jésus-Christ et de son Église, pour l'ami de Pie IX, de M**" Parisis et de tant d'autres grands évêques, hélas! disparus. Et je porterai longtemps à l'autel son souvenir, qui ne s'éteindra pas. J'ai la confiance que beaucoup de prêtres auront fait comme moi ; et il m'a semblé. Mademoiselle, que ce vous serait une consolation de le savoir. C'est à ce titre que je vous prie de me pardonner, si je me suis permis de vous écrire et de vous distraire de votre douleur.

Daignez agréer, etc. E. Vasseur,

^ prôtro.

Bapaume, le 8 avril 1883.

Lettre de la supérieure d'une maison religieuse d'éducation à

M"e Veuillot :

Paris, 8 avril.

Combien nous sommes de cœur près de vous dans votre affliction ! Le vide douloureux que laisse celui qui tenait une si grande place dans votre cœur et dans tant d'autres nous est particulièrement sensible. Nous apprécions la perte que fait la bonne cause, et dans des temps si diHiciles.

Ce matin, pour nous unir encore plus à vos prières, nous

HOMMAGES A LOUIS VEUILLOT :iî»

avons fait dire la messe pour le si regretté défunt, dans cette chapelle où il a prié et où nous retrouverons toujours son souvenir.

C'est encore uiie religieuse qui écrit :

Courage et grande confiance! La récompense de ce cher frère doit être grande. N'est-ce pas au service de la plus belle et de la plud grande de toutes les causes (la sainte Eglise et son pays) qu*il a usé ses nobles et si belles facultés. Soyez-en donc, chère amie, heureuse et fière, tout en pleurant.

Lettre d*un prêtre de Troyes, directeur d'une archiconfrérie du Saint-Sacrement :

J'apprends à Tinstant la perte immense que vous venez de faire. C'est vous dire assez quelle part je prends à cette douleur.

Nous sortons de notre réunion de l'archiconfrérie du Saint- Sacrement, où nous avons recommandé aux prières des fidèles Tâme de ce vaillant athlète de Tarmée du Seigneur.

Nous demandions pour lui la paix du ciel, quoique je sois convaincu que Notre-Seigneur a récompensé généreusement son défenseur : aussi je demandais plutôt pour moi que du haut du ciel il me communiquât son courage pour les bons combats.

Demain matin, j'offrirai la sainte messe pour le repos de Tâme de ce grand chrétien, comme un témoignage de faible gratitude, de l'immense reconnaissance que j'aurai pour votre cher frère et pour vous.

Lettre de M. Tabbé Fichaux, professeur à l'institution libre du Sacré-Cœur, à Tourcoing, à M. Auguste Roussel :

Tourcoing, 8 avril.

J'offre mes condoléances à la famille de M. Veuillot et à la rédaction de V Univers .

M. Veuillot était l'ami, le frère de tous ceux qui, sur un terrain plus ou moins vaste, ont travaillé et lutté pour la liberté de l'Église.

L'Univers était et restera un drapeau qu'ont suivi et que suivront encore les chrétiens vaillants. Il perpétuera le souvenir de celui qui y avait mis toute son âme, et qui, retourné à Dieu, ne cessera d'inspirer ses continuateurs

Les conférences de Tourcoing, réunies en assemblée générale, ont prié pour le repos de son âme. L^abbé Fichaux,

professeur à rinstitution libre du Sacré-Cœur.

Lettre du directeur du pensionnat des frères de Sainte-Marie,

ù Saint-Dié, à M. Eugène Yeuillot :

Saint-Dié, 8 avril.

Monsieur. — Pardonnez-moi si je me permets de mêler mes larmes aux vôtres. J'ai le visage encore tout inondé de pleurs. Jamais je n'ai aimé personne comme j'ai aimé M. Louis Yeuillot, et cela sans l'avoir vu une seule fois. Et jamais ce vaillant, cet intrépide, cet admirable soldat de l'Église, ne saura combien d'âmes l'ont aimé, vénéré, glorifié.

Nous prierons pour le repos de son âme; nous ferons la sainte communion pour lui, absolument comme pour un de nos frères. Cette mort est un deuil publie pour toutes les congrégations religieuses, que ce puissant et redoutable champion de la vérité a défendues de toutes les tendresses de sa belle âme.

Que sa récompense sera grande au ciel ! Courage et confiance! Le bon Dieu n'abandonne jamais les siens. A vous aussi la couronne céleste.

Je suis, avec le plus profond respect, votre très humble serviteur en Jésus et Marie. J. Walter,

directeur.

Lettre de M. Lucien Brun à M. Eugène Yeuillot :

Lyon, dimanche 8 avril.

Cher Monsieur et ami. — Je pars ce soir pour Goritz, où je suis attendu. Il faut cet indiscutable motif pour que je n'aille pas vous porter l'expression de mes sentiments d'affectueuse condoléance et pleurer avec vous l'irréparable perte que l'Eglise et la France viennent de faire.

Je ne veux pas aujourd'hui vous parler de mon admiration, de mon afiection pour Louis Yeuillot. Que vous apprendrais-je, du reste ?

Je veux seulement dire à vous et aux vôtres que je prie avec vous et avec eux pour celui qui a si glorieusement combattu pour Dieu, pour la justice, pour l'honneur de la vérité.

Je vous serre la main. Yotre bien cordialement dévoué,

Lucien Brun.

Lettre écrite au nom du comité catholique du III" arrondissement, par son président, M. Adéodat Lefèvre, à M^*® Veuiilot :

Saint-Mandé, 8 avril 1883.

Mademoiselle. — Les membres du comité catholique du 111* arrondissement me chargent de vous envoyer l'expression de leur immense douleur. Ils sont catlioliques, ils sont Français : ils sentent le grand deuil qui atteint l'Eglise et la France.

Nous allons tous prier du fond du cœur pour celui qui nous adonné de tels exemples et de courage et de respect.

La conférence de Saint-Mandé me charge également de vous assurer de sa très respectueuse sympathie ; elle aussi se fera un devoir de prier pour le repos de l'âme du grand lutteur qu'il a plu à Dieu de rappeler à lui.

Veuillez croire, Mademoiselle, à mes sentiments très respectueux et très dévoués. Adéodat Lefevre.

Dépêche de M. Henri Yillard.

Romo, 8 avril, 3 h. 45.

Toute ma famille et moi vous prions tous de recevoir nos sentiments les plus sympathiques.

Mon fils dira demain la messe à Sainte-Marie Majeure pour le saint et glorieux mort. Henri Villard.

Lettre de M. le comte Albert de Mun à M. Eugène Veuiilot :

Paris, 8 avril 1883.

Bien cher Monsieur. — Je ne veux pas attendre le moment de la journée où il me sera possible d'aller prier près du corps de votre illustre frère, pour vous envoyer l'affectueuse et bien vive expression de ma douloureuse sympathie. Je n'ai pas seulement, pour m'unir de tout cœur à votre deuil, les raisons qui sont communes à tous les catholiques, devant la mort de ce grand serviteur de l'Église ; d'autres souvenirs, plus personnels et plus intimes, donnent à mes regrets un caractère particulier. Je ne saurais oublier, je n'oublierai jamais avec quelle touchante bonté M. Louis Veuiilot m'a accueilli au débat de ma vie publique, et par quels encouragements il a soutenu mes premiers pas dans la route où son passage était marqué par tant de victoires et tant de combats glorieux.

Je garde précieusement, comme un bien de famille, les lettres dont il m'honora dans quelques-unes des circonstances de ma carrière, spécialement à l'origine de l'Œuvre des cercles catholiques ouvriers et lors de ma première élection à la Chambre; et je conserve dans mon cœur, en essayant de les traduire dans mes actes, les conseils qu'il voulut bien alors donner à mon inexpérience, avec une simplicité chrétienne qui en doublait encore le prix.

Je suis pénétré de ces souvenirs depuis que j'ai appris le triste dénouement des longues souffrances de monsieur votre frère, et c'était pour moi un besoin en même temps qu'un devoir de vous dire les sentiments dont mon cœur est rempli.

Je vous prie d'être mon interprète près de mademoiselle votre sœur et de tous les vôtres, et d'agréer, etc.

A. DE Mcx.

Lettre de M. A. Gros, ancien député, à M. Eugène Vcuillot :

Bonlognc-sur-Mcr, 8 avril.

Je prends bien part à votre douleur ; mais les chrétiens ne s'affligent pas, sicut cxteri qui spem non habent. Je ferai dès demain la sainte communion pour votre frère, et je la ferai plus d'une fois : c'est uri devoir de reconnaissance pour les catholiques autant que de charité, de prier pour ce vaillant athlète de Jésus-Christ et de son Église. Du reste, il n'en aura pas besoin longtemps ; il n'attendra pas longtemps la couronne, si déjà il ne l'a reçue. A. Gros.

Lettre de M. le général Ambert à M. Eugène Veuillot :

Paris, 8 avril.

Monsieur. — Je prends la part la plus vive au malheur qui vous frappe et qui atteint le monde religieux.

La perte de M. Louis Veuillot est pour nous un deuil national.

Agréez, etc. Général Ambert.

Un admirateur, qui donne son nom à notre collaborateur M. Auguste Roussel, mais qui veut rester inconnu, apporte cet émouvant témoignage :

Paris, 8 avril, soir.

Monsieur. — Parmi les couronnes déposées hier sur le cercueil, il en était une venant d'un inconnu perdu dans la foule (fleurs naturelles et symboliques : lilas blanc, roses et pensées) .

HOMMAGES A LOUIS TEUILLOT 43

Cet homme avait dû à votre illustre et bien-aimé maître une de ces émotions puissantes, salutaires et décisives, que connaissent bien tous ceux qui ont traversé les crises de l'âme. Après de longs mois passés dans les angoisses du doute, dans les tentations et les dangers du découragement, sur le bord même de Vabîme, il avait ouvert le Parfum de Rome, Au cours de cette lecture, il avait senti son esprit s'élever, son cœur se dilater et s*épanouir ; il avait vu l'horizon s'agrandir peu à peu, et de magnifiques perspectives se révéler autour de lui ; il avait connu enGn « ces lumières qui vous ouvrent l'infini », et un jour, secoué dans toutes les puissances de son être, il avait dû déposer le livre pour tomber à genoux et laisser un libre cours à ses sanglots. Larmes précieuses et bienfaisantes ! larmes de résurrection et de vie, qui font époque dans la vie d'un homme et qu'il ne saurait oublier ! — C'est pour ce bienfait, c'est pour ces lumières, c'est pour ces larmes de grâce que les fleurs d'hier voulaient dire : « Merci ! »

Ouvrir de nouveaux horizons, mettre ses lecteurs au courant de la scène de ce monde, leur permettre d'en comprendre les péripéties, d'y démêler l'action de la main divine, et de pouvoir ainsi s'affermir dans l'amour de la justice et de la vérité, au milieu de ces terribles passages du mal qui font partout ailleurs fléchir la conscience et jusqu'à la raison, n'était-ce pas là un des grands talents de celui que vous pleurez ? Et quel talent plus précieux aujourd'hui, alors que tant d'âmes, même parmi les plus chrétiennement élevées, sont si facilement enveloppées de ténèbres, et pourraient s'appliquer le mot de David : Collocai^it me in obscuris, sicut mortuos sseculi !

Aussi je ne doute pas que beaucoup des lecteurs de Louis Veuiliot n'aient éprouvé quelque chose d'analogue, et que rinconnu reconnaissant n'ait été hier comme le représentant d^une nombreuse tribu.

Cet inconnu, c'est moi : vous l'avez compris. Monsieur; et je vous communique ce renseignement, parce que j'ai pensé qu*il vous ferait plaisir, et pour que vous puissiez l'utiliser, si vous le jugez bon. Je vous prie seulement de me laisser vraiment inconnu, comme il convient.

A la suite de cette lettre, Y Univers disait :

Nous avons reçu de nombreuses associations, conférences ecclésiastiques, conférences de Saint-Vincent de Paul, cercles

d*étudiants, etc., des lettres collectives, que nous signalons, en remerciant vivement des sympathies qu'elles expriment.

Lettre de M. le comte Adrien de Riancey à M. Eugène Veuillol :

Paris, 8 aTril, soir.

Cher Monsieur. — J'apprends la mort de M. L. Veuillot, et je veux vous dire la part bien affectueuse que je prends à votre douleur. Je n'oublie pas que mon cher père fut l'ami de votre frère et le vôtre, le compagnon de vos grandes luttes pour la défense des droits et des libertés de l'Eglise. Mon père comme votre frère ont donné leur vie pour les grandes et saintes causes. Dieu, qui les avait marqués pour les grands combats, leur donne la grande récompense de la bienheureuse immortalité. Bénissons sa volonté, cher Monsieur, et continuons dans la mesure de nos forces cette laborieuse mission, que la persécution rend aujourd'hui plus attrayante et plus glorieuse encore.

Veuillez bien agréer, cher Monsieur, etc.

Comte DE Riancey.

Lettre de M. le comte de Lansade à M. Eugène Veuillot :

Jonquiùros, lo 8 avril.

Cher Monsieur. — J'apprends à l'instant la triste nouvelle que ï Univers m'apportera demain. Je ne veux pas tarder un instant à vous témoigner de la part que je prends à votre douleur, à celle de mademoiselle votre sœur, de vos nièces, de toute votre famille, de notre rédaction. Cette douleur sera partagée par tous les honnêtes gens, surtout partons les chrétiens. Votre vaillant et illustre frère a été posé comme un signe de contradiction pour plusieurs : c'est l'honneur qu'il a partagé avec le divin Maître, dans l'embrassement de qui je ne doute pas qu'il ne jouisse d'un repos bien gagné.

Tout à vous de cœur. Lansade.

Lettre de M. le comte Charles de Villermont à M. Eugène

Veuillot :

8 avril.

Mon cher Veuillot. — Mon affection pour vous, mon respect, ma reconnaissance affectueuse pour votre illustre et saint

frère, me font prendre une vive et douloureuse part à l'épreuve

qui vous frappe.

