‹ Homme Primitif Louis Figuier 2eme edition 1870Chapitre 24 sur 53 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Type de la race humaine à l'époque de la pierre polie. — La race aryenne. — Crânes dessinés par MM. Thurnam et Davis. — Crâne de Borreby.

Comme nous l'avons dit au début de l'histoire de l’époque de la pierre polie, un nouveau type humain est apparu dans nos régions (France, Angleterre, Belgique, etc.). Ce type nouveau qui est venu remplacer le type mongoloïde, ou s’y ajouter, est Le type aryen. 1] a reçu dans nos contrées le nom de celtique, et a donné à la France la race des Gaulois. Le crâne de l’homme dès l'époque de la pierre polie devient donc sensiblement pareil à celui de l’homme de nos jours.

Les crânes appartenant à l'époque de la pierre polie abondent dans les collections. Les premiers que l'on ait décrits et publiés sont ceux du dolmen de Meudon, figurés par M. le docteur Robert. Dans ce dolmen, le cräne celtique se trouvait à côté de l'an. cien type mongoloïde.

D'autres crânes, appartenant à l'époque de la pierre polie, ont été dessinés dans l'ouvrage de M. Belgrand, le savant ingénieur qui a fait une étude si approfondie du bassin de Paris aux époques antéhistoriques. Dans les planches qui accompagnent l'ouvrage de M. Belgrand, on trouve figurés deux cränes entiers, et plusieurs portions de cränes retirés des sépultures de Meudonet de Champceuil!.

Nous reproduisons ici (fig. 162), à titre d'exemple, un des crânes dessinés dans l'ouvrage anglais de MM. Thurnam et Davis’, parce

1. Le bassin parisien aux dges antéhistoriques, par E. Belgrand, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur des eaux et des égouts de la ville de Paris. t vol. grand ir-8*, Paris, 1869 (planches 63, 64, 65, 67, 68).

2, Crania britannica, Paris et Dublin.

que cette pièce a acquis une assez grande renommée. C'est le crâne d'un ancien Celte d'Irlande trouvé dans le dolmen dit du Phénir.

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Fig. 162. Crâne d'un homme à l'epoque de la pierre ole {1/4 de grandeur nalurelle),

M. Pruner-Ley, dans son Discours au Congrès anthropologique de Paris, en 1867, caractérise en ces termes les crânes appartenant au type aryen (celtique dans nos contrées). ,

« Nous sommes ici en face d'une race humaine de grande taille, qui dans ses branches diverses ne descend point au-dessous de la moyenne, Aussi son crâne est-il plus volumineux, franchement dolichocéphale (arrondi}, el ses contours présentent la forme ovale ou elliptique en tous sens. L'orthognathisme est ici la règle, et 1à où le brognathisme existe, il diffère par sa forme de celui que nous avons signalé dans la race mongoloïde : en effet, c'est en pointe que dans le dernier cas les alvéoles et les incisives font saillie. Enfin par la saillie du nez et du menton et par la dépression de la fosse canine, les traits sont ici bien accusés ; et déjà à cette époque loin taine, le crâne du sexe féminin présente un ensemble harmonieux où les traits de l'enfance se marient à ceux de la beauté, En un imét, nous sommes icien présence de la race aryenne.

a …. La persistance de ce type humain dans loutes les époques successives jusqu'à nos jours est un fait trop bien établi pour y insister. De même que le premier, et sans perdre ses caractires typiques, il a subi des modifications durant les phases qu'il a traversées. Car si le crâne moderne appartenant à ce type est en général moins volumineux que les anciens, son front, par contre, souvent très-fuyant dans l'antiquité, est maintenant plus élevé et plus rempli. Quelques formes anguleuses et saillies evagérées dans les traits ont disparu. L'usure des dents, de circulaire qu'elle était jadis, est devenue oblique, ele. Ainsi que le volume du crâne, la taille a également baissé, sinon en moyenne, ponrlant dans sonexagération telle que à présentaient certains individus de Pantiquité !, »

1. Discours sur la question anthropologique. Fzrtrait des comptes rendus du Congrés d'anthropologie et d'archéologie préhistoriques. Session de Paris, L867.

Fig. 163. L'homme à l'epoque de la pierre polie.

On n'a point recueilli d'ossements humains dans les amas de coquilles du Danemark, non plus que dans les couches inférieures des tourbières; mais les tombeaux de ce mème pays, appartenant à l'époque de la pierre polie, ont fourni un certain nombre de cränes humains.

Les crânes trouvés dans les tombeaux du Danemark et qui appartiennent à l'époque de la pierre polie, sont conformés d'une manière peu différente de celle du crâne de GCelte que nous avons figuré plus haut. Le front est très-noble et la largeur de

l'encéphale rentre tout à fait dans le type de la race aryenne.

1l est cependant un cräne extrait des tombes du Danemark et dont on a beaucoup parlé, parce que l’on y retrouvait cette saillie des arcades sourcilières propre au crâne du Neanderthal, disposition organique chère aux partisans de la théorie de l'origine simienne de l'homme. M. Burq, anatomiste du Nord, a beaucoup étudié ce crâne, que nous représentons ici. (fig. 164) Comme on

Fig. 104. Crâne de Borreby (1/4 de grandeur naturelle.

le voit, il a les arcades sourcilières proéminentes, le front fuyan et l’occiput court. Mais ces dispositions sont de pures anomalies individuelles, qui ne peuvent rien enlever au caractère général que nous prétons aux crànes de l'homme de la pierre polie en les classant dans la race aryenne. Cette saillie des arcades sourcilières et ce front fuyant dénotent tout simplement des individus idiots, soit naturellement, soit par des compressions exercées sur les crânes pendant la jeunesse. Il faut bien se garder de considérer cet échantillon exceptionnel comme représentant une race particulière, car les nombreux crânes que l'on possède de

l'homme de l’époque de la pierre polie, trouvés dans les pays les plus divers de l’Europe centrale, rentrent tous, par leur belle et noble conformation, dans le type que nous désignons avec M. Pruner-Bey sous le nom d'aryen.

Le type du crâne humain à l'époque de la pierre polie prouve

.bien que l’homme de ce temps, par la beauté, la régularité +. formes osseuses de sa tête, est semblable à l'homme actuel, démontre, fie fois de plus, eombien sont fausses et légères les préciations de ces savants. à courte vue qui voudraient établir une filiation généalogique éntre l'homme et le singe,

Comme nous le disions dans l'Introduction de ce volume, un simple coup d'œil jeté sur les crânes des individus des époques antéhistoriques réduit à néant tout ce qui a été écrit et professé concernant la prétendue parenté organique entre l'homme et le singe. Nous ne parlons pas des œuvres de l'homme primitif, œuvres que nous étudions dans cet ouvrage avec les détails nécessaires. L'examen des œuvres de l’industrie primitive est, en effet, le meiïlleur moyen de prouver, en dehors de toule autre considération, qu'il existe un abime entre lui et l'animal; c'est le meilleur argument contre notre prétendue origine simienne, comme l'appellent ceux qui veulent cacher des idées absurdes sous de grands mots scientifiques.

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