CHAPITRE V
Armes, instruments et uslensi'es contenus dans les différentes stations lacustres de l'Europe, qui nous font connaltre les habitudes de la vie à l'époque du bronze.
Nous venons de parler de la découverte et de l'exploralion des habitations lacustres en différentes parties de l'Europe, ainsi que des bourgades palustres de l'Italie du Nord. Ces riches gisements ont considérablement éclairé l'histoire primitive du genre humain. Il sera possible, avec ces éléments, de reconstruire la vie domestique des peuplades de l'époque du bronze, c'est-à-dire de décrire les armes, instruments et ustensiles propres à la vie usuelle pendant cette période.
Nous avons rangé les habitations lacustres dans l'époque du bronze, pour la facilité et Ja clarté de l'exposition ou du récit. Mais il ne faut pas oublier que les cités lacustres ne contiennent pas seulement des objets se rapportant à l'époque du bronze; elles renferment aussi un certain nombre d'objets de l'époque de la pierre polie, c'est-à-dire de la période précédente.
Que les villages lacustres aient été construits à l'âge de la pierre, comme on l'a inféré de la présence unique d'objets en pierre dans certaines stations, ou que ces habitations aient été construites à l’époque du bronze, mais en conservant, comme cela est probable, l'usage des objets en pierre datant de la période précédente, c'est une question indifférente pour nous. Il est certain que le plus grand nombre des stations lacustres ne remontent qu'à l'époque du bronze. Seulement, comme des objets en pierre font partie du mobilier de beaucoup de ces anciennes habitations, nous devons commencer par décrire les objets de l’âge de la pierre, en abrégeant d'ailleurs beaucoup cette description,
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car nous ne pourrions que répéter ce qui a été dit dans les chapitres précédents.
Les armes et instruments de pierre sont, en Suisse comme ailleurs, des haches, des pointes de lanceset de flèches, des marteaux, des couteaux, des scies, des ciseaux.
Les haches et les marteaux sont faits de substances très-diverses : silex, diorile quartzite, néphrite, jade, serpentine, etc. Mais les autres armes ou outils sont presque tous en silex.
. La hache était d'un usage continuel, non comme arme, mais comme oulil; aussi en reste-t-il de très-nombreux spécimens dans les lacs de la Suisse,
En général les dimensions de ces haches sont petites. Leur longueur varie de 5 à 20 centimètres, et leur largeur, au tranchant, de 40 à 60 millimètres. La figure 174 représente une de
Fig. 474. lache de plerre Fig. 175. Ciseau de pierre avec dea habitations manche en bols de cerf lacustres de la Suisse, es habitations lucustres de la Suisse.
ces haches de silex. Leur forme est celle des haches danoïses de l'époque de la pierre polie,
Le systéme le plus simple pour emmancher Ja hache de petite dimension, c'est-à-dire le ciseau, consistait à la loger dans une portion de bois de cerf, évidée pour cette fin à l'une de ses extrémités. On obtenait ainsi une espèce de ciseau qui se manœuvrait facilement. La figure 175 représente cel emmanchement.
11 y avait aussi un autre mode d'emmanchement. Le silex taillé était préalablement fixé dans sa gaïîne de eorne de cerf. Cette gaine élait percée elle-même en son milieu d'un trou rond,
pour recevoir un manche en bois C'est alors une véritable hache.
La figure 176 représente une de ces haches emmanchées comme on en voit plusieurs au Musée de Saint-Germain.
Ce mode d'emmanchement est frèquent;, nous l'avons d'ailleurs
Fig. 176. Marteau en silex emmanche dans un bois de cerf.
déjà signalé, d’après Boucher de Perthes, à l'époque de la pierre polie (p. 242, fig. 128).
H y avait aussi une autre manière d'emmancher les haches et les ciseaux. *
Voici comment on s’y prenait pour exécuter cet emmanchement. On introduisait le silex dans une courte emmanchure en bois de cerf fouillée à cet effet d'un côté, tandis que l'autre extrémité de ce mème bois de cerf était taillée en carré. Cette partie carrée, plus étroite que le reste de la gaine, venait s'adapter dans un manche en bois, percé d’un trou de même forme et de mèmes dimensions.
M. Nesor, dans son Mémoire sur les palafittes, donne la figure suivante (fig. 177) comme représentant ces haches doublement emmanchées.