Je prie Dieu de payer ma dette envers lui pour tout le bien que m'ont fait ses écrits, pour ses encouragements et ses bontés à mon égard, et je prie surtout la sainte fille que Dieu vient de m'enlever pour la placer dans sa gloire, de solliciter de son divin Epoux, pour vous tous, frères et sœurs, qui avez tant aimé ce grand serviteur de Dieu, toutes les grâces de résignation, décourage et d'abandon à la sainte volonté de Dieu, qui vous sont si nécessaires.

Je suis de cœur avec vous et tout à vous.

Comte DE ViLLBRMOXT.

Lettre de M. Ch. Jacquier, professeur à la Faculté catholique de

Lyon, à M. Eugène Veuillot :

Lyon, 8 avril.

Cher Monsieur. — J'apprends par les journaux la mort de votre excellent frère. Je veux être des premiers à vous envoyer l'expression de ma respectueuse sympathie. Celui que vous pleurez avait eu pour moi une bienveillance que je n'oublierai jamais, et que j'ai toujours considérée comme un encouragement et un honneur. Que de fois j'ai songé depuis à cette simplicité modeste, à ce regard pénétrant et fin qu'éclairait le soleil de l'esprit, et surtout à ce cœur si bon et si doux, dont tant de gens n'ont même pas soupçonné les trésors ! Il part pour le ciel riche des combats que, si vaillamment et si longtemps, il a soutenus pour la cause de Dieu et de son Eglise-. Dieu lui réservait les couronnes pour ce monde meilleur où nul vent ne les flétrit. Elles doivent être bien nombreuses et bien belles !

Mais je comprends aussi tout le regret que cette disparition laisse après elle. C'est pourquoi je m'associe à votre deuil.

Veuillez, etc. Ch. Jacquier.

Dépêche de M. André Barbes à M. Eugène Veuillot :

Nîmes, 8 avril, midi 20.

En apprenant la mort de Louis Veuillot, les royalistes de Nîmes me chargent de vous transmettre, avec les miens, leurs hommages à la mémoire du grand écrivain catholique.

Us s*associent au deuil qui frappe sa famille et la rédaction de V Univers. André Barbes.

Dépêche de l'Unione, de Bologne, à M. Eugène Vcuillot :

Bologne, 8 avril, 10 h. 38 matin.

Le directeur et les collaborateurs du journal catholique italien l'Unione, désolés de la perte du maître vénéré, du champion intrépide de la presse catholique, envoient condoléances sincères et s'associent au deuil du journal et de la famille.

Charles Cazzam,

directeur.

Dépêche du rédacteur en chef de V Emancipateury de Cambrai :

Cambrai, 8 avril, 9 h. matin.

h'Émancipateur prend une grande part au deuil de V Univers, et tous les catholiques s'y associent.

L'Église se souviendra toujours des services éminents rendus par le grand chrétien et le grand écrivain.

Ernest Delloye.

Dépêche du Bien public, de Gaad ;

Gand, 8 avril, 10 h. 39 matin.

Nous nous associons à votre deuil, et nous pleurons avec vous celui qui était l'honneur de la presse catholique et le vaillant champion de l'Église.

Pour la rédaction du Bien public j G. Verspkyen.

Lettre de M. le curé de Bourré, au diocèse de Blois, à M. Eu-

Monsieur. — Permettez à l'un de vos plus fidèles amis et lecteurs de vous apporter sa part de sympathie profondément douloureuse dans le grand deuil qui, en vous frappant, n'atteint pas seulement votre famille et votre grande œuvre, mais l'Église elle-même : car par la mort de M. Louis Veuillot elle perd son plus vaillant, son plus courageux et son plus généreux défenseur. Nous, les vrais et sincères amis, restons profondément attristés de la mort de ce grand chrétien. Son seul nom était plus qu'un drapeau. Les ennemis de Jésus- Christ et de son Église le bafouaient parfois, mais le craignaient toujours. Pour nous, nous le vénérions : car du temps où le journal nous l'apportait chaque jour, c'était le confort et l'espérance qui nous arrivaient avec lui.

Toujours sur la brèche, toujours attaqué, souvent écrasé, jamais vaincu, cet athlète de marque a toujours soutenu le bon combat. Oh ! quelle belle couronne Jésus-Christ a dû lui préparer ! Il est maintenant en possession de la récompense largement méritée, vous n*en devez pas douter.

Dieu lui avait donné un incomparable et inimitable talent. Il Ta fait fructifier au centuple, en le consacrant toute sa vie, avec une foi et une humilité immenses, sans jamais faillir, même dans ses plus cruelles épreuves, à la défense de la sainte Église. 11 doit être au ciel.

C'est pour vous, cher Monsieur, une grande consolation dans votre immense douleur. Dieu a daigné ajouter pour lui la grâce suprême d'une douce et sainte mort, la mort des saints, celle qu'il méritait : tout est consolant dans cette douloureuse épreuve.

Nous le pleurons, parce que nous l'aimions sincèrement. Jésus-Christ pleura bien son ami Lazare : nous pouvons bien pleurer le notre. Pour moi, je l'aimais passionnément depuis plus de trente ans. C'est pourquoi, cher Monsieur, j'ai tenu à vous envoyer ces lignes. Les témoignages sympathiques de la catholicité entière vont vous arriver ; croyez qu'aucun ne . sera plus sincère que celui dont vous lisez en ce moment l'expression. Dès demain matin, je me donnerai la consolation d'offrir le saint sacrifice pour le repos de sa chère âme, que j ai recommandée ce matin à ma paroisse. Depuis trente ans, il avait sa place à ma messe, il la gardera. Au lieu de le recommander au Mémento des vivants, je le ferai désormais au Mémento des morts, bien que je sois persuadé qu'il n'en a pas besoin. Mais ce souvenir restera le témoignage de ma reconnaissance pour le bien que m'ont fait ses œuvres, et surtout son œuvre par excellence, son journal V Univers, Veuillez, etc. Mangot,

curé do Bourré.

Bourré. 8 aTril.

Lettre du P. Rcgnault, de la Compagnie de Jésus, à M. Eugène Veuillot :

Toulouse, 8 avril.

Monsieur. — J'apprends à l'instant même le coup douloureux qui vous frappe dans vos plus chères affections. Cette nouvelle m'atteint en plein cœur, et je pleure de vraies larmes, comme à l'annonce d'un deuil de famille. Vous savez mieux

que personne quelle est la sincérité et quelle peut être Tamertume de mes regrets.

Je n'ai pas le courage de vous en dire davantage ce matin. J'espère aller vous voir dans la première quinzaine de mai. En attendant, je m'associe de toute mon itme à votre douleur ; elle sera partagée, chez nous et dans le monde catholique, par les meilleurs amis de l'Eglise et de la France. La Compagnie de Jésus, croyez-le, n'oubliera point ce qu'elle doit au plus désintéressé comme au plus vaillant de ses défenseurs.

Veuillez agréer, etc. , E. Régnault.

Lettre de M. Charles de Montenon à M, Eugène Veuillot :

Château do Chezolles, 8 avril 1883.

Monsieur. — Bien qu'inconnu de vous, je tiens à vous dire immédiatement toute la part que je prends au deuil qui n'est pas seulement le vôtre, mais celui de tous les vrais catholiques, qui perdent en monsieur votre frère un de leurs chefs les plus vaillants. L'illustre et valeureux champion de l'Eglise n'aura pas vu sur la terre le triomphe de la grande cause au service de laquelle il a usé et dépensé sa vie, ses forces et son incomparable talent; mais, du haut du ciel, où il reçoit sa récompense, il continuera à prier et à combattre avec nous. Nous aurons grand besoin de sa protection, car ce départ pour la patrie de tous les forts en Israël est un des symptômes les plus effrayants de ce que la colère de Dieu réserve au monde coupable.

Veuillez agréer, etc. Charles de Montenon.

Lettre de M. Mourain à M. Eugène Yçuillot :

Mareuil-sur-Lay (Vendée), 8 avril 1883.

Monsieur. — Il n'est plus, l'homme fort, le vaillant, l'intrépide, l'indomptable champion de l'Église catholique! Après avoir longtemps, et toujours au premier rang, combattu le bon combat, il s'en est allé recevoir, des mains de Celui pour la cause duquel il a bien écrit, la récompense éternelle.

M. Louis Veuillot est mort ! Dans cette douloureuse circonstance, je me sens pressé de vous dire, Monsieur, combien je m'associe de toute mon âme au grand deuil que m'annonce V Univers d'aujourd'hui.

Agréez, etc. L. Mourain.

HOMMAGES A LOUIS YEUILLOT 49

Lettre de M. le chanoine Laprie à M^^^^ Yeuillot :

Bordeaux, 8 avril.

Mademoiselle. — Permettez-moi de vous adresser toutes mes condoléances. Elles sont mêlées de mes meilleures larmes.

De tous les chrétiens de notre temps, votre illustre frère fut, après Pie IX, celui que j'ai le plus admiré et le plus aimé. Et maintenant qu'il fait partie du Paradis, le Paradis me semble avoir un attrait de plus.

Daignez agréer, etc. L'abbé Laprie,

ehan. hon., professeur à la faculté de théologie.

Lettre de M. le curé de Beaupréau à Mil*» Veuillot :

Boaupréaui 8 avril.

Mademoiselle. — Je connaissais trop M. Louis Yeuillot et personnellement et par son journal et ses écrits, pour ne pas m'associer à votre douleur, et vous demander la permission en ce grand deuil d'unir ma prière aux vôtres, aux prières de tous vos amis si nombreux, pour le grand chrétien, le vaillant défenseur de l'Église, que Dieu, s'il ne l'a déjà fait, ne tardera pas à récompenser en lui donnant, pour tant de bons et victorieux combats, la solide et l'éternelle gloire de son Paradis.

Vous voudrez bien transmettre à M. Eugène Veuillot et à

vos nièces l'expression de ma douleur, et recevoir la nouvelle

assurance de mon profond respect et de mon meilleur souvenir.

Votre très humble, etc. L. Guimier,

curé de Boaupréau.

Lettre de M. le curé de Campsegret (Dordogne) à M. Eugène

VeaiJIot :

Campsogret, 8 avril.

J'ioxsiEUR, — Aucun prêtre catholique ne peut oublier les ûttes (Je çg noble et grand chrétien pour la liberté de » %Iise.

. ^ est dans ce sentiment que je viens vous annoncer que,

J. * Pi*ochain, je commenc rai la célébration d'une neuvaine

Cesses pour le repos de l'âme immortelle de M. Louis "^''illot.

^^illez agréer, etc. Gonchou,

curé do Campsegret.

Lettre de M. Tabbé Brindeau, du diocèse de Séez, à M. Eugène

Veuillot :

Pointel, 8 avril.

Cher Monsieur. — Assidu lecteur de votre excellent journaly bien qu*un des plus modestes, je viens m'assocîer au grand mouvement de sympathie qui se produira autour de la dépouille mortelle de votre illustre frère.

Dans mes prières et saints sacrifices, je penserai devant Dieu à son âme immortelle, afin qu'elle jouisse bien vite, si déjà elle ne la possède, de la récompense qu'elle a si bien méritée

Je prie Dieu de bénir la grande œuvre de votre journal, afin qu'elle continue de défendre la sainte cause de son Église et de la France catholique.

Votre tout dévoué en N.-S., Brindeau,

curé de Pointel.

Lettre d'un prêtre du diocèse de Vannes :

Monsieur le rédacteur. — Je m'associe de grand cœur au deuil qui vous frappe et frappe tous les vrais amis de l'Église. M. Louis Veuillot a noblement servi la vérité : sa vie, son énergie, ses talents, il lui a tout sacrifié. En rendant à Dieu son dernier soupir, il a pu murmurer à bon droit ces paroles de l'Apôtre : Bonum certamen certaçi, cursum coti" summavij fidem servavi : in reliquo reposita est mihi corona justltiœ^ quant reddet mihi Dominue in illa die justus Judex.

Veuillez agréer, etc.

Lettre de M. l'abbé Jacob, du diocèse de Saint-Brieuc, à M. Eugène Veuillot :

Paimpol (Gôtes~du-Nord), 8 avril.

Monsieur. — Votre famille, l'Eglise et la France viennent de faire une perte qui m'est trop sensible pour que je ne vous envoie pas l'expression la plus entière de mes bien vives et bien sincères condoléances, et pour que je ne pleure pas avec vous la mort de ce vaillant champion de la justice et du droit.

Sans crainte et sans faiblesse, il a toujours porté haut et ferme le drapeau de la vérité : aussi ce n'était pas sans raison que le vénéré Pie IX, de douce et sainte mémoire, disait à l'un de mes amis : a Louis Veuillot a toujours été avec moi ;

et dans lafiaire Mortara, lui seul de tous les journalistes français m'a résolument soutenu. »

Quelles pages, Monsieur, dans Thistoire de l'Eglise au dixneuvième siècle, que celles qui diront les épreuves, les corniste, les luttes de Pie IX et de Louis Veuillot I Mais aussi quelle gloire n'entourera pas leur mémoire ! la gloire du soldat courageux, parfois méprisé et méconnu, mais toujours aussi fidèle au devoir qu'à la vérité.

Je vous prie, etc. Jacob,

prôtro, Yicaire.

Lettre de M. le curé de Saumur à M. Eugène Veuillot :

8 avril.

Cher et très honoré Monsieur. — Je vous prie d'agréer et de faire agréer à mademoiselle votre sœur mes plus vives, mes plus sympathiques condoléances.

Bien que je n'aie vu et entretenu qu'une seule fois votre illustre frère, j*ai tant vécu avec ses chers livres et son journal, que je me suis regardé toujours comme l'un de ses plus intimes amis.

Personne, je crois, n'a plus fréquenté, admiré, aimé Louis Veuillot, plus délicieusement joui du bonheut* exquis d'écouter parler sa foi, son cœur, son incomparable bon sens.

Grâce à lui, les plus hautes questions religieuses et la noble langue française ont pu descendre jusqu'au journal sans déchoir. Il le fallait, ou la bataille (humanum dico) était perdue.

