LE GENERAL COMTE OTULAI
conseiller intime de rempereur François-Joseph, en ses conseils militaires, politiques et autres.
Quoi de plus simple, dès lors, et de plus naturel que cette préférence dont il fut Tobjet de la part de la cour? La Fontaine a écrit un conte charmant, inti* tulé : Comment r esprit vient aux filles ! On en pourrait faire un très-ingénieux qui s'appellerait : Comrment la sagesse vient aux princes! et nous engagerions Tauteuràledédierà S« M. I. R. A.l*empereur François-Joseph P'.
Tout le monde connaît les tristes débuts de cette campagne. Le général Gyulai devait tout envahir et tout conquérir, et n'a finalement rien conquis, sinon quelques acres de terre mitoyens d'où nos armes Font aussitôt refoulé à grande perte. Battu à Montebello, battu à Palestre, il a perdu la journée de Magenta.
Notre intention n'est pas ici d'insulter un vaincu ; nous savons que le général Gyulai a demandé l'enquête sur la manière dont il s'est comporté dans cette affaire, compromise et perdue, selon lui, par les inexplicables lenteurs du général Clam-Gallas; il va sans dire que nous n'avons point à nous mêler de ce procès. On a parlé aussi de disgrâce publique et de na« ture à porter atteinte à l'honneur militaire d'un vieux serviteur blanchi sous le harnais I Nous n'y croyons point. Que le comte Gyulai ait offert sa démission, que l'empereur, en l'acceptant, ait remis le commandement de son armée au maréchal Hess et fini par où il aurait peut-être dû commencer, ce n'est certes point là ce qu'on peut appeler un fait sans précédents. D'ailleurs, cette démission qu'on lui apportait pure et simple, comment l'empereur l'a-t-îl acceptée? en offrant au comte Gyulai le poste de ban de Croatie, devenu vacant par la mort de Jellachich. Une disgrâce qui substitue un oflBcier général aux lieu et place d'un homme tel que Jellachich, qu'on appelait le Bayard de l'Autriche, ne saurait, à ce qu'on suppose, rien avoir de bien infamant, et les Carthaginois en usaient