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LE GÉNÉRAL COMTE GTULAI

un homme qui en a définitivement pris son parti : « Je vous quitte, dit-il tout bas à son compagnon ; car tout Milan est ici à cette heure, et si on me voit me promener avec cet oflScier autrichien, je serai sifflé ce soir. »

Sans être, en sommç, ni meilleur ni plus mauvais qu'un autre, le général Gyulai subissait la loi d'une situation devenue impossible. Ce poste de gouverneur des provinces lombardes n'était décidément plus tenable, et, mourir pour mourir, mieux valaient pour un vieux soldat les coups de feu que les coups d'épingle.

La guerre éclata et le général Gyulai fut nommé commandant en chef de l'armée autrichienne en Italie.

Étaient'ce ses talents militaires qui lui méritèrent

un si difficile honneur? A vrai dire, les états de ser- Tice du comte Gyulai ne se recommandaient par aucune de ces actions d'éclat qui, dans les circonstances graves, désignent tout de suite un homme à Topinion de son pays. S'il avait, en 1853, à Saint-Pétersbourg, en 4851 , dans diverses cours italiennes, rempli habilement des missions diplomatiques; s'il avait, non sans bonheur, paru un moment au ministère de la guerre , ces simples titres ne suffisaient point , ce semble, pour lui donner le pas sur les plus aguerris et les plus populaires entre les lieutenants du vieux maréchal Radetzky.

Mais ici se présente la question de camarilla, dont il faut, hélas ! partout tenir compte, et à Vienne plus que partout ailleurs. Le comte Gyulai appartient, par sa naissance, à ce que la noblesse hongroise a de meilleur, à cette illustre race de Madjars auxquels le prince Windisch-Graëtz, envoyé à Pesth pour combattre l'insurrection, disait en 1849: « Entre vous et BOUS il ne peut y avoir que des malentendus : ne sommes-nous point gens de même espèce?^ Le comte Gyulai était l'ami personnel du comte Grunne,

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