Je veux ajouter que personne peut-être ne doit autant à M. Louis Veuillot que je lui dois. Aussi tous les jours j'ai porté son souvenir à l'autel, et je continuerai encore longtemps, longtemps.

Recevez, etc. J. Mérit,

chan. hon., curé doyen de Saint-Pierre do Saumur.

Lettre de M. l'abbé Petit, curé de Condal, diocèse d'Autun :

Condal (Saôno-et-Loire), 8 avril.

Monsieur le gérant. — J'apprends à l'instant la douloureuse nouvelle de la mort de M. Louis Veuillot. Lecteur de V Univers depuis trente-cinq ans, c'est vous dire. Monsieur le gérant, la part que je prends au deuil qui frappe la famille de l'illustre défenseur de la sainte Église. Oui, j'en suis convaincu, notre

divin Maître aura accueilli avec miséricorde son dévoué serviteur. Néanmoins, j'unirai mes prières à toutes celles qui vont monter pour lui vers le ciel, et en célébrant au premier jour libre la sainte messe à son intention, je croirai remplir un devoir de justice et de reconnaissance : car, s'il me semble que j'aime un peu TÉglise, je le dois pour beaucoup à ce grand chrétien, dont nous pleurerons longtemps la perte.

Petit,

curé.

M. le comte de Hemptinne (Gand) « prend une part très vive au deuil de la famille Veuillot, et priera pour le repos de Tâme du vaillant défenseur des droits de TÉglise ».

Lettre à M. Eugène Veuillot :

L***, 8 avril.

Bien cher Monsieur, — C'est avec la plus vive douleur et les larmes au cœur, que j'ai lu tout à l'heure dans V Univers la nouvelle de la mort de votre grand et bien-aimé frère. C'est l'homme de France que j'ai le plus aimé, et cela depuis mon adolescence : c'était l'homme qui, avec le plus incompatible talent, me paraissait aimer et servir le plus généreusement et le plus ardemment la sainte Eglise. Oh ! le bon et vaillant soldat du bon Dieu! Et quelle foi, et quel amour! Et avec quel grand courage, quelles ineffables tendresses!

Il a creusé, dans un incessant labeur, un rude et profond sillon, et ayant payé, par cette douloureuse maladie de ses dernières années, ce que toute créature humaine, même la plus fidèle, doit à la justice de Dieu, j'entends Notre-Seigneur l'appeler, en lui tendant les bras, du doux nom de bon et fidèle serviteur, et le combler, dans son beau ciel, des célestes récompenses. Lui qui a foulé toute gloire humaine et ne s'est glorifié que du titre de soldat de Jésus-Christ, quelle gloire ne recevra-t-il pas !...

Courage donc, bien cher Monsieur ; courage à votre noble sœur! Ne pleurez point comme ceux qui n'ont pas d'espérance. La vie n'est qu'une ombre, et la mort nous aura tous bientôt réunis : la mort, si douce à ceux qui ont combattu le bon combat et qui souffrent pour Jésus-Christ!

M. le baron van Caloen (Bruges) assure M"® Veuillot de ses condoléances et de sa profonde sympathie. <c On oublie le grand littérateur pour penser au grand chrétien, prier pour lui et l'aimer avec reconnaissance. »

M. le chanoine Ardant, secrétaire général de Tévèché de Limoges, écrit aux rédacteurs de l'Univers pour leur offrir « ses plus sincères et ses plus vives condoléances à l'occasion de la mort de M. Louis Veuillot, leur chef vénéré, un des plus intrépides chrétiens de notre époque et l'incomparable polémiste de notre siècle ».

M. Ch. Buet écrit à M. Eugène Veuillot pour lui exprimer « ses sentiments de profonde et respectueuse sympathie d, et ses regrets de ne pas être à Paris pour s'associer a à tous ceux qui auront rendu au maître un suprême hommage d. En même temps, M. Ch. Buet annonce que, par ses soins et ceux de plusieurs amis, un service solennel sera célébré à Saint- Jeao'de-Maurienne pour l'âme de M. Louis Veuillot.

M. le marquis de Biencourt écrit que, resté près de sa mère mourante, il n'a pu assister aux funérailles de M. Louis Veuillot, et lui rendre l'hommage que lui devaient les catholiques et les royalistes.

M. Nicolas Boussut exprime, au nom du Courrier de la Somme, les vifs regrets des catholiques.

MM. Ferdinand de Launay, J. Messire (de Tours), Th. Lamy delà Chapelle (Limoges), expriment à M. Eugène Veuillot et à V Univers leurs sentiments de condoléance.

M. l'abbé Regneaux, archiprêtre de la métropole de Rouen, dans une lettre que son caractère privé ne nous permet pas de reproduire, rend hautement hommage au a grand chétien », CD qui l'Eglise a fait « une irréparable perte ». Notre éminenl correspondant rappelle d'anciennes réunions de famille ^u»I honorait de sa présence : « Comme nos cœurs, dit-il, Mitaient tous à la lecture des pages où le grand lutteur allu- ^^^ dans nos âmes la flamme sacrée de l'amour de l'Eglise et J^ '^ape! » Il ajoute : « C'est à. lui que je suis redevable du ^^^Uement que je me sens au cœur pour les saintes et nobles ^®^s qu'il m'a appris à aimer. »

M. Tabbé Carpentier, des prêtres de la Miséricorde, aimait Louis Veuillot et son œuvre depuis trente ans. Il exprime avec une profonde émotion sa douleur ; mais il sait <c que Louis Veuillot vit et vivra toujours dans la mémoire des bons » .

Un nombre considérable de cartes, de billets reçus le même jour et venant la plupart d'inconnus, exprimaient en quelques mots les mêmes sentiments.

M** révêque de Périgueux écrit qu'il « prend vivement part au deuil causé par la perte du grand chrétien que l'Église comptera au nombre de ses plus puissants défenseurs ».

M** révêque de Belley a unit de ^rand cœur ses prières à celles que tous les vrais amis de TEglise catholique doivent à M. Louis Veuillot ».

M*' Jordany , ancien évêque deFréjus et Toulon ; M«' Tévêque <ie Saint-Claude et M»' Tévêque de Saint-Dié adressent leurs condoléances à M. Eugène Veuillot et à M"« Élise Veuillot.

Lettre de M»*" de Dreux-Brézé, évêque de Moulins, à Mll« Veuillot: *

Évôché de Moulins, le 0 avril 1883.

Je sens trop vivement, Mademoiselle, quel vide creuse dans votre vie la séparation qui vous est imposée sur cette triste lerre, pour ne pas vous demander la permission de venir dès aujourd'hui m'associer à votre douleur.

L'ombre de ce qu'à si juste titre vous admiriez et aimiez vous restait seule, hélas! depuis longtemps; mais, toute rouette qu'était trop souvent cette ombre, elle tenait inséparablement à un cœur et à un esprit qui vivaient toujours, et dont les réveils étaient la consolation et la récompense de vos soins aussi tendrement dévoués qu'infatigables.

^ous voyons dans la sainte Écriture^que des silences étaient ^niposés aux prophètes en punition des peuples demeurés sourds à leurs avertissements. La maladie de monsieur votre *rere qui^ le laissant tout lui-même dans l'intégrité de ses émi- P^ntes facultés, liait cependant sa langue pendant de longues intermittences et faisait tomber la plume de ses mains, me paraît un des sévères jugements du Ciel contre les endurcisse- ^**t8 et les aveuglements volontaires de nos jours. La vo- ^ï^tede Dieu, sans aucune défaillance de la sienne, a enlevé

50 HOMMAGES A LOUIS YEUILLOT

ainsi à la vérité un grand secours au moment où il lui aurait été le plus utile.

La douloureuse épreuve de ce silence forcé sera donc comptée à notre ami autant que les salutaires retentissements de ses articles et de ses livres. Sans doute, quand il aura paru devant Notre-Seigneur, il aura été placé à la droite. lia bien mérité de prendre rang parmi les agneaux, tant son multiple talent savait faire vibrer les notes les plus douces comme les plus fortes et les plus sonores. Jamais je n*ai rien lu de plus touchant que les pages où il vous remerciait d'avoir renoncé à la maternité pour vous constituer la mère de ses enfants.

Mais de plus, il a été un bélier à deux cornes, semblable à celui de la vision de Daniel, et la passion un bien et Thor* reur du mal lui donnaient la force de frapper Terreur de formidables coups à droite et à gauche. Il avait compris que toute guerre purement défensive est immanquablement suivie de la défaite, tant les troupes s'y épuisent et s'y découragent, et il avait su prendre résolument l'offensive.

Pardon de la comparaison : elle ne concerne que le savoirdire et faire. Dieu, à mon sens, l'avait destiné, dans sa miséricorde, à être en notre siècle le Voltaire chrétien, aussi actif pour harceler l'erreur que l'autre pour en diriger les assauts. Il la prenait de revers avec une portée plus vive que celle de ses batteries, qu'il eût successivement enclouées. Usant de ses laïques coudées franches, il eût divisé, dispersé, pourchassé, fustigé les ennemis de Dieu et de la société, s'il eût trouvé beaucoup d'amis aussi peu faciles à effaroucher que les complices du grand misérable, aussi capables de suite et de persévérante dextérité dans le but à atteindre.

Puisse la lumière qui se répand plus grande chaque jour sur les œuvres de ténèbres éviter ses entraves et ses déconvenues aux soldats qu'il a formés et dont le talent se fait gloire de marcher avec courage et résolution sur ses traces !

Ce matin, j'ai dit la messe pour lui, au cas où la porte du Paradis ne lui aurait pas été déjà ouverte. Il est certain qu'elle ne tardera pas à l'être. Sans la fréquente interversion de tous les rôles dans les temps où nous sommes, c'eût été moi que mon âge eût assigné à présenter ses clefs à mon saint patron pour le faire entrer. Je lui demanderai souvent de ne pas me refuser ce service quand je serai appelé à l'aller rejoindre. Il voudra bien se rappeler le passant à qui la Providence avait ménagé la joie et l'honneur, non de le ramener dans la voie

HOMMAGES A LOUIS YEUILLOT 57

du salut, mais de lui indiquer le chemin qu'il ignorait sans sa faute.

Ce souvenir sera certainement un des plus doux et des plus consolants de ma vie. Agréez-en Tassurance, Mademoiselle, et m'y laissez joindre l'expression de mes plus respectueux et douloureux sentiments. -j;- Pierre ,

évôquo do Moulins.

Lettre de M'*' Tévêque de Digne à M. Eugène Yeuillot :

Évdché do Digno, 9 avril.

Monsieur. — Je reçois à l'instant l'Univers , qui m'apprend la mort de votre illustre frère. Cette perte douloureuse plonge dans le deuil votre famille et la rédaction de votre excellent journal. Ce deuil, Monsieur, je tiens à vous le dire sans re« lard, je le partage bien vivement. Louis Veuillot ne fut pas seulement un grand écrivain et le premier des polémistes de notre époque; il fut aussi, et c'est là sa plus belle gloire et le motif principal des regrets que sa mort nous inspire, un chrétien au dévouement intrépide, le plus ferme champion dans la presse des droits de notre mère la sainte Église catholique. Quoi qu'en aient pu dire ses ennemis, il a rendu à notre cause les plus signalés services et acquis des droits sacrés à notre gratitude.

La vie de ce soldat de Jésus-Christ a été couronnée par la

mort du juste. Nos prières toutefois suivront son âme auprès

du tribunal de Dieu ; et si cette âme vaillante n*en a pas besoin

pour être admise à la récompense des élus, elles appelleront

du moins les bénédictions célestes sur sa famille et sur son

œuvre, qui lui survivra.

Daignez agréer, Monsieur, l'assurance de mon plus respectueux dévouement en Notre-Seigneur. "I* Ange ,

évôquo do Digne.

Lettre du P. Arsène, proyincial des Capucins de Paris, à M»« Veuillot :

Paris, 9 avril.

Mademoiselle. — Nous avons tous ressenti vivement et profondément le coup qui vous a frappée. Mais une chose console quand il s'agit de la iin d'un homme comme celui que vous pleurez et que TÉglise de France pleure avec vous. C'est la parole de saint Paul : « J*ai bien combattu ; j*ai fourni toute

une carrière; j'ai gardé la foi, et pour le reste j'attends avec confiance la couronne de la justice. » Cependant nous prierons de notre mieux pour le repos de son âme. C'est notre devoir de reconnaissance et d'affection.

Obligé de m'absenter de Paris, j'aurai le regret de ne pouvoir assister aux obsèques ; mais au saint sacrifice je prierai pour votre cher défunt et pour tous ceux qu'il laisse après lui.

Veuillez agréer, etc. Fr. Arsène.

Lettre du R. P. Albert, supérieur des Carmes, à M. Eugène Veuillot :

Paris, lo 9 avril 1883.

Bien CHER Monsieur Eugène Veuillot. — Malgré les nombreux témoignages de condoléance et de sympathie qui vous arrivent de plus haut, et qui ne vous permettront guère de prendre garde à ma démarche, je ne résiste pas au besoin de vous exprimer, et par vous à toute la famille de notre cher défunt et à la rédaction de Y Univers, combien votre douleur est nôtre.

Elle est celle, d'ailleurs, de quiconque aime la sainte Eglise et sait apprécier quelle perte elle fait en la personne du vaillant qui lui avait si utilement dévoué son âme généreuse, son noble cœur, son grand talent et sa plume incomparable.

Ici nous pleurons avec vous et nous prions Notre-Seigneur de daigner accorder les joies de la paix éternelle à cekii qui l'a si bien conquise par tant de combats livrés ou soutenus pour la cause de Jésus-Christ et de l'Église.

Votre tout humble et bien uni à vous dans l'affliction présente, Fr. Albert du Saint-Sauveur.

Dépèche du R. P. Sempé, de Lourdes, à M. Eugène Veuillot :

Do la grotto de Lourdes, 9 avril, 5 h. 30 soir.

Nous partageons votre douleur ; nous prions et faisons prier pour Louis Veuillot la Vierge qu'il a glorifiée sur la terre et qu'il glorifie au ciel. Sempé.

