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L'absence totale du vide ne serait pas chose utile ; le vide est nécessaire pour constituer le mouvement et le jeu des parties élémentaires, mais il doit être divisé. Quand il prend de retendue , il en résulte toujours quelque désordre : les trombes , les tourbillons , les ouragans et autres phénomènes atmosphériques qui se font sentir à la surface de notre planète, ne doivent pas être étrangers à sa présence.
Mêlé à la matière, le vide est indispensable à la pro~ duction. Isolé , il serait stérile. Un monde placé dans le vide ne serait qu'une masse inerte , parce que dans le vide, il n'y a ni génération ni végétation : si ce monde , séparé du reste de l'univers, avait chaleur et lumière, il faudrait qu'elles émanassent de lui-même.
Lorsqu'un vide s'ouvre autour d'un astre, c'est au moment qu'il se constitue, c'est quand les matières les plus proches s'étant subitement condensées, d'autres matières n'ont pas immédiatement rempli l'espace qu'elles abandonnent. Le voisinage d'un globe éclairé ne comporte donc pas l'existence du vide étendu, et s'il existe , c'est à une distance incommensurable de tous les globes, de tous les soleils.
Dans notre atmosphère terrestre, ce vide étendu n'est nulle part à l'état normal : c'est un accident , un effet errant, une crise, une transition; s'il est stable, c'est par subdivision et parce que les portions de matières dans lesquelles il se trouve sont elles-mêmes fixes et immobiles.
Les astres les plus denses sont ceux qui ont en eux les vides les plus minimes et les plus de divisés. Cesastres ont aussi le plus de puissance d'attraction.
Le vide qui se manifeste autour d'un globe quand sa concentration a été spontanée, est comblé par les ma^ tières fluides se précipitant de Tespace et par celles qui
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s'échappent de sa propre masse par ^uite de la pression. Ces matières poussant en sens contraire et allant à TeBcontre Fone de Tautre, ne se confondent pas. C'est ainsi que se forme Patmosphère d'un nouveau globe : c'est un fluide contenu par un autre fluide marchant en sens contraire.
L'immensité visible et éclairée n'est donc, probablement, qu'une suite de substances et de corps qui s'étayent, s'unissent, se croisent ou s'entrechoquent, mais finissent toujours par se mettre en équilibre.
Si ces astres font leur révolution et tournent sur euxmêmes , s'ils se maintiennent dans leur position respective, c'est qu'ils nagent dans un fluide toujours indispensable à réquilibre et à l'attraction.
Ainsi, partout oii un corps se soutient, la matière y est, parce que rien ne surnage dans le vide.
Partout où ce corps a un mouvement circulaire et elliptique, non-seulement il est entouré d'ua fluide, mais il y est. accompagné d'un ou plusieurs corps en rapport avec lui, et d'une dimension assez forte ou d'une rapidité assez grande pour lui faire contre-poids.
Qu'il y ait eu et qu'il paisse y avoir encore des globes entraîna momentanément dans le vide et projetés en ligne droite , c'est ce qu'on peut affirmer sans s'écarter de la vraisemblance. En 157^, une étoile parut dans la constellation de Cassiopée; son éclat, dit-on, surpassait celui de toutes les autres étoiles. I^i'estrce pas à l'ouverture d'ua vide qu'on doit attribuer cette apparition?
Dans cette hypothèse, ce seraient de très-grands vides se manifestant dans l'éther à la suite d'une commotion électrique ou d'un ressierrement subit des matières éthérées se précipitant vers un centre d'attraction, qui changeraient la position d'un astre e^ peut** être de tout un système.
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La terre elle-même aurait ëté compromise plus d^ane fois dans ces crises de la création. Ces corps errans, dits étoiles filantes , ces aéroHthes que nous Toyons pénétrer dans son attraction, n'y arriveraient que par Feffet d^un vide résultant de la condensation qui les aurait produits.
Cette condensation elle'-même serait la conséquence d*un premier vide; rafflueilce des matières s'y précipitant et se rencontrant an centre, amènerait la formation d'une masse d'autant plus compacte qne la pression aurait été pins intense.
Si .une cause quelconque interrompait la marche des élémens ^traîn^ dans ce vide ouvert autour d'une masse ou d'un globe, et si, au même instant, un fluide arrivant dans une autre direction s'interposait entre ce globe et ce torrent de matière , il en résulterait un cercle solide autour du nouvel astre, à peu près eomme Tanneau de Saturne et probablement celui de beaucoup d'autres globes et de la terre même*, car il n'est pas à croire que cet entourage soit spécial à une seule planète.
Les Biatières les plus dilatées peuvent ainsi , par la force de la pression sur tous les points et la rapidité du mouvement, être concentrées tout-à-coup.
Il est vrai que la concentration cesserait bientôt, si le vide restait ouvert autour de ce noyao qui finirait par se dilater pour remplir ce vide.^ Il lui font donc nne atmosphère ou un mouvement de rotation pour le contenir dans son état compact.
Quant aux astres errans, leur mouvement résulterait d'un ballottage entre le vide et te plein, d'un vide relatif peut-être : ce seraient des globes dont une face se serait ouverte et dont l'intérkur se remplirait ou se viderait par celte ouverture, selon qu'ils traverseraient des matières plus denses ou plus dilatées ; de là viendrait la chevelure ou la queue des comètes.
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Tout astre creux est susceptible de devenir errant ; il suffît qu'il s'entr'ouyre. Par la cause contraire , tout astre errant peut devenir fixe comme semblent les étoiles, pu. à mouvemens réguliers comme sont les planètes.
Quelle que soit d'ailleurs la densité d'un corps, elle n'est jamais entière ou absolue , car du moment que l'équilibre du vide et du ptein n'existerait plus entre les molécules d'une masse , cette masse éclaterait ou tomberait en dissolution.
Pour permettre la marche et même l'existence des corps célestes, il faut bien que le vide soit fractionnel en eux et hors d'eux, car si l'espace était uniformément rempli, tout y serait immobile et impénétrable , couséquemment immodifiable , et chaque chose resterait éternellement dans le même état et la même position.
D'uB autre côté, si le vide n'était pas partiel et par jTractioQS, si l'infini était le vide, si les matières n'étaient pas toutes retenues ou étayées l'une par l'autre , une masse, en écartant la plus voisine, finirait, de proche en proche, par jeter dans l'abîme du vide celle qui se prouverait la dernière ou aux . extrémités de la région matérielle. Alors , le vide gagnant sur la matière ou celle-ci se trouvant repoussée vers le vide et s'y dilatant indéfiniment , elle s'y vaporiserait tout entière ; oar, qu'est-ce que Isf totalité de la matière, quelqu'imjnense qu'on la suppose, si Tinfîni, si l'immensité réelle est le vide? Comment admettre un équilibre, un ordre istable dans les corps et dans l'œuvre, si ce gouffre sans fond exilste ? Comment expliquer que tout ce qui test ne s'y perde pas, ou plutôt ne s'y soit pas déjà perdu, et quel raisonnement nous montrera que tout ne se confond pas , si tont n'est pas retenu par une force intérieure ou extérieure?
Ajoutons qu'il n'y a ni force ni levier possibles sans