Il est extrèmement rare que les haches de ce type se retrouvent complètes dans les habitations lacustres de la Suisse; généralement le ‘manche à disparu. Dans d'autres localités où les haches sont três-nombreuses, on ne ramasse presque point de gaines. Ne serait-ce point qu'on y taillait spécialement Ja pierre, mais non la poignée? Il y a eu, en eflet, en Suisse comme en
France et en Belgique, des ateliers de fabrication. Le grand nombre de haches ébauchées ou défectueuses, qu'on recueille dans les principaux cantonnements lacusires, ne permet pas d'en douter. .
Fig. 177, Hacbe da pierre avec double emmanchement en corne da cerf et de bois.
Les instruments les plus beaux, les plus soigneusement travaillés sont les marteaux et les haches-marteaux. La plupart sont en serpentine. L'une de leurs extrémités est ordinairement arrondie ou aplatie sur le dessus, tandis que l'autre s'amincit en lame tranchante ou en pointe, comme le représentent les figures 178 et 179 données par M. Desor. Ils sont percés d'un trou rond
Fig. 178-179. Marteau-bacha Fig. 180. Autre marteau-bacba des an serpentine des habitations lacustres habitations Jacustres da la Suisse. de la Suisse.
destiné à recevoir un manche en bois. Ce trou est si net et si régulier, qu'il est difficile de croire qu'il ait été pratiqué avec du simple silex. Le métal seul parait capable de donner un travail aussi achevé. C'est ce qui peut faire croire que toutes les stations lacustres que l'on range dans l'âge de la pierre appartiennent plutôt à l’époque du bronze.
La figure 180 représente un autre marteau-hache en silex tiré des lacs de la Suisse.
Les couteaux et les scies n'ont rien de remarquable. Ce sont de simples éclats de silex, étroits et longs, dont le tranchant ou les dents se trouvent sur le grand côté, On en possède qui sont en-
Fig. 181. Scie en silex emmancbée dans un bols de cerf.
castrés dans des poignées en hois de cerf, comme le représente la figure 181, dessinée d’après le mémoire de M. Desor,
Fig. 142. Pointe de lance Fig. 183. Diverses formes de pointes en silex des de flèches habitations lacustres des habitations laeustres ds la Suisse, de La Suisse.
Le scellement a dû être fait avec du bitume, car on a retrouvé sur quelques emmanchures les traces de cette substance. Le
mème moyen était employé pour fixer les haches dans leurs gaines.
+ Les pointes de lances (fig. 182) sont très-bien façonnées : la forme en est}régulière et la taille parfaite, quoique inférieure à
Fig. 184. Pointe de flèche Fig. 185. Pointe de flèche Fig. 186. Pointe de flèche en os en pivrre fixee sceltée avec du bitume. scellée avec du bitume par vue ligature de fil.
celle du Danemark. Elles sont unies d'un côté, et présentent de l'autre une crète médiane longitudinale.
Les pointes de flèches sont très-variées de formes (fig. 183,. Elles ne le cèdent en rien, sous le rapport de la finesse d’exécution, aux pointes de lance ou de javelot.
La taille de ces petites pièces devait exiger beaucoup de travail
. et beaucoup d’habileté. Il en est de dentelées sur les bords, ce qui devait rendre leurs blessures plus dangereuses. La plupart de ces pointes de flèches sont en silex, mais on en a également recueilli en os, et mème en-bois de cerf.
Les pointes de flèches étaient fixées avec du bitume. C’est ce que représentent les figures 184 et 185, que donne M. de Mortillet dans ses Promenades préhistoriques à l'Exposition universelle.
D'autres fois elles étaient simplement fixées à la tige par une ligature de fil (fig. 186).
On a retrouvé quelques débris des arcs qui servaient à lancer ces flèclies. Ils sont en bois d'if, grossièrement taillé.
Les outils et instruments en os étaient, comme ceux en silex, d'un usage très-fréquent. Indépendamment des pointes de flèches, dont nous venons de parler, on a retrouvé des poinçons de différentes formes (fig. 187 et 188), des ciseaux pour le travail du bois (fig. 189), des épingles à tète lenticulaire (190; et des aiguilles percées tantôt d'un trou, tantôt de deux trous, tantôt enfin creusées près de la tèle d’une rainure circulaire pour y attacher le fil.
Fig. 187. Poinçon en os Fig. 188. Polnçon en os des habitations lacustres de la Suisse. des habitations lncustres de la Suisse.
Les figures 187, 188, 189 et 190 sont données par M. Desor, dans son Mémoire sur les palafiltes.
Il est probable que, comme à l’époque du renne, les coutures des vêtements se faisaient à l’aide de l'aiguille et du poinçon, celui-ci perçant les trous où l'on passait ensuite l'aiguille.