Lettre du frère Irlide, supérieur général de l'institut des frères des Ecoles chrétiennes, ù M. Eugène Veuillot :

Je m'associe à la perte, au deuil et à la douleur de l'honorable famille Veuillot. Quoique Dieu ait déjà, sans doute, reçu dans le ciel l'âme d'un de ses plus valeureux soldats, des

prières seront faites dans la communauté à Tintention de notre bienfaiteur et défenseur M. Louis Veuillot. R. I. P.

Lettre du R. P. abbé de Ligugc à M. Eugène Veuillot :

Saiqt-Martin do Ligugé, 9 avril.

PAX

Ch£r Monsieur. — Tous les cœurs catholiques sont en ce moment unis, par la pensée, à vous et à votre digne sœur M"* Elise, ainsi qu'à tous les vôtres, près de la couche funèbre de votre illustre frère.

Quelque préparé que Ton fût, hélas ! à cet inévitable et douloureux dénouement, on avait de la peine à se faire à l'idée de la disparition réelle et défmitive de cet incomparable champion de l'Eglise et de toutes les nobles causes, aujourd'hui plus menacées que jamais.

On espérait contre toute espérance que Dieu, dans sa miséricorde, permettrait un jour à cette haute intelligence de reprendre cette plume si redoutée des sectaires et de tous les ennemis des saines doctrines.

Si Dieu, dans ses desseins insondables, n*avait voulu nous priver de cette immense consolation, combien de réputations tapageuses cette plume acérée n'eùt-elle pas dégonflées ! combien de stitues insolentes eussent été renversées de leur piédestal immérité !

Xous n'avons pas été trouvés dignes de cette suprême consola-lion. Nous nous inclinons donc douloureusement, mais résignés, en répétant avec votre cher défunt : Que la sainte volonté de Dieu se fasse !

Assez d'autres s'empresseront de payer un juste tribut d'éloges à ce grand caractère, à l'incomparable écrivain, au généreux et indomptable défenseur de l'Église , à cette puissante personnalité enfin qui a conquis pour toujours une place marquée dans l'histoirp de ce siècle.

Pour moi, je regarde comme un des grands bonheurs de ina vie d'avoir été à même d'apprécier, je puis dire dans l'intioiité, à Rome, à Solesmes, mais surtout à Paris, chez l'un des plus anciens et des plus intimes amis de Veuillot (Jacques- Emile Lafon, le peintre), les trésors ignorés ou méconnus de cette riche nature ; la délicatesse exquise des sentiments, la tendresse et la générosité du cœur, l'abnégation et l'humble docilité du véritable enfant chrétien, prêt à briser sa plume

60 HOMMAGES A LOUIS YEUILLOT

gur un signe de sa mère, la sainte Église ; mais avec cela, et par-dessus tout, la foi ardente du soldat chrétien, qui n'écoute aucun compromis.

Voilà le portrait que je conserve de votre illustre frère, et qui ne s'effacera jamais de ma mémoire.

Nous prions pour votre cher défunt comme pour nos plus proches parents, et comme nous le devions au plus grand ami des moines, sans oublier toutefois les survivants.

Veuillez agréer, etc. -j- Fr. J. Bourigaud,

abbé do Saint-Martin do Ligtigé.

Lettre de M^r Capri, sous-dataire, ancien internoncc à la Haye,

précédemment auditeur de la nonciature apostolique à Paris, à

M"c Élise Veuillot :

Rome, 9 ayril.

Je m'empresse de vous présenter mes compliments de condoléance pour l'immense douleur où vous devez être plongés, vous, M. Eugène Veuillot, tous les membres de votre chère famille et de V Univers ,

Je prends la part la plus vive à votre deuil, qui est aussi un deuil de l'Eglise. J'ai dit ce matin la sainte messe à l'intention, moins de prier pour le vénéré défunt que pour me recommander à lui ; je ne l'oublierai jamais dans la sainte messe.

M«' Capri,

sous-datairo.

Lettre du R. P. abbé de Pontigny à M. Eugène Veuillot :

Pontigny, 9 aTril.

Monsieur. — Je viens, en mon nom et au nom de toute la communauté de Pontigny, vous offrir nos plus respectueuses et nos plus affectueuses condoléances à l'occasion de la mort de votre vénéré et bien-aimë frère. Vous voudrez bien vous rendre l'interprète de nos sentiments près de M"® Veuillot, de M"® et de M. Pierron, que nous avons eu l'heureuse mais trop rare occasion d'entretenir quelques instants, et, d'autre part , près de tous ces messieurs de V Univers , votre autre famille bien-aimée.

Nous ne prenons point seulement part à votre deuil, nous le ressentons avec vous. Est-ce que tous ceux qui sont appelés à combattre le bon combat ne sont point de la famille de ce

HOMMAGES A LOUIS YEUILLOT 61

^^uanl athlète, que l'on était toujours sûr de rencontrer sur ^^ champ de bataille, quand il s'agissait de la cause de Dieu et <ies âmes? Ah ! comme il nous manquerait dans nos jours difQ- ^^es, s'il ne nous avait laissé d'autres lui-même, héritiers de ^ foi, de son talent et de son dévouement! Il ne sera plus là pour les animer de sa parole et de son exemple, mais il leur a conamuttiqué son esprit, et de ce monde meilleur où le Dieu ^" il a tant aimé l'appelle à la récompense, il continuera à les ^'^Jerdans les luttes qu'ils auront à soutenir.

'^our nous, nous n'oublierons pas M. Louis Veuillot; nous ^voosprié pour lui en communauté, et pendant un an il sera '"^commandé chaque dimanche à la prière publique et à la ^se de chaque semaine pour nos bienfaiteurs, 'huiliez agréer, etc. Fr. Boyer.

^^PechedeMM. Harmel :

Warmeri^UIe, 9 avril, 2 h. soir.

''ons témoignage de profonde sympathie et pleurons avec ^ *^ Vaillant soldat de Dieu. Famille Harmel.

Dcau . '^^ ^® ^^' Gautier, curé doyen de Morée, à M. Léon Aubii. Moréo (dioeèso de Blois), 9 avril.

cmt^ •*^CTABLE Monsieur. — Permettez à un pauvre curé de

• *' ^lie de vous adresser, à vous son fidèle collaborateur et

WX^ \ tous ses frères d'armes si vaillants dans la sainte lutte,

cj^YlO^t à son très digne frère, habile et sage écrivain, auxi-

j'j^re prudent du défunt, à son aimable et dévouée sœur, mes

sincères condoléances pour la grande perte que nous venons

de faire en la personne du très illustre et admirable chevalier

de son auguste Dame, mère et souveraine, l'intrépide Eglise

de Jésus-Christ.

Je suis un vieil et fidèle abonné du journal, pauvre curé doyen rural de Morée, toujours lecteur assidu, parfois enthousiaste de V Univers y admirant ses luttes courageuses et toutes ses œuvres pour la défense de l'Église catholique, saisissant toutes les occasions de venger l'honneur du journal et de son grand chef devant les libéraux qui, ne sachant pas le comprendre dans son beau caractère, l'attaquaient et le voulaient abaisser en ma présence.

62 HOMMAGES A LOUIS YEUILLOT

Mais ce n'est pas Theure de ]a louange. Vous et M. Roussel vous avez si bien dit, en attendant l'heure de la biographie de l'illustre et incomparable écrivain. J'ai ses œuvres, ses Mélanges, son journal ; j'attends néanmoins avec quelque impatience l'histoire de cette belle vie.

Je me tais : l'heure est k la prière.

Hier, en recevant mon journal encadré de noir, j'ai bien vite soupçonné le deuil qui nous atteignait. Ayant déchiré la bande et par une simple lecture de quelques lignes confirmé mes alarmes, je suis tombé à genoux pour réciter un De profundis; puis, ayant achevé la lecture de l'article de faire-part, j'allai bientôt chanter la grand'messe, et ce matin encore je n'ai point oublié notre grand mort au saint autel.

C'était le mieux que je pusse faire dans ma reconnaissance pour tout le bien qu'il a fait à la sainte Église, et, par tous ses écrits, à votre très humble et ignoré serviteur en particulier.

A l'occasion de cette mort précieuse devant Dieu, couronnant si dignement une vie toute immolée aux grandes causes ; à l'intention de l'illustre défunt, je vous adresse une nouvelle petite aumône pour le centenaire de «aint Benoît-Joseph.

Veuillez agréer, etc. L. Gautier,

euro doyon de Moréo.

Billet de M. l'abbé Notin à MUo Vcuillot :

Diocèse d'Orléans, 9 avril.

Mademoiselle. — Depuis quarante ans je le lis, je l'admire, je l'aime.

Maintenant, avec vous. Mademoiselle, avec votre si belle famille, je pleure et je prie. A. Notin,

curé de Saint-Aignan.

M. Aristide Gervais offre à M. Eugène Veuillot a le témoignage de sympathique douleur que la mort de Louis Veuillot doit inspirer à toute âme chrétienne et amie » .

Lettre de M. le curé de Saint-Louis de Bordeaux à Mlï« Veuillot:

Bordeaux, le 9 avril 1883.

Mademoiselle. — Moi aussi, j'aurais eu le plus grand désir de partir pour Paris, afin de prier et pleurer «avec vous. Hélas !

HOMMAGES A LOUIS YEUILLOT 63

les devoirs impérieux de mon ministère et l'état présent de ma santé s*y opposent. Ce qui me console, c'est que la paroisse de Saint-Louis sera représentée à la cérémonie funèbre par MM. Compans, Louis et Desplat. Combien j'aimais et vénérais ce cher frère dont vous avez été la confidente, l'ange gardien au milieu de ses travaux et de ses souffrances ! J'ai tou-

)ours regardé comme un honneur et une bénédiction du Ciel <ie m'être trouvé en rapports intimes avec un si grand cœur et ^ûe si belle intelligence. Que vous dirai-je, chère demoiselle ? Que peuvent l'amitié, les louanges, l'admiration universelle, pour adoucir votre douleur si légitime et si profonde ? Il n'y a de véritables consolations que celles qui viennent de Dieu. J*ai la ferme espérance qu'il s'est empressé de recevoir dans son sein ce chrétien fervent, ce vaillant défenseur de son Eglise. C'est bien lui qui peut dire avec l'Apôtre : « J'ai soutenu le bon combat; j'ai gardé la foi ; j'ai terminé ma course. 11 ne me reste plus qu'à recevoir la couronne que me réserve la justice de Dieu ».

Daignez, Mademoiselle, etc. Donis,

chan. bon., curé do Saint-Louis.

P.S.-^ Tous mes vicaires me prient de vous dire qu'ils prennent la plus grande part à votre chagrin et à vos regrets.

Lettre de M. l'abbé Moriceau à M. Eugène Veuillot :

Laval, 9 avril 1883.

Tais HONORÉ Monsieur. — Je viens de tremper de larmes les premières pages de V Univers, Je tiens à vous le dire, pour vous exprimer la part que je prends à votre douleur, à celle de Ja famille et de toute la rédaction. Je suis assurément l'un des plus vieux lecteurs, abonnés et admirateurs du vénéré et l)ien-aimé défunt. Je me félicite d'avoir été constamment autour de moi, dans ma petite sphère, son ardent défenseur. C'est vous dire quelle douleur me cause sa mort. Que la volonté de Dieu se fasse! J'ai célébré ce matin la messe pour le cher défunt, et je vais continuer de prier. Lorsque vous jugerez à propos d'élever un monument digne de Louis Veuillot, comptez d avance sur ma souscription. Moriceau,

chanoine de Laval (Mayenne).

De Nîmes, le 9 avril, les anciens élèves de l'Assomption, réunis en assemblée mensuelle, « expriment à la famille de

64 HOMMAGES A LOUIS YEUILLOT

M. Louis Veuillot et à la rédaction de Y Univers la douleur profonde que leur a causée la mort de Tillustre défenseur de l'Eglise ».

Autre hommage collectif :

Le directeur et les professeurs de la maison de TAssomption, de Nîmes, offrent à M. Eugène Veuillot, à sa famille et à tous les rédacteurs de V Univers, l'expression de leurs très vives condoléances à l'occasion de la mort de M. Louis Veuillot.

M. Louis Veuillot fut Tami du fondateur et père de cette maison ; il fut, comme le T. R. P. d'Alzon, le vaillant champion de la vérité et de la cause sacrée des droits de Dieu et de la sainte Église, catholique, apostolique et romaine.

Ce matin, la messe de communauté a été dite pour le repos de son âme, et tous, maîtres et élèves, continueront de prier pour lui.

Nimos, lo 9 avril 1883.

A. Damaze, directeur; Ch. Laurent, L. Allemand, A. Paradan, E. Bouret, l'abbé Pique, ch. h^-, l'abbé J. Bunot, prof, de rhétorique; Favre, prôtre; J. Masson, E. Trautman, P.-E. Cuffemont, M. Lombard, L. Sudre, D. Dcffcre, Ch. Brun, pr.; l'abbé Joly.

Lettre du R. P. Marcel, capucin, à M^^* Élise Veuillot :

Saint-Louis de Pcra (Constantinoplo), 9 avril.

Mademoiselle. — Je trouve ce soir dans les journaux de Constantinople la mort de votre regretté frère. Ai-je besoin de vous dire la part que je prends à votre douleur et à la douleur commune à tous les vrais catholiques ? Plus de la moitié de votre vie est morte avec le cher défunt. Je sais toute la tendresse et le dévouement que vous aviez pour lui et pour son œuvre. Je ne peux m'empêcher de vous dire pourtant que je trouve que Dieu a été bon de rappeler son vaillant soldat h cette heure. C*est l'heure de la déroute humiliante ; il n'y a même plus de combat... Il a vu assez de nos combats, il a vu assez de nos humiliations : les dernières devaient être épargnées à son grand cœur.

