Indépendance belge, novembre et décembre
{ tent un énorme chignon de deux pieds, orné de rubans, qui f: ï tout leur orgueil. Si ce chignon difftre de certains autres dont je + véux pas parler, c'est en ce qu'il ne peut pas s'enlever'à volonté. Cet objet, ainsi orné, repose pendant Je-sommeil sur une espèce de chaise.
« Les Chinoïs et les Japonais dorment de la même manifre, sur un bois taillé en biseau, et dans les dessins hiéroglyphiques d#l'Égpte nous trouvons des instruments évidemment destinés au même ss :
« Il est fort probable qu'à l'époque du bronze il exis ps un culle de la chevelure, d'autant plus que dans chaque tombeau de celle époque nous trouvons des épingles de deux à deux pieds et demi pourvaes de gros boutons, de mème forme que les épingles des soldals sf gnies: et qu'à l'époque de la pierre, comme à l’époque du bronze, én Arpuve le même peigne dont se servent aujourd'hui les Nouveaux-Zéland{g; plutôt pour se racler la tête que pour se peigner. Les têtes d'épingles sont souvent excessivement ornementées; elles ont les formes les plus diverses, et sont extrèmement communes aulant dans les tombeaux que dans les constructions lacustres.
« On ne doit guère s'étonner que nos ancêtres aient dormi sur une machine pareille à celle que nous venons do décrire, d'autant moins que nous savons que les hussards du grand Frédéric passaient la nuit à soigner leurs coiffures. »
Ainsi, tandis que M. Keller et beaucoup d’autres archéologues attribuent les croissants des lacs de la Suisse à quelque culte divin, M. Vogt, plus prosaïque, ne les rapporte à d'autre culte qu'à celui des cheveux! Le lecteur choisira entre ces deux explications. Nous ferons seulement remarquer à l'appui de l'opinion du docteur Keller, que certaines tribus gauloises avaient pour symbole religieux ce même croissant dont M. Vogt veut faire un oreiller — oreiller de pierre, comme on le voit, et qui nous semble bien dur, même pour l'homme primitif.
Différents signes trouvés dans les stations humaines de l'époque du bronze paraissent avoir été des symboles religieux. Tels sont les dessins que l’on rencontre si souvent sur des épées, des vases, etc. Ces dessins ne reproduisent jamais des objets de la nature; on croirait voir des signes cabalistiques ou des talismans. La plupart se rapportent au cercle; tantôt ce sont des cercles simples, tantôt des combinaisons de cercles. Beaucoup d'auteurs croient pouvoir les rapporter au culte du soleil.
Un autre signe est encore plus souvent employé, et il était d'ailleurs déjà connu à l'âge de la pierre; nous voulons parler de la croix. La croix est un des plus anciens symboles qui aient existé, M. G. de Mortillet, dans un mémoire intitulé : La croix avant le christianisme, a voulu établir que la croix a toujours été
le symbole d’une secte qui combattait le fétichisme. Il est certain, au moins, qu’elle est un des signes symboliques les plus anciens, car on la trouve sur les objets de l'âge de la pierre, et sur les premiers objets de l'époque du bronze. Au temps des Étrusques, ce signe se voyait partout. Plus tard le christianisme s’attribua exclusivement ce symbole religieux.
Une troisième figure symbolique se voit quelquefois sur divers objets de l'époque du bronze { c'est le triangle.
Il est bien probable, en résumé, que tous ces signes, qui ne se rapportent à aucun objet connu, se rattachaient à certaines croyances religieuses ou superstitieuses des peuplades de l'époque du bronze, et que, par conséquent, leurs cœurs étaient animés d'un sentiment religieux.