L'HOMME PRIMITIF EN AMÉRIQUE
Cette induction est d'ailleurs confirmée par les faits, Il existe en maints endroits, sur le sol des États-Unis, de petits mamelons, connus sous le nom de buttes à maïs, et qui proviennent de ce que le maïs, planté chaque année sur le même point, a fini par former des monticules de terrain, après hien des siècles. On a aussi découvert des traces d'anciens jardins, disposés symétriquement en sillons et rangées parallèles.
Peut-on assigner une date à cetle période de demi-civilisation qui, au lieu de grandir toujours, comme celle de l'Europe, s'éclipsa tout à coup, par des causes inconnues? La réponse à cette question serait négative, si l'on demandait une date se traduisant par un chiffre. Cependant une conclusion générale à laquelle sont arrivés les archéologues américains, c'est que l’histoire du Nouveau-Monde contient quatre grandes périodes.
La première période comprend la naissance de l'agriculture et de l’industrie, la seconde l'édification des tertres et des enceintes, la troisième la création des jardins. Dans la dernière période, les peuples américains retournent à la vie sauvage et à la libre occupation des lieux dont l'agriculture s'était emparée.
M. Lubbock, qui nous fournit ces renseignements dans son ouvrage l’Humme avant l'histoire‘, estime que cette succession d'événements n’a pas nécessité une durée de plus de trois mille ans, tout en reconnaissant que ce chiffre pourrait être plus considérable. Mais un autre savant, le docteur Dowler, voit autrement les choses. Le docteur Dowler a trouvé près de la Nouvelle- Orléans un squelelte humain et des restes de foyer auxquels il attribue, sur la foi de calculs plus ou moins acceptables, une antiquité de cinquante siècles ! La jeune Amérique serait donc bien vieille!
On voit, par cet exemple, de combien d'incertitudes est entourée l'histoire de l'homme primilif en Amérique, et l’on comprend que nous ayons cru devoir nous renfermer, pour être fidèle à l'esprit scientifique, dans l'étude des faits propres à l'Europe. Appliquer au monde entier des résultats parfaitement constatés en Europe, est encore plus sûr que de décrire des phénomènes locaux impar- ‘faitement étudiés, et prétant à des différences d'interprétation qui varient de trois mille à cinquante mille années !
1. Article intitulé l’Archéologie de l'Amérique du Nord (l'Homme avant l'histoire, pages 210-298).