Je prierai pour lui, quoique j*aie la ferme conviction qu'il fait partie déjà de TÉglise triomphante : il a tant aimé TÉglise et lui a tant sacrifié! Dieu d'ailleurs avait pris soin, comme pour ses grands serviteurs, de le purifier à la fin de sa vie par plus d'un feu — je le sais, parce qu'il a bien voulu lui-même

HOMMAGES A LOUIS YEUILLOT 65

m*en dire quelque chose. — Pour nous donc les larmes , mais pour lui j'espère y dès aujourd'hui, la joie du bon serviteur qui a combattu le bon combat.

J'ai l'honneur d'être, avec un profond respect, votre serviteur i/i Chr.y F. Marcel,

cap.

L'aumônier des dames bénédictines du Saint-Sacrement, d'Arras, M. le chanoine Hervin, écrit à M. Auguste Roussel qu'il s'associe à son deuil et à celui de toute la famille Veuillot, qu' « il prie et fait prier pour le vaillant athlète qui, après avoir glorieusement combattu le bon combat et longtemps souffert la persécution pour la justice, ne peut tarder à recevoir la récompense due aux éminents services rendus par lui à l'Église et au Pape » .

La très révérende mère abbessc du monastère de Sainte-Cécile, de Solesmes, à M. Auguste Roussel :

Abbaye de Sainto-Céeile, lo 9 avril 1883.

Monsieur. — La rédaction de VUnwers forme, je le sais, une véritable famille : aussi, sans le mauvais état de ma santé, je me serais crue obligée de vous adresser quelques mots de sympathique condoléance dès la première nouvelle de votre deuiL

Mon retard n'est donc point, Monsieur, de l'indifférence ; et d'ailleurs, si j'ai fait surseoir l'expression de mes sentiments, nous avons appliqué sans délai les suffrages conventuels à l'âme du robuste chrétien qui vient de vous quitter. Le bon serviteur est entré dans la joie de son maître, et les épreuves sans nombre de son existence lui apparaissent maintenant comme ce morne ntaneum et levé dont parle saint Paul, qui opère un poids immense de gloire.

Ce n'est pas sans un serrement de cœur qu'on voit dispa-» raîlre de ce monde les âmes généreuses. M. Louis Veuillot était de ce nombre, et Tune des rares individualités qui n'aient jamais fléchi les genoux devant Baal. Qu'elles deviennent clairsemées, ces trempes dont la foi vivante et sans alliage repousse tous les compromis I Sans doute, votre rédacteur en chef a traversé bien des heures périlleuses et pleines d'angoisses ; tout paraissait à la veille de sombrer, mais c'était encore la

résistance et la lutte, révélatrices de la vie. Il aurait peut-être moins supporté que vous ces heures étouffantes que nous tra* versons, dans lesquelles la pire torture est de se sentir encore au cœur quelque fierté chrétienne, dans Tintelligence quelques idées saines. Plus près de la vérité éternelle, il veillera sur vous tous, et vous donnera de poursuivre une tâche de plus en plus ingrate, mais de laquelle Dieu vous donne de vous acquitter pour Tencouragement, la force et le soulagement de tous les vrais enfants de TËglise.

Combien d'entre ces forts auront été enlevés au milieu de cette nuit où nous sommes ! C'est peut-être parce que Dieu veut nous donner d'en sortir, qu'il constitue ainsi, dans son ciel, des avocats défendant cette cause auprès de Celui qui est toujours lui-même interpellant pour nous. Il n'y a plus pour nous aucune espérance humaine, et pourtant le salut n'est peut-être pas loin ; c'est peut-être dans ces holocaustes qu'il se trouve.

Veuillez donc agréer, Monsieur, etc.

Sœur CÉCILE J. Bruyerb,

abbesso do Sainte-Gécilo.

Lettre du général du Temple à M^^<^ Veuillot :

Cherbourg, 9 avriL

Chère demoiselle. — Après avoir reconnu, à mon grand chagrin, l'impossibilité où je suis de m'absenter, même vingt* quatre heures, de Cherbourg, je ne veux pas tarder à joindre mes témoignages de sympathie à ceux que tous les cœurs chrétiens, que toutes les âmes un peu généreuses vont vous envoyer. La voilà donc définitivement brisée, cette vaillante plume à laquelle personne, pour ainsi dire, n'osait s'attaquer ! la voilà éteinte, cette grande voix qui soutenait si vaillamment la lutte pour son Dieu ! Peut-on le plaindre, le grand athlète, déjà condamné au repos depuis assez longtemps, d'aller recueillir au séjour des élus la récompense due à ses travaux, k ce dévouement inaltérable et absolu que la foi lui inspirait ? C'est vous, chère demoiselle, que je plains. On ne perd pas sans déchirement semblable compagnon, dont on a été l'ange gardien, le soutien sinon le conseiller, dans ce combat sans merci, sans trêve, non seulement contre l'impiété et la bêtise humaine, mais surtout contre la ruse et la perfidie libérales, bien autrement funestes à notre patrie et à notre religion que

tous les égarements de notre pauvre humanité. Bientôt je pense pouvoir prendre quelques jours de liberté, et j'espère poQFoir vous voir et causer avec vous, comme jadis, de Thomme illustre qui m'honorait de son amitié, et qui, je le crois, restera Tirant par ses écrits dans Tesprit de tout ce qui est droit et sincère.

Veuillez agréer, etc. F. du Temple.

Lettre de M. Chantrcl à M. Eugène Yeuillot :

Paris, 9 avril 1883.

Cher Monsieur Eugène. — Vous n'avez pas besoin que je vous exprime les sentiments que le cruel événement de samedi m'inspire, et ma douloureuse sympathie pour le frère du grand chrétien que Dieu vient de rappeler à lui. Retenu au lit depuis six semaines par une longue maladie dont je n'entrevois pas encore la fin, j'ai la douleur de ne pouvoir joindre publiquement demain mes prières à celles de tant d'amis qu'avait le cher et grand défunt, et de ne pouvoir lui donner cette marque de l'affection que je lui portais. Il m'avait témoigné une amitié que je n'oublierai jamais, et dont je lui serai toujours reconnaissant.

Quel homme, quel chrétien perdu pour l'Eglise et pour la France ! Mais, comme vous le dites si bien, notre cher Louis Veuillot n'est sorti de ce monde que pour aller à Dieu ; il a maintenant la récompense : c'est une consolation au milieu de tant de douleur.

Agréez, etc. J. Chantrbl.

Lettre da R. P. dom Chamard, bénédictin de Solesmes, à M. Arthur Loth :

PAX

Ligagé, ce 9 avril 1883.

BfEN CHER AMI. — Eucorc quc mon peu d'importance me conseille de garder le silence en présence des témoignages autrement autorisés qui s'élèvent déjà de toutes parts pour honorer la mémoire du grand catholique qui vient de quitter ia terre, néanmoins je sens le besoin de me faire l'écho de tous mes confrères dispersés de Ligugé, et de vous prier de transmettre à M. Eugène Veuillot et à mademoiselle sa sœur

la part que nous prenons à leur douleur, qui est celle de toute la France catholique.

Il y a entre la mission de dom Guéranger, notre vénérable père, et celle de M. Louis Veuillot, de telles relations créées par la divine Providence, qu'on ne peut aimer et pleurer l'un sans aimer et pleurer l'autre . Dom Guéranger a été suscité de Dieu pour briser les fers que le gallicanisme avait forgés à l'Église de France, et pour cela il employa les armes que lui fournit son incomparable science ecclésiastique. Par ses Institutions liturgiques, par l'Année liturgique et par sa Monarchie pontificale^ il a réduit en poudre les trois forteresses derrière lesquelles les partisans du petit schisme se défendaient contre l'autorité du Souverain-Pontife. Les liturgies nouvelles, l'éloignement de l'esprit qui inspire l'Eglise romaine et les quatre articles de 1682 étaient à jamais condamnés par la vraie science, en attendant que le jugement solennel de l'Église les prohibât pour toujours. Louis Veuillot a reçu, on peut le dire, a complété l'œuvre de dom Guéranger. Les livres exercent une influence immense sans doute sur ceux-là mêmes qui ne les lisent pas, par le moyen du courant de l'opinion que crée l'enthousiasme des lecteurs intelligents.

Toutefois ce courant ne serait pas complet, si des feuilles plus légères ne venaient achever par mille arguments divers les impressions favorables d'une lecture sérieuse. De notre temps, le journal opère cette transformation des idées : arme terrible, plus funeste qu'utile, mais qui n'en exerce pas moins , en certaines circonstances , un véritable apostolat. Louis Veuillot le comprit , et Dieu lui donna tout ce qu'il fallait de talent et d'énergie, non seulement pour terrasser les ennemis de l'Eglise, mais encore et surtout pour inoculer dans tous les esprits et tous les cœurs de bonne volonté la sève catholique dont son âme était remplie, h' Univers devint Vor^^ gane de sa pensée dans toute la force de l'expression ; et il sut l'imprégner d'une telle chaleur surnaturelle, d'un tel enthousiasme catholique, que ses lecteurs s'éprirent, sous son inspiration, de la plus noble des passions, je veux dire la passion de la liberté àe l'Église.

Dom Guéranger ne cessait, dans ses discours, dans ses écrits, de répéter cette devise de saint Anselme, répétée de notre temps par Pie VI : « Dieu n'aime rien tant que la liberté de son Église. » Louis Veuillot la répéta pendant cinquante ans, sur tous les tons, aux quatre coins de l'univers.

Deux hommes ayant à ce point les mêmes aspirations ne pouvaient ne pas se comprendre, ne pas s*aimer. Qui ne sait dans quelle intimité ils ont vécu ? Avec quelle joie Solesmes ouvrait ses portes à Tillustre champion de la presse catho*lique! Que de principes utiles, de pensées justes, de traits vengeurs, le rédacteur de Y Univers a puisés dans le trésor de l'Âbbé de Solesmes !

Il fallait voir avec quelle modestie il recueillait les enseignements de celui qu'il aimait à appeler le Maître de la vraie doctrine. Autant son regard de polémiste s'enflammait dès que la conversation le ramenait sur son terrain, autant il écoutait docilement, comme un- enfant, lorsque des questions théologiques ou autres se référant à la foi catholique se présentaient naturellement à la pensée, au courant de la conversation. Car, dans cet athlète, il y avait deux hommes : le lutteur, que rien n'épouvantait, et le disciple, que l'autorité trouvait toujours humble et soumis. Ce dernier côté de ce grand esprit a été le moins remarqué, et cependant il est assurément le plus remarquable.

Il est surtout une question vitale sur laquelle et maître et disciple s'entendaient à merveille : c'est celle du libéralisme sous toutes ses formes, depuis le libéralisme radical, qui dénie à Dieu toute autorité sur la conscience humaine, jusqu'au libéralisme catholique, qui, tout en reconnaissant en théorie le souverain domaine de Dieu sur sa créature, prétend que pratiquement il est meilleur, et tout au moins plus opportun, de ne pas froisser la liberté de l'homme dans la triple expression de sa pensée. Louis Veuillot, comme dom Guéranger, voyait en cette théorie funeste la ruine du souverain pouvoir que Jésus-Christ, notre Rédempteur, a mérité par son sang. Selon eux, c'était détrôner Dieu pour lui substituer l'orgueil humain ; c'était livrer l'homme déchu aux entraînements de sa nature perverse, c'était conduire par un sentier plus ou moins direct l'homme à la barbarie et aux appétits de l'égoîsme.

La vie des deux défenseurs de l'Eglise fut tout entière consacrée à combattre le sophisme caché sous le mot de liberté. "S y perdirent cette popularité vulgaire que l'on acquiert en flattant les passions de la populace et des esprits superficiels ; mais, par contre, ils mériteront un jour la couronne de gloire ^ s'attache au front de quiconque a défendu de toutes ses forces les intérêts compromis de Dieu et de la société. Les ennemis de l'Église ont associé ces deux noms dans leur com-

mune haine; les fidèles catholiques les unissent dans leur amour et leur admiration, bien qu'ils aient mérité l'un et l'autre à des titres divers et par des voies bien différentes.

Frère F. Ghamard,

Lettre de M. Paris, ancien sénateur , ancien ministre, à

M»» Veuillot :

Arraa, 9 aTril.

Je prie Mademoiselle Élise Veuillot d'agréer l'expression de ma respectueuse et profonde sympathie. Je n'ai pas oublie combien étaient unis les cœurs que Dieu vient de séparer en rappelant à Lui le grand écrivain qui défendit avec tant de vaillance et de dévouement la cause de l'Église.

Paris,

iTOcati docteur en droit.

Lettre de M. le comte de la Tour à M. Eugène Veuillot :

Trégnier, 9 arril.

Mon cher ami. — Je suis près de vous, de cœur et d'âme, dans ces moments douloureux pour le frère, mais pleins de consolation pour le chrétien. Les épreuves de notre cher Louis sont terminées ; il repose en paix et en gloire auprès du Maître auquel il consacra sa vie, et au-devant duquel il est allé avec amour et foi.

D'autres grands esprits s'illustrent par le talent en vue des avantages humains ; Louis s'est illustré en sacrifiant ces avantages pour conquérir la vie éternelle. Il a légué à tous le meilleur et le plus noble des exemples, en dotant sa famille de la plus pure illustration.

Je vous serre la main avec une profonde et affectueuse condoléance. Comte G. de la Tour.

Lettre de M. le vicomte G. de Chaulnes à M. Eugène VeuiUot :

Orléans, 9 avril.

Mon cher Monsieur. — Avant de me rendre aux obsèques de votre vénéré et illustre frère, je tiens à m'associer à votre deuil et à celui de toute votre famille. Il fut pour moi, avec M>' Pie et M^' de Ségur, un ami et un guide. Il a glorieuse-*

HOMMAGES A LOUIS YEUILLOT 71

ment défendu TEglise, et jouit en paix maintenant de la récompense due à ses services.

Veuillez me rappeler au souvenir de toute la rédaction en

deuil.

Agréez, cher Monsieur, la nouvelle assurance de mes senti* timents les plus respectueux. Vicomte G. de Chaulnes.

Dépêche de Paray-le-Monial, de M. le comte Henry de Vanssay

à M. Eugène Veuillot :

Paray-le-Monial, 9 avril.

