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L'art de la guerre à l'époque diiBronz a ax dus.
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Toutefois, avant d'en arriver » cle vestiges D + riques trouvés dans lent, nous dirons re uñ
traces de l’art de la guerre & ont d dé recherche »
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L'armement guerrier à l° Pr? du bronze se compose, comme à l'âge de la pierre, de pointes de lance et de fléches, de poignards et, en outre, d’épées. Les épées sont rares dans les lacs de la Suisse. Le petit nombre qu'on en a trouvé sont courtes, droites, à deux tranchants et sans garde, Le Musée de Neuchâtel en possède une (fig. 229) qui fut découverte il y a une quarantaine ‘d'années, à Concise, alors qu'on ne soupçonnait nullement l'existence des habitations lacustres ; M. Desor l'a dessinée dans son Mémoire sur les Palafittes. Elle mesure 39 centimètres, et porte quatre rainu res, qui se réjoignent deux à deux sur la crête médiane de la lame. "La poignée, qui se termine en double volute, est d'une exiguîlé remarquable : elle n’a que 7 centimètres de longueur. … Les poignards (fig. 230) n'abondent guère plus que les épées dans les lacs helvétiques. D'après un exemplaire trouvé dans le
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. lac de Bienne, on voit que la lame se ‘fixait à la poignée au moyen | de rivets rangés sur ‘une seule ligne. Le mème spécimen est,
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2 L Fig. 229. Épée Fig. 230. Poignari en bronze % en bronze du Fer de Neuchâtel. tiré des lacs de la Suisse.
comme l'épée de Concise, orné de rainures disposées symétriquement à droite et à gauche de la ligne saillante qui partage la lame en deux portions égales.
IL existe dans la collection du colonel Schwab deux poignards hors ligne, à garde enrichie d'argent.
Les pointes de lance (fig. 231) ne le cèdent ni aux épées ni aux poignards, pour l’habileté et le fini de l’exécution. Elles forment à peu près une lame ovale fortement consolidée au milieu par une nervure arrondie, qui se prolonge en une douille apte à loger un épais manche de bois. Les dimensions des poignards varient de 10 à 17 centimètres.
Les pointes de flèches (fig. 232) sont identiques, sauf ja ma-
tière, à celles de l’âge précédent. Elles sont triangulaires, à barbes plus ou moins aiguës, et munies d'une tige par laquelle on
Fig. 231. Pointe de lsnce en Fig. 239, Pointe de flèche en bronze bronze, tirée des lacs de is Suisse. des stations lacustres de Ia Suisse.
les attachait à la hampe. On en a cependant trouvé quelques-unes à douille. Leur longueur ne dépasse pas 3 ou 4 centimètres.
Nous allons passer maintenant à l'étude des débris recueillis dans les tombeaux de la Scandinavie, de la Grande-Bretagne, de l'Irlande et de la France, qui peuvent nous éclairer sur les armes et instruments de guerre propres à l'époque du bronze.
Les États scandinaves (Danemark, Suède et Norvège; sont trèsriches en instruments de l'époque du bronze. Le travail des épées et autres armes de guerre est plus soigné que partout ailleurs, à cause de l'importation tardive du métal dans ces contrées, Ces armes sont presque toujours ornées de dessins assez compliqués, parmi lesquels dominent les courbes et les enroulements en spirale,
Les épées danoises de l'époque du bronze {fig. 233 et 234) ont une forme toute particulière. La poignée est solidement fixée à la lame, par deux ou un plus grand nombre de rivets. Les dagues et les poignards ne se distinguent des véritables épées que par leurs moindres dimensions.
Quant aux haches, il en est qui semblent copiées sur les modèles de l'âge de la pierre : ce sont les plus anciennes probable-
ment; l'ornementation en est très-sobre. D'autres sont à ailerons, à douille, et l'on en a même trouvé quelques-unes percées d'un
Fig. 233. Épée scandinave. Fig. 234. Poignee d'epée scandinave.
trou transversal, comme celles dont se servent depuis longtemps les peuples civilisés, Dans cet œil on insérait un manche en bois, que l'on. fixait par un lien ou même simplement en le faisant entrer à frottement dur. Les rares spécimens de ce type sont trèspurs de forme et splendidement décorés.
Les figures 235 et 236, dessinées d'après l'ouvrage de M. Lub-
Fig. 235. Mode d'emmanchement Fig. 236. Mode d'emmanchement de hache scandinave. de hache scandinave.
bock, reproduisent le mode probable d'emmanchement des différentes espèces de haches du Nord.
Les couteaux en bronze de la Scandinavie sont, comme ceux de la Suisse, à lame plus ou moins sinueuse; mais le manche est
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beaucoup plus orné. Deux de ces couteaux ont fourni les seuls exemples connus de représentation d'êtres animés pendant l'époque du bronze. On voit sur l'un de cescouteaux que représente, d'après l'ouvrage de M. Lubbock, la figure 237, un cygne grossièrement sculpté à la naissance de la lame.