Il faut sans doute voir des hamecçons dans des sortes d'aiguilles percées au milieu et pointues aux deux bouts, que l’ap trouve en abondance dans les stations lacustres. Lorsque le poisson avait mordu à l'appât, ces deux pointes lui entraient dans les chairg,
et il était facile alors de l'enlever. Quelques-uns de ces hameçons sont taillés dans des défenses de sanglier.
Fig. 189. Cisenu de menuisier Fig. 490.
des habitations lncustres de la Suisse. | Épingle en os.
Le bois de cerf était également employé en maintes circon-
Fig. 191. Pic en bois de cerf,
stances. On en faisait quelquefois des marteaux qui se manœuvraient à l'aide d'un manche (fig. 191), des harpons (fig 192),
des harpons à double rangée de barbelures (fig. 193), et de petites
écuelles de forme conique {fig. 195) percées d'un trou à la partie supérieure pour être suspendues.
Fig. 192. Harpon en bols de cerf Fig. 193. Harpon en bois de cer des habitations lacustres de la Suisse. des habitations lacustres de la Suisse.
Le goût de la parure n’était point étranger aux populations primitives de la Suisse. Des dents canines et incisives de divers
Fig. 194. Vase en bols de cerl.
animaux, des disques et des perles en os ou en bois de cerf, le tout réuni en collier, formaient leurs ornements habituels.
Elles faisaient aussi usage d'épingles à cheveux et de peignes en os. Terminées en boule et d’une élégante simplicité, ces épingles ne dépareraient pas trop la tête des femmes modernes.
Tels sont les instruments, ustensiles et engins à l'usage de la
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vie domestique, trouvês dans les habitations lacustres de la Suisse propres à l'âge de la pierre. Passons maintenant aux objets de même genre propres à l'époque du bronze.
La quantité d'objets en bronze qu'on a recueillis jusqu'à présent dans les lacs de la Suisse est très-considérable. La plus belle collection du pays, celle du eolonel Schwab, n'en contenait pas moins de 4246 en 1867, d'après une table dressée par le docteur Keller,
La plupart de ces objets sont coulés dans des moules, comme le prouvent les bavures dont plusieurs ont conservé des traces.
Parmi les restes les plus remarquables de l'époque du bronze trouvés dans les lacs de la Suisse, nous devons citer les haches. Elles mesurent de 10 à 20 centimètres de longueur, et pèsent de 300 à 750 grammes. Leurs formes sont variées; mais toutes ont pour caractère distinctif de s'emmancher longitudinalement, et non transversalement comme à l'âge de la pierre. Il est rare aussi qu'elles ne soient pas munies d’une anse, destinée à les suspendre à la ceinture, où dans la maison. °
Voici d'abord ‘fig. 195) la hache à ailerons repliés de chaque côté de la lame, de manière à constituer une sorte de douille à deux compartiments, dans laquelle entrait un manche coudé, Ce type est le plus répandu. Quelquefois, comme on peut le remarquer sur la figure 195, l'extrémité supérieure est percée d'un œil qui donnait sans doute, passage à un lien en corde pour fixer le manche recourbé. Cette dispo- 4: sition est spéciale aux haches de grandes dimen-
N sions, c'est-à-dire à celles qui fatiguaient le plus. > Untype trésrare en Suisse et dont il existe un A spécimen seulement au Musée de Neuchâtel , c'est
en bronze à ai- celui ‘fig. 196} dans lequel les aïlerons, au lieu de
lerons des habi- : .
tationslacustres Se recourber sur la lame perpendiculairement au
de la Suise. lan du tranchant, se rabattent dans ce plan même, ou si l'on aime mieux, sur l'épaisseur de la lame.
Il y a enfin la hache à douille ordinaire, soit cylindrique (fig. 197), soit prismatique et quadrangulaire. Cette forme est très-commune en France, où on la connait sous le nom de cell.
Un manche de bois coudé entrait dans l'ouverture de la douille, et un lien solide passant par l'œil attachait la hache au manche de bois.
M. Morlot a désigné sous le nom de couteaux-haches (fig. 198; des instruments dont les oreillettes ne sont qu'indiquées et ne
Fig. 196. Hache à aïletons (face et profil) des habitations lacustres de la Suisse.
peuvent servir en aucune façon à recevoir un manche. Il est probable qu'on saisissait ces outils directement avec la main, et que
Fig, 197, Hachs à douille Fig. 198. Couteau-hache (face et’profl) des habitations lacustres. des babitations lacustres.
les rudiments d’ailerons avaient pour but de substituer une surface arrondie à une arète coupante. Les figures 195, 196, 197 et 198 sont tirées du Mémoire de M. Desor sur les palafittes.