De passage à Paray-le-Monial, je n'apprends qu'à Tinstant votre malheur : je m'associe de toute mon âme à la douleur causée au monde catholique par la mort du vaillant soldat de la foi et de l'Église. Je remercie Dieu d'avoir pu ici même, dans le sanctuaire privilégié, déposer mon humble et fervente prière dans ce Cœur adorable du divin Maître que le grand chrétien a tant aimé et si adorablement servi.

Comte Henry de Vanssay.

liépêchede M. le baron Tristan Lambert à M. Eugène Veuillot:

^ Défense de Seine-et-Marne s'associe du fond du cœur à votre douloureuse et irréparable perte.

Tous nous pleurons avec vous le plus grand champion que la Papauté ait eu dans ce siècle, l'immortel défenseur, l'ami si désintéressé de l'immortel et vénéré Pie IX.

Nos ferventes prières vous accompagnent.

Avec vous et derrière vous, nous continuerons sans relâche i œuvre impérissable de votre admirable frère.

Baron Tristan Lambert.

•Lettre de M. de Cuverville, ancien député, à M. Eugène

Veuillot :

La Porte^'Ohain, 9 ayril.

^"oN CHER Monsieur Eugène. — Je ne puis résister au *^esom que j'éprouve de vous exprimer la part que je prends *^ grand deuil que V Univers m'apporte aujourd'hui.

^ n'est pas seulement un homme incomparable, un ami sûr ^ dévoué que nous venons de perdre, c'est le plus fier, le plus ^"^1 k plus vaillant champion de la justice et de la vérité.

L'Église tout entière en portera le deuil, et sa mémoire dorera autant qu'elle-même.

Grâce à Dieu, ses efforts ne seront pas perdus. Il laisse en VOUS et dans voà collaborateurs de dignes héritiers de son esprit et de son courage, et la cause de l'Église ne sera pas abandonnée. Mais le vide qu'il laisse dans le cœur de ses proches, de ses amis, de tous ceux qui l'ont connu et apprécié, subsistera toujours. Quant à lui, il a combattu le bon combat et en a déjà reçu la récompense.

Je joins à cette lettre, faible expression de mes sentiments, celle que M"" de Guverville veut adresser aussi à M"® Élise; mais dites bien à cette chère sœur que mon cœur partage sa douleur et ses regrets, que toute la gloire de l'illustre Louis ne saurait adoucir en ces premiers moments.

Veuillez également, cher Monsieur Eugène, agréer la sincère assurance de mon plus affectueux dévouement comme de mes sympathies les plus vives. L. de Cuvbrvillb.

Lettre de M. André Barre» membre du conseil central de la Société de Saint- Vincent de Paul, à M. Eugène Veuillot :

Montpellior, 0 avril.

Monsieur. — Tous les amis connus ou inconnus de votre illustre frère pleurent et prient en ce moment : je suis de ces derniers, et bien qu'ayant eu le bonheur très grand de connaître M. Veuillot, à Rome, lors de la canonisation des mar^ tyrs japonais, et la consolation de recevoir ses condoléances lorsque, il y a onze ans, je perdis mon vénéré frère l'abbé Barre, je n'ai jamais osé entretenir avec lui des relations personnelles , jugeant son temps trop bien employé pour en détourner la part la plus minime, mais l'admirant, l'aimant et le bénissant du fond de mon obscurité.

Pardonnez-moi donc, Monsieur, si je prends aujourd'hui la liberté de m'associer à la douleur de sa famille et à celle de ses collaborateurs de V Univers,

Hier soir, présidant l'assemblée générale des conférences de Saint- Vincent de Paul, l'évêque de Montpellier recommanda votre illustre et pauvre frère aux prières reconnaissantes de l'assistance, M^ de Cabrières nous raconta qu'il lui devait sa vocation ecclésiastique : la lecture de Pierre Saintive en fit germer dans son esprit et dans son cœur la première pensée.

Ce ne sera pas, ou plutôt ce n'est pas le moindre titre de Louis Veuillot à la belle couronne qu'il est allé recueillir. Votre très humble et très affectionné serviteur en N. -S. J.-C,

And. Barre.

Lettre de M. Victor de Marolics, au nom de l'Œuvre des cercles

catholiques d'ouvriers :

Paris, 9 avril.

Monsieur. — Je viens, au nom du comité de l'Œuvre des cercles catholiques d'ouvriers, exprimer à la rédaction de VUnivers les sentiments de la plus douloureuse sympathie à l'occasion de la mort de l'illustre rédacteur en chef dont la presse catholique entière porte le deuil. Ce n'est pas sans émotion que j'accomplis ce devoir, et je suis persuadé que j'exprime les sentiments de mes confrères en affirmant que noas avons maintes fois puisé des forces morales dans la lecture de ses œuvres; quant à moi, je sais pertinemment qu'il m'a éclairé contre les entraînements du libéralisme. C'est donc une véritable reconnaissance que nous éprouvons pour la mémoire de Louis Veuillot, et nous nous presserons nombreux demain autour du char funéraire, qui sera pour lui comme le char de triomphe de son entrée dans l'éternité.

Veuillez agréer, etc. Victor de Marolles.

Lettre de M. Paul Lapeyre à M. Eugène Veuillot :

. Goutarende, 9 avril.

Très cher et très honoré maître. — La douleur où me plonge la mort de monsieur votre frère est encore aggravée pour moi par l'impuissance où je suis d'aller lui rendre les <lemiers devoirs. J'ai appris la triste nouvelle trop tard pour âmVer avant l'heure des obsèques. Je ne puis que m'associer de loin à votre deuil, et pleurer avec vous sur la perte irréparable que nous tous venons de faire.

J'honorerai éternellement la mémoire de M. Louis Veuillot,

9i^j a été pour moi un maître, un bienfaiteur et un père. Je

pne Dieu de recevoir dans sa miséricorde et de récompenser

^*8''»i6quement l'âme vaillante et noble de cet incomparable

ÎJ^pîon de la sainte Église notre mère.

^^g-nez agréer, etc. Paul Lapeyre.

7ft HOMMAGES A LOUIS VEUILLOT

« Lettre de M . le comte Plater, au nom de la Pologne catholique,

a M. Eugène Veuillot :

Villa Broelberg, près Zarich, 9 avril.

Monsieur. — Le deuil qui vient de frapper votre famille est vivement ressenti par mes compatriotes, qui ont perdu dans M. Louis Veuillot l'ami fidèle et dévoué de leur sainte cause.

Veuillez être l'interprète de ces regrets, et recevez l'expression de mes sentiments distingués. Comte Plater.

Dépêche de la Vraie France, de Lille :

Lillo, 9 avril.

La Vraie France de ce matin annonce qu'une messe sera célébrée à la basilique de Notre-Dame de la Treille et Saint- Pierre, mercredi prochain, 11 avril, à onze heures, pour le repos de l'âme de Louis Veuillot.

Dépêche du conseil central de l'Œuvre de Saint-Paul à M. Eu-

Fribourg, 9 avril.

Les membres du conseil central de l'Œuvre de Saint-Paul à Fribourg prient leur directeur, M. le chanoine Shorderet, actuellement à Paris, de vous exprimer, ainsi qu'à vos vaillants collaborateurs, la profonde douleur qu'ils éprouvent par le grand deuil qui vient de frapper l'Église et la France.

Ils prient Dieu de glorifier le serviteur fidèle qui a combattu le bon combat pendant un demi-siècle, au milieu d'épreuves et d'entraves incessantes.

Honneur au vaillant champion de la cause de Jésus-Christ et de la sainte Église ! Gloire au défenseur de la vérité !

Espérons qu'il jouit 4éjà, avec l'immortel Pie IX, qu'il a tant aimé, de la pleine lumière de la vérité absolue.

Lettre de M. le baron de Morgan à M. Eugène Veuillot :

Monsieur. — J'étais passé il y a bien peu de jours à la porte de M. Louis Veuillot; j'apprends aujourd'hui qu'il a achevé de mourir, et regrette de ne pouvoir être parmi ceux qui lui rendent les derniers devoirs.

C'est pour lui vraiment qu'on peut dire que le jour des louanges est arrivé : car il est de ces hommes rares, et plus rares que jamais, desquels le talent et les succès en ce monde

sont autant de mérites pour l'autre. Il a tenu trop constamment et trop vaillamment son poste de TÉglise militante dans ce siècle, pour ne pas appartenir à TËglise triomphante dans réternité.

Quant à moi, son souvenir est lié à celui de mes meilleurs jours à Paris et à Rome. Th. baron db Morgan.

BeUay-Saint-Léonard, 9 aTril.

Lettre de M. de Vauplane, ancien magistrat démissionnaire, à Mlle Vcuillot :

Château-Renault, 9 avril.

Mademoiselle. — Veuillez me permettre de joindre Thumble hommage de ma profonde et respectueuse sympathie à ceux que vous recevez de toutes parts. La mort de M. Yeuillot est un deuil pour tous les catholiques et tous les Français. Tous ensemble partagent votre douleur et s'unissent à vos regrets. Le grand chrétien qui a si vaillamment combattu pour la cause de Dieu reçoit maintenant son éternelle récompense. Pour nous, nous ne pouvons lui apporter que le faible tribut de nos prières, de notre reconnaissance 'et de notre admiration.

Veuillez agréer, Mademoiselle, Thommage de mon profond respect.

Votre très humj^le serviteur, B. de Vauplane.

Lettre de M. Louis Chamaillard, directeur du Morbihannais

(ancien Journal du Morbihan) et du Courrier des Campagnes^ à

M. Auguste Roussel :

Lorient, le 9 avril.

Monsieur et cher confrère. — Le grand écrivain, le vaillant catholique n'est plus.

Permettez-nous de partager la douleur de sa famille, de ceux dont il fut le guide et Tami.

Louis Veuillot , catholique avec le Pape , fut aussi notre guide. Nous admirions son talent; ses luttes incessantes contre les ennemis de la foi réconfortaient les faibles :.il était le géné- ^ de cette armée d'écrivains catholiques soumise à l'autorité de TEglise ; son exemple les entraînait au combat.

Dieu l'a rappelé à lui pour lui donner les récompenses éternelles, mais le souvenir de cet écrivain incomparable ne s'effacera pas.

Vous continuerez, Monsieur et cher confrère, avec vos collaborateurs, les traditions du maître. Bon courage et confiance! Veuillez exprimer à la famille et à la rédaction de V Univers toute la part que prennent les rédacteurs du Morbi^ hannais au coup qui les frappe. Que Dieu vous assiste !

Votre tout dévoué, Louis Chamaillard.

Lettre de M. le comte de la Bouillerîe à M^^^ Veuillot :

MontpoUior, 9 avril.

Mademoiselle. — Dieu vient d'arracher à vos tendres soins les derniers restes d'une belle vie que vous lui disputiez depuis longtemps, mais qui, après avoir été si vaillamment et si saintement remplie pour sa cause, devait trouver enfin sa récompense.

Si mon frère* avait vécu, il serait certainement venu des premiers vous consoler dans votre douleur, en vous redisant l'affectueuse et profonde estime qu'il avait vouée à la belle âme de celui que vous pleurez, son admiration pour ce beau talent, sa reconnaissance pour de si grands services rendus l'Église.

Je ne puis être, hélas ! que l'écho affaibli des sentiments que je lui ai souvent entendu exprimer, et que son cœur eût aimé à déverser avec grande effusion dans le vôtre en cette circonstance. Mais je veux du moins vous dire, Mademoiselle, combien je sens tout ce qu'a d'affreux le vide qui se fait près de vous en ce moment, et vous en adresser du fond du cœur mes bien vives condoléances.

Hélas ! comment ne compatirais-jc pas à la douleur de ceux qui survivent à leurs plus chères affections ! L'année dernière c'était mon frère ; en ce moment, je suis près du lit de M"* de la Bouillerie, très gravement malade, et en proie aux plus affreuses inquiétudes.

Veuillez m'aider. Mademoiselle, à obtenir grâce auprès de Dieu par l'intercession des saints que nous avons aimés et que nous pleurons, et agréez, etc. Comte de la Bouillerie.

1. MS' do la BouUlorie, arehoydque do Perga, coadjuteur de Bordeaux.

Lettre de M. Emile Bunnens à M. Eugène Veuillot :

Gand, 9 avril.

MoNSiBCR. — Je ne veux pas taire la grande part que je prends à la perte que l'Église, V Univers et vous en particulier, venez d'éprouver par la mort de M. Louis Yeuillot. Je me crois en droit, bien qu'indigne, de me considérer comme membre de cette famille dont il était le maître, admiré de tous, et si tendrement aimé par ceux qui avaient le bonheur de rapprocher de près.

La Providence n'a pas voulu que celui qui avait déjà tant souffert des douleurs de l'Église vît plus longtemps les mauvais jours que nous traversons : elle l'a enlevé à votre affection pour l'élever dans son amour. Pour vous, je le sais, autant que pour tous ceux que l'amitié ou l'admiration lui attachaient, j'aime à dire : Que la volonté de Dieu soit bénie! Ceux qui s*en vont dans la paix du Seigneur, précédés d'une vie pleine d'œuvres et débordant d'amour de Dieu, ne sont pas les plus à plaindre: ils vont à la récompense et à la gloire. Dans les dou leurs légitimes de la séparation, c'est là la meilleure consolation et la plus douce espérance. Heureux sont ceux qui restent, quand, pour vaincre les angoisses de la lutte et les dégoûts de la vie présente, ils ont pour guide et pour soutien de grands exemples comme en laisse M. Louis Yeuillot! car cette tombe encore entr'ouverte ne manque pas d'enseignements. Mort, le grand chrétien que nous pleurons élève encore la voix, et vraiment Ton peut dire de lui : Defunctus adhuc loquitur. Sa vaillante plume est brisée ; mais ses écrits restent, et son esprit, tout imprégné de cette sève catholique qui, à son tour, réleva si haut, domine et inspire les meilleurs chrétiens. L'impulsion généreuse qu'il a donnée ne saurait être vite méconnue; et longtemps nous serons forcés de marcher à la lumière de la traînée lumineuse que sa belle intelligence et son grand cœur ont tracée dans les voies de l'action catho* lique.

