‹ Hommes et choses (volume 2)Chapitre 13 sur 105 · U FOI · texte numérisé non relu

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l>idance : égalisez les poids , tout s'arrête. L'équird)re atteÎQt, le mouvement cesse, et avec lui la pesanteur. C'est un mouvement qui annule un mouvement ep s^annulant lui-même : le contre^poids, en cessant de balancer le poids, a amené Féquilibre ou l'immobilité.

Le contraire serait arrivé si le €ontre-^poids s'était amoindri : à mesure de sa décroissance , le mouvemmt du poids aurait augmenté, et la séparation se serait d'autant plus prononcée.

Lorsque le contre-poids aurait été annulé, le mouve- .ment du poids serait devenu direct ou vertical , parce que de ce moment il aurait été entièrement sépai^ de sa base ou de son principe d'équilibre. Dans ce cas , il ne peut plus avoir d'autre mouvement que celui de Il chute.

Or, le mouvement d'un corps qui tombe est d'autapt plus rapide qu'il s'éloigne davantage du point d'appui qu'il quitte et qu'il se rapproche de celui qu'il cherche.

Ainsi, un poids ne^ devient poids qu'à l'instant qu'il {)«rd sa base ou son équilibre , et il augmente de pe« «santeur à mesure qu'il s'en éloigne ou qu'il se rapproche d'une nouvelle base. C'est donc quand il va l'atteindre ^'il a acquis à la fois l'apogée de sa pesanteur et de son mouvement.

Quant au rôle que joue ici le développement de la voile ou de l'atmosphère, il est nettement défini. Un corps n'augmente d'étendue qu'en se déployant ou eii 0e dilatant : or , la dilatation est toujours une tendance ou un rapprochement vers l'équilibre , comme la oon^ densation^en est l'élolguement; non qu'un corps dense ne puisse trouver aa base ou son coûtre-poids , mait il le trouve plus 4tfficilem^nt , parce qu'il a plus de mo^ biliié, et qu'en ou^re de sa pesanteur spécifique, il a «oHo dj9 fK>ià Moavenmt^: Spnwyant mm^ 4'f^t«dei

dans sa marche que le corps dilaté, il a moins de chance de s'arrêter.

On dira que lorsqu'on jette , du haut d'un clocher , la Toile ouverte et la voile ployée , c'est cette dernière qui arrive la première et conséquemment qui a rencontré le plus tôt sa base. Ceci n'est qu'apparent; si la voile déployée reste plus long-temps en F air , c'est que Pair lui fait obstacle; c'est que , par son poids ou son mouvement, cet air lui sert de contre-poids et de point d'appui. Cet appui est insuffisant sans doute, puisque la Toile déployée finit par arriver à terre ; mais elle y arrive obliquement ou horizontalement et après maints et maints temps d'arrêt, parce que dès son point de départ , elle entrait dans la voie de Tëquilibre , et que si le fluide atmosphérique avait eu un peu plus de densité, il l'aurait arrêtée.

La dilatation est donc un acheminement vers l'équilibre, et c'est presque toujours au moyen d'un fluide ou de la dilatation d'une portion de leur enveloppe, que les corps célestes se soutiennent dans l'espace et harmonient leur équilibre à leur mouvement ou à leur immobilité relative.

Ce sont donc ordinairement les corps étendus qui font contre-poids à ceux qui ne le sont pas, et les parties Itères qui servent d'ailes ou de balanciers aux parties lourdes ou coadensées.

n faut bien qu'il eu soit ainsi; la masse du fluide éthéré, considérée dans son ensemble , excède infiniment celle de la matière dense. Prise partiellement ou dans chaque système de moude, cette masse de fluide ne peut pas non plus peser moins que celle des corps de ce système: lâ preuve, c'est qu'ils restent suspendus, tournant sur leur base d'éther comme les billes sur le tapis d'un billard.

tin corps dense, dira-t-on, est balancé par un corps dense, et ils se soutiennent par leur attraction ou leur

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mouvement , ce sont ici les deux plateaux de la balance.

Rien de mieux; mais ce n'est pas assez que les deux plateaux soient en présence, il faut une force qui les y maintienne. Faites disparaître tonte la matière fluide de Tespace, n'y laissez que des corps denses et indilfrtables, il n'y a plus d'équilibre possible, tous ces corps projetés dans le vide vont marcher en ligne droite sans jamais se joindre, sans jamais s'arrêter; ils resteront indéfiniment à la même distance relative, parce qu'ayant tous le même poids, quelle que soit leur différence de volume, ils auront tous le même mouvement.

La régularisation du mouvement ou le mouvement autre que la chute ou que la projection directe, enfin tous les mouvemens qui constituent les divers degrés de rapidité ou d'efforts vers l'équilibre, ne sont donc que la conséquence du rapprochement et de Vnnion des corps denses et des masses fluides. Aucun ordre n'est possible dans un fluide sans parties denses , et ne Test pas davantage dans une réunion de corps denses sans fluides.

Il est même indispensable que la masse de fluides excède celle des corps denses; si le contraire arrivait, le mouvement de ceux-ci serait sans cesse arrêté ; an lieu de chercher une base , il la rencontrerait partout , et quand, par la réunion de tous ces corps, la masse dense, devenue unique, aurait entraîné son contre-poids dans une masse égale de fluides, tout encore deviendrait immobile et mort.

Chaque région de l'espace ou chaque délimitation de l'étendue , car là aussi , puisqu'il y existe nn ordre de choses, il y a des limites aux choses, ne comporte donc qu'un nombre de corps denses dont le mouvement, le volume et le poids peuvent être déterminés d'après ceux du fluide qui les enveloppe. C'est ainsi qu'une rivière,

^'une rade, qu'un bassin ne recevra que des navires dont le tirant d'eau est en rapport avec sa profondeur.

Si Ton peut mesurer la masse d'eau que déplacent ces navires , on peut estimer la masse de fluide que déplace un globe. La pesanteur spécifique d'un globe nous donne celle de son contre -poids , comme celle de ce contre* poids nous indique l'étendue et la profondeur de la masse éthérée qui le compose.

Quand une trop grande séparation se trouve entre un globe et un autre globe et qne la masse de fluide. est bors de proportion avec le mouvement et le poids de ces globes, il est probable qu'il existe, entr'eux, un ou plusieurs corps célestes non encore découverts. En rapprochant les distances de la pesanteur et du mouvement , on pourrait même arriver à montrer la place où ces astres se trouvent. Ce calcul, tout hasardé qu'il semble, n'est pas impossible ; je le prouverai ailleurs. Enfin, entre la masse dense et la masse fluide, il doit partout y avoir des rapports positifs , et par la mesure de Tune on doit arriver à celle de l'autre.

Ainsi, telle étendue ou telle pesanteur spécifique d'éther comporte tel poids de matière condensée ou tel nombre de globes. Il ne peut guère en être autrement. De même que la matière dense» le fluide éthéré a son organisation et son mouvement. Que ce fluide soit divisé en zones , en tourbillons, en atmosphères, en bulles, en nébuleuses, il n'importe ; dès que chacune de ces divisions a une destination fixe , il faut que des étais , des jalons , des bornes, un moyen de maintenue quelconque serve à définir chaque division et lui conserve la place , la forme , le mouvement et l'étendue qui lui sont assignés dans l'ordre céleste. Or , ces jalons , ces limites , cette charpente du fluide, sont les corps denses. C'est ainsi que les masses granitiques retiennent et solidifient les parties molles

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