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mains sur ses entrailles qui s'échappaient par une horrible blessure, poussa des gémissements si douloureux, ses yeux pleins de larmes semblèrent si bien reprocher aux matelots le meurtre inutile qu’ils venaient de commettre, que ceux-ci prirent la fuite avec horreur. Le léndemain, quand le capitaine revint sur les lieux, la partie inférieure du corps avait été dévorée par les bêtes féroces, la tête et la poitrine étaient seules intactes. Cette tête et quelques os conservés dans l'espritde-vin ont été rapportés au musée de Leyde. La figure a une grande ressemblance avec le visage humain, le nez est pointu, la bouche grande, les yeux ronds et très-enfoncés. la barbe et la moustache bien placées, enfin le front découvert comme chez l’homme a une certaine largeur. Cet individu, ayant comme les singes une côte de plus que Phomme, a été classé parmi eux sous le nom de Pongo de Worms.
Les Gorills. — Qui n’a pas vu cet être hideux et gigantesque, placé dans une cage de verre au milieu des galeries du muséum ? Cette peau noircie par le desséchement, ces dents saillantes, l'expression féroce de la physionomie, la force prodigieuse annoncée par le développement des muscles des bras et des jambes, forment un ensemble repoussant. C’est le seul exemplaire connu, un vieux mâle qui à été envoyé en France de la côte africaine du Gabon. On ne sait rien de ses mœurs ni de ses habitudes; ce singe est d’une grande taille, 1 mêtre 70 environ; seulement chez lui l’angle facial est moins développé que chez le Pongo, et Ia tête plus aplatie le rapproche davantage de la brute.
Les Orangs. — La plus grande taille des orangs-outangs n’est que de 4 mêtre 50; ils sont encore très-rapprochés du type humain, mais pourtant dans la vieillesse leur bouche devient fort proéminante. On les connaît un peu mieux que les précédents; il n’en est venu que de très-jeunes en Europe, où les maladies de poitrine les enlèvent rapidement ; cependant on à pu admirer leur intelligence déjà très-développée à l’âge de deux ans. Je ne parlerai pas ici de l’orang femelle de Rienzi, qui faisait la manœuvre avec les matelots, qui s’habillait et se déshabillait chaque jour pour se coucher dans son lit, et chez qui l'éducation avait développé, à ce qu’il prétend, le sentiment de la pudeur. J’arrive à ce que j'ai vu de mes propres yeux. J'ai vu à Cuba un orang mâle adulte servir à table avec les domestiques nègres; il