Ces qualités mêmes me font comprendre, Monsieur, combien vous aurez souffert de la séparation que le bon Dieu vous impose; et c'est une raison de plus pour que, sans m'exagérer l'importance de mon concours, je n'hésite pas à vous apporter, en cette douloureuse circonstance, l'hommage de mes profondes condoléances. Après vous, je n'oublie pas dans mes sentiments tous les rédacteurs de V Univers et M. Auguste

78 HOMMAGES A LOUIS YEUILLOT

Roussel en particulier, qui doivent bien être affectés de ce rude coup de la Providence. Oserais-je vous prier d'être auprès d'eux l'interprète de mes sentiments? Je sais que toute l'affection qu'ils portaient au cher défunt, ils la reporteront sur son digne frère, et c'est par celui-ci surtout que l'expression de ma condoléance aura pour eux le plus de valeur. Dans ces sentiments, etc. Émilb Bunnbns,

aTOcat.

Lettre de M. le chanoine Paul, aumônier, à M^^^ Veuillot :

Toalon, 9 avril.

Mademoiselle. — Je prends une bien grande part à la perte que vous venez de faire, et je partage entièrement votre douleur. Je n'essayerai pas de vous consoler. La parole humaine est impuissante, et Dieu seul peut combler le vide immense que de pareilles séparations laissent dans notre âme. Monsieur votre digne et illustre frère a toujours et pendant longtemps combattu le bon combat. Soyez assurée qu'il jouit, en ce moment, de la glorieuse couronne si bien méritée par tant de travaux.

A partir de jeudi prochain, je dirai dix messes à votre intention.

Daignez agréer, etc. L'abbé Paul,

ch. hon., aumônier.

Lettre de M. Fayet, ancien recteur de l'Université, à la rédaction de V Univers :

Châteanroux, 9 aTrtl.

Messieurs et amis. — Je n'ai le courage que de vous écrire deux mot» pour vous dire combien je partage votre juste et immense douleur, et je regrette que mon âge et d'autres circonstances particulières m'empêchent de me joindre à vous demain à Saint-Thomas d'Aquin, et d'unir mes prières aux vôtres pour l'âme du grand chrétien que nous venons de perdre. Mais, si je ne puis me rendre à Paris, je serai de cœur avec vous, à midi, à Saint-Thomas d'Aquin ; et le matin, en assistant à la sainte messe, je n'oublierai pas cette grande âme dans mes prières.

Veuillez, Messieurs et amis, agréer, etc. Fayet.

« Lettre de l'abbesse de Sainte-Claire à M^^* Yeuillot :

Da paaTre moaastèro de Sainto-Glaire du Sacré-Cœur do VAve-Maria.

Mademoiselle. — Nous venons d'apprendre la douloureuse épreuve que Notre-Seigneur vient de vous envoyer. Permettez -nous. Mademoiselle, de mêler nos larmes aux vôtres, pour pleurer ce frère si digne de toute votre affection.

La bonté que vous nous avez toujours témoignée nous fait un devoir de reconnaissance de recommander à notre bon Sauveur toutes les intentions qui vous sont chères ; mais, en ce temps d'épreuve et d*afQiction, nous supplierons notre bon Sauveur de consoler lui-même votre cœur afQigé. Nous lui avons déjà demandé, dans la sainte communion que nous avons offerte ce matin pour cette intention, de délivrer au plus tôtTâmede monsieur votre frère, et de lui accorder la place dans son royaume éternel que ses vertus lui ont méritée.

Veuillez agréer, Mademoiselle, Tassurance de la part que nous prenons à votre affliction.

Votre bien obligée, Sœur Marie de l'Assomption,

pauvre abbosso. P*ri9, 9 avriL

Lettre de M. l'abbé Tardivon à M. Eugène Veuillot :

Saint-Martin de Jersey, le 9 avril.

Mon cher Monsieur Veuillot. — Agréez mes vives et sin cères condoléances pour la perte que vous venez, ou plutôt que nous venons de faire dans la personne de M. Louis Veuillot. J'offrirai demain le saint sacrifice pour le repos de son âme. . P. Tardivon,

misBionnaire, curé do Saint-Martin do Jersey (île anglaise) .

Lettre de M. l'auinônier de la Visitation d'Angers à M^^*' Veuillot :

Angers, 9 avriL

^LlDEM0ISELLE. — J'ai pensé qu'au milieu de toutes les marques de douloureuse sympathie que vous recevrez de la part des plus hauts personnages de l'Église, vous ne seriez pas insensible à celles que vous adresseront les petits et les humbles comme moi.

C'est la pensée qui me porte à vous dire, Mademoiselle, combien je m'associe intimement à votre deuil. Je ressens la perte de votre illustre frère comme je ressentirais la perte d'un

membre de ma famille. N'ai-je pas vécu pendant près de trente ans dans l'intimité de cette grande âme, qui presque chaque jour nous prodiguait si généreusement les merveilleuses richesses de son esprit et les trésors plus précieux encore de son cœur, si dévoué à la sainte Église ?

Comme sa vie a été bien remplie ! et quelle consolation pour vous, Mademoiselle, et pour tous les vôtres, de penser que tant de mérites auront précédé au ciel votre cher défunt!

Cependant, sachant tout le prix que vous attachez en ce monde aux prières faites pour le repos de son âme, j'offrirai demain le saint sacrifice à son intention, et je demanderai une communion à toutes les religieuses de la Visitation d'Angers, dont je suis aumônier. Elles regarderont comme un double devoir, un devoir de reconnaissance pour tous les services rendus à l'Église et un devoir de confraternité religieuse, de prier pour l'âme du père d'une de leurs sœurs.

Je demanderai l'offrande des mêmes intentions à une autre communauté d'Angers que je dirige également.

Veuillez agréer. Mademoiselle, etc. Am. Sécher,

ch. hon.y aumônier do la Visitation.

Lettre de M. l'abbé Lcmesnager, cure de Tourville, diocèse de Coutances, à M. Eugène Veuillot :

J'offre à Monsieur Eugène Veuillot et à toute sa respectable famille l'expression de nos regrets les plus profonds pour la perte si douloureuse qu'ils viennent de faire dans la personne de ce vaillant soldat, qui a toujours si courageusement combattu le bon combat, et dont les catholiques ne doivent jamais oublier, dans leurs prières, les services rendus au Christ et à son Église. Lbmesnager,

euro de Tourvillo.

Lettre de M. le curé de la Plaine à M. Eugène Veuillot :

La Plaine, par Vihiers (Mainc-ot-Loire), le 9 avril.

Monsieur. — J'ai l'honneur de vous adresser, ainsi qu'à toute votre famille et à la rédaction de V Univers ^ l'expression de mes sincères condoléances, à l'occasion de la mort de votre illustre frère, M. L. Veuillot. La France et l'Église n'ont point eu de meilleur ami que lui, et son nom restera parmi les plus célèbres de notre siècle. J'ai toujours été admirateur de M. L.

HOMMAGES A LOUIS VEUILLOT 8l

^euillot, et je suis heureux de constater que V Univers n'a point dévié des principes et de la ligne, de conduite qu'il lui avait si ^^^ureusement imprimés. II a droit tout particulièrement à la ^connaissance du clergé, qu'il a si constamment et si énergi- ^^emenl défendu. A ce titre, j'aimerai à prier pour son âme ^^ a la recommander au saint sacrifice de la messe. Veuillez agréer, etc. Auc. Boyer,

curé do la Plaine.

Lettre de M. labbé Niort à M. Eugène Veuillot :

Lévigny (diocèse de Troyes), 9 avril.

Monsieur le rédacteur de j/ Univers, — Je serai grandeiQsnt consolé si j'ai le bonheur, malgré toute Thumilité de ma position, de vous voir agréer, avec mes condoléances, le témoignage de mon respect si affectueux pour votre vénéré frère, et de mon profond regret en face d'une perte que je ne dis pas UTeparable, à cause de vous et de vos chers collaborateurs.

C'est à l'école de Louis Veuillot que j'ai sérieusement puisé iDes opinions religieuses et politiques ; c'est en dévorant ses articles, son journal, c'est-à-dire ce qui était de lui et de ceux qui travaillaient avec lui.

Oh ! merci mille fois à ce vaillant chrétien, sans peur toujours!

Merci à cet homme si combattu par des catholiques équivoques, si glorieux et si humble dans ses luttes !

J'ai offert, moins pour lui qu'à ses intentions, le saint sacrifice de la messe.

Daignez, Monsieur le directeur, etc. Niort,

prôtre, abonné à VUnivera

M. le curé de Courthezon, diocèse d'Avignon, à M. Rastoul :

Courthozon, 9 avril.

L'abbé F. Bernard, chanoine honoraire, curé de Gourthezon, s'empresse d'adresser à M. Eugène Veuillot et à sa famille, à M. Alf. Rastoul et à toute la rédaction de V Univers SCS plus vifs sentiments de respectueuse sympathie, à l'occasion de la mort du vaillant et illustre soldat de Dieu et de l'Eglise.

11 ne peut s'empêcher de joindre à cet hommage personnel 1a mémoire de son vénéré frère et prédécesseur, l'un des plus

ardents admirateurs de Louis Veuillot, — et au besoin son défenseur à outrance, — comme l'un des premiers et des plus fidèles abonnés de V Univers,

Lettre de M. le curé de Saint-Hîlaire, du diocèse de Bourges, à

M. Eugène Veuillot :

Saint-Hilairo, par lo Blanc (Indre), 9 avril.

Monsieur. — C'est avec une vive émotion que j'ai appris par V Univers de ce matin la mort de M. Louis Veuillot. Je me permets, comme abonné et ami de votre journal, de vous adresser mes condoléances.

Je prends une grande part à votre deuil : aussi bien ce deuil n'est pas le vôtre seulement; il nous atteint aussi, nous prêtres, que sa plume a défendus avec une invincible persévérance.

Il est mort, ce vaillant chrétien ! mais non tout entier : sa vie et ses œuvres resteront une force et une lumière pour toutes les âmes ardentes et sincères.

Demain, j'unirai mes prières aux vôtres.

Daigne le Maître qu'il a servi si fidèlement lui accorder le repos et la paix, deux choses qu'il n'a jamais consenti à goûter tant qu'il lui resta des forces à dépenser pour l'Eglise!

Agréez, etc. P. Guidault,

cur<^ de Saint-Hilairc.

Lettre de M. le chanoine Guillibert à M. Eugène Veuillot :

Aix, 9 avril.

Monsieur. — Permettez à un humble prêtre de Dieu, inconnu de vous, mais depuis longtemps uni à vous et à votre illustre frère par la prière et les souhaits pour le triomphe de l'Eglise, de venir pleurer avec vous la mort de ce grand et invincible soldat du Christ. Il semble qu'il ait été donné à nos temps secoués comme un autre Judas Machabée.

Et surrexit Judas ,,., et adjuvahant eum ont nés fratres ejus, et universi qui se conjunxerant patri ejuSy et prseliabantur prsslium Israël cum Laetitia.

Et dilatavit gloriam populo suo,,., et protegebat castra gladio suo, (I Mac, III, 1-3.)

Il faudrait tout citer pour compléter le portrait de ce vaillant auxiliaire du temple catholique, qui a exaspérait les

maîtres temporels, réjouissait TEglise par ses œuvres, et dont la mémoire sera éternellement en bénédiction ». (Ibid., 7.)

«.Nous aurons souffert, vous écrivait-il à vous-même de Rome, pour la justice; mais nous aurons cru, nous aurons admiré, nous aurons espéré, nous aurons aimé. »

« Bienheureux ceux qui souffrent pour la justice, parce qu'ils auront le royaume des cieux. — 0 Vérité éternelle, vous n'avez pas dit assez, et vous donnez plus que vous n'avez promis : car déjà ceux qui aiment la justice et souffrent pour elle possèdent ici-bas l'amour. Alléluia, » (Parfums de Rome, t. II, p. 334.)

Oui, l'amour. ici-bas, la béatitude au ciel, M. Louis Veuillot les a vaillamment [conquis : si la gratitude des chrétiens lui assurait depuis longtemps la première de ces rémunérations, leurs suffrages unanimes vont hâter, s'il est besoin, pour lui, l'absolue possession de la seconde, et demanderont pour sa noble famille toutes les consolations du ciel.

Veuillez agréer. Monsieur, etc. F. Guillibert,

chanpine.

Lettre de M. le curé de Sainte-Marguerite- sur-Duclair (Seine- Inférieure) à M. Eugène Veuillot :

9 avril.

Monsieur. — Je ne puis résister au désir de vous assurer que je prends une grande part à votre malheur.

Vous perdez dans monsieur votre frère non seulement le plus tendre et le plus dévoué des amis, mais aussi l'appui, le modèle et la gloire de toute votre famille.

Nous, pauvres prêtres de campagne, nous pleurons notre consolateur, notre défenseur, fidèle jusqu'à la mort ; la France voit disparaître un de ses grands écrivains, le premier journaliste du monde, et un cœur qui l'aimait avec passion...

Qui, dans la chrétienté, après le Pontife immortel de Marie, a le plus contribué à guérir les blessures terribles faites à la sainte Église romaine par le grand schisme d'Occident, par le concile de Baie et par le gallicanisme ? quelle voix s'éleva pl'us retentissante en faveur de l'infaillibilité doctrinale des P ^pes ? qui donna le branle au clergé pour l'adoption de la ^*turgie romaine ? qui combattit avec plus de zèle et de succès Pour les droits de la liberté de l'enseignement ?

Et le pouvoir temporel, où lui trouver un défenseur plus ardent, plus infatigable ?

Le prince des philosophes et des politiques modernes^ le comte J . de Maistre, avait prédit que Rome et le clergé fran* çais s'embrasseraient, et que dans cet embrassement sacré ils étoufferaient le gallicanisme ; mais il n*avait pas prévu quel serait l'instrument de Dieu dans cette mémorable réconciliation.

11 est glorieux pour monsieur votre frère d'avoir été choisi de toute éternité pour être l'avocat de cette cause incomparable. Permettez-moi de m'associer encore de plus près à votre douleur, en disant la messe pour votre cher défunt.