Après les liaches, nons pouvons mentionner des ciseaux pour le travail du bois {fig. 199), parfaitement taillés, et qui ne différent guère de nos ciseaux actuels que par le mode d'emmanchement, lequel est à douille
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On a aussi trouvé une sorte de marteau prismatique hexagonal (fig. 200), également à douille, et dont la longueur est
Fig. 199. Cisea1 de menuisier en bronze. Fig. 200. Marteau À six faces.
de 6 centimètres. Ce marteau fait artie de la collection Schwab.
débit »
ZA
Fig. 2041. Couteau à douille Fig. 202. Couteau à douille des habitations des bsbitations lacustres de la Suisse. lacustres de la Suisse,
De tous les instruments tranchants, les couteaux sont les plus
nombreux. Le travail en est généralement très-soigné et la forme très-élégante. La manche de quelques-uns est en métal ; mais la plupart se terminent par une queue, qui pénétrait dans un manche en bois, ou en corne de cerf, comme la représente la figure 201, donnée par M. Desor, dans son Mémoire.
On voit aussi des couteaux munis d'une douille (fig. 202). La lame mesure de 10 à 20 centimètres de longueur, et elle est souvent ornée de dessins ; dans certains cas, le dos en est fortement renflé. Ù
A côté des couteaux, rangeons les faucilles. Elles ont été recueillies en assez grande quantite dans les stations d’Auvernier et de Cortaillod {lac de Neuchâtel). Elles sont fort bien façonnées et fréquemment ornées de nervuresou de renflements. La figure 203,
Fig. 204. Faucille en bronte trouvee par M. Desor à Chevroux.
que donne M. Desor dans son Mémoire, représente une faucille de ce genre que l'auteur a recueillie à Chevroux.
Les plus grandes de ces faucilles n'excèdent pas 15 centimètres de circonférence. Elles s'adaptaient dans un manche en bois au moyen d'une tige de bronze.
Nous ne pouvons évidemment décrire tous les objets de bronze recueillis dans les lacs de la Suisse. A la suite de ceux qui précèdent, nous nous contenterons de citer quelques scies de formes diverses, — des rasoirs, de véritables rasoirs, indiquant un soin assez accusé de la personne, — des poinçons, — des aiguilles à chas terminal ou éloigné de l'extrémité, — des engins de pèche, tels que hameçons simples et doubles (fig. 204, 205), à pointe unie ou barbelée, — des harpons, — plusieurs petits vases, etc.
Nous nous arrèterons un moment sur les objets de parure
contenus dans les stations lacustres de la Suisse de l’époque du bronze.
Mentionnons d'abord les épingles à cheveux, qui ont été recueillies par centaines dans les différents lacs. Ce qu'il y a de eu-
Fig. 20%. Hameçon de bronre Flg. 205. Hamecon double des stations lscustres de 15 Suisse. des stations lacustres de la Suisse.
rieux, c'est qu'on n'en peut trouver deux absolument semblables de formes et de dimensions. Nous empruntons au Mémoire de M. Desor les quatre figures suivantes représentant différentes formes d'épingles. Les unes sont à tèle ronde (fig. 206), les autres à tête plate (fig. 207) ou cylindrique (lg. 208); quelques-unes se terminent par un enroulement dans lequel est engagé un anneau mobile fig. 209).
Les épingles à tête ronde sont lantôt massives et sans ornement, c'est-à-dire la copie exacte des épingles en os de l’âge de la pierre, tantôt, et même le plus souvent, percées d'un ou plusieurs trous ronds, et agrémeulées de quelques ciselures.
Les épingles à tête plate différent beaucoup les unes des autres par le diamètre du bouton, qui parfois est considérable. Il en est dont la tète n'est qu'un petit renflement, et il en est d'autres où l'on observe deux ou trois de ces reuflements un peu espacés et séparés par une torsade. Leurs dimensions sont très-variables, et dans certains cas tellement exagérées qu'on n'a évidemment pas affaire à des épingles à cheveux. La collection Schwab en contient une de 85 centimètres de long, et Troyon en a signalé de 50 et de 57 centimètres. |
On pouvait admirer à l'Exposition universelle de 166*, dans la collection envoyée par M. Desor, un certain nombre de ces épin-
Fg 206. Épingle à cheveux trouvée dLig. 207. Épingle à chevoux tro ivee par M Desor par M. Desor dans on lae de la Suisse, dans un lac de la Sulsse.
gles, qui avaient été repolies par les soins du savant naturaliste suisse. Elles étaient fort élégantes, et les dames de nos jours auraient fort bien pu se parer de cet ornement, qui remonte à des milliers d'années,
Chez tous les peuples sauvages, le culte des cheveux, surtont pour les hommes, est poussé à un degré excessif. La chevelure du soldat abyssin forme une espèce de haute frisure, qui doit durer pendant toute sa vie entière. Il porte avec lui une longue
épingle, pourvue d’un épais bouton, à cause de l'impossibilité où il se trouve d'atteindre le cuir chevelu avec l'extrémité de ses doigts.