Dans un autre couteau, que représente, d'après le mème ouvrage, la fixure 238, le manche est formé par une figure humaine assez fidèlement exécutée, Le personnage est debout et tient devant lui un vase de forme à peu près cylindrique; il porte des an-
(ROVETERT n Fig. 937. Couteau de bronze Fig. 238. Couteau de bronze Fig. 219 Lame de danois, danois, rasoir danos, de l’époque du bronze. de l'époque du bronze. de l'époque du bronze.
neaux aux oreilles. Il y a tout lieu de croire que ce dernier objet appartient à la fin de l'époque du bronze, si ce n'est à une époque de transition entre cette époque et la suivante, car la lame est droite comme dans tous les couteaux de l’époque du fer.
On peut sans doute en dire autant des rasoirs (fig. 239) à lame rectiligne, qui sont surchargés d'ornements, dont quelques-uns semblent avoir la prétention de représenter un vaisseau.
Ces dessins indiquent évidemment une période très-avancée de l'époque du bronze. Peut-ëtre même ces objets appartiennent-ils au commencement de l'époque du fer.
Quel était le vètement de l'homme pendant la période quenous décrivons?
Une découverte fort importante, faite en 1861 dans un tumulus du Jutland (Danemark), est venue nous donner les renseignements les plus précis sur la façon dont s'habillaient les habitants des régions du nord de l'Europe pendant l'époque du bronze, Dans ce tumulus, MM. Worsaæ et Herbst ont trouvé trois cercueils de bois, dont l'un, plus petit que les deux autres, était sans nul doute celui d'un enfant. L'un des deux grands cercueils, minutieusement examiné par les savants explorateurs, mesurait à l'intérieur 2,25 de long sur 6,50 de large. Il était fermé par un couvercle mobile. Par un hasard extrèmement rare, les parties molles du corps avaient persisté, et s'étaient changées en une substance noire et graisseuse. Les os s'étaient désagrégés el transformés en une poudre bleue, Le cerveau avait conservé sa conformation normale. On le trouva à l’une des extrémités du cercueil {celle où avait reposé la tète), encore couvert d’un bonnet de laine, haut de 15 centimètres environ, auquel restaient. encore adhérents quelques cheveux noirs.
Différents vêtements de laine, dans lesquels le corps avait été enseveli, furent également recucillis en plusieurs endroits du cer cueil. Donnons la description de ces vètements.
C'était d'abord un grossier manteau {fig 240) d'apparence pel
Fig. 240. Manteau de laine de l'époque du bronze, trouvé ea 1861 dans un tombeau du Danemark.
cheuse à l'intérieur, et échancré autour du cou. Ce manteau, long de 1,10 à peu près, était large à proportion. Puis deux châles de
forme presque carrée (fig. 241), et ornés d’une longue frange, me- . surant 1,50 de long sur 1,15 de large. Venait ensuite une chemise (fig. 242), échancrée aussi autour du cou, et qui se serrait à
Fig. %4t. Châle de laine Fig. 242. Chemise trouve dane le mème tombeau de laine du même tombeau.
la ceinture au moyen d'une bande longue et étroite. Enfin, aux pieds du corpsse trouvaient deux morceaux d’étoffe de laine, longs de 36 centimètres sur 9 de large, et qui semblent être des restes de guêtres. Il y avait là aussi des vestiges de cuir provenant évidemment des chaussures.
Le corps tout entier avait été enveloppé dans une peau de bœuf.
Le cercueil renfermait, en outre, une boîte liée avec des bribes d'osier où d’écorce, et cette boîte en contenait elle-même une plus
Fig. 248. Premier bonnet de laine Fig: %4. Deuxième bonnet de laine trouvé dane le méme tombeau. irouvé dans le mème tombeau.
petite, d'où l'on retira deux bonnets de flné tissée (ig- 243 et 244), un peigne (fig. 246) et un rasoir en bronze.
Fig. 245. Guerriers à l'époque du bronze.
I ne faut pas oublier une épée en bronze, placée au côté gauche du corps dans un fourreau en bois, et qui mesurait 65 centimètres de long environ.
Fig. 246. Pelgne de bronze trouvé dans le même tombeau.
Nul doute que tous ces restes ne soient ceux d'un guerrier de l'époque du bronze, d'autant plus que les objets recueillis dans les deux autres cercueils appartiennent certainement à cette période. Ce sont une épée, un couteau, un poinçon, une broche, une pince, un bouton double et un petit bracelet de bronze; puis un bouton double en étain, une boule d'ambre jaune et une pointe de lance en silex.
La forme des épées et des couteaux indique qu'il faut rapporter cette sépulture du Jutland aux derniers temps de l'époque du bronze, alors que peut-être on commençait à employer le fer.
C'est d'après ces documents et d'après l'ensemble des trouvailles faites dans d'autres tombeaux que nous avons fait représenter dans la composition 245 deux guerriers à l'époque du bronze.