Veuillez agréer, etc. Laurent,

curé de SaiAte-Marguorite.

Lettre du R. P. Capiémont, de la Compagnie de Jésus, à

M. Eugène Veuillot :

Douait 0 avril.

Monsieur le directeur de i/Univers, — Quelle douloureuse nouvelle nous a apportée hier matin V Univers ! Permettez au «supérieur et aux pères jésuites de la résidence de Douai de vous offrir nos sympathiques condoléances, à l'occasion de ce grand deuil, qui nous atteint tous. Nou« recommandons au bon Dieu l'âme du grand chrétien, du défenseur incomparable de l'Eglise, de l'ami de Pie IX, de l'éminent écrivain que nous pleurons. Quelle perte! et à quelle heure!

Nous prions mademoiselle votre sœur, dont le dévouement a été au-dessus de tout éloge, les enfants et les parents de M. Louis Veuillot, la vaillante rédaction de V Univers j de vouloir bien agréer l'expression de notre sympathique douleur. Continuez, vénéré Monsieur, ainsi que vos dévoués collaborateurs, à combattre pour la cause de Dieu et de son Église. Plus que jamais nous avons besoin de V Univers,

Veuillez agréer, etc. Ch. Capiémont, S, /.

Lettre du P. Depoix, provincial des PP. Maristcs, à M. Eugène

Veuillot :

Senlis, institution Saint- Vincent, 9 avril.

Le p. Depoix, provincial des PP. marîstes, offre à M. Eugène Veuillot ses sentiments de respectueuse condoléance.

Il regrette dans la mort de M. Louis Veuillot la perte d'un grand et zélé défenseur de l'Eglise et d'un ami sincère de sa congrégation.

HOM&fAGES A LOUIS VEUILLOT S5

M. labbé Gay, supérieur de Tinstitution de Saint- Vincent, écrit :

L*abbé Gay, supérieur de Tinstitution Saint- Vincent, et toute sa communauté, offrent à M. Eugène Veuillot et à toute sa famille leurs profonds regrets pour la douloureuse nouvelle i^tVUniçers vient de leur apprendre.

Nous prions tous de toute notre âme pour le grand chrétien, Tadmirable écrivain, le vaillant défendeur que TÉglise et la France viennent de perdre.

Le Père gardien des capucins d'Angers écrit à M"" Veuillot pour lui offrir <c l'expression de ses sentiments de respect et de condoléance », promettant en même temps de dire la sainte messe « pour Tâme du vaillant soldat de Dieu ».

Le P. Stéphane et toute la famille apostolique d'Avignon écrivent pour offrir à la famille Veuillot <c leurs vives condoléances et la promesse de leurs prières pour le cher défunt ».

Le P. Gueusset écrit de Versailles :

Le P. Gueusset, supérieur de la maison de Notre-Dame des Années, et les pères de sa maison s'associent de tout cœur au deuil de M"« Veuillot, de M. Eugène Veuillot, de toute la famille et de toute la rédaction de V Univers.

Ils n'oublieront pas au saint autel le grand avocat de lu cause catholique.

Les missionnaires d'Hasparrcn nous écrivent des Basses-Pyrénées :

L'abbé Et. Lissarague, des missionnaires d'Hasparren, et tous ses confrères prient pour l'âme du cher et vaillant champion de l'Église que Dieu aura déjà couronné dans la gloire.

Us prennent une part bien grande dans la douleur de toute la Camille Veuillot, et la prient de vouloir agréer l'hommage de leurs sympathiques sentiments.

U. l'abbé Lièyre, supérieur de l'institution Saint-Romain, à Cbâteau-Chinon, nous écrit :

A Monsieur Eug. Veuillot, à toute sa famille et à la ré- <Iaction de VUnivers, j'offre les condoléances d'un très humble admirateur de Louis Veuillot, le vaillant soldat de l'Église. .

A la nouvelle de sa mort, la sainte messe a été célébrée pour son âme dans la chapelle de notre collège. Je crois toutefois que Pie IX lui a déjà fait ouvrir les portes du ciel.

M. Jules Raulin nous écrit :

La presse royaliste de la Mayenne [V Ordre et V Indépendant de l'Ouest) s'associe à celle de Paris pour exprimer ses sentiments de condoléance les plus profonds à la rédaction de V Univers et à la famille du grand chrétien qui a si vaillamment défendu l'Église. Jules Raulin.

M. Villiers, député du Finistère, écrit de Brest à M. Eugène Veuillot, afin de lui offrir a l'expression de ses vives sympathies pour sa douleur, à laquelle il veut tout particulièrement s'associer ».

M. Tabbé Dubarbier, vicaire général de Nevers, écrit à M. Eugène Veuillot :

Ancien vicaire général de M^^*" de Ladoue, j'exprime à M. Eugène Veuillot mes respectueuses et très sincères condoléances.

Je dirai la sainte messe pour ce ferme, brillant et héroïque défenseur de l'Eglise.

Tous les cœurs amis de la vérité porteront ce deuil.

L'abbé Dubarbier,

vicaire général do Nevers.

M. l'abbé Sublon, vicaire général, écrit :

VA' Univers n'a pas eu de plus ancien et de plus fidèle abonné que moi, ni Louis Veuillot de plus sincère admirateur de son talent hors de pair et de son dévouement à la cause de Dieu et de l'Église.

M. Tabbé Jeannin, caméricr de Sa Sainteté, missionnaire apostolique, rédacteur de la Semaine religieuse de Besancon, écrit à Mlle Veuillot :

J'offre à M"® Veuillot mes respectueuses condoléances. Grand admirateur de son illustre frère, je ne peux que m*attrister, avec les amis de l'Église, d'une perte si douloureuse.

En célébrant la sainte messe pour le repos de l'âme de Tincomparable polémiste, j'ai payé une dette de reconnaissance.

Que Dieu console ceux qui restent et pleurent ici-bas ce fort en Israël!

Lettre de M. Anouilh, chanoine, supérieur du grand séminaire de Pamiers, vicaire général, à M. Eugène Vcuillot :

Pamiers, 9 avril.

Abonné à V Univers depuis le premier jour de son apparition, j*ai eu le temps d'admirer et la foi vive de Louis Veuillot et sa constance inébranlable à défendre TEglise catholique contre toutes sortes d'ennemis et son talent hors ligne.

Il est donc bien juste, et c'est un besoin du cœur, que je vous exprime mes sentiments de sympathique condoléance, en m'associant à votre douleur. Je m'adresse à M^'* Élise Veuillot, à M. Eugène Veuillot et à toute la famille.

Je prie pour le cher défunt et pour les siens qui lui survivent.

Mes confrères du séminaire partagent mes sentiments.

Anouilh,

supérieur du grand séminaire, vicaire général.

Le supérieur d'une congrégation charitable de religieuses franciscaines à M»« Veuillot :

Notro-Damo do Compassion de la Dovùzo (Cantal), 9 avril.

Bonne Mademoiselle. — Nous apprenons a l'instant, avec une douloureuse surprise et une profonde tristesse, la mort de votre bien-aimé frère. C'est une perte que ressentiront les catholiques du monde entier ; mais notre petite communauté, s associant au deuil universel, la ressent plus vivement encore, la divine Providence, en efiet, ayant daigné appeler, par vous, bonne Mademoiselle, nos chères petites sœurs, auprès du lit de l'illustre et cher malade. Jusqu'au jour de son départ pour le ciel, nos cœurs allèrent à lui. Ils ne s'éloigneront jamais de cette grande et sainte âme, l'accompagnant de leurs prières au delà du tombeau.

Ce sera pour notre pauvre petite congrégation, bonne Mademoiselle, un éternel honneur et une grande consolation d'avoir été représentée par quelques-unes de ses enfants auprès du vénéré monsieur Louis Veuillot, votre frère, le grand écrivain, le chef incontesté des catholiques militants, le chevalier sans peur et sans reproche de Notre-Seigneur Jésus-

Christ. Nos sœurs devaient, au i^ mai, reprendre leur service auprès de lui. Le bon Dieu en a disposé autrement. Que sa très sainte volonté soit faîte !

Nous avons commencé, pour le repos de Tâme du cher défunt, une neuvaine de messes, de communions et de prières.

Daignez agréer, etc. M. Robert.

Lettre de M. Tabbé Forviellc à W^^ Veuillot :

Concameaa (Fimstcre), 9 vwni.

Mademoiselle. — ... Dieu a fait sonner l'heure de la gloire et de la récompense pour votre illustre frère, mais en même temps il a marqué Tinstant d'une séparation qui, pour n'être que temporaire, n'en est pas moins poignante, quoique moins amère. Devant une mort si précieuse devant le Seigneur, on ne sait à quel sentiment l'âme et l'esprit doivent s'arrêter. Gomme Moïse, il est arrivé sur le bord de la terre promise, mais il ne devait lui être accordé d'en jouir que de là-haut. Combien, après son demi-siècle de luttes pour la réorganisation du règne de Jésus-Christ, ne sera-t-il pas heureux de suivre les luttes de V Univers, et de donner d'une manière mille fois plus ample le secours, non plus de sa plume, mais de sa puissante intercession auprès de Notre-Seigneur Jésus-Christ !

Daignez agréer, etc. Félix Forviellb,

prôtre.

Lettre de M. le chanoine Connan, aumônier de Sainte-Anne, «

M"c Veuillot :

Lannion, 0 avril.

Bonne et chère Mademoiselle. — La communauté de Sainte- Anne de Lannion vient partager votre douleur et la douleur de l'Église. Nous pleurons M. Louis Veuillot, comme nous avons pleuré Pie IX, Pie de Poitiers, dom Guéranger, ces nobles morts. La catholicité tout entière le pleurera comme nous.

Quel merveilleux talent ! et quel emploi de ce talent incom<parable ! Grand homme, et, grâce à Dieu, grand saint!

Cependant l'Église veut qu'on prie pour ceux qui sortent de ce monde, et les prières ne feront pas défaut k l'illustre défunt dans l'univers catholique. La communauté de Sainte* Anne, en particulier, ne sera pas la dernière dans ce pieux empressement. La première communion générale du couveat

et la première messe ont été pour le soulagement de son âme, et aussi pour la consolation de son inséparable sœur, qui a su si bien partager et soutenir ses travaux et ses épreuves. Nous étendons nos prières à tous ceux qu'il a laissés inconsolables dans ce triste monde.

Nous voulons lui continuer nos suffrages. Ce sera pour nous un soulagement et Tacquit d'une dette universelle.

Veuillez bien, bonne et chère Mademoiselle, agréer, etc.

Y.-M. GONNAN,

eh. hon., aumônier de Sainto-Anno.

Lettre de plusieurs prêtres du diocèse de Quimper à M. Eugène

Veuillot :

B***, 9 avril.

Monsieur Eugène Veuillot. — J'ai vu ce matin, avec une profonde douleur, VUnis^ers encadré de noir. Je ne saurais vous dire combien la mort de votre illustre frère m*a frappé. J'ai prié pour lui, avec Tespérance qu'il <c n'est pas loin du royaume de Dieu ».

Je l'aimais depuis mes études. J'avais lu quelques-uns de ses écrits, avec les vôtres. Depuis 1867, j'étais abonné à l'Univers y qui a été, et qui, grâce à vous, restera encore le journal catholique par excellence.

Ce n'est pas le moment d'exprimer un jugement. Je vou dirai toutefois, si cela peut vous consoler quelque peu d'une perte si cruelle, que votre journal, — je parle pour moi et pour la plupart de mes confrères du pays, — quoiqu'il ait maintenant perdu un rédacteur qui ne se retrouvera pas, n'a pas perdu son chef. Vous l'avez prouvé depuis longtemps.

Donc, je vous souhaite, ce que vous avez d'ailleurs, par la ^âce de Dieu, un grand courage dans le malheur. Le moment prévu par votre frère est venu : Ecce. agon sublimls et wnagnus.

Agréez, Monsieur, l'expression de mes condoléances et de inon dévoué respect.

(Saivent les noms de reeclésiastique qai a tenu la plume et do plosioars do ses confirèrea adhérant à ses sentiments.)

Lettre de M. de Lagarde, supérieur du collège Stanislas, à

M. Eugène Yeuillot :

Paris, 9 ayril.

Cher Monsieur. — Permettez-moi de m'associer à bien d'autres pour VOUS exprimer toute la part que je prends à votre grande douleur.

En même temps que vous perdez un frère bien cher, la presse catholique perd son plus vaillant et son plus intrépide champion. Ses longs et persévérants combats pour la cause de Dieu, de TËglise et du Saint-Siège, lui auront certainement valu une bonne place au ciel, en même temps qu'ils environnent sa mémoire d'un grand souvenir et d'un honneur justement mérité.

J'unirai de grand cœur mes prières à toutes celles qui se feront ces jours-ci pour l'âme de votre digne frère, tout en ayant la ferme espérance que sa longue maladie aura suffi pour satisfaire à la justice de Dieu et lui ouvrir directement l'entrée du ciel.

Veuillez agréer, cher Monsieur, pour vous et pour votre cher Pierre, que je vois avec plaisir marcher bravement sur les traces de son père et de son oncle, l'expression de mes sentiments les plus sympathiques et les plus dévoués.

G. DE Lagarde,

supériour.

Lettre de M. l'abbé Guérin, directeur de la Semaine religieuse

de Marseille j à M. Eugène Veuillot :

Marseille, 9 avril.

Monsieur. — J'accomplis un devoir de religieuse sympathie à l'occasion de la mort de votre éminent rédacteur en chef, M. Louis Veuillot. La France perd un grand écrivain, l'Eglise un grand défenseur. Tous ceux qui aiment et l'Église et la France s'associent à votre deuil. Permettez-moi de vous exprimer, au nom de mes collaborateurs et en mon nom personnel, toute la part que nous prenons à votre très profonde douleur. Que Dieu daigne bénir votre œuvre! C'est une des récompenses qu'il réserve aux mérites du très regretté défunt.

Veuillez bien agréer nos respectueux hommages.

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