Fig. 208. € Fig 209.
Épingle à cheveux. Épingle à cheveux à téte enroulce.
De mème, les Néo-Zélandais ont un énorme chignon, haut de deux pieds et orné de rubans.
Les Chinois et les Japonais ont également un culte excessif pour leur chevelure.
Il est donc probable que les habitants des cités lacustres, hommes et femmes, avaient grand soin de leur chevelure. On trouve dans les tombeaux de l'époque du bronze des épingles de deux pieds et demi de long, avec de gros boutons, semblables à celles des soldats ubyssins de nos jours. Leurs peignes, pareils à ceux des Néo-Zélandais, n'étant poutvus que de six à huit dents, longues d'un demi-pied, dévaient leur servir plutôt à se racler la tête qu'à s'arranger les cheveux.
Les bracelets ont été retrouvés en assez grand nombre dans les
lacs de la Suisse. Ils sont très-variés dans leurs formes, artistement travaillés et souvent enjolivés de dessins.
Les uns (fig. 210) se composent d'une seule tige plus ou moins large, dont les extrémités rapprochées se terminent par un bou-
Fig. 210. Bracelet de bronze trouvé dans les lacs de la Suisse.
ton hémi-cylindrique; d'autres (fig. 211) sont un assemblage de fils unis ou tordus, ingénieus ement rattachés les uns aux autres.
Il y a enfin des anneaux cylindriques et complétement fermés (fig. 212), qui se mettaient probablement autour des jambes.
PA D qe ge
Fig. 211. Autre bracelet do bronze, Fig. 212. Atvneau
Parmi ces bijoux, quelques-uns se sont maintenus jusqu'à nos
jours dans un parfait état de conservation. Dans une urne retirée de la station de Cortaillod, on en a trouvé six dont les dessns
étaient aussi nets que s'ils venaient d’être gravés.
Une chose à noter, parce qu'elle constitue un indice précieux" relativement à la taille des populations suisses de l'époque du bronze, c’est que beaucoup de ces bracelets sont tellement étroits, qu'ils ne pourraient plus être utilisés aujourd’hui. Ils s'adaptaient donc à des poignets très-minces, ee qui suppose tous les membres à l'avenant. Cette petitesse des bracelets coïncide fort bien d’ailleurs avec celle des poignées d'épée que l'on a HONNeE dans les habitations lacustres de la Suisse.
Les boucles d'oreilles abondent dans les lacs. Ce sont des lames
ou des fils, diversement façonnés, mais qui témoignent toujours
d'un goût assez dévelopné.
On peut ranger à la suite des bijoux et objets de parure un cer-
Fig. 21%. Autre pandeloqno en bronzs des babitations lacustres do la Suisse.
Fig. 213. Pendeloqne en bronze des babitations lacustres de la Suisse.
tain nombre de pièces d'un caractère particulier, qui devaient être des pendeloques ou des appendices aux colliers. Ces pièces
Fig. 215. Anneau de bronze Fig. 216. Annean des halntalions lacustres ds La Sulsss. servant d'ornement.
sont en effet percées toutes, au sommet, d'un trou circulaire, destiné sans doute à laisser passer un fil, par lequel on les suspendait au cou. Les unes ‘fig. 2:3) sont de petites plaques triangulaires, fréquemment ornées de dessins; d'autres (fig. 214) sont à jour et comportent plusieurs branches. terminées chacune par une ou-
verture semblable à celle du sommet. Quelques-unes enfin (fig. 215) affectent la forme d’un anneau incomplétement fermé ou, ‘si l'on veut, d'un croissant à cornes larges et très-rapprochées. On peut rapporter à la mème catégorie des anneaux (fig. 216) qui soutiennent des ornements mobiles en forme de spirale double,
Les quatre objets de bronze représentés plus haut son figurés d’après les dessins donnés par M. Desor dans son Mémoire sur les Palañfittes.
Quelques bijoux en or ont été recueillis dans les stations lacustres de l’époque du bronze; mais ces sortes de trouvailles sont fort rares. Ce sont des boucles d'oreilles. Elles appartiennent à la collection du colonel Schwab.