‹ Hommages à Louis VeuillotChapitre 37 sur 51 · A. MORLOT · texte numérisé non relu

A. MORLOT

Belfort, ayril 1883.

Louis Veuillot est mort! c'est le cri de la France, Qui vient de perdre en lui son plus grand écrivain ; C'est le cri de l'Eglise, entourant d'es[)érance La tombe du héros, du soldat surhumain

Qu'elle a vu cinquante ans [)artout pour sa défense. Qu'elle a vu sur la brèche et le glaive à la main, Abattre, sous les coups de sa noble vaillance. Les ennemis du Christ, comme un foudre divin.

Gloire à Louis Veuillot! Mais qui prendra sa place? Qui viendra, pour la France et pour l'Église en deuil, En face de sa croix, sa plume et son cercueil.

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Nous dire avec serment : Moi, je suis de sa race. Et je veux après lui terrassei» les pervers? Je le connais, cet homme : il a nom V Univers,

Un admirateur et ajni.

Saint-Pierre (Martinique), lo 6 mai 1883.

(Journal les Antilles,)

Ta noble destinée enfin est accomplie, O Veuillot! et la mort t'a fait monter au ciel. Sur la terre ton Dieu te donna le génie ; Il te donne à présent le repos éternel.

Ton sort est enviable et ta vie est sublime. Tu fus aimé par ceux qui chérissent le bien ; Et tu fus craint, hat, par TEsprit de Tabîme, Cet Esprit infernal qui maudit tout chrétien.

Tu fus chrétien, Veuillot, et tu fus un grand homme Car tu n'as pas trahi le seul Dieu de ton cœur. Tu défendis toujours le Prêtre-Roi de Rome ; Tu ne fus pas félon, courageux serviteur.

Comme j'admire en toi le courage ! Ton âme Tout entière combat dans tes écrits de feu ; Ta plume frappe, court, et s'enivre et s'enflamme. Lorsque ton cœur la tient pour défendre ton Dieu.

Catholique vaillant, converti par la grâce, A quel degré de gloire à l'assaut tu montas ! Tout fut pour toi : l'ardeurj le génie et l'audace. Tu fus comblé, Veuillot, et tu le méritas!

Georges Chsvillet.

Le R. P. Janin nous envoie de la Nouvelle-Calédonie (île Noui une pièce de vers dont nous extrayons ces strophes :

Louis Veuillot n'est plus, mais ses écrits nous restent. C'est là qu'il se survit, et qu'il vit tout entier. Il a bien combattu : tous ses écrits l'attestent. 11 était sur la brèclie un puissant bouclier.

'Yraî Judas Machabée, il exposa son âme^, Comme lui, pour défendre et sauver Israël. Sa plume était un glaive à la pointe de flamme, Le glaive flamboyant de Tarcbange Michel-,

Oui, ce vaillant champion sut manier Tépée : Il en frappait quiconque insultait à la loi, Fendant les pourfendeurs de son arme trempée Aux sources de saint Pierre, où s*inspirait sa foi.

Oui, fier, ardent, zélé, son cœur aimait l'Église : Pour elle il a vécu, pour elle il serait mort ; Pour elle il a lutté. De la Terre promise, Ce Josué vainqueur veille encor sur son sort.

Non moins que son Eglise il aima sa patrie. 11 ne marchanda point avec la vérité.

On étoufla sa voix... mais cette ignominie Le fit paraître grand comme la liberté.

1. Ego autem, sicut et fratres met, animam... trado pro patriis legibus. (II Maeh., vn, 37.)

3. ...Et colloeavit ante paradisum voluptatis Cherubim, et flammeum giadinm atque versatUem, ad cusiodiendtim vi'ani ligni vitae. (Gcn., m, 24.)

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