L'armement de ce cavalier des temps préhistoriques se compose de l’épée de bronze telle qu'on la trouve dans les tombeaux du Danemark, de la hache et du ceinturon de bronze. Le cheval est paré de ces rondelles de bronze qui, plus tard, furent cher les Romains le principal ornement du fidèle et fier auxiliaire de l’homme dans ses combats. Le cavalier a la tête nue, car aucun casque, aucun couvre-chef métallique n'a été découvert, du moins à notre connaissance, dans les tombeaux de l époque du bronze. La Jance et la hache de bronze sont les armes du guerrier à pied.
Après les pays scandinaves, la Grande-Bretagne et l'Irlande tiennent une place importante dans l'histoire de la civilisation à l'époque du bronze. On y retrouve les mêmes types d'instruments
qu'en Danemark et en Suisse.
On y retrouve aussi des moules à haches (fig. 247) qui prouvent que l'art du fondeur y était connu et pratiqué. Le Musée de Dublin
Fig. 257 Moule à hache de bronre trouvé en Irlande,
renferme une fort belle collection de différentes pièces appartenant à l'époque du bronze.
Un certain nombre de départements français ont également fourni des objets de cette même période. Nous n'y voyons rien de particulier à signaler.
Existait-il un culte religieux chez l'homme à l'époque du bronze? Rien ne serait plus intéressant qu’une découverte de ce genre, mais on n'a jusqu'à présent retrouvé aucun vestige d'idole, ni quoi que ce soit, autorisant à conclure dans un sens affirmatif, Ce qui pourrait seulement faire admettre l'existence du sentiment religieux, c'est la présence, dans diverses stations lacustres, d'une certaine quantité d'objets en forme de croissant, la plupart en terre cuite, quelques-uns en pierre.
Les dmnensions de ces croissants sont très-variables: il en est qui mesurent jusqu’à 40 centimètres d’une corne à l'autre. {ls sont ornés de dessins tout à fait primitifs, comme le montre la figure 248, dessinée au Musée de Saint-Germain, sur un des nombreux spécimens de ce genre d'objets.
Plusieurs archéologues voient dans ces croissants des emblèmes religieux ou des talismans, qui se suspendaient soit à l’intérieur, soit à l'extérieur des habitations. Le docteur Keller croit qu'ils se rapportent au culte de la lune, ce qui n'aurait rien d'impossible, car beaucoup de peuples sauvages ont adoré les astres, sources de lumière et de chaleur.
M. Carl Vogt n'admet pas que ces croissants, que l'on trouve en si grande abondance dans les stations lacustres de la Suisse, in-
CR U Fig-@48. Croissant cn pierre trouve dans les lacs de la Suisse,
diquent l'existence d'un culte religieux chez les anciens peuples. Il donne à cesohjets un emploi fort différent, et, l’on va en juger, assez bizarre.
Dans les conférences sur l'homme préhistorique que M. Vogt a données à Anvers, en 1868, et qui ont été recueillies par les journaux belges’, M, Vogt s’est exprimé comme il suit, à propos des croissants de l’époque du bronze.
« Mon opinion est. que ces croïssants servaient de reposoirs pour la nuit, Nous voyons parmi les peuplades sauvages le culte des cheveux poussé à un degrè excessif, surtont parmi les hommes; ce n'est que plus tard que la femme s'est, de son cûté, livrée au culte de la chevelure. Or, ce eulle est poussé chez beaucoup de peuples à un degré vraïment curieux. On s'inflige les plus grandes lortures pour y salisfaire. Vous avez tous vu dans le Hagasin pittoresque où d'autres journaux illustrés les chevelures étranges des soldats abyssiniens. C’est une espèce de loison, el vous anrez remarqué que chaque soldat abyssinien porte dans sa chevelure une grande épingle,
e Eh bien, tout cela va nous expliqner l'usage du croissant, Dès qu'une jeune fille, en Abyssinie, s'est mariée, elle doit s'occuper de la chevelure de son mari. Cette chevelure reçoit nne forme qu'elle doit garder pendant la vie entière. Le travail que cela nécessile dure trois ans, Chaque cheveu est enroulé autour d’une tige de paille et reste ainsi jusqu'à ce que la paille soit détruite. L'époux a alors la tête couverte de spirafes dont l'extrémité est à un pied de la surface” de la tête. Pendant tout le reste de sa vie, celle coiffure ne peut plus être dérangée. L'Abyssinien appuie, pendant son sommeil, la nuque sur un triangle qu'il porte parlout avee lui. 11 a aussi une longue épingle, parce qu'il lui serait impossible de parvenir jusqu'au euir chevelu avec l'extrémité de son doigt.
« La mème chose existe chez les Nouveaux-Zélandais, qui ont également un appareil sur lequel ils appuient leur chevelure en dormant, Ceux-ci por-