‹ Hommes et choses d'outre-mer [microforme]Chapitre 2 sur 17 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

eussions à reproduire la pure figure d’un W. Laurier, ou celle de l'attique Morley, ou celle de Roseberry, l’impérialiste libéral, ou d’un Churchill, d’un Chamberlain, de tant d’autres, longue chaîne qui fait le tour du globe et du siècle.

« Pour l'écrivain, comme pour le peintre, a dit quelque part M. Gladstone, pour celui qui veut reproduire pour les yeux d'autrui le monde extérieur tel qu’en ses divers aspects, il se révèle à sa propre vision, une qualité maîtresse est nécessaire. À celui qui la possède, elle fera pardonner bien des défaillances, voire bien des erreurs. Par contre, celui à qui elle est refusée ne pourra se flatter d’avoir réussi, si exacte et correcte que son œuvre puisse être d'ailleurs. Cette qualité primordiale, c’est la vie, c’est-à-dire le don de rendre ce je ne sais quoi qui fait la personnalité de l’individu, la physionomie d’un peuple ou d’une époque; c'est la faculté de donner aux êtres et aux objets représentés le relief, la couleur, le mouvement de la réalité. Ainsi, d’après la fiction antique, voyait-on, sur le bouclier d'Achille, le froid métal s’animer : ici, un laboureur traçait son sillon, et, à mesure que passait le soc de la charrue, la terre retournée prenait une teinte plus sombre; plus loin, dans la fureur d’une bataille, des combattantsbrandissaient leursglaives, d’autres paraient les coups, d’autres encore emportaient hors de la mêlée les blessés et les